COLLECTIF "DÉFENSE"

SUR LA RECOMPOSITION DES FORCES POLITIQUES DE LA BOURGEOISIE

Alors que les partis traditionnels du capital PS et Républicains ont été désavoués au 1er tour par les électeurs qui se sont tournés vers des partis se présentant comme contestataires ou ont refusé de voter ou de choisir entre les candidats qui ne remettaient pas en cause le système, la bourgeoisie a réussi à préserver son dispositif de domination en mettant au pouvoir des individus issus directement de sa classe ou s’engageant à la servir. Elle a aussi, à travers la recomposition des forces politiques, fait en sorte que se maintienne une social-démocratie autre que le PS et ses appendices PCF, FdG et autres groupes réformistes, à travers la France Insoumise de Mélenchon. La social-démocratie a pour fonction de maintenir la dictature de la classe bourgeoise en dévoyant les revendications des travailleurs et leurs aspirations à un renversement du système. Au moyen de slogans démagogiques sur le partage des richesses, l’égalité et la justice sociale, elle entraîne le mouvement populaire vers des fausses solutions qui ne remettent pas en cause le pouvoir du capital, la propriété privée des entreprises, l’exploitation des travailleurs. Mélenchon, convaincu qu’il pourra maintenir ses candidats dans 70% des circonscriptions aux législatives, se dit ainsi prêt à gouverner en cohabitation avec Macron une France impérialiste dont l’appareil d’État est aux mains de l’oligarchie financière qui exerce sa dictature également en soumettant la souveraineté du pays à l’Union Européenne. Dans le cas où son rêve deviendrait réalité, il ne prévoit pas d’exproprier le capital mais d’emprunter aux banques pour financer ses plans d’investissement. Il ne prévoit pas non plus de remettre en cause l’État bourgeois, mais de donner à la bourgeoisie de nouvelles institution au moyen d’une sixième République. Quant aux interventions de l’armée française contre la souveraineté des peuples, jamais condamnées par Mélenchon, elles pourront se faire sous couvert de l’ONU, c’est à dire selon les intérêts des puissances impérialistes et des monopoles qui les dirigent. Pour relancer l’économie, le France Insoumise veut remplir les carnets de commande des entreprises, ce qui revient à favoriser l’aggravation de l’exploitation capitaliste (augmentation de la plus-value) puisque le bénéfice est rentabilisé au détriment des salaires, des conditions de travail, des effectifs.

Les ralliements à Macron de politiciens de droite comme de gauche et de personnalités venant du patronat illustrent la volonté du pouvoir d’appliquer sans limite les contre-réformes mises en oeuvre par les précédents gouvernements de Hollande, Sarkozy…

Suite à la débâcle du PS et à son éclatement, le PCF, qui était largement dépendant de ses alliances avec ce parti, est menacé de perdre la plupart de ses élus. Les concessions qu’il s’est obligé à faire à la France Insoumise ne sont pas de nature à limiter les dégâts. Dans ses municipalités, le PCF social-démocratisé depuis les années 80, a fait le choix d’une gestion de la misère sociale dans le cadre d’un désengagement de l’Etat, ce qui a conduit à appliquer localement la politique du capital: privatisation de services municipaux, compression du personnel et attaques contre les avantages et les statuts, gestion des parcs d’habitations selon les règles du privé, y compris en recourant aux expulsions de locataires… ouverture large des marchés publics aux grands groupes SUEZ, VINCI, VEOLIA, EIFFAGE… Les cas de carriérisme, de clientélisme, se sont multipliés, sans faire l’objet de quelconques sanctions ni exclusion d’un parti dépourvu de toute idéologie communiste et de règles de fonctionnement démocratique telles que la discipline, la discussion à tous les niveaux.

La lutte contre la destruction du Code du Travail et des acquis des travailleurs ne dépend pas d’une victoire électorale dans un parlement largement dépourvu du moindre pouvoir de s’opposer aux directives de l’Union Européenne et aux contre-réformes du gouvernement Macron. Elle nécessite la remise en cause de la logique du profit et la défense des besoins des travailleurs par des luttes, des grèves, des manifestations, des blocages. Elle nécessite la dénonciation de la social-démocratie, de son pouvoir dans les syndicats, et la construction d’un véritable parti communiste ayant pour objectifs le renversement de la bourgeoisie et la construction du socialisme, qui, contrairement à la sixième république de Mélenchon,  reposera sur le pouvoir réel des travailleurs.

Macron président: une voie royale pour une cohabitation atypique

Résultats du 2ème tour de la présidentielle 2017: officiellement, Macron recueille 66,1%, soit 20.753.797 de voix, Le pen 33,9% soit 10.644.118. Ces chiffres sont réels à condition que l’on ne prenne pas en compte l’abstention, les votes blancs et nuls qui ont rejeté Macron et Le pen et qui représentent la 2ème force politique en France avec 33,99% de l’opinion par rapport aux suffrages exprimés. L’abstention totalise 25,44%, les blancs 2,23% et les nuls 6,33% soit 16 millions d’électeurs au total. Cela ramènerait Macron à 43,63% des voix et Le pen à 22,38%. Si on considère qu’un certain nombre de voix de Macron se sont exprimées uniquement pour faire barrage à M. Le pen et qu’une partie des voix de cette dernière visaient à s’opposer à Macron mais pas à soutenir le programme du FN, cela ramène chaque candidat aux suffrages capitalisés du premier tour. Cela est très loin de donner à Macron la majorité et faire de Le pen la principale force d’opposition comme le décrivent à loisir les medias. Pourtant, la soumission, la trahison, et les affiliations vont bon train dans la perspective des législatives pour donner à la bourgeoisie une majorité de combat en «marche» contre les acquis des travailleurs. A l’opposé de l’image peu glorieuse de cette «république en marche» pour un capitalisme débridé, Le pen est présentée comme l’épouvantail officiel pour canaliser le mécontentement et la colère populaire, pour finalement à chaque consultation électorale la stériliser. Le FN est une baudruche gonflée par le capital et dégonflée en cas de danger à chaque présidentielle. Ce parti ne fait rien d’autre que de rendre gouvernable les institutions actuelles, il fait donc partie du système. Il faut faire disparaître le FN du paysage politique français pour permettre enfin l’expression d’une véritable radicalisation nationale et internationale des luttes sociales, seule résistance réelle à l’exploitation capitaliste. Quant aux fuites vers la nouvelle majorité présidentielle, elles préludent déjà d’une crise politique qui va s’aggraver au PS et chez les Républicains, pour restructurer une recomposition anti-ouvrière de la politique française. Par exemple, Bruno le maire, Gérard Colomb, Manuel Valls, Edouard Philippe, maire du Havre et partisan de Juppé… ont ouvert la voie d’une future cohabitation atypique de personnalités encartées mais prêtes à collaborer avec le pouvoir.

Le PS recompose la social-démocratie et crée les conditions du vote utile pour donner une majorité à Macron, comme le fait Cambadelis, mais sans adhérer à la «République en Marche». Aubry, Hidalgo, Hannotin créent leur mouvement, Hamon le sien. Mélenchon est appelé à incarner la nouvelle social-démocratie. Sans compter les surprises à venir du genre de celles à quoi nous a habitué Patrick Braouezec, affiché comme pro-Macron mais qui appelle à soutenir Stéphane Peu candidat du PCF, ou Robert Hue déjà engagé avec Macron lorsqu’il était candidat.

La recomposition sert l’incitation au vote utile

Le nouveau président qui, selon la propagande officielle du pouvoir, est parti de rien, est prêt à aider les candidats aux législatives qui rallieraient la «république en marche» grâce à son prêt personnel de 8 millions d’euros auxquels s’ajoutent les dons de 13 millions de la campagne des présidentielles qui n’ont pas été dépensés en totalité. L’opposition anti-capitaliste doit absolument trouver sa voie avec la création d’un parti révolutionnaire réellement reconnu par la classe ouvrière. Le danger d’une aggravation drastique de l‘austérité sociale est maintenant imminent. Pour commencer, Macron veut supprimer les cotisations sociales au patronat et faire payer les travailleurs via la CSG et l’impôt. Par contre, il veut ramener l’impôt sur les sociétés à 25%,, supprimer les cotisations patronales pour les salaires payés au SMIC, incitant la baisse générale de la plupart des salaires. Le nouveau président veut ouvrir les droits de l’assurance chômage aux entrepreneurs, instaurer un prélèvement forfaitaire unique sur l’ensemble des profits (immobiliers, dividendes et plus-values…) l’exonération partielle de l’ISF… Les contacts internet de la «France insoumise» ne remplaceront point le travail militant de proximité avec les travailleurs et les masses pauvres, que doit entretenir un parti véritablement révolutionnaire. Il ne s’agit pas aujourd’hui d’appeler à une opposition électorale, épargner le capital en proposant de lui donner des institutions nouvelles et un bon carnet de commandes, il faut organiser la révolution socialiste! Dans l’immédiat, il faut privilégier la grève plutôt que le dialogue social, les manifestations et occupations d’usines pour empêcher les restructurations et les fermetures d’entreprises plutôt que la consultation électorale dont les dès sont pipés à l’avance. La solidarité entre les travailleurs qui défendent leur emploi et la population peut aller jusqu’à la barricade. La révolution socialiste avec le contrôle ouvrier et populaire est la seule perspective contre la crise du capitalisme.

SUR LES RÉSULTATS DU 1er TOUR

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2017 confirment que cette mascarade de démocratie ne pouvait apporter aucun changement favorable aux travailleurs. Parmi les 11 candidats qui figuraient au premier tour,  si certains remettaient en cause le monarcho-présidentialisme et promettaient des réformes institutionnelles en faveur de plus de démocratie, aucun n’avait comme perspective de remettre en cause l’existence de la bourgeoisie, sa dictature, son État. Aucun n’apportait une perspective révolutionnaire, et pour cause, puisque la participation à une telle élection décrédibilisait tout discours véritablement anti-capitaliste et confortait les illusions sur un possible aménagement du système en faveur du peuple travailleur.

Le candidat favori de la bourgeoisie est à présent au second tour face à la représentante du FN. Les ralliements de nombreux politiciens de «gauche», dès avant le premier tour, à ce candidat des monopoles qui a porté des coups très durs aux travailleurs lors de son passage au gouvernement Hollande et qui promet d’autres mesures de régression sociales, puis les appels à faire barrage au FN en utilisant le bulletin qui porte son nom, annoncent une intégration encore plus grande du social-réformisme dans le cadre de la recomposition du système de représentation politique. Cette recomposition est une conséquence du rejet et à la défaite des partis traditionnels, en premier lieu du PS. Ce faisant, la bourgeoisie ne peut maintenir sa dictature sans reconstruire une social-démocratie, que Mélenchon, avec son score relativement important, est appelé à incarner. Le social-réformisme, qui prône des mesures d’aménagement et d’humanisation du capitalisme, ne peut conduire qu’à la trahison comme en Grèce.

Les travailleurs n’ont aucun intérêt à élire une politicienne qui prône la division entre travailleurs français et immigrés. ni à favoriser un candidat du capital monopoliste au nom du «front républicain». C’est à la classe bourgeoise d’assumer les conséquences de son système politique anti-démocratique.

Le Collectif DÉFENSE appelle à intensifier les luttes contre le capital pour les revendications économiques, démocratiques, politiques, en remettant en cause la logique du profit, la propriété privée des entreprises, la dictature de la bourgeoisie. Notre tâche est de préparer la révolution socialiste, en reconstruisant un véritable parti communiste ouvrier révolutionnaire.

SUR LES ÉVÉNEMENTS EN GUYANE

Le mouvement de révolte qui affecte la Guyane, vieille colonie française sur le continent américain, illustre l’antagonisme entre la majorité de la population travailleuse et la bourgeoisie impérialiste qui maintient ce territoire dans un sous-développement comparable aux pays du «tiers-monde». Aux revendications sécuritaires et économiques se greffent peu à peu une aspiration à une plus grande autonomie afin que les richesses, issues de l’industrie aérospatiale, de l’extraction d’or, de tantale, de bauxite, du bois, de la pêche… profitent à la population guyanaise.

Le mouvement est bien sûr traversé par les contradictions entre les demandes du patronat d’obtenir des crédits et des investissements de la part de l’État pour continuer de profiter des subsides de la métropole et exploiter les travailleurs, et les revendications majoritaires portées par les travailleurs et leurs syndicats pour le développement du service public et son extension à toute la population, pour l’emploi, les salaires…

Une partie du patronat appelle déjà à l’apaisement, alors que le déblocage d’un milliard d’euros n’est pas de nature à améliorer sensiblement les conditions de vie des Guyanais.

Il appartiendra à ceux-ci de déterminer quel devra être le statut futur de la Guyane et dans quel conditions il pourra être obtenu, quelles luttes devront être menées. Il est certain que la politique coloniale actuelle est préjudiciable au développement du pays, et que le peuple guyanais doit pouvoir exercer son droit à l’auto-détermination, y compris, s’il le veut, jusqu’à l’indépendance, comme celui du Surinam qui a obtenu la sienne en 1975 et du Guyana en 1966.

LE COLLECTIF DÉFENSE CONDAMNE L’AGRESSION IMPÉRIALISTE CONTRE LA SYRIE

Le bombardement US contre la base aérienne de Shayrat sous le prétexte de punir la soi-disant attaque chimique de Khan Cheikhoun est une agression contre la souveraineté de la Syrie et une escalade dans la guerre impérialiste à laquelle se livrent les grandes puissances occidentales, leurs alliés régionaux et les groupes terroristes qu’ils financent et qu’ils arment contre ce pays.

Sans attendre une quelconque enquête sur la nature des gaz et les circonstances de l’attaque, qui se produit quelques jours après que Trump ait convenu qu’il fallait tenir compte de la réalité du régime politique en Syrie et que cette question ne concerne que les Syriens, Trump, Hollande, Merkel et leurs alliés impérialistes, relayés par les grands médias, ont accusé Bachar El Assad d’avoir bombardé le village avec des armes chimiques et appelé à une «riposte» militaire. Outre le fait que l’Armée arabe syrienne n’a pas besoin de telles armes pour gagner la guerre, et que le gouvernement syrien s’est engagé à ne jamais les utiliser, pas même contre les terroristes, il faut rappeler que les armes chimiques syriennes avaient été détruites en 2014 sous le contrôle de l’OIAC suite à un accord entre la Russie et les USA. Cela faisait suite à l’utilisation de gaz toxiques par les «rebelles» le 21 août 2013 alors qu’une mission d’enquête se trouvait dans le pays, cette attaque devant servir de prétexte pour une attaque de grande envergure à laquelle la France était prête à participer. Ces dernières semaines, le gouvernement syrien ne cessait d’alerter l’OIAC et la communauté internationale sur la possession de gaz de combat par les groupes terroristes. D’autres cas d’utilisation de gaz toxiques par les «rebelles» visant à en faire porter la responsabilité par l’armée syrienne s’étaient produits, souvent à la veille de réunions internationales sur la question syrienne afin de saboter tout effort de règlement politique du conflit et d’obtenir par une intervention militaire directe ce que les terroristes ont échoué à obtenir: la destruction de la Syrie, son morcellement en entités basées sur le confessionalisme, soumises à l’impérialisme et dirigées par des pantins prêts à lui brader les richesses pétrolières et gazières.

Les candidats à la présidentielle française Macron, Hamon, rivalisent et surenchérissent dans les appels à l’internationalisation de l’agression, les quelques réserves exprimées par Fillon portant sur les conséquences imprévisibles d’une escalade, en particulier vis à vis de la Russie. Macron veut que l’armée française soit pleinement engagée. Les autres candidats, dont certains se distancient avec l’action unilatérale de Trump et en appellent à l’ONU pour trouver une solution politique, portent tout de même la responsabilité soit de soutenir l’impérialisme français en le présentant comme soumis à l’OTAN et à l’Union Européenne (comme si une France plus indépendante serait moins belliqueuse et impérialiste), soit d’avoir soutenu la soi-disant «révolution syrienne» et mis dos à dos l’État Syrien et l’ État Islamique, justifiant et accompagnant ainsi les ingérences et actes hostiles contre la Syrie.

Le bombardement US et la campagne d’intoxication qui l’accompagne visent aussi à couvrir les crimes commis par les impérialistes qui bombardent régulièrement la Syrie: l’aviation US et turque, qui tuent des dizaines de civils sans pour autant porter de coups significatifs contre l’E.I., Al Nosra et autres, qui sont en réalité leurs créations. C’est l’armée syrienne, en coordination avec l’armée russe qui intervient avec l’accord du gouvernement légal, qui porte les coups décisifs contre les terroristes et progresse chaque jour avec l’objectif de la libération complète du territoire. La Syrie est également frappée parce qu’elle s’oppose à l’impérialisme sioniste et soutient la lutte des peuples palestinien et libanais contre l’expansion et l’agression d’Israël, dont les crimes sont toujours impunis.

Les événements actuels prouvent, s’il le fallait encore, l’inévitabilité des guerres tant que perdure le capitalisme, incapable de résoudre sa crise. Le Collectif DÉFENSE appelle les travailleurs de France à refuser toute participation de leur pays à l’agression contre la Syrie, à dénoncer les politiciens, journalistes et intellectuels fauteurs de guerre, à intensifier leurs luttes pour leurs revendications, puisqu’il semble qu’il y ait tout à coup assez d’argent pour financer une nouvelle intervention militaire, et à exiger que la France cesse son soutien à Israël. Laisser l’impérialisme intervenir revient à priver les peuples de leur initative de lutte pour la paix et le progrès social.

Ce n’est pas un changement d’institutions ou des pseudo-réformes qui ne changeront rien au système dont nous avons besoin. C’est par la révolution qu’il faut renverser le capitalisme et édifier une société socialiste basée sur la propriété collective des grandes entreprises et le pouvoir des travailleurs, dans laquelle les richesses profiteront à toute la société et non plus à une poignée d’actionnaires et de possédants. Seul le socialisme garantira la paix et le bien-être pour tous.

7 avril 2017

DÉCLARATION COMMUNE SUR LES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES

 

Le Collectif DÉFENSE et le Rassemblement Organisé des Communistes Marxistes-Léninistes (ROCML) s’adressent aux travailleurs qui subissent les conséquences de la crise du système capitaliste, aux syndicalistes qui se sont battus contre la loi El Khomri, à tous les communistes qui aspirent à une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme, à tous les progressistes.

RÉSOLUTION

Les élections sont, dans la République bourgeoise, un moyen essentiel pour maintenir les travailleurs sous la domination politique de la classe exploiteuse.

Le régime bourgeois se présente comme un régime démocratique et donne l’illusion aux travailleurs et aux citoyens, quelle que soit leur classe sociale, qu’ils élisent le représentant de leur choix. Le système électoral a été perfectionné au long des années de domination de la bourgeoisie sur la vie politique de la société. Tout est fait pour qu’en définitive seuls des représentants garants du système capitaliste soient en mesure de diriger l’État, garant et organisateur de la domination politique et économique de la classe bourgeoise. L’élection présidentielle est organisée pour écarter ou marginaliser tout autre candidat : nécessité d’obtenir un certain nombre de signatures d’élus déjà en place, discrimination par l’argent, difficultés d’obtenir des salles de réunions, contrôle des médias etc. Les travailleurs sont ainsi appelés à « décider périodiquement, pour un certain nombre d’années, quel membre de la classe dirigeante foulera aux pieds, écrasera le peuple au Parlement, telle est l’essence véritable du parlementarisme bourgeois, non seulement dans les monarchies constitutionnelles parlementaires, mais encore dans les républiques les plus démocratiques

L’État est le garant et l’organisateur de la domination politique, économique et idéologique de la classe dominante.

Des candidats au service du capital

L’élection présidentielle de 2017 voit s’affronter une multitude de candidats au poste de premier représentant de la bourgeoisie monopoliste au pouvoir. La classe possédante et exploiteuse, qui dirige l’État, a besoin d’un Exécutif capable de mener à leur terme les contre-réformes engagées par les gouvernements successifs, qu’ils soient de « gauche » ou de « droite », (destruction du Code du Travail, privatisation-liquidation des services publics, démantèlement de la Sécurité Sociale, restriction des libertés démocratiques…), d’organiser la société au bénéfice exclusif du capital et de ses représentants. La politique du gouvernement PS a prolongé celle de Sarkozy au service du capital.

Les candidats du capital veulent tous restaurer la compétitivité (c’est à dire le profit) des entreprises sur le marché mondial, faire baisser le « coût du travail » et les dépenses publiques. Fillon, qui avait emporté la primaire à droite, avait les préférences du MEDEF, mais sa campagne est décrédibilisée suite aux révélations sur les rémunérations scandaleuses de son entourage qui contrastent avec le programme d’austérité qu’il réservait aux travailleurs. La bourgeoisie mise donc sur Macron qui annonce 60 milliards d’économies qui porteront bien sûr essentiellement sur les dépenses sociales, les salaires, les services publics: allégement des cotisations salariales pour la branche maladie et chômage, compensées par l’augmentation de la CSG d’1,75 point, ce qui revient à faire payer par les travailleurs (via l’impôt que constitue la CSG) la partie indirecte du salaire qu’il prétend leur rendre, transformation du CICE en allégement durable des «charges»… La déréglementation du travail, façon El Khomri, est bien sûr maintenue, avec la primauté des accords d’entreprise sur la loi, plus de flexibilité… Macron a un large soutien venant de la droite, de l’aile (majoritaire) social-libérale du PS, de Bayrou, d’écologistes… Quant à la fille Le Pen, son programme correspond à un capitalisme national-protectionniste. Sa candidature, son discours démagogique, constituent une diversion face au dégoût devant la politique (le « tous pourris ») ressenti par la population travailleuse. Son rôle est de servir de repoussoir en faveur des candidats du « système » grâce au fameux « front républicain ». La social-démocratie, dont le rôle est d’accompagner les contre-réformes avec un discours de gauche sur une soi-disant autre politique possible en faveur du monde du travail, est incarnée par Mélenchon, avec ses propositions keynésiennes, par les soi-disant frondeurs du PS, par Hamon. Leurs programmes n’ont rien de révolutionnaire et ne sont pas de nature à soulager le sort de la majorité de la population. Par exemple, la mesure phare proposée, le REVENU UNIVERSEL, qu’il soit porté par Hamon ou tel autre, est une attaque contre les garanties sociales puisqu’il vise à se substituer aux allocations existantes, à encourager l’auto-entrepreneuriat qui laisse le travailleur, soi-disant libre, à la merci de grands monopoles qui lui imposent leurs conditions, et qui a déjà entraîné des milliers de faillites personnelles. C’est une remise en cause du salaire, de la protection sociale. Inscrite dans la durée, cette mesure révèle, de la part de ses partisans, leur acceptation d’un volant permanent de chômage.

La République bourgeoise est une démocratie pour une classe.

Le système bourgeois ne pratique point la démocratie populaire. Les électeurs n’ont aucun moyen de destituer un élu s’il ne respecte pas ses promesses sociales. Quand sa domination est en danger, la bourgeoisie n’hésite pas à violer ses propres règles « démocratiques ». Des expériences historiques dramatiques nous le rappellent, au Chili d’Allende, en Indonésie en 1965 où une répression sanglante a couté de la vie de plusieurs milliers de communistes. Plus récemment, le diktat de l’Europe sur la Grèce avec la complicité de SYRIZA sont d’autres exemples de la dictature de la bourgeoisie. Par ailleurs, on se souvient des dernières utilisations du 49.3 pour passer outre l’opposition d’une majorité de la population. La démocratie ne doit plus se restreindre à un élitisme électoral de classe ; c’est pourquoi nous rejetons le présidentialisme qui conforte le crétinisme électoral et parlementaire. Dans tous les pays dits « démocratiques », quand les luttes deviennent une menace pour sa domination, l’Etat réagit par la répression : chasse aux communistes aux USA en 1930, en France interdiction de certaines organisations révolutionnaires en 1968, aujourd’hui répression dans plusieurs pays de l’U.E., en Ukraine, en Turquie, … Nous rejetons aussi la «6e République » prônée par Hamon et Mélenchon qui offrent des institutions nouvelles au capitalisme. Il faut une révolution socialiste, seul moyen pour les travailleurs d’avoir le pouvoir dans une société socialiste dirigée par les organisations du prolétariat, et où l’Assemblée ne peut ni ne doit décider sans celles-ci.

S’organiser pour lutter

La lutte de classe se mène par de multiples moyens : de la pétition à la grève générale, et, moyen suprême, la révolution qui permet d’arracher le pouvoir à la classe exploiteuse. Nous n’avons aucune illusion sur la possibilité de satisfaire les revendications par la voie parlementaire. Par contre les communistes révolutionnaires n’hésitent pas à utiliser tous les moyens de lutte possibles, y compris la lutte parlementaire, pour renforcer celles des travailleurs. Mais le communiste insiste : la nécessité de conquérir l’indépendance politique du prolétariat est à l’ordre du jour. C’est dans cette esprit que différentes forces communistes entendent agir ensemble et poser les fondements pour que le prolétariat ait son propre parti. Nous agissons pour que la classe ouvrière et les couches populaires comptent sur leurs propres forces et s’organisent politiquement pour mener la lutte pour leur objectif stratégique (arracher le pouvoir à la bourgeoisie) et les objectifs de lutte immédiats comme:

-L’Abrogation des lois réactionnaires (lois Rebsamen, Macron, El Khomri…)

-Le droit de vote pour les populations dites immigrées, la protection des réfugiés, la solidarité internationale. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

-Pour que tous les droits démocratiques et syndicaux qui ont été bafoués soient rétablis. Les militants syndicaux et progressistes poursuivis doivent être relaxés et libérés sans condition ! Libération de tous les prisonniers politiques!

-Contre les discriminations et la violence contre la jeunesse des quartiers populaires.

-Pour la retraite à 60 ans pour tous!

-Non aux guerres et aux interventions impérialistes de la France.

Pour s’opposer au racisme, à la xénophobie, au chauvinisme, il faut combattre toutes les politiques protectionnistes, souverainistes, qui nient le caractère impérialiste de la France, qu’elles soient portées par le FN ou tout autre parti. Il faut lutter contre la dépolitisation des travailleurs, pour qu’ils mènent une action politique indépendante de celle de la bourgeoisie. N’oublions pas que tant que le capitalisme ne sera pas renversé, aucune revendication des travailleurs ne peut être acquise définitivement.

Le capitalisme est incapable d’assurer les besoins élémentaires de la population en matière de logement, d’éducation, de santé, de fournir un travail à chacun. Seule une société socialiste, basée sur la propriété collective des grandes entreprises, le pouvoir des travailleurs et de ses alliés, la planification démocratique tenant compte de la préservation de la nature, peut satisfaire les revendications. La Commune de Paris en 1871 et la Révolution d’Octobre 1917, dont on fête cette année le 100e anniversaire, la construction du socialisme en URSS, ont démontré qu’une autre société est possible et nécessite, pour être édifiée, le renversement du capitalisme par la révolution.

Organisons-nous dans un véritable parti communiste!

Vive le socialisme!

À bas le capitalisme!

Contacts:

Collectif Défense: Collectifdefense@gmail.com

ROCML: roc.ml@laposte.net

ASSEMBLÉE MILITANTE DU 1ER MARS 2017

Les élections présidentielles tiennent actuellement le haut de l’information. En effet, à quelques dizaines de jours du premier tour, il devient difficile de différencier les propositions des différents candidats. Tous parlent de plein emploi, de meilleure organisation de la société (au profit des capitalistes bien sûr). Par exemple, la différence entre Hamon et Macron peut se mesurer à une quantité de temps. Hamon propose un Revenu Universel progressif pour pallier les bas salaires. Macron veut des solutions plus immédiates avec une hausse du revenu d’activité payée par l’augmentation de la CSG pour exonérer les patrons des «charges» sociales.

Notre Collectif DÉFENSE met en garde les travailleurs contre une récupération politicienne dont ils ont été victimes. Nous devons préparer la riposte contre l’austérité de la politique du futur président et développer les luttes.

RAPPORT:

La lutte pour l’abolition des classes:

un objectif qui se poursuit dans le recommencement

Camarades, il nous convient aujourd’hui, plus que jamais d’établir le lien entre la lutte des classes et la dictature du prolétariat. Il est en effet vital pour la classe ouvrière de faire reculer le réformisme et l’objectif de salubrité publique est de faire disparaitre la sociale démocratie. Il faut se servir de nos références et de notre expérience sur le matérialisme historique. Le XIXe congrès du PC(b)US a su mettre à nu les erreurs de la nouvelle opposition (Trotski, Kamenev, Zinoviev). L’inspiration politique des opposants reposait sur le fait qu’il serait impossible d’édifier le socialisme en Russie en l’absence d’une révolution en Europe. Boukharine se range également dans des courants droitiers prenant appui sur l’extension de la loi de la valeur, car de la production marchande il prônait un socialisme de marché. Boukharine préconisait une politique d’atténuation des luttes de classes, pendant que les autres accréditaient l’idée que la cohabitation de deux modes de production dans le même système pouvait l’un et l’autre se développer dans l’attente d’une révolution européenne et mondiale. Ainsi, les forces petites-bourgeoises auraient miné les positions révolutionnaires du prolétariat en augmentant les chances de la restauration du capitalisme, si les bolcheviks étaient restés l’arme au pied sur la pratique de la lutte des classes pendant la période de la NEP et même après. Dès que la tendance petite-bourgeoise fut vaincue à la fin des années 20, le parti bolchevik appliqua son plan d’industrialisation et de collectivisation pour édifier le socialisme. Résultat: la production industrielle à augmenté en moyenne de 11% par an, la part de l’industrie passa de 28% en 1928 à 45% en 1944 dont 63% pour l’industrie lourde. La journée de travail de 7 heures fut instituée, l’accès aux soins gratuits avec l’éducation y compris dans le secondaire. Le prix des loyers, des transports urbains, de la culture des loisirs étaient très bas, les travailleurs de l’industrie avaient droit à des vacances gratuites et le chômage était résorbé et aboli depuis 1927.

Il faut rejeter la théorie pourrie qui consiste à dire que les victoires des luttes contre le capital apprivoiseront ce dernier. Le compromis de classe ne doit en aucun cas s’installer dans un dialogue entre les antagonismes sociaux. A l’issue des grèves, les victoires sur les revendications doivent être considérées comme un encouragement à ne pas interrompre la lutte pour l’organisation de la révolution et non comme un  répit ou une trêve. Il est en effet dangereux d’endormir les travailleurs en leur faisant croire qu’une simple grève peut entraîner un dialogue social qui apprivoise la bourgeoisie. Les revendications, afin qu’elles puissent mettre en recul la bourgeoisie, doivent donc tactiquement s’exprimer dans le cadre de la remise en cause du capitalisme en l’opposant au socialisme. La dictature du prolétariat commence avec la pratique de la lutte des classes et ne s’interrompt qu’avec l’extinction totale du capital sur la planète. Je dis ça parce que les problèmes économiques en France et dans le monde, démontrent bien l’irréversibilité de l’affrontement de classe. Le problème posé par les partis bourgeois français et réformateurs ou aménageurs du système, est la «compétitivité» pour la reprise de l’activité économique, soit une plus grande rentabilité pour le capital accumulé. La crise du capitalisme sur la zone euro pénalise particulièrement la France. Les produits made in France ont une part de marché qui s’élève à 12,9% dans la zone euro. Le déficit commercial de la France atteint 69,59 milliards contre 35 milliards en 2012. Les États-Unis fabriquent seulement 10% de ce qu’ils consomment. La «mondialisation» capitaliste selon son terme bourgeois, pénalise la plupart des pays industrialisés. Ainsi, le recours au protectionnisme réapparaît avec un contexte de crise aigüe comparable bientôt à celle de 1930. La politique de Trump choisie par l’État bourgeois des États-Unis impose des investissements localisés sur le territoire national avec une taxation des produits importés. Cette politique économique peut se réaliser aux États-Unis, en Angleterre ou dans certains pays de l’Est totalement désindustrialisés par la contre-révolution comme en Ukraine, mais en France cela pose un problème. En France, le capitalisme est maintenant réticent au protectionnisme, en partie car il a peur que cela devienne l’antichambre du socialisme. Cependant, son application poserait dangereusement des gros problèmes économiques car, même si on taxait les produits importés et que l’État subventionnait les investissements sur l’hexagone, les prix à l’exportation ne seraient toujours pas compétitifs. Pourquoi? Les «charges» sociales et les salaires, malgré les lois Macron –Rebsamen-El khomri, les pressions contre la retraite, les salaires, la mise en concurrence des travailleurs avec le chômage grandissant, les restructurations industrielles et le chantage à l’emploi… restent encore trop élevés et constituent une entrave à la dynamique du profit. En ce sens, la France est devenue un maillon faible pour le capitalisme, car soit le prix à payer pour la ré-industrialisation sera la tiers-mondisation des salaires et des garanties sociales, soit une révolution violente imposera un mode de répartition socialiste. Donc, la bataille revendicative s’inscrit bien dans une confrontation de classe irréversible dans notre pays. Le réformisme de Benoît Hamon ne propose même plus de sortir du chômage et de la précarité puisque sa proposition phare est le «revenu universel». Les solutions providentielles de Mélenchon reposaient en 2012 uniquement sur l’idée que le résultat électoral pèserait sur François Hollande, on a vu, et il ne dit plus vouloir travailler avec Hamon car il veut être le candidat. La réalité contemporaine est que la crise permanente du capitalisme pousse mondialement au protectionnisme, et le protectionnisme à l’internationalisation de conflits militaires puis à la guerre mondiale. Nous avons historiquement l’expérience de cette situation, mais aujourd’hui dans un contexte différent, et avec un rapport des forces anticapitaliste à réorganiser. Dans les conditions de l’URSS des années 30, les sources de la continuité de la lutte des classes sous le mode de production socialiste, dans le droit fil des enseignements de Marx et Lénine, se trouvait dans l’existence du système impérialiste mondial. Les contradictions impérialistes touchaient à l’époque aussi bien les pays de la démocratie bourgeoise que les états fascistes. Mais en URSS la lutte persistait contre le socialisme de la part des éléments capitalistes revanchards. La nouvelle guerre impérialiste qui se préparait était une des voies pour renverser le système soviétique, cependant elle est toujours d’actualité aujourd’hui pour surmonter uniquement, cette fois, les contradictions économiques du capitalisme comme en 1914-1918. Nous ne recommencerons pas l’histoire, nous la continuerons!

Présidentielles 2017

Après les primaires de la droite et du PS, la candidature d’Emmanuel Macron se voit offrir un boulevard. Entre le programme hyper-droitier de Fillon, puis son affaire judiciaire, et les socialistes défenseurs de l’intégrité du bilan Hollande, Macron récupère à la fois l’aile gauche républicaine et l’aile droite du PS. Pour le PS, l’objectif était avec la primaire de sauver le parti et la social-démocratie. La politique du gouvernement Valls-Hollande a mis a mal le bipartisme électoral PS-droite. Pour contrer le refus de vote populaire et sauver en même temps la social-démocratie et le système institutionnel français aux présidentielles (bipartisme PS-Droite), il fallait introduire un clivage au PS, ce qui fut fait à moitié puisque l’investiture de Hamon s’est réalisée avec la présence d’un bon nombre d’anciens ministre et députés non frondeurs et avec la présence d’El Khomri. Cependant, l’État bourgeois avec le MEDEF ont anticipé la frilosité du PS en faisant de Macron le leader des nouvelles mœurs et conceptions politiques «ni droite ni gauche». On connaît maintenant ses conceptions économiques: anéantissement du Code du travail, «uberisation», libéralisme à tout crin. Fillon devenait dangereux pour le système car s’il était élu président, sa politique inciterait à un soulèvement social doublée d’une radicalisation politique de la classe ouvrière, il a donc été cassé. Cependant, il persiste et signe. Il en ressort que Hamon, face aux socialistes restés fidèles au bilan de la politique Hollande-Valls, incarne la réconciliation dans les courants de la gauche utopiste, Mélenchon, Jadot, avec le renfort de la direction du PCF. Les sondages renforcent la pression politique vis-à-vis de Mélenchon qui reconnaît déjà lui-même la proximité des propositions de Hamon avec les siennes. Sur France info, le porte-parole du PCF Olivier Dartigolle trouve dans la victoire de Hamon une invitation à «mettre du vent dans les voiles sur des convergences, des passerelles qui peuvent se construire dans les prochaines semaines». Et d’ajouter «on peut ouvrir un dialogue et des échanges qui auraient été  impossibles avec Manuel Valls» dont la défaite est la confirmation qu’il y a une envie de gauche dans ce pays. Donc, le flou artistique plane encore entre le PS et Mélenchon. Cependant, Macron devient le candidat le mieux placé face à M Le pen au deuxième tour. L’État bourgeois a de toute façon bien pris ses précautions puisque Hamon avec son revenu universel finit par rejoindre les objectifs de Macron.

Revenu universel-sécurité sociale professionnelle- et 32 heures

L’institutionnalisation de la Sécurité Sociale Professionnelle revient à accepter les restructurations industrielles, le déploiement des capitaux à l’étranger, la concentration des multinationales avec tout son cortège de suppression de postes et d’emplois. Autrement, pourquoi faudrait-il sauvegarder des droits salariaux au travers de la formation professionnelle? La formation doit-être utilisée au profit de l’évolution de carrière dans la vie professionnelle et non pour reconvertir des salariés mis sur le carreau par le capital. En plus selon la version du PCF, cela permettrait d’utiliser ses droits sociaux (sous-entendu d’une cessation de contrat) sans perte de salaire. En réalité, le reclassement est prévu avec un salaire minimum légal par grand niveau de qualification. Donc, selon le PCF, l’ancienneté  et la qualification volent en éclat avec le licenciement. Le talon d’Achille de ce projet est que moins il y aura de travail salarié et moins le patronat financera la formation professionnelle. Le PCF prévoit également 5% de l’effectif de chaque entreprise en contrat d’intérim sous prétexte de mesures contre la précarité et pour plaire à Hamon. Enfin, prévoir 32 heures sous prétexte de raréfaction de l’emploi, démontre la façon dont le réformisme vole au secours du patronat pour pallier aux inconvénients de la révolution numérique capitaliste, qui risquerait d’attiser l’affrontement social contre les licenciements. 32 heures avec maintien de l’effectif ou obligation d’embauche pour lutter contre le surtravail, telle est la façon dont il faudrait poser la revendication.  Rien n’est dit sur les heures supplémentaires, ainsi la gauche dite radicale ferme les yeux à la fois sur la plus-value relative et absolue. Le droit à l’emploi comme première des libertés ne peut exister avec le capitalisme. Le revenu universel comme le partage des richesses de Mélenchon, qui ne font nullement allusion au mode de production, sont des idées qui ressemblent aux utopies du Siècle des Lumières, remplissant l’objectif de la reconstruction et du sauvetage de la social-démocratie. À terme, selon Hamon, chacun aura droit au revenu universel indépendamment de son revenu ou de sa fortune. Au sein de cette usine à gaz, il accrédite l’idée que les travailleurs pourront avec les retraités cumuler salaire et retraites avec le revenu universel. Cependant le revenu universel ne garantit point les minimas salariaux ou même retraités. Il pourrait se substituer ou influer sur le montant de l’allocation chômage, l’assurance maladie, la retraite, les salaires et les aides familiales. Hamon nie cette possibilité, mais il explique le financement de son projet par une pirouette politique. Le revenu universel ne réduira point le chômage mais détruira le salariat. En effet le revenu universel va conforter «l’auto entreprenariat», l’uberisation des activités, avec le travail sous-traité vis a vis des multinationales qui achèteront des prestations de services au détenteur de la force de travail avec sa qualification pour ne plus payer des «charges» sociales. Les salariés confortés par un revenu fixe pourront ainsi entrer en concurrence sur l’accession à l’emploi, mais auront de moins en moins la capacité de s’opposer à la dévalorisation de leurs salaires. La suppression du SMIC ou de toute autre forme de plancher salarial est donc amorcée dans la proposition de mise en place du revenu universel. Pour les plus riches ou les détenteurs de moyens de production et d’échange, le revenu universel sera certes absorbé par l’impôt, cependant les aides publiques distribuées par l’État annuellement aux entreprises et qui s’élèvent à plus de 270 milliards  ne sont pas remises en cause. En fait, le revenu universel est un aménagement qui accompagne la transition numérique du capitalisme en amoindrissant ses effets collatéraux sur les suppressions d’emplois. La proposition idiote de Benoit Hamon sur la taxation des robots le confirme, si le capitaliste doit payer plus pour des robots que pour des travailleurs, pourquoi se moderniserait-il? En fait, plus il y aura de robots dans l’industrie capitaliste, plus l’exploitation des hommes sera intense, et moins il y aura de social pour les travailleurs. Enfin, sans augmenter les impôts et sans réduire le budget, quels seraient les modes de financement du revenu universel? L’équation serait alors mathématiquement impossible!  Le coût du revenu universel à 750 euros reviendrait à 504 milliards par an, soit plus de 35% du PIB. Mais attention! Il peut quand même s’appliquer si son coût se substitue à un certain nombre de dépenses sociales telles que la retraite, la sécu, l’assurance chômage, le RSA… Conclusion, le revenu universel avec sa présentation utopique est en réalité un outil économique au service des intérêts du patronat. Le capitalisme oppose le libéralisme économique au protectionnisme avec ou sans l’UE, mais les conséquences sociales de sa politique sont exactement les même, la baisse drastique du prix du renouvellement de la force de travail salariée ou indépendante. Le projet politique Français du capitalisme est d’alterner entre le social libéralisme et la sociale démocratie pour assurer la continuité institutionnelle, d’une bipolarisation autour de la politique d’austérité contre les intérêts des travailleurs. Avant, le FN était le moteur de l’alternance entre l’UMP et le PS, la qualifiant lui-même d’UMPS. La recomposition souhaitée aujourd’hui par le capital repose sur quatre formations d’égales importances, les républicains, le FN, le social-libéralisme (Macron) et la social-démocratie (Hamon, Mélenchon, PCF). Il faut donc discréditer la social-démocratie dans les masses pour se saisir des contradictions du système et organiser la révolution. Le revenu universel nous offre un terrain idéal pour le combat politique de classe et nous proposons à la classe ouvrière de s’en saisir. L’opposition politique au capitalisme n’a pas pour but de faire apparaître les contradictions du système, mais de les dénoncer, et d’organiser la révolution en combattant la social-démocratie pour déstabiliser le capital.

EDF NE S’ACCOMODE PAS AVEC LE CAPITALISME

Le 14 février dernier, des groupes anti-nucléaires ont manifesté devant le siège d’EDF à Paris pour dénoncer le recours à l’énergie nucléaire comme la principale cause du déficit de l’entreprise, exiger le démantèlement de cette source d’énergie au profit des énergies dites renouvelables. L’intervention du représentant de Greenpeace attribuait ainsi au nucléaire la responsabilité de l’endettement colossal du groupe, en ajoutant que la conservation de cette technologie allait obérer ses capacités à se désendetter et à investir. Greenpeace, organisation reconnue et respectée entre autres  pour ses campagnes en faveur de la préservation des baleines, a certes aussi le droit de manifester ses inquiétudes sur les dangers représentés par le nucléaire (à notre avis, c’est surtout son utilisation militaire qui représente le plus grand danger pour l’humanité et la planète, comme on dit). Néanmoins, on ne peut admettre un discours qui justifie l’introduction et la prédominance des critères du privé dans un secteur qui aurait dû rester propriété de la Nation, le principal d’entre eux étant l’obligation de rentabilité. Quelle que soit la technologie utilisée pour extraire et transporter de l’énergie, celle-ci a une valeur, constituée par le travail effectué par tous les personnels qui produisent de cette richesse. La fourniture d’énergie satisfait un besoin vital de la population, et ceci même si les frais de production étaient supérieurs aux revenus tirés de la vente du produit final. Il faut donc opposer à la logique capitaliste dont le moteur est l’accumulation et le but le profit maximum, la logique des besoins de la population et du pays.

Depuis les années 90, l’Union Européenne, à travers ses groupes de pression constitués de représentants des grands monopoles, se livre au démantèlement de tous les services publics: télécommunications, éducation, hôpital, La Poste, eau, électricité, gaz… En France, c’est la loi du 9 août 2004 relative au service public de l’électricité et du gaz qui a engagé le processus de privatisation d’EDF et de GDF en ouvrant le capital au privé. Le titre EDF est introduit en bourse en novembre 2005. L’ouverture à la concurrence a fortement réduit les marges qui permettaient justement une péréquation entre les secteurs bénéficiaires et les autres, péréquation contraire aux règles de l’U.E. et à la logique du profit désormais en vigueur dans le fonctionnement des entreprises publiques ou issues du secteur public. EDF s’est lancée dans de coûteux investissements à l’étranger, dont la fameuse construction de la centrale nucléaire de Hinkley Point en Grande-Bretagne. La privatisation a bien sûr entraîné des augmentation des tarifs pour les usagers,  la suppression de la gratuité de nombreux services, et la perte d’acquis du personnel. 11 millions de français sont actuellement en situation de précarité énergétique.

Face à l’accélération de la déréglementation et de la privatisation de l’énergie impulsée par Bruxelles, il n’y a d’autres choix que de lutter contre la logique du capital dans la perspective de la révolution et de la construction du socialisme. Dans une société où les moyens de production ne sont plus aux mains de propriétaires privés, il est possible de mettre l’électricité à la disposition de tous en assurant le développement d’EDF. Bien sûr, il n’est pas question de passer outre les frais de production dans le fonctionnement des entreprises socialistes. Tant qu’il y a production de marchandises, la loi de la valeur, selon laquelle une marchandise comprend la quantité de travail nécessaire à sa fabrication, opère, et il est nécessaire de l’utiliser pour calculer les coûts et répartir les fonds d’investissement de façon rationnelle. Ainsi, l’URSS et les pays socialistes, avant le 20e Congrès du PCUS, utilisaient les bénéfices des entreprises rentables pour développer les secteurs qui le sont moins ou qui sont déficitaires, diminuer les prix, augmenter les revenus des travailleurs et les acquis sociaux.

Dans le système capitaliste, la loi de la valeur est utilisée pour supprimer des emplois, augmenter la productivité de façon à engranger un maximum de profit. Une entreprise non rentable est condamnée à la liquidation, même si elle produit des biens indispensables. Donc, c’est le système capitaliste qui apparaît bien comme une entrave à la satisfaction des besoins de la population et même au développement de la société. En effet, qu’est-ce qui empêcherait que les déficits d’EDF, par exemple, soient compensés par les bénéfices d’autres entreprises comme PSA, BNP Paribas, TOTAL…? Uniquement la propriété privée des entreprises et la libre-disposition que la classe capitaliste possède sur celles-ci et sur la vie des travailleurs.

Seul le socialisme permettra un développement relativement harmonieux de l’économie sur la base de la satisfaction des besoins. Pour y arriver, il n’y a pas d’autre voie que celle de lutte et de la révolution socialiste.

MÉLENCHON: EMPRUNTER AUX BANQUES PLUTÔT QUE RENVERSER LE CAPITALISME…

Jean-Luc Mélenchon fait ses comptes pour le programme de la «France insoumise» et promet: une hausse de la dépense publique (sécu inclus) de 173 milliards. Plus un plan d’investissement de 100 milliards. Deux millions d’emplois de plus dont 820.000 à charge de l’État soit 35 milliards minimum non chiffré par ses soins. Un fonds de solidarité TPE-PME de 21 milliards, transférés du pacte de responsabilité. Une dépense en faveur de l’augmentation du SMIC de 7 milliards plus une augmentation du point d’indice de 14 milliards. Pour l’amélioration de l’habitat 18 milliards distribué avec une augmentation du RSA évaluée à 20 milliards. Donc sans compter les 8% de baisse d’impôt pour les sociétés privées, les aides publiques aux entreprises dont il n’est point fait mention, les dépenses sociales sur la retraite à 60 ans, les dépenses de santé, du handicap avec des promesses pour une distribution phénoménale… Nous en sommes déjà à 388 milliards! Bref les recettes des multinationales privées ne financeront point les secteurs d’activité plus faibles, puisque le plan de mesures économiques de Mélenchon pour la présidentielle 2017 ne prévoit point l’expropriation des capitalistes des grands moyens de production et d’échange. Donc, Mélenchon prévoit de dépenser les richesses que l’État ne possède point selon une vision très keynésienne. Faudra-t-il alors passer par un plan d’austérité permettant d’emprunter de l’argent aux banques plutôt que de le prendre au patronat? Comment dans ces conditions prétendre passer le déficit public de 4,8% à 2,5% du PIB selon la barre obsessionnelle des 3% fixée par Bruxelles? Comment prétendre alors passer la dette publique de la France de 98% en 2017 à 87% en 2022? Certes, «la France insoumise» de Mélenchon prévoit une inflation de 4,2% pour payer la dette en prétendant malgré tout maintenir un gain de pouvoir d’achat. En réalité, cela représenterait une sacrée ponction sur les augmentations promises et l’épargne. En outre, il propose 100% d’impôt pour la tranche au-dessus de 20 fois le revenu médian. Hollande a déjà pratiqué cette mesure au début de son mandat. Un PDG pourrait gagner dans le cadre de cette loi, avec une hiérarchie partant du SMIC, au sein d’une grille qui irait de 1 à 20, 34.000 euros brut par mois. Cela a-t-il empêché l’évasion fiscale? Bien sûr que non; il faudrait pour cela empêcher l’exportation des capitaux, mais comment faire si on laisse les appareils de production dans les mains du capital? Quant au «choc» d’activité qui devrait rapporter 190 milliards par le simple effet de l’augmentation de la consommation, augmenter le pouvoir d’achat sans organiser le blocage et la baisse des prix, sans réguler les importations dans la balance commerciale, exacerberaient les conditions de la concurrence et le chômage grandirait. De même pour la sécurité, attendre une rentrée de 310 milliards d’euros d’économie de la légalisation du cannabis pour payer 10.000 policiers de plus, c’est faire rentrer l’État dans le trafic légal des stupéfiants. Le laxisme et la démagogie ne peuvent pas faire un programme d’amélioration sociale, mais au contraire renforcer la logique économique de l’exploitation capitaliste. Mélenchon sait qu’il ne sera pas élu président, car les forces politiques du capital de droite et de gauche en France, très peu engagées dans son aventure, lui feraient barrage. Mélenchon est un opportuniste qui vise à transformer «la gauche de la gauche» en un parti socialiste bis.

Les élections présidentielles ne sont point favorables aux travailleurs, chaque nouveau quinquennat apporte son lot de mesures d’austérité. La situation politique française est très instable et personne ne sait aujourd’hui qui sera le président en 2017 à quelques dizaines de jours de l’échéance. Qu’importe pour le MEDEF, l’État institutionnel bourgeois garantira, quel que soit le candidat élu, la propriété privée des moyens de production et des banques que seules les luttes sociales et la révolution socialiste pourront ébranler.