COLLECTIF "DÉFENSE"

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LE COLLECTIF À LA FÊTE DE SAINT-DENIS LE 6 OCTOBRE

Le 6 octobre à la Fête de Saint-Denis, le Collectif DÉFENSE  axera son animation sur l’égalité femmes-hommes, contre l’exploitation, les violences sociales et domestiques et pour le socialisme. Une pétition sera lancée ainsi qu’un appel à une initiative commune.

Le stand sera situé place Jean Jaurès (métro ligne 13 Basilique de Saint-Denis, bus 153, 239, 253, Tram T1 Marché ou Basilique).

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NOUVEAU JOURNAL DU COLLECTIF

Voici le numéro zéro de notre journal que nous diffusons dans les entreprises et les quartiers populaires. Il est rédigé par des militants du Collectif. Il comportera des analyses sur l’actualité, sur la crise du capitalisme, sur le socialisme et les principes du marxisme-léninisme. Nous publierons aussi des témoignages de travailleurs sur l’exploitation et les luttes dans leur entreprise.

N’hésitez pas à nous faire part de votre point de vue et de vos critiques.

 

CombatCommunisteN°0

 

 

Lutte contre la pauvreté: une annonce en trompe l’œil pour un appauvrissement des travailleurs.

Le Président de la République E. Macron, annonce lui-même son plan «contre la pauvreté». Huit milliards seront consacrés à ce plan, mais Macron annonce qu’il «ne fait pas la charité» selon ses termes. En effet, ces huit milliards n’iront pas dans les poches des familles pauvres, mais ils serviront entre autres à la mise en place d’un service public d’insertion, une disposition en faveur d’un patronat qui pourra accueillir enfin une main d’œuvre formée et à bas prix. Un revenu universel d’activité sera attribué à la place des diverses indemnités sociales d’ici 2020. Le Revenu Universel d’Activité, contrairement aux intonations de gauche avec lesquelles Macron en fait la présentation, est en réalité une disposition machiavélique en faveur de la suppression de toutes les aides et allocations sociales y compris l’APL. Cette indemnité sera donnée sous condition de l’acceptation d’une ou deux propositions d’emploi. Ainsi le chômeur que l’on aura réinséré dans le monde du travail perdra son APL en échange d’un salaire d’embauche  au rabais. 

Une mesure étatique napoléonienne

Le service public de l’insertion c’est la centralisation par la remise en cause des prérogatives  régionales, pour recruter une main d’œuvre livrée comme de la chair à canon pour le patronat. Cela ressemble au niveau de son fonctionnement et de la manière, à la politique de Napoléon III qui en faisant des coups d’œil à la classe ouvrière instaura les travaux d’intérêt général pour résorber le chômage. En fait, la dépense publique que ce dispositif implique sera un investissement en faveur d’un capital social concurrentiel, parce que bon marché, aux monopoles capitalistes pour qu’ils s’installent davantage en France.

Un virage social oui! Mais de droite!

Les promesses pour l’ouverture de crèches et d’aménagements scolaires sont finalement l’arbre qui cache la forêt car il faut lier toutes les lois (El khomri) et mesures du gouvernement Macron (modification du Code du travail) au service public d’insertion pour comprendre que finalement ce sont les travailleurs actifs qui seront mis en concurrence avec des nouveaux embauchés qui n’auront pas d’autres choix que d’accepter des conditions d’embauches précarisées. Pire que le chômage et ses indemnités, le revenu universel d’activité c’est le renforcement forcené de l’exploitation capitaliste, soit l’extraction maximale de la plus-value sur le travail salarié par le patronat pour la création des richesses. 

Les réactions immédiates

Après le discours de Macron sur la pauvreté avec l’annonce de ses mesures rocardiennes sur le RUA, les critiques s’expriment faiblement, ne sont pas au niveau et sont parfois consensuelles. La France Insoumise avec les associations caritatives dénoncent des insuffisances, mais ne remettent pas en cause sur le fond le RUA car le réformisme et la social-démocratie ne s’attaquent point à l’État bourgeois qu’il faudrait renverser pour édifier le socialisme.

ALEXANDRE ZAKHARTCHENKO, PATRIOTE SOVIÉTIQUE ET ANTIFASCISTE, EST TOMBÉ EN MARTYR

Le Collectif DÉFENSE condamne le lâche assassinat le 31 août d’Alexandre V. Zakhartchenko, Président de la République Populaire de Donetsk, lors d’un attentat qui a également tué son garde du corps.  Zakhartchenko était un dirigeant très populaire de la RPD. Il avait joué, notamment en organisant l’armement du peuple, un rôle de premier plan dans la direction de la lutte insurrectionnelle contre le pouvoir fasciste d’Ukraine soutenu par l’Occident. Les mesures prises à l’encontre de l’oligarchie telles que des nationalisations, l’introduction d’éléments d’une économie planifiée, lui ont valu la haine de la grande bourgeoisie vendue à l’impérialisme, et de la clique fasciste siégeant à Kiev dont il semble que les services secrets soient derrière son assassinat, à l’instar de ceux de plusieurs autres dirigeants des républiques populaires instaurées dans le Donbass.

Zakhartchenko incarnait le patriotisme soviétique, correspondant à l’aspiration de la majorité de la population de l’ancienne URSS qui regrette les acquis du socialisme. Son assassinat est aussi une preuve, si cela était encore nécessaire, de l’inanité de la soi-disant voie pacifique vers le socialisme. 

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Zakhartchenko

« Nous avons considéré, nous considérons et nous considérerons comme une partie de l’Union Soviétique. »

LA GAUCHE PEUT-ELLE SOUTENIR LES LUTTES?

Même si les statistiques de la bourgeoisie ont vocation à minorer les mobilisations populaires, la «marée populaire» du 26 mai, qui prétendait rassembler associations, syndicats et partis de gauche dans une même initiative n’a pas été la vague qui prétendait monter à l’assaut de la politique d’austérité et de casse sociale menée par Macron et son gouvernement. La tentative de mettre le mouvement syndical à la remorque de la social-démocratie, en particulier de Mélechon, a motivé de nombreux militants à ne pas participer à cette récupération. Si la CGT cherche un prolongement politique pour renforcer les luttes, quel en sera le risque? Vers quel choix devrons-nous nous orienter?

Lutte révolutionnaire, ou récupération politicienne?

Dans quel but toute la gauche veut-elle se placer dans les luttes et les manifestations au côté des syndicats? Ce qui est sûr, c’est que la proximité des élections européennes l’amènera à présenter un choix électoral comme perspective unique aux revendications sociales, ce qui immanquablement nuira à la généralisation des luttes pour finalement appeler à une polarisation entre «Macronisme» et réformisme». Il faut se positionner autrement sur le plan syndical pour éviter ce genre d’écueil: «victoire des cheminots contre la mise en concurrence de la SNCF» par exemple, ce qui ramènerait au choix suivant: «libre concurrence sous l’autorité du patronat ou socialisme avec le contrôle des travailleurs». Quand à la question du service public, quelles sont les propositions des principales formations de gauche? Le PCF propose un fonds européen de développement des services publics financé par la BCE. Dans l’attente de convaincre les peuples ou les gouvernements, faut-il patienter en rejetant mollement les orientations et les lois Macron de privatisations et de destruction sociale? La France Insoumise quand à elle propose la sortie des traités européens par l’abandon des règles existantes pour tous les pays qui le souhaitent afin de faire pression. De toute façon, tout tourne autour de la BCE pour qu’elle modifie son comportement et tout cela doit être ratifié par un référendum. Donc après les élections on vote à nouveau…

Récapitulons

L’UE est une union impérialiste dont les règles de vie entre les états doivent préserver l’influence économique d’impérialistes concurrents face à la belligérance d’autres impérialistes. Est-il alors nécessaire de soutenir ou de quitter des traités pour définir le comportement de la France? Ce qui nous importe est la solidarité et la paix sachant que le capitalisme qu’il soit européen ou non amène toujours la guerre! Pour coopérer avec les peuples, il faut d’abord définir la ligne anticapitaliste de la France et c’est parce que le réformisme de gauche refuse de se prêter à un tel exercice qu’il préfère bercer le peuple travailleur d’illusions sur le changement. 

La stratégie impérialiste barre la route de façon implacable à toutes les revendications ouvrières.

L’impérialisme, avec son industrie, colonise tous les pays les moins avancés. La friche est immense et cela déclenche d’abord des oppositions entre les Etats-Unis, l’Europe, la Russie, la Grande-Bretagne et la Chine. Les guerres d’influence à prétextes «terroristes» ou anti «dictature» foisonnent. La Syrie est mise au ban de l’humanité parce qu’elle combat ses terroristes par les armes. Ainsi, sur le plan économique et social, la concurrence entre les travailleurs des pays les moins avancés payés à moins de 30 euros par mois dans la production, est entretenue par le patronat contre les ouvriers des pays plus développés, en donnant un prétexte aux gouvernements pour imposer la régression sociale. Alors lorsque les gouvernements qui se succèdent à la présidence en France, veulent convaincre sur la relance des investissements et de l’emploi dans l’hexagone en échange de baisses répétées de salaires et de garanties sociales, ils mentent! En réalité le capitalisme exige que les «charges» et les salaires deviennent en France l’équivalent de ce qu’ils sont en Afrique par exemple. Alors comment la gauche compte-t-elle imposer, comme elle le dit, la suppression des dispositifs budgétaires favorisant la richesse, la fin des réductions de dotation aux collectivités ou un moratoire sur la fermeture de structures assurant une mission de service public sur les hôpitaux, le ferroviaire, la poste… sans se faire renverser par ceux à qui elle a généreusement laissé les moyens de production et d’échange? Pour toutes ces raisons majeures, le Collectif DÉFENSE propose le développement de la convergence des luttes contre le système d’oppression et d’exploitation capitaliste, le refus des récupérations électorales et le prolongement de l’opposition sociale par le développement des luttes révolutionnaires. Il faut aux travailleurs la perspective d’une industrie nationalisée contrôlée par eux, afin que les entreprises rentables financent les services publics. Le bris de l’État bourgeois, le refus du paiement de la dette, et la construction d’une véritable démocratie pour les travailleurs: le socialisme de référence marxiste et léniniste pour se référer à ce qui à bien fonctionné jusque en 1955 en URSS.

PALESTINE: LES CRIMES DU CAPITALISME CONTRE LES PEUPLES

Le massacre de plus de soixante Palestiniens par l’armée sioniste d’occupation le 14 mai lors de la Marche du Retour illustre une fois de plus le caractère barbare de l’impérialisme sioniste et de ses soutiens. La pression de l’opinion publique, indignée par la succession de crimes israéliens impunis, a poussé des institutions internationales à exiger des actions concrètes pour les faire cesser. Même Reporters Sans Frontières, qui consacre habituellement la majorité de ses énergies à condamner Cuba, la Chine, le Vénézuela et la RPD de Corée, a saisi la CPI pour crime de guerre après la mort d’une vingtaine de journalistes palestiniens. Dix membres du Conseil de Sécurité de l’ONU ont demandé l’application de la résolution sur la fin de la colonisation illégale sur les terres palestiniennes sous occupation. L’impérialisme français condamne la violence tout en demandant une «riposte proportionnée». Bien entendu, Trump et ses représentants à l’ONU ont bloqué toute sanction contre l’agresseur. En ouvrant une ambassade à Jérusalem ce même jour et soixante dix ans après la création de l’entité sioniste, les USA visent à renforcer Israel et légitimer l’occupation. Avec les régimes réactionnaires arabes qui normalisent leurs relations avec Israël (Arabie Saoudite, Émirats, Jordanie…), ils font pression sur les Palestiniens pour les pousser à renoncer à leurs droits.

Néanmoins, le peuple palestinien fait preuve de courage et résiste dans l’unité, malgré les compromissions de la bourgeoisie siégeant à l’Autorité Palestinienne (collaboration sécuritaire avec Israël, maintien du blocus de Gaza…). Il sait aussi qu’il peut compter sur la résistance des autres peuples de la région, notamment de la Syrie et de ses alliés. Suite aux bombardements répétés de la Syrie par l’armée sioniste, l’armée syrienne a fermement réagi en interceptant des missiles lancés sur son territoire, en abattant un F16 le 10 février, et dernièrement en bombardant des centres de renseignement et des installations militaires dans le Golan occupé. 

Netanyahu affirme que ses attaques contre la Syrie visent à empêcher une installation de l’armée iranienne à ce qu’il désigne comme les frontières d’Israël. Il reçoit pour cela l’approbation de la «communauté internationale» menée par les puissances impérialistes qui affirment qu’Israël a «le droit de se défendre», donc concrètement d’occuper le Golan. Or, si des militaires iraniens sont présents en Syrie, c’est au titre de conseillers et sur invitation du gouvernement syrien dans le but de combattre le terrorisme, qu’il s’agisse de l’E.I. ou des groupes affiliés à Al-Qaida (Armée Syrienne Libre, Fatah El Cham, ex Al-Nosra, etc.) soutenus et entraînés par les armées française, britannique, étatsunienne… et aidés à l’occasion par Israël.

Ce n’est donc pas le président Al Assad mais Netanyahu qui est le terroriste et se moque des résolutions internationales. En plus des bombardements de Gaza, Israël se livre à des violations de l’espace aérien et maritime du Liban dont il convoite les gisements de gaz. N’oublions pas également l’armement atomique pour lequel personne n’exige la moindre sanction alors que l’Iran, qui ne possède pas d’arme nucléaire et n’a pas l’intention d’en acquérir, est mis au ban de la communauté internationale.

Le Collectif DÉFENSE appelle à soutenir la lutte du peuple palestinien pour ses droits légitimes et à agir pour sanctionner Israël, notamment en boycottant ses produits et en dénonçant sa participation à toute manifestation culturelle, sportive, scientifique…

Les travailleurs de France, mobilisés contre la destruction de leurs acquis et les licenciements, doivent répondre présent à l’appel à la solidarité avec les autres peuples victimes de l’impérialisme. La crise du capitalisme accroît le danger d’une guerre pour le repartage du monde, dont le Proche-Orient est une partie stratégique pour les richesses qu’il recèle. La lutte contre l’impérialisme, y compris le nôtre, va de pair avec le soutien à la résistance des peuples et la possibilité pour le peuple de Palestine de vivre dans un État laïc et non sous le joug  d’un État sioniste militariste et fasciste.

AIR FRANCE: APRÈS LE CAMOUFLET INFLIGÉ À LA DIRECTION, LA LUTTE CONTINUE!

Le rejet par la majorité des salariés d’Air France du projet d’accord salarial a provoqué la démission de Jean-Marc Janaillac, président d’Air France et PDG d’Air France-KLM. Le projet de la direction prévoyait une augmentation de salaire de 7% sur 4 ans, alors que les travailleurs avec leurs syndicats exigent 6% de rattrapage dès 2018. La compagnie, qui a supprimé 10.000 emplois et gelé les salaires depuis 7 ans, se porte si bien qu’elle se déclarait récemment intéressée par le rachat d’Air India. Alors que Janaillac avait eu droit en 2017 à une rémunération de 548.834 euros au bout de six mois au poste de PDG, les travailleurs qui ont produit ces richesses doivent pouvoir vivre décemment de leur travail. 

Le recours à un référendum pour contourner les syndicats est une pratique qui se développe de plus en plus grâce aux lois Macron – El Khomri. Les salariés d’Air France sont sous pression, avec le chantage à la compétitivité et, à présent, une campagne médiatique sur l’avenir de la compagnie menacé par le coût de la grève, les soi-disant privilèges des pilotes et les revendications salariales jugées irréalistes. La dernière manoeuvre a été la création d’un collectif de collaboration de classe baptisé «TOUS AIR FRANCE». Ces individus se disent «déçus et frustrés de l’absence de véritable dialogue social» et dans leurs médias sont avancées entre autres des propositions comme le désengagement de l’État d’Air France, la distribution d’actions aux salariés en échange de baisse des «charges», etc. 

Le référendum patronal, dont le but était de briser la grève, s’est en tout cas retourné contre la direction puisque les travailleurs ont rejeté son plan et infligé un camouflet à Janaillac, tout en confirmant la confiance qu’ils portent à leurs syndicats.

Les travailleurs n’ont rien à attendre d’un quelconque dialogue avec la direction; seul le rapport de force créé par la lutte obligera celle-ci à reculer.

Le Collectif DÉFENSE soutient les revendications des salariés et les invite à le renforcer pour s’organiser et donner une perspective révolutionnaire à la lutte. En effet, ce n’est pas le système capitaliste ni son État qui sont à même d’assurer un service public du transport aérien accessible à tous et garantissant un statut favorable pour tous ses personnels. Seule une société socialiste basée sur le pouvoir des travailleurs et la planification centralisée est à même de satisfaire toutes nos revendications.

LES ANARCHISTES DEMEURENT LES ENNEMIS DU COMMUNISME

Court-circuiter la révolution prolétarienne: tel est l’objectif historique des anarchistes de tous bords. Opposés à la révolution bolchévique, préférant les Menchéviks face à la critique scientifique du matérialisme historique, les anarchistes ont toujours voulu accréditer l’idée que la révolution pouvait se réaliser sans les masses.

Tout pour l’individu et rien pour les masses: tel est le comportement idéologique des anarchistes autonomes ou libertaires, black-blocs et consorts, avec le soutien de leurs amis trotskistes. Utilisés par l’État bourgeois dirigé alternativement par la droite, le centre et la social-démocratie, les libertaires autonomes et casseurs s’emploient à casser le mouvement syndical en lui confisquant le rôle qu’il devrait avoir: celui de créer les conditions de la révolution.

Casser du matériel urbain, des vitrines ou des symboles du capitalisme ne pénalise pas le patronat assuré contre la casse, mais les travailleurs dont on oublie les revendications. En outre, les assurances continueront à faire des profits puisqu’elles sont financées par les assurés qui sont majoritairement des travailleurs exploités.

En quoi les anarchistes ont-ils pénalisé le capitalisme le 1er mai 2018? Édouard Philippe a dénoncé «l’irresponsabilité des discours radicaux» des mouvements d’extrême-gauche à vocation révolutionnaire, en préparant l’État bourgeois à réprimer travailleurs et syndicalistes qui n’ont rien à voir avec les anarchistes. Les médias bourgeois ont occulté les revendications des manifestants pour ne parler que des 1200 casseurs et des dégâts provoqués.

Le mouvement révolutionnaire français soutient le syndicalisme en invitant les travailleurs à faire converger leurs revendications. C’est en tout cas la stratégie du Collectif DÉFENSE dont les militants font le choix des masses et non de l’individu pris à part. Faire émerger les revendications des travailleurs, c’est poser les conditions du renversement du capitalisme, c’est démontrer que le socialisme répond point par point en tant qu’alternative au capitalisme, à la crise sociale et politique à laquelle la société est confrontée. Nous voulons, nous révolutionnaires communistes, l’expropriation des capitalistes afin que la propriété et les richesses soient entre les mains de la collectivité. Il est donc impensable de casser le matériel; c’est l’État bourgeois qu’il faut renverser. 

Que proposent les anarchistes? Conserver l’anarchie de la production existant au sein du capitalisme? Casser les usines et les commerces en réponse aux fermetures d’entreprises et aux licenciements collectifs (ce qui produit le même effet)? Les anarchistes veulent «faire la révolution» par l’action de quelques milliers d’individus (c’est la théorie de Blanqui) au mépris de l’organisation et des revendications des masses travailleuses. Les anarchistes, qui rejettent toute idée d’un État, même prolétarien, n’ont jamais réussi une révolution. Bien au contraire, ils ont toujours, par leurs attitudes provocatrices, isolé la classe ouvrière de leurs alliés et donné un prétexte à la répression du mouvement ouvrier et démocratique. Quand le mouvement communiste et syndical était puissant et luttait sur une base de classe, les anarchistes étaient marginalisés. Il n’est maintenant pas étonnant que des jeunes se livrent à des actions qui paraissent radicales, mais qui ne font pas avancer d’un pas la révolution,  quand on se rappelle que le PCF a abandonné le marxisme-léninisme et la perspective de la révolution socialiste au profit de l’entente avec la social-démocratie, contribuant ainsi à priver les travailleurs et les jeunes de perspectives et de repères de classe.

Le Collectif DÉFENSE appelle à l’isolement des anarchistes du mouvement populaire dont le soutien doit aller aux cheminots, aux travailleurs et à leurs organisations syndicales. Il ne s’agit pas d’exiger plus de présence policière qui se retourne toujours contre le mouvement populaire, mais de renforcer le service d’ordre du syndicat afin d’empêcher l’infiltration des casseurs. Tous les travailleurs doivent se syndiquer pour renforcer la convergence des revendications et des luttes.

C’est en rejoignant le Collectif DÉFENSE qu’il est possible de radicaliser la lutte anticapitaliste. Il ne suffit pas de dire que seule la révolution peut régler les antagonismes sociaux, il faut le démontrer dans la pratique en faisant le lien entre la lutte revendicative et révolutionnaire pour construire le socialisme.

E. Macron choisit son remplaçant

En Marche, par la voix d’Emmanuel Macron, se détermine en faveur d’une opposition susceptible de présenter une alternance à sa politique, sans remettre en cause le pouvoir de la bourgeoisie. Hier, les arrières du système capitaliste en France étaient assurés par la bipolarisation droite-PS. Ces deux formations étant politiquement discréditées par l’opinion publique, Macron perpétue la défense du système bourgeois. À l’occasion des troubles occasionnés par les anarchistes le Premier Mai 2018, le président interpelle sans le nommer son adversaire des présidentielles. Cela juste avant le rassemblement prévu par la France Insoumise «la fête à Macron»; le président dénonce l’irresponsabilité des propos de l’extrême-gauche qui pousse à la violence. Mélenchon s’étant lui-même reconnu prend à partie le président comme si la France insoumise occupait socialement le devant de la scène pour contester la politique de Macron. En réalité, le 1er Mai 2018 à constitué le théâtre d’une gigantesque récupération politique en vue d’étouffer la véritable opposition qui se manifestait avec les travailleurs en lutte contre de nouvelles extensions de l’exploitation capitaliste. Ainsi, le duel Macron- Mélenchon structure une nouvelle fois la bipolarisation entre l’ultra-libéralisme et la social-démocratie pour protéger le système bourgeois contre la généralisation d’une prise de conscience anticapitaliste. Opposer la défense du statut des cheminots à celle du service public pose en effet les problèmes de l’utilisation des fonds de l’État, dette et cadeaux au capital, plutôt que répartition et développement public. Alors tout est fait, de l’extrême-gauche anarchiste à l’extrême-droite fascisante, pour renforcer la riposte gouvernementale qui tente d’éviter que le mécontentement général s’en prenne à la bourgeoisie. Le large soutien populaire aux cheminots fait peur au pouvoir du capital, le débat sur la question du service public et du maintien des acquis sociaux mène vers un choix de société «propriété publique contre propriété privée». L’absence d’un grand parti révolutionnaire en France permet au pouvoir de politiser la situation face à la lutte des cheminots, des travailleurs, des étudiants, des retraités, et de la population défavorisée. Le PCF qui hier était représentatif d’une transformation anticapitaliste de la société, a préféré le révisionnisme gorbatchévien hérité de Khrouchtchev pour soutenir la sociale-démocratie, jusqu’à devenir lui-même social-démocrate. Ainsi, la tâche de Macron est rendue facile pour essayer de faire dériver la lutte des cheminots vers un soutien électoral qui ne réglera rien sur le fond. Le Collectif DÉFENSE appelle les travailleurs et leurs organisations syndicales à continuer le combat sans se détourner de leurs objectifs. Il faut se féliciter du soutien existant à la lutte des cheminots car un chèque d’un million d’euros leur a été délivré pour les encourager à continuer la grève. Déjà la convergence des luttes et des revendications donne du grain à moudre aux valets du capital qui ménage ses arrières. Avec le Collectif DÉFENSE, les travailleurs et leurs organisations pourront un jour représenter la force politique qui remettra en cause le capitalisme pour construire le socialisme. En effet, continuer à renforcer le Collectif, c’est s’engager plus rapidement que l’on croit vers la construction d’un parti qui sera mis à disposition de la classe ouvrière pour faire la révolution et proclamer le contrôle ouvrier avec l’émergence du socialisme.