COLLECTIF "DÉFENSE"

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PALESTINE: LES CRIMES DU CAPITALISME CONTRE LES PEUPLES

Le massacre de plus de soixante Palestiniens par l’armée sioniste d’occupation le 14 mai lors de la Marche du Retour illustre une fois de plus le caractère barbare de l’impérialisme sioniste et de ses soutiens. La pression de l’opinion publique, indignée par la succession de crimes israéliens impunis, a poussé des institutions internationales à exiger des actions concrètes pour les faire cesser. Même Reporters Sans Frontières, qui consacre habituellement la majorité de ses énergies à condamner Cuba, la Chine, le Vénézuela et la RPD de Corée, a saisi la CPI pour crime de guerre après la mort d’une vingtaine de journalistes palestiniens. Dix membres du Conseil de Sécurité de l’ONU ont demandé l’application de la résolution sur la fin de la colonisation illégale sur les terres palestiniennes sous occupation. L’impérialisme français condamne la violence tout en demandant une «riposte proportionnée». Bien entendu, Trump et ses représentants à l’ONU ont bloqué toute sanction contre l’agresseur. En ouvrant une ambassade à Jérusalem ce même jour et soixante dix ans après la création de l’entité sioniste, les USA visent à renforcer Israel et légitimer l’occupation. Avec les régimes réactionnaires arabes qui normalisent leurs relations avec Israël (Arabie Saoudite, Émirats, Jordanie…), ils font pression sur les Palestiniens pour les pousser à renoncer à leurs droits.

Néanmoins, le peuple palestinien fait preuve de courage et résiste dans l’unité, malgré les compromissions de la bourgeoisie siégeant à l’Autorité Palestinienne (collaboration sécuritaire avec Israël, maintien du blocus de Gaza…). Il sait aussi qu’il peut compter sur la résistance des autres peuples de la région, notamment de la Syrie et de ses alliés. Suite aux bombardements répétés de la Syrie par l’armée sioniste, l’armée syrienne a fermement réagi en interceptant des missiles lancés sur son territoire, en abattant un F16 le 10 février, et dernièrement en bombardant des centres de renseignement et des installations militaires dans le Golan occupé. 

Netanyahu affirme que ses attaques contre la Syrie visent à empêcher une installation de l’armée iranienne à ce qu’il désigne comme les frontières d’Israël. Il reçoit pour cela l’approbation de la «communauté internationale» menée par les puissances impérialistes qui affirment qu’Israël a «le droit de se défendre», donc concrètement d’occuper le Golan. Or, si des militaires iraniens sont présents en Syrie, c’est au titre de conseillers et sur invitation du gouvernement syrien dans le but de combattre le terrorisme, qu’il s’agisse de l’E.I. ou des groupes affiliés à Al-Qaida (Armée Syrienne Libre, Fatah El Cham, ex Al-Nosra, etc.) soutenus et entraînés par les armées française, britannique, étatsunienne… et aidés à l’occasion par Israël.

Ce n’est donc pas le président Al Assad mais Netanyahu qui est le terroriste et se moque des résolutions internationales. En plus des bombardements de Gaza, Israël se livre à des violations de l’espace aérien et maritime du Liban dont il convoite les gisements de gaz. N’oublions pas également l’armement atomique pour lequel personne n’exige la moindre sanction alors que l’Iran, qui ne possède pas d’arme nucléaire et n’a pas l’intention d’en acquérir, est mis au ban de la communauté internationale.

Le Collectif DÉFENSE appelle à soutenir la lutte du peuple palestinien pour ses droits légitimes et à agir pour sanctionner Israël, notamment en boycottant ses produits et en dénonçant sa participation à toute manifestation culturelle, sportive, scientifique…

Les travailleurs de France, mobilisés contre la destruction de leurs acquis et les licenciements, doivent répondre présent à l’appel à la solidarité avec les autres peuples victimes de l’impérialisme. La crise du capitalisme accroît le danger d’une guerre pour le repartage du monde, dont le Proche-Orient est une partie stratégique pour les richesses qu’il recèle. La lutte contre l’impérialisme, y compris le nôtre, va de pair avec le soutien à la résistance des peuples et la possibilité pour le peuple de Palestine de vivre dans un État laïc et non sous le joug  d’un État sioniste militariste et fasciste.

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AIR FRANCE: APRÈS LE CAMOUFLET INFLIGÉ À LA DIRECTION, LA LUTTE CONTINUE!

Le rejet par la majorité des salariés d’Air France du projet d’accord salarial a provoqué la démission de Jean-Marc Janaillac, président d’Air France et PDG d’Air France-KLM. Le projet de la direction prévoyait une augmentation de salaire de 7% sur 4 ans, alors que les travailleurs avec leurs syndicats exigent 6% de rattrapage dès 2018. La compagnie, qui a supprimé 10.000 emplois et gelé les salaires depuis 7 ans, se porte si bien qu’elle se déclarait récemment intéressée par le rachat d’Air India. Alors que Janaillac avait eu droit en 2017 à une rémunération de 548.834 euros au bout de six mois au poste de PDG, les travailleurs qui ont produit ces richesses doivent pouvoir vivre décemment de leur travail. 

Le recours à un référendum pour contourner les syndicats est une pratique qui se développe de plus en plus grâce aux lois Macron – El Khomri. Les salariés d’Air France sont sous pression, avec le chantage à la compétitivité et, à présent, une campagne médiatique sur l’avenir de la compagnie menacé par le coût de la grève, les soi-disant privilèges des pilotes et les revendications salariales jugées irréalistes. La dernière manoeuvre a été la création d’un collectif de collaboration de classe baptisé «TOUS AIR FRANCE». Ces individus se disent «déçus et frustrés de l’absence de véritable dialogue social» et dans leurs médias sont avancées entre autres des propositions comme le désengagement de l’État d’Air France, la distribution d’actions aux salariés en échange de baisse des «charges», etc. 

Le référendum patronal, dont le but était de briser la grève, s’est en tout cas retourné contre la direction puisque les travailleurs ont rejeté son plan et infligé un camouflet à Janaillac, tout en confirmant la confiance qu’ils portent à leurs syndicats.

Les travailleurs n’ont rien à attendre d’un quelconque dialogue avec la direction; seul le rapport de force créé par la lutte obligera celle-ci à reculer.

Le Collectif DÉFENSE soutient les revendications des salariés et les invite à le renforcer pour s’organiser et donner une perspective révolutionnaire à la lutte. En effet, ce n’est pas le système capitaliste ni son État qui sont à même d’assurer un service public du transport aérien accessible à tous et garantissant un statut favorable pour tous ses personnels. Seule une société socialiste basée sur le pouvoir des travailleurs et la planification centralisée est à même de satisfaire toutes nos revendications.

LES ANARCHISTES DEMEURENT LES ENNEMIS DU COMMUNISME

Court-circuiter la révolution prolétarienne: tel est l’objectif historique des anarchistes de tous bords. Opposés à la révolution bolchévique, préférant les Menchéviks face à la critique scientifique du matérialisme historique, les anarchistes ont toujours voulu accréditer l’idée que la révolution pouvait se réaliser sans les masses.

Tout pour l’individu et rien pour les masses: tel est le comportement idéologique des anarchistes autonomes ou libertaires, black-blocs et consorts, avec le soutien de leurs amis trotskistes. Utilisés par l’État bourgeois dirigé alternativement par la droite, le centre et la social-démocratie, les libertaires autonomes et casseurs s’emploient à casser le mouvement syndical en lui confisquant le rôle qu’il devrait avoir: celui de créer les conditions de la révolution.

Casser du matériel urbain, des vitrines ou des symboles du capitalisme ne pénalise pas le patronat assuré contre la casse, mais les travailleurs dont on oublie les revendications. En outre, les assurances continueront à faire des profits puisqu’elles sont financées par les assurés qui sont majoritairement des travailleurs exploités.

En quoi les anarchistes ont-ils pénalisé le capitalisme le 1er mai 2018? Édouard Philippe a dénoncé «l’irresponsabilité des discours radicaux» des mouvements d’extrême-gauche à vocation révolutionnaire, en préparant l’État bourgeois à réprimer travailleurs et syndicalistes qui n’ont rien à voir avec les anarchistes. Les médias bourgeois ont occulté les revendications des manifestants pour ne parler que des 1200 casseurs et des dégâts provoqués.

Le mouvement révolutionnaire français soutient le syndicalisme en invitant les travailleurs à faire converger leurs revendications. C’est en tout cas la stratégie du Collectif DÉFENSE dont les militants font le choix des masses et non de l’individu pris à part. Faire émerger les revendications des travailleurs, c’est poser les conditions du renversement du capitalisme, c’est démontrer que le socialisme répond point par point en tant qu’alternative au capitalisme, à la crise sociale et politique à laquelle la société est confrontée. Nous voulons, nous révolutionnaires communistes, l’expropriation des capitalistes afin que la propriété et les richesses soient entre les mains de la collectivité. Il est donc impensable de casser le matériel; c’est l’État bourgeois qu’il faut renverser. 

Que proposent les anarchistes? Conserver l’anarchie de la production existant au sein du capitalisme? Casser les usines et les commerces en réponse aux fermetures d’entreprises et aux licenciements collectifs (ce qui produit le même effet)? Les anarchistes veulent «faire la révolution» par l’action de quelques milliers d’individus (c’est la théorie de Blanqui) au mépris de l’organisation et des revendications des masses travailleuses. Les anarchistes, qui rejettent toute idée d’un État, même prolétarien, n’ont jamais réussi une révolution. Bien au contraire, ils ont toujours, par leurs attitudes provocatrices, isolé la classe ouvrière de leurs alliés et donné un prétexte à la répression du mouvement ouvrier et démocratique. Quand le mouvement communiste et syndical était puissant et luttait sur une base de classe, les anarchistes étaient marginalisés. Il n’est maintenant pas étonnant que des jeunes se livrent à des actions qui paraissent radicales, mais qui ne font pas avancer d’un pas la révolution,  quand on se rappelle que le PCF a abandonné le marxisme-léninisme et la perspective de la révolution socialiste au profit de l’entente avec la social-démocratie, contribuant ainsi à priver les travailleurs et les jeunes de perspectives et de repères de classe.

Le Collectif DÉFENSE appelle à l’isolement des anarchistes du mouvement populaire dont le soutien doit aller aux cheminots, aux travailleurs et à leurs organisations syndicales. Il ne s’agit pas d’exiger plus de présence policière qui se retourne toujours contre le mouvement populaire, mais de renforcer le service d’ordre du syndicat afin d’empêcher l’infiltration des casseurs. Tous les travailleurs doivent se syndiquer pour renforcer la convergence des revendications et des luttes.

C’est en rejoignant le Collectif DÉFENSE qu’il est possible de radicaliser la lutte anticapitaliste. Il ne suffit pas de dire que seule la révolution peut régler les antagonismes sociaux, il faut le démontrer dans la pratique en faisant le lien entre la lutte revendicative et révolutionnaire pour construire le socialisme.

E. Macron choisit son remplaçant

En Marche, par la voix d’Emmanuel Macron, se détermine en faveur d’une opposition susceptible de présenter une alternance à sa politique, sans remettre en cause le pouvoir de la bourgeoisie. Hier, les arrières du système capitaliste en France étaient assurés par la bipolarisation droite-PS. Ces deux formations étant politiquement discréditées par l’opinion publique, Macron perpétue la défense du système bourgeois. À l’occasion des troubles occasionnés par les anarchistes le Premier Mai 2018, le président interpelle sans le nommer son adversaire des présidentielles. Cela juste avant le rassemblement prévu par la France Insoumise «la fête à Macron»; le président dénonce l’irresponsabilité des propos de l’extrême-gauche qui pousse à la violence. Mélenchon s’étant lui-même reconnu prend à partie le président comme si la France insoumise occupait socialement le devant de la scène pour contester la politique de Macron. En réalité, le 1er Mai 2018 à constitué le théâtre d’une gigantesque récupération politique en vue d’étouffer la véritable opposition qui se manifestait avec les travailleurs en lutte contre de nouvelles extensions de l’exploitation capitaliste. Ainsi, le duel Macron- Mélenchon structure une nouvelle fois la bipolarisation entre l’ultra-libéralisme et la social-démocratie pour protéger le système bourgeois contre la généralisation d’une prise de conscience anticapitaliste. Opposer la défense du statut des cheminots à celle du service public pose en effet les problèmes de l’utilisation des fonds de l’État, dette et cadeaux au capital, plutôt que répartition et développement public. Alors tout est fait, de l’extrême-gauche anarchiste à l’extrême-droite fascisante, pour renforcer la riposte gouvernementale qui tente d’éviter que le mécontentement général s’en prenne à la bourgeoisie. Le large soutien populaire aux cheminots fait peur au pouvoir du capital, le débat sur la question du service public et du maintien des acquis sociaux mène vers un choix de société «propriété publique contre propriété privée». L’absence d’un grand parti révolutionnaire en France permet au pouvoir de politiser la situation face à la lutte des cheminots, des travailleurs, des étudiants, des retraités, et de la population défavorisée. Le PCF qui hier était représentatif d’une transformation anticapitaliste de la société, a préféré le révisionnisme gorbatchévien hérité de Khrouchtchev pour soutenir la sociale-démocratie, jusqu’à devenir lui-même social-démocrate. Ainsi, la tâche de Macron est rendue facile pour essayer de faire dériver la lutte des cheminots vers un soutien électoral qui ne réglera rien sur le fond. Le Collectif DÉFENSE appelle les travailleurs et leurs organisations syndicales à continuer le combat sans se détourner de leurs objectifs. Il faut se féliciter du soutien existant à la lutte des cheminots car un chèque d’un million d’euros leur a été délivré pour les encourager à continuer la grève. Déjà la convergence des luttes et des revendications donne du grain à moudre aux valets du capital qui ménage ses arrières. Avec le Collectif DÉFENSE, les travailleurs et leurs organisations pourront un jour représenter la force politique qui remettra en cause le capitalisme pour construire le socialisme. En effet, continuer à renforcer le Collectif, c’est s’engager plus rapidement que l’on croit vers la construction d’un parti qui sera mis à disposition de la classe ouvrière pour faire la révolution et proclamer le contrôle ouvrier avec l’émergence du socialisme.

ÉCOLE MILITANTE

Le Collectif a organisé une école militante dont le thème était l’étude des principes de base de l’économie politique, l’exploitation capitaliste, les différentes sortes de plus-value. Les participants ont fait le lien entre leur expérience et les éclairages théoriques inspirées des analyses des classiques du marxisme-léninisme.

 

 

Principes de base de l’économie politique

Pourquoi la loi de la valeur est-elle une loi objective?

Sans l’homme, il ne pourrait y avoir une loi de la valeur, car la nature de cette loi prend effet au cœur des besoins humains. La satisfaction des besoins dépend soit d’un environnement naturel, soit de conditions crées par l’homme pour transformer la nature. Dés le départ dans les deux cas, un lien s’établit entre les besoins humains et l’action, donc le travail pour les satisfaire. Ce qui est important pour analyser la loi de la valeur, c’est de bien comprendre comment évoluent les besoins de l’homme. Le passage de l’animal à l’homo sapiens passe par le travail nécessaire au développement des hominidés. Pour se nourrir afin de survivre comme c’est la règle pour toutes les espèces, l’hominidé prélève ce qu’il trouve dans la nature. Lorsque les produits alimentaires de la nature se raréfient, l’homme cherche sa nourriture en se déplaçant et il survit en se fabriquant des armes et des outils afin de cueillir, chasser, pêcher, se protéger…. Les effets produits déjà par la marche debout constituent un travail qui permit de nombreux débouchés. Ainsi stimulé par un objectif concret – celui de survivre –  l’homme a développé des gestes abstraits tels que la marche debout et s’est doté d’une vision spatiale améliorée. L’abstraction du geste est donc un mouvement contrôlé permettant de réaliser un objectif concret. En dehors de la marche debout, existe le travail de la main pour cueillir des fruits,  pour ramasser un bâton ou des pierres qui est un lien direct entre l’abstraction du geste et sa satisfaction concrète. Mais plus cette abstraction gestuelle est longue, parce qu’elle passe par des étapes en vue de la transformation des choses en outils par exemple, moins l’objectif est immédiat. Cependant, plus le travail sera complexe par ce qu’il comprend davantage d’abstractions gestuelles et d’adresse, plus la satisfaction des besoins sera efficace. Donc, une production toujours plus élaborée répond davantage aux nécessités vitales telles que vêtement, habitat, armes, outils, viande, fruits, poissons… Il y a donc une contradiction entre satisfaction immédiate et la production qui multiplie des gestes abstraits pour se réaliser. L’abstraction est l’élément de la dépense humaine de travail, puisqu’un produit est utile dès que sa réalisation s’achève. La valeur d’un produit s’apprécie en fonction du travail qu’il contient, soit la quantité de gestes abstraits pour produire quelque chose d’utile et de concret. Donc, l’économie politique ou la loi de la valeur dépend du travail humain et de son lien avec la satisfaction des besoins. Ainsi, les besoins croissants des humains stimulent le développement du travail, et l’accumulation des gestes pour réaliser un objet utile dépend du temps nécessaire propre à sa réalisation. Le travail comprend donc une accumulation de gestes et de temps pour réaliser tout produit utile. Un lien s’établit entre qualité et la quantité puisque la qualité dépend d’une attention particulière dans le travail qui demande davantage de temps. Le geste abstrait s’accumulant dans la fabrication des objets incarne ce que l’on appelle le travail vivant. Dès que l’objet est fini, il devient l’expression d’une certaine quantité de travail accumulé; il représente alors la valeur d’un travail mort. Il peut y avoir bien sûr des gestes isolés abstraits qui ne produisent pas de marchandise, donc pas de valeur, mais le travail vivant accumulé propre à la réalisation d’une marchandise utile passe par des gestes abstraits intentionnés par la création et la production. La valeur d’un produit utile favorise l’échange entre marchandises diverses qui répondent aux diverses convoitises. Deux concepts s’affrontent alors au sein des marchandises: leur valeur d’usage et leur valeur d’échange.

La marchandise et la monnaie

Nous avons vu comment l’usage n’a de cesse de stimuler la diversification du travail en vue de la production des marchandises, nous nous bornerons donc a analyser dans ce chapitre uniquement la valeur d’échange pilier de toute l’économie politique dans l’histoire. Le temps de travail propre à la réalisation d’une marchandise ou d’un produit utile échangeable constitue donc sa valeur. Le  nombre de gestes abstraits en vue de la fabrication d’une marchandise s’évalue par le temps de travail propre à sa réalisation. C’est donc le nombre d’heures utilisées dans la production d’un objet fini qui détermine sa valeur. Lorsqu’un produit est inachevé, il ne peut être considéré comme valeur, puisque la valeur d’usage détermine l’échange, et la valeur d’échange, son prix, égal au temps de travail cristallisé dans l’objet. Ainsi le temps de travail cristallisé dans la valeur d’une marchandise utile, est évalué et apprécié dans le cadre d’une moyenne générale du temps nécessaire de fabrication. L’ensemble de ces conditions étant réunies, on peut faire du temps de travail l’étalon de la valeur de chaque marchandise afin qu’elles s’affrontent sur le marché des échanges. Il est bien entendu qu’une marchandise ne peut s’échanger qu’avec une autre marchandise de valeur égale pour que l’échange soit équitable. Il s’agit donc maintenant de trouver un équivalent général pouvant favoriser l’échange avec toutes les marchandises. Seule une autre marchandise pourra jouer ce rôle car elle est la manifestation d’un certains travail cristallisé en elle. La condition pour qu’une marchandise puisse s’échanger avec n’importe quelle marchandise quelque soit sa valeur est d’être divisible à souhait. Exemple: Si on choisit un tissu comme équivalent général, nous allons constater qu’une heure de travail sera égale à 1m de tissu et dix heures à 10m. Nous pourrons donc utiliser le tissu pour l’échanger contre n’importe quelle marchandise grâce à la faculté qu’il a de pouvoir se diviser à l’infini. Par exemple, une maison pourra être échangée contre 1000 heures de travail, soit 1000m de tissu. Une boîte de sardines sera égale à 0,15m de tissu, 100kg de charbon contre 3m…. Le tissu aura acquis ainsi le rôle d’équivalent général et fera office de monnaie.

La monnaie 

C’est finalement l’or qui, en tant que marchandise, a acquis le rôle d’étalon dans l’utilisation de l’équivalent général. L’or est rare car son extraction demande une quantité de travail très importante. L’or qui pourtant est divisible à souhait ne pourra pas jouer directement le rôle de la monnaie, car à notre époque il en faudrait une quantité phénoménale pour faire circuler la marchandise. C’est le papier monnaie et autre formes de numéraire qui représenteront la valeur or pouvant s’échanger aussi bien contre de l’or que contre n’importe quelle marchandise. Le temps de travail reste la référence pour déterminer la valeur au travers de sa représentation monétaire. Cependant quelle sera la valeur du numéraire ou de la monnaie? Ce qui la détermine est la vitesse de circulation, une même pièce de monnaie peut en une journée s’échanger contre plusieurs marchandises, puisque l’acquéreur d’une somme d’argent peut immédiatement l’utiliser dans l’échange pour acquérir d’autre marchandises et le phénomène peut se reproduire… Les chèques et les cartes bancaires ne changent rien à l’affaire, la quantité d’argent en circulation reste la même, et si elle augmente, sa vitesse de circulation diminue comme sa valeur, si elle diminue elle circule plus vite compte tenu de sa rareté… La complexité boursière repose de toute façon sur un principe simple, celui de la valeur du travail. 

Exploitation du travail vivant et composition du capital

Pour échanger les marchandises entre elles, le temps de travail propre à leur réalisation reste la référence de base, et la monnaie qui masque cette réalité sert de représentation au niveau de la valeur d’échange. Une circulation s’établit alors entre les marchandises et l’argent, c’est le cycle A-M-A. Le détenteur d’argent lance l’argent dans le circuit pour acheter des marchandises et les revendre. Le capitaliste qui achète une carrière l’exploite et extrait du minerai de fer pour le revendre dans les aciéries qui achèvent sa transformation; cela crée un cycle A-M-A. Il y a au départ l’argent (A), puis le travail d’extraction pour transformer le minerai en marchandise (M), soit le travail propre à l’extraction (M+t), puis revente du minerai dans les aciéries (A’). Puisque le propriétaire de la carrière retirera plus d’argent après l’opération donc (A’), transformation du minerai en barres d’acier (M+t) puisque le minerai est transformé par l’ajout de la force de travail, puis revente dans la métallurgie (A’’) puisque l’argent encaissé par les aciéries est plus grand à la revente que lors de l’achat à la carrière, puis, revente dans l’industrie automobile (A)… L’ouvrier, en vendant sa force de travail au détenteur d’argent, fait l’avance du prix de sa force de travail au capitaliste puisqu’il est payé échu au bout d’un mois de travail. Le cycle devrait commencer par (T) «travail» car le (A) et le (M) masquent le fait que le travail est ajouté à la valeur brut d’un produit (Mt) ce qui débouche sur la revente (A’) enrichi du travail ajouté. Nous nous baserons cependant au niveau du point de vue de l’acheteur pour démarrer le cycle. Donc, au début, le capitaliste achète la matière première (A), il la transforme en marchandise en payant la force de travail à cet effet (M)=M+T puis la revend (A’) (argent prime puisqu’il retire plus d’argent à la fin du cycle qu’au départ). Du point de vue de l’extracteur, on considérera que la force de travail étant payée, il démarrera un cycle (A) pour acquérir une marchandise (M) le minerai et la revendre dans la sidérurgie (A’) puisque le travail de l’extraction s’ajoutant au minerai A’ est plus grand que A et représente plus d’argent qu’au départ du cycle. Du point de vue du sidérurgiste qui achète le minerai (A’), il transformera la matière première en acier (M+T) pour la revendre dans la métallurgie (A’’) soit (A’) (M) (A’’). Admettons maintenant qu’un capitaliste achète de la toile qu’il paye avec la valeur de 40 heures de travail, puis ajoute l’achat de la force de travail d’un ouvrier qu’il paye 12h, à la toile pour fabriquer un gilet, ensuite il le revend 40h+12h=52heures soit le prix de la toile plus le travail de la fabrication du gilet. L’opération sera blanche et ne lui rapportera aucun bénéfice y compris s’il paye échu la force de travail. Le capitaliste qui veut vivre du travail d’autrui organisera donc la conception du travail autrement. Le capitaliste réalise que s’il paye 12h de travail pour fabriquer un gilet, il pourrait tirer deux gilets dans la même journée en achetant pour 80 heures de toile au lieu de 40. L’ouvrier sera donc payé à la journée pour fabriquer des marchandises toute la journée, ainsi le prix du renouvellement de sa force de travail n’aura plus rien à voir avec les valeurs qu’il créait pendant toute la durée de la journée de travail. Donc dans notre exemple si un gilet vaut 12h, deux gilets seront vendus 24h et la plus-value retirée du travail du tailleur sera de 12h. Soit 50% de plus-value et le bénéfice en rapport du capital avancé sera de 13%. Voilà comment se calcule alors le taux de plus-value 12h de travail payé produisant 24h de travail total= 12:24×100 = 50% Donc PL (plus-value) divisée par le (salaire ou capital variable) CV et multiplié par 100. La formule est PL:CVx100.

Le taux de profit

Le taux de plus-value ne doit pas être confondu avec le taux de profit. La plus-value aura par contre une incidence directe sur le taux de profit. Le taux de profit permet de mesurer le rapport tiré par l’exploitation capitaliste sur le salarié. C’est en somme le calcul de la rentabilité du capital avancé grâce à l’apport de la plus-value. Dans l’exemple de notre patron tailleur, la toile fait partie du capital donc 12 de PL: par 12 de CV+ le prix de la toile et multiplié par 100 donne 13%. Mais il nous faut décrire pour calculer le taux de profit la composition du capital. De quoi se compose le capital? Nous avons vu que le prix du renouvellement de la force de travail salarié constituait le capital variable=CV, c’est l’essentiel du fonctionnement du capital puisqu’il créait la richesse représentée par toutes les autres parties du capital. Ce sont ceux qui produisent avant d’avoir été payés et fournissent une plus-value à leur employeur qui payent la totalité des capitaux. À l’opposé du capital variable, il y a le capital constant (CC) il représente les outils de production, les bâtiments plus la matière première à transformer. Ainsi, toutes les parties du capital constant (Capital fixe capital constant capital financier ou productif) se développeront au fur et à mesure que la plus-value s’investit dans le capital et renforce l’appareil de production. Le rapport de la production, soit la plus-value mis en rapport du capital constant global plus le capital variable constitue alors le profit de l’entreprise qui est calculé annuellement. Exemple PL: (CV+CC)x100=taux de profit. Admettons que la plus-value retirée par un capitaliste soit de 9 millions, que le capital variable soit aussi de 9 millions; le taux de plus-value sera de: (PL 9m:CV 9mx100=100%. Mettons que le capital constant soit de 50 millions, le taux de profit sera PL 9m:CV 9m+CC 50×100=12,25%. 

Baisse tendancielle du taux de profit

La rentabilité du capital dépend de la férocité de l’exploitation capitaliste; ainsi plus la plus-value est importante par rapport au capital variable, et plus la rentabilité du profit par rapport au capital investi se maintient en équilibre. Exemple: la plus-value de notre capitaliste est de 9 millions et il décide de l’investir dans son capital; donc si la plus-value et le capital variable restent stables, nous aurons  PL 9m: CV 9m + CC (50 + PL 9) x 100 = 11,5 % au lieu de 12,25 avant investissent, perte: 0,75%. Si la plus-value augmente et passe de 9m à 9,5m et que le capital variable reste stable, le taux de profit avec la précédente plus-value investie dans le capital sera de (CC 50 + CV 9 + 9 PL = 78) donc Pl 9,5m : CV 9 m + CC (50 cc + 9 PL)x100 = 12,17%; cette fois la baisse est tendancielle car malgré l’augmentation de la plus-value, la perte reste de 0,08%. Pour rentabiliser vraiment le capital il faudrait une plus value qui passerait de 9m à 10m, donc PL 10 m: CV 9 + CC (50 + 9 PL)x100 = 12,82 % et le capitaliste rentabiliserait son capital de  0,57%. Cela démontre que lorsque le capital augmente, les conséquences qui s’ensuivent sont dramatiques pour les travailleurs, car pour un capitaliste la rentabilité du capital ne peut pas être inférieure à 5% minimum, autrement il s’expatrie ou fusionne avec d’autres multinationales en supprimant des emplois. L’État bourgeois octroie aux monopoles capitalistes des aides publiques (fonds de l’État payé par l’impôt); cela augmente la dette de l’État qui emprunte aux banques privées. L’état emprunte à la bourgeoisie ce qu’elle lui donne en cadeaux. C’est précisément ce que veut faire Macron en faisant de la SNCF une société anonyme qui concurrencera des sociétés privées du chemin de fer financées par l’État. Sur le lieu de travail, l’augmentation des heures de travail y compris en heures supplémentaires augmentent la plus-value d’une façon absolue et l’augmentation des cadences d’une façon relative. 

Le développement du capitalisme et la modernisation

Nous avons analysé pour la commodité des explications la force individuelle de travail, nous allons maintenant découvrir comment s’organise collectivement l’exploitation capitaliste. Egalement comment avec l’utilisation de la modernisation le capitalisme dévalorise le prix de la force de travail en dévalorisant le travail lui-même. Enfin comment avec la machine s’évalue quantitativement la valeur. Comment à l’époque de la production artisanale la manufacture a développé la production à grande échelle sous le féodalisme. La forme capitaliste sous-jacente de l’époque féodale présuppose le travailleur libre vendeur de sa force de travail. Les détenteurs des moyens de production pensent que plusieurs travailleurs rapporteraient forcement plus de plus-value qu’un seul. En effet, si un ouvrier qui travaillait 12 heures produisait 8 heures de plus-value, dix ouvriers rapporteraient dix fois plus. Une fois l’idée appliquée, le capitaliste constate qu’avec 10 ouvriers dispersés dans plusieurs locaux artisanaux, le volume de son affaire est multiplié par dix, mais que le taux de plus-value ne progresse point et diminue au fil des années à cause d’une plus-value qui reste aussi stable que les salaires. Exemple pour un seul ouvrier: PL 8:CV 4 x100 = 200%. Avec 10 ouvriers PL 80: CV 40×100 = 200%. Revenons au travail manufacturier, lorsque les ouvriers travaillent ensemble dans le même local, l’entraide favorise une accélération de l’accomplissement du travail et cela n’échappe pas au capitaliste. Si en une heure de travail on peut produire ce que précédemment on produisait en une heure quinze, le taux de plus-value augmentera avec son incidence sur le profit. En effet, la production avec de nombreux salariés dans le même local était la première forme de manufacture et l’économie des locaux comme la coopération économise à la fois le capital constant et augmente le rythme de la moyenne productive. Cependant, les ouvriers continuent à effectuer individuellement un travail complexe, en fabriquant la marchandise dans sa totalité. Cela ne suffit pas au capitaliste qui voit son profit stagner, voire diminuer après avoir été augmenté. Le capitaliste repère alors que la virtuosité d’un ouvrier peut avoir des conséquences importantes sur l’augmentation de la production, donc de la plus-value. Le capitaliste organise alors le travail à la chaîne. Ainsi, chaque opérateur qui effectuait tout une série d’opérations complexes n’en effectuera plus qu’une, et ce sera celle qu’il réussit le mieux. Cela amène incontestablement des avantages sur la qualité du travail et prépare l’avènement du machinisme. Cela diminue les frais de production, peut réduire l’effectif (selon les aléas du marché) supprimer les coûts d’apprentissage et de formation. Ainsi, tout ce qui raccourcit le temps nécessaire à la production agrandit le domaine du sur-travail pour augmenter la plus-value et c’est ce qui sert de stimulant au capitaliste. Malgré les avantages favorisant l’évolution de la production et l’émancipation sociale par incidence, la force de travail individuelle perd de sa valeur et son cours s’effondre sur le marché. En effet, avec la parcellisation du travail, le travailleur n’est plus détenteur de capacités complexes, mais d’une force de travail simple qu’il doit échanger le plus longtemps possible contre un salaire. Seul le travail collectif devient valeur. Les travailleurs ne produisent plus de marchandises de façon individuelle, c’est le produit collectif qui exprime la valeur d’un produit fini. Le rôle de la classe ouvrière est remis alors en cause, par le capital et les réformistes. La production manufacturière se traduit par plus d’importance sur l’aménagement des locaux, la multiplication du nombre d’outils et l’augmentation du volume de la matière première et cela fait de l’ignorance la mère de l’industrie.

L’industrie du machinisme broyeuse de la force humaine de travail

Par rapport à la question du taux de plus-value et de son incidence sur le taux de rentabilité du profit, le capitaliste se demande comment aller au niveau de la production manufacturière, au-delà de 24 heures sur 24 dans la journée par la dextérité que l’on pourrait donner aux travailleurs, pour la développer jusqu’à l’infini. Comment répondre sans cela aux exigences d’un marché international développé par les colonies et appelé aujourd’hui par la classe bourgeoise «mondialisation», la force de travail étant limité par le nombre de travailleurs et par le niveau de leur capacité productives? La contradiction majeure pour produire plus étant donc l’augmentation du nombre d’ouvriers, qui entraîne une augmentation importante de la partie constante du capital (PL:(CV+CC) x 100) donc toute augmentation de l’effectif salarié et de son coût, s’ajoute à la partie constante en diminuant à la fois le taux de PL et du profit. La réponse quoique temporaire fut trouvée par la «machine au rendement» qu’on appelle révolution industrielle (la mécanisation), informationnelle, numérique, robotique… Le machinisme devient ainsi le moyen le plus puissant et le plus asservissant pour accroître la production du travail. La machine en raccourcissant le temps nécessaire de fabrication, permet aux capitalistes de prolonger l’élasticité de la résistance humaine au-delà de toutes limites. L’homme doit suivre le rythme de la machine qui tourne à plein rendement et de plus en plus vite. C’est l’un des plus grands paradoxes de l’histoire humaine, alors que la machine devrait alléger la charge de travail des hommes et rendre plus de pouvoir d’achat aux travailleurs, c’est le contraire qui se produit. En effet, sous la direction du capitalisme la machine contribue au développement de la surcharge des travailleurs et dévalorise le prix de leur force de travail. Ainsi le capital réalise son rêve en faisant en sorte que le temps de travail tende à se mette en adéquation avec la production de la plus-value. Au 19e siècle, l’avènement du machinisme broie femmes et enfants au-dessous de 13 ans en les rendant victimes de la dévalorisation de la force de travail, et actuellement l’asservissement productif imposé par le patronat remet en cause l’âge du départ à la retraite pour allonger le temps de travail, la formation professionnelle pour dévaloriser les salaires, et les droits acquis jusqu’à lors dans le travail sous prétexte de la compétitivité et du passage à la numérisation. Quand au travail des enfants au-dessous de 13 ans, c’est une pratique clandestine du capital qui perdure dans le monde, le travail non déclaré officiellement disparu dans les pays développés, asservit encore des sans-papiers, des migrants, des exclus sociaux, et des enfants non scolarisés dans des ateliers clandestins. La productivité rythmée par la machine inverse la valeur qu’elle transmet au produit, car plus est longue la période sur laquelle la machine fonctionne, plus est grande la masse des produits sur lesquels elle distribue sa valeur. La règle de l’utilisation des machines est la suivante: si on s’en sert 16h par jour, elles produiront mettons pendant 7 ans et demi, et elles n’ajouteront pas plus de valeur que celles qui fonctionnent pendant 8 heures par jour pendant 15 ans. Les machines ne peuvent fonctionner sans le travail humain en rapport avec elles, et cela prouve finalement que seul le travail humain produit de la valeur. Ainsi grâce aux machines et aux robots, la plus-value tirée du travail humain peut être produite beaucoup plus vite sur la durée et dans la durée. La machine s’use qu’elle fonctionne ou pas, donc qu’elle transmette ou pas de la valeur au produit. Donc même si l’on tient compte de son usure pour la transmettre à la valeur du produit, plus elle produit et moins elle transmet de valeur à une seule marchandise. Le travail humain qui accompagne la machine dans la production, se dilue journellement dans la masse des marchandises produites. Donc s’il faut 30 secondes pour produire une marchandise la valeur de celle-ci devrait être de 30 secondes de travail vivant plus la partie infinitésimale de travail mort en faveur de l’amortissement de la machine plus la matière première. Ce n’est donc plus à l’intérieur de la valeur d’un seul produit que peut s’apprécier la valeur de la force de travail, mais au travers de la masse de la production quotidienne. La valeur des marchandises s’évalue alors dans le cadre de l‘expression du travail collectif d’une production sociale. Ainsi plus le temps de travail augmente au niveau de la journée combinée avec l’intensité productive, plus la plus-value augmente et moins les dépenses seront proportionnellement importantes. Ainsi se vérifie la loi d’après laquelle la plus-value provient non pas des forces de travail que le capitaliste remplace avec les machines, mais au contraire de celles qu’il occupe avec les machines. La machine accélère les cadences de travail donc de la plus value en rapport avec la partie variable du capital. La période d’installation du machinisme ou des modernisations diverses qui s’effectuent dans le temps, provoque des temps d’euphories financières, et à chaque fois lorsque la concurrence est équipée les choses redeviennent ce qu’elles étaient et c’est la crise économique. Depuis l’apparition de la manufacture, les fluctuations économiques accompagnées par des crises cycliques rythment de plus en plus rapidement les aléas de la loi du profit par rapport à la plus-value. L’avènement du machinisme, de l’électrification, de la révolution informationnelle et numérique n’ont pas de conséquences différentes, chaque modernisation aggrave les lois économiques du capitalisme pour accélérer les crises, jusqu’à ce qu’elles tendent comme aujourd’hui à devenir permanentes. Lorsque les rapports de production sont transformés, que leurs processus d’évolution sont achevés, que les nouveaux rapports d’échange sont installés, les choses redeviennent ce qu’elles étaient, plus grandes mais fonctionnant sur le même principe: celui de l’exploitation accrue de la force humaine de travail.

Conclusion

L’État capitaliste est essentiellement dirigé par les grands monopoles. Ainsi, les lois de la république bourgeoise sont déjà définies à partir des entreprises pour structurer toute la société. Deux conceptions de l’entreprise s’opposent alors frontalement, la première définit comment plusieurs ouvriers doivent s’employer à maîtriser le rythme de la machine pour produire ce dont la société a besoin. Une coopération d’ouvriers qualifiés et de cadres surveillant avec assiduité le système mécanique productif mis en action par un pouvoir central, le premier moteur. (Contrôle ouvrier sur la production avec pouvoir de décision sur la société.) La deuxième conception décrit un vaste automate qui impose un fonctionnement ininterrompu qui asservit mécaniciens et intellectuels pour les subordonner à une force motrice qui se meut d’elle-même. L’ouvrier étant exclu de la maîtrise productive, il ne lui appartient plus d’intervenir sur le fonctionnement de la société, ce sont les institutions bourgeoises qui en assument le rôle démocratique pour masquer la dictature du capital.

TRACT DISTRIBUÉ AUX TRAVAILLEURS DE CARREFOUR EN LUTTE

carrefour

 

TOUS SOLIDAIRES DES CHEMINOTS, TOUS EN LUTTE CONTRE LA RÉGRESSION SOCIALE DU CAPITAL!

Les cheminots ont commencé le mouvement de grève annoncé de longue date contre le plan gouvernemental de liquidation de ce qui reste du service public, du statut cheminot et l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire. Le mardi 3 avril, selon la SNCF citée par LCI, 77% des conducteurs, 69% des contrôleurs, 39% des aiguilleurs et 40% des agents d’escale et du matériel étaient en grève. Le gouvernement, aidé par l’appareil médiatique, a lancé une campagne de désinformation et de dénigrement sur le soi-disant surcoût de l’entreprise publique par rapport à ses futur concurrents, les soi-disant privilèges des cheminots (on ressort la fameuse prime de charbon qui n’existe plus depuis près de 50 ans). Cette campagne vise à opposer les usagers aux travailleurs du rail, alors que le passage au privé sonnera le glas des subventions d’État au billet de train, des tarifs spéciaux pour militaires, retraités, familles… Le statut des cheminots, comme celui de la fonction publique, est une des digues que la bourgeoisie veut enfoncer pour ensuite démolir complètement le droit du travail et précariser l’ensemble de la société.

Le Collectif DÉFENSE appelle à la solidarité envers les cheminots en lutte et à oeuvrer à la base pour une convergence de luttes contre la politique de Macron et du capital, pour la satisfaction des revendications en matière de statuts, de conditions de travail et de rémunération. Les travailleurs de Carrefour, du transport aérien, des Finances Publiques, des hôpitaux, sont aussi mobilisés contre une même politique de recherche du profit maximum pour laquelle on sacrifie sans cesse l’emploi et les salaires. Le capitalisme ne tolère plus de frein à la compétitivité. Il est temps de mettre le cap sur un autre système économique basé sur la propriété publique et le pouvoir des travailleurs: le socialisme.

NON AUX ORDONNANCES! NON AU RAPPORT SPINETTA! GRÈVE GÉNÉRALE ET SOLIDARITÉ!

Le Collectif DÉFENSE appelle à la solidarité de tous les travailleurs pour soutenir les cheminots sur la défense de leurs revendications et le maintien du service public. En effet, contrevenant aux idées vehiculées par le gouvernement Macron et son parti de droite «En Marche», ce n’est pas en jalousant les cheminots pour leurs avantages que l’on obtiendra l’égalité sociale de tous les salariés, mais en se battant pour obtenir les mêmes acquis.

Le rapport Spinetta avoue dans son texte que «la concurrence ne constitue toutefois pas, seule, une réponse aux problèmes du système ferroviaire français. Bien au contraire ceux-ci sont susceptibles de limiter ses effets, voire de l’empêcher de se développer.» Le rapport préconise donc plus d’aides de l’État au privé en mettant la future «société anonyme des chemins de fer français» avec les sociétés privées qui sont responsables de la dette comptable de la SNCF qui s’élève à 45 milliards d’euros. Est-ce de l’autisme? Non, bien sûr, c’est du capitalisme car l’augmentation du profit se réalise non seulement en exploitant les travailleurs, mais aussi en dilapidant les fonds publics avec la complicité de l’État. Le plan Spinetta consiste à réguler les aides publiques aux monopoles capitalistes privés du système ferroviaire sans que cela soit considéré comme une dette de la compagnie comme cela se passe actuellement.

Les salariés du rail seront encore les premiers perdants car la société nationale baptisée alors «société anonyme» aura le même statut que les sociétés privées et aura pour but l’accumulation du profit pour les capitalistes par la réduction des «coûts» de la masse salariale. La concurrence aggravera ainsi toujours plus la régression sociale subie par les cheminots avec la perte constante et progressive de leurs avantages.

Cette transformation industrielle et économique sera aussi culturelle et politique afin que l’automation et la robotisation financées par l’État aggravent les conditions de travail en réduisant les effectifs, au lieu d’alléger la pénibilité et de réduire la journée de travail sans perte de salaire. Deux concepts différents s’opposent dans ce conflit: celui du service public qui devrait être le moyen de la redistribution des richesses avec la baisse du prix des transports, contre le privé qui vise uniquement la préservation de la sacro-sainte rentabilité selon la logique économique du profit.

Dans l’intérêt général, nous appelons au développement de la solidarité de tous les travailleurs avec les cheminots. Demandons la gratuité des transports pour les chômeurs et les retraités et la paiement à 100% des frais de déplacement des travailleurs afin que ces revendications concourent à imposer une gestion publique à 100% du chemin de fer. Nous soutiendrons ainsi la grève générale si les cheminots décident de la conduire et ferons appel à la solidarité financière auprès de la population.

Nous appelons les défenseurs de l’écologie à s’opposer à cette attaque du gouvernement qui s’apprête à légiférer sur ordonnances car au lieu d’électrifier les lignes régionales au diesel, on les supprime, ainsi que les lignes non rentables. Cela contribue à augmenter les transports par route, générateur de gaz polluants.

La lutte contre les mesures Macron doit concourir à préparer la révolution socialiste. Dans le socialisme, le service public fonctionnera grâce à la redistribution de la richesse générée par les entreprises rentables dans le cadre d’une planification démocratique, avec le pouvoir des travailleurs.

RAPPORT À L’ASSEMBLÉE DE REMISE DES CARTES DU 20 FÉVRIER 2018

La politique de Macron consiste à donner le maximum de libertés et d’aides aux monopoles capitalistes pour augmenter leurs profits et leur compétitivité sur le marché mondial. Cela implique la destruction de toutes les garanties des travailleurs, l’augmentation de l’exploitation en allongeant le temps de travail et en permettant l’accroissement de la productivité grâce à l’innovation, à l’investissement dans de nouvelles technologies qui alourdissent la charge de travail, et en supprimant du personnel. La Sécurité Sociale est aussi démantelée avec la fiscalisation des cotisations au profit de la CSG, le passage à 63 ans de l’âge de la retraite pour bénéficier à taux plein de la complémentaire, à quoi s’ajoute la réforme de la retraite en cours.

La rupture conventionnelle collective, qui est un des dispositifs servant à faciliter les licenciements, a commencé à être mise en oeuvre à PSA qui avait déjà supprimé 3.000 emplois par an depuis 2013. Profitant des lois Macron-El Khomri, PSA opère une attaque contre les salaires avec l’aval des syndicats collaborateurs et des directions réformistes. L’application de la RCC dans la fonction publique donnerait un coup d’accélérateur à la liquidation des statuts dans le but de démanteler et privatiser. Déjà 120.000 emplois sont menacés, alors que 20% des travailleurs du public sont contractuels.

L’ «attractivité française» que défend Macron, implique une course sans fin vers la destruction des acquis sociaux, à la baisse des salaires et à l’augmentation de l’exploitation pour rendre les entreprises françaises et leurs marchandises compétitives sur le marché mondial. C’est aussi à cela que servent les divers dispositifs comme le CICE, la loi EL Khomri de simplification, le «droit à l’erreur» et les mesures d’amnistie des exilés fiscaux. Les travailleurs n’ont rien à y gagner, d’autant plus qu’ils sont mis en concurrence avec ceux des autres pays qui subissent eux aussi des baisses de salaire visant à les rendre encore plus compétitifs. Les plans de licenciements se multiplient comme à Carrefour qui menace 10.000 emplois, la Société Générale veut en supprimer 900 et une centaine d’agences, General Electric liquide 25% de ses postes dans le monde…

Le rapport Spinetta sur la SNCF s’inscrit aussi dans le démantèlement du service public mis en concurrence avec les monopoles privés. Il préconise la suppression du statut de cheminot déjà mis à mal avec l’appui des gouvernements de droite et de gauche, de fair payer plus l’usager, de fermer plus de 9.000 km de voies, le désengagement de l’État… Spinetta, haut fonctionnaire qui a dirigé plusieurs grandes entreprises, s’est fait connaître en tant que PDG d’Air France de 1997 à 2008 comme celui qui a, sous le ministre Gayssot, privatisé partiellement la compagnie aérienne, puis l’a fusionnée avec KLM pour en faire un monopole privé. Les attaques contre le statut avaient commencé bien avant lui, mais il n’en restait plus rien à la fin mis à part les sanctions.

La crise économique, qui se traduit par une surproduction de marchandises ne trouvant pas à se vendre et une suraccumulation de capitaux ne trouvant pas à s’investir, s’accentue en provoquant une guerre économique dont font les frais les travailleurs et les peuples. Les réformistes (PCF, FdG, France Insoumise,…) expliquent qu’il s’agit d’un problème de partage inéquitable, d’une dictature des actionnaires au détriment de l’économie et des besoins, du manque de courage et de la capitulation du gouvernement et des hommes politique devant la Finance. Cette explication, outre qu’elle méconnaît la nature de l’État qui est toujours l’instrument de la classe possédante, ignore également les lois du capitalisme. Selon les réformistes, il suffirait d’imposer (par des luttes, certes) des mesures en faveur des couches populaires (hausse des salaires, impôts plus justes, modulation des aides et du crédit pour les entreprises qui créent de l’emploi, des richesses, au détriment de celles qui licencient, fraudent, accordent une rémunération scandaleuse aux actionnaires et aux dirigeants), réformer l’Europe, revoir les traités… pour ainsi  relancer l’économie par la hausse du pouvoir d’achat qui relancera la consommation, donc l’activité, l’emploi… Or, le but du capitalisme n’est pas de créer de l’emploi ni même de produire telle ou telle marchandise, mais, au stade de l’impérialisme, de faire le maximum de profits. Si un capitaliste n’en fait plus assez bien que son entreprise soit rentable et que le carnet de commande soit plein, il licenciera ou fermera l’entreprise, le plus souvent avec l’aide de l’État, et ira investir ailleurs.

Ces illusions réformistes sont portées par les directions syndicales, ce qui contribue à limiter les luttes et à les priver de perspectives. Au lieu de mobiliser les travailleurs contre les plans de restructuration, de dénoncer le pouvoir de la bourgeoisie et ses partis, on en appelle au «dialogue social», on fait des propositions pour «une autre réforme», on demande à l’État «d’assumer ses responsabilités». Le capitalisme n’est plus aménageable en faveur des travailleurs, ce qui explique que les propositions d’économistes et d’intellectuels progressistes visant à «sortir de la dictature des marchés financiers» ne rencontrent que peu d’échos auprès des décideurs, non plus qu’auprès des travailleurs qui ne croient guère à la possibilité d’appliquer ces idées aussi généreuses qu’elles soient. Quand Mélenchon se lamente parce que Macron a l’initiative de l’offensive contre nos acquis, il révèle son impuissance devant la dictature de la bourgeoisie, alors qu’il faut aux masses une perspective révolutionnaire qu’elles doivent porter dans leurs luttes contre le capital, ce que Mélenchon rejette. Il ne critique que les attaques contre la démocratie, le libéralisme, mais rejette toute idée de renversement révolutionnaire de la bourgeoisie. Il faut agir dans les entreprises avec les syndicats pour développer et unifier les luttes sociales en riposte aux exigences du MEDEF et de la politique de Macron.

Il ne suffit donc pas d’appuyer les luttes pour l’emploi, les salaires et les besoins sociaux, de se contenter du «tous ensemble»; il faut que les travailleurs posent le problème d’un changement de société: le renversement du capitalisme au profit du socialisme, démontrer que la propriété privée des grands moyens de production et d’échange est incompatible avec la satisfaction des besoins de la société. Il faut aussi que les luttes soient coordonnées et massives, puisque les travailleurs affrontent le même ennemi: le capital monopoliste. La nécessité d’une révolution est une idée partagée dans de nombreuses couches populaires de la société, comme le rejet du système politique et des partis bourgeois, l’abstention aux élections en est un signe. Les dernières élections législatives partielles dans le Vexin et à Belfort illustrent le désaveu du parti au pouvoir et des partis traditionnels, y compris le PS, sur lequel le  PCF semble toujours miser pour sa survie (avant l’élection de Macron, il disait vouloir s’allier avec le PS mais sans Hollande…)

La théorie marxiste-léniniste, basée sur l’oeuvre toujours actuelle des classiques et sur l’expérience de la construction du socialisme en URSS de 1917 à 1956, permet de s’orienter dans les luttes, d’éviter les pièges réformistes et les fausses solutions qui ne remettent jamais en cause le système capitaliste. Elle doit être enseignée parmi les masses pour qu’il se forme une avant-garde d’où émergera le Parti.

Pour que les travailleurs remettent en cause l’existence du capitalisme, il faut donc, en l’absence du Parti, développer le Collectif dans les entreprises et les quartiers populaires. L’idée d’éditer un journal pour les militants et les sympathisants de notre organisation peut aider à construire l’organisation révolutionnaire. Outre l’analyse et l’éclairage théorique qu’apporte le Collectif, il permet de faire connaître des expériences de lutte, d’oeuvrer à l’unité de celles-ci, de faire progresser la conscience de classe. Les adhérents auraient la possibilité ainsi de faire des propositions d’articles ou d’idées. Il doit avoir un contenu lié à l’actualité des luttes et un éclairage politique. Une partie doit aussi être consacrée à l’éducation des militants, servir de support au travail pratique.

Nous n’avons pas encore la possibilité d’éditer un journal destiné aux masses, mais il est possible de diffuser tout de même notre point de vue via les tracts et l’internet. Nous avons lancé un site sur facebook pour nous faire connaître et organiser des discussions et des débats publics. La page, qui sera complémentaire à celle du site, sera plus interactive avec les lecteurs et les militants.

Il est nécessaire aussi de programmer des écoles de formation au marxisme-léninisme, sur la base de l’étude des textes des classiques et d’analyses du fonctionnement du socialisme, afin que les membres soient plus en capacités de transmettre aux travailleurs des théories scientifiques dont ils ont besoin pour comprendre le monde et agit dessus.

Notre Collectif a la capacité d’expliquer que le capitalisme est historiquement périmé, que si les monopoles de la production et de la distribution devenaient propriété collective nationale, les bénéfices de la production et de la modernisation profiteraient aux travailleurs qui produiraient pour la satisfaction des besoins de la société et non pour le profit individuel et privé. Il faut donc lier les luttes économiques à la perspective politique de renversement du capitalisme et de construction du socialisme en expliquant comment ce dernier sera à même de répondre aux besoins et aux revendications:

-parce qu’il sera basé sur une économie planifiée au lieu de l’anarchie de la production et de la concurrence qui découlent de la propriété privée des entreprises

-parce qu’il sera basé sur le pouvoir des travailleurs dirigés par un parti ouvrier révolutionnaire au lieu de la dictature de la classe exploiteuse maquillée en démocratie

-parce que la production aura pour but la satisfaction des besoins des masses et non le profit maximum et immédiat.