COLLECTIF "DÉFENSE"

EDF NE S’ACCOMODE PAS AVEC LE CAPITALISME

Le 14 février dernier, des groupes anti-nucléaires ont manifesté devant le siège d’EDF à Paris pour dénoncer le recours à l’énergie nucléaire comme la principale cause du déficit de l’entreprise, exiger le démantèlement de cette source d’énergie au profit des énergies dites renouvelables. L’intervention du représentant de Greenpeace attribuait ainsi au nucléaire la responsabilité de l’endettement colossal du groupe, en ajoutant que la conservation de cette technologie allait obérer ses capacités à se désendetter et à investir. Greenpeace, organisation reconnue et respectée entre autres  pour ses campagnes en faveur de la préservation des baleines, a certes aussi le droit de manifester ses inquiétudes sur les dangers représentés par le nucléaire (à notre avis, c’est surtout son utilisation militaire qui représente le plus grand danger pour l’humanité et la planète, comme on dit). Néanmoins, on ne peut admettre un discours qui justifie l’introduction et la prédominance des critères du privé dans un secteur qui aurait dû rester propriété de la Nation, le principal d’entre eux étant l’obligation de rentabilité. Quelle que soit la technologie utilisée pour extraire et transporter de l’énergie, celle-ci a une valeur, constituée par le travail effectué par tous les personnels qui produisent de cette richesse. La fourniture d’énergie satisfait un besoin vital de la population, et ceci même si les frais de production étaient supérieurs aux revenus tirés de la vente du produit final. Il faut donc opposer à la logique capitaliste dont le moteur est l’accumulation et le but le profit maximum, la logique des besoins de la population et du pays.

Depuis les années 90, l’Union Européenne, à travers ses groupes de pression constitués de représentants des grands monopoles, se livre au démantèlement de tous les services publics: télécommunications, éducation, hôpital, La Poste, eau, électricité, gaz… En France, c’est la loi du 9 août 2004 relative au service public de l’électricité et du gaz qui a engagé le processus de privatisation d’EDF et de GDF en ouvrant le capital au privé. Le titre EDF est introduit en bourse en novembre 2005. L’ouverture à la concurrence a fortement réduit les marges qui permettaient justement une péréquation entre les secteurs bénéficiaires et les autres, péréquation contraire aux règles de l’U.E. et à la logique du profit désormais en vigueur dans le fonctionnement des entreprises publiques ou issues du secteur public. EDF s’est lancée dans de coûteux investissements à l’étranger, dont la fameuse construction de la centrale nucléaire de Hinkley Point en Grande-Bretagne. La privatisation a bien sûr entraîné des augmentation des tarifs pour les usagers,  la suppression de la gratuité de nombreux services, et la perte d’acquis du personnel. 11 millions de français sont actuellement en situation de précarité énergétique.

Face à l’accélération de la déréglementation et de la privatisation de l’énergie impulsée par Bruxelles, il n’y a d’autres choix que de lutter contre la logique du capital dans la perspective de la révolution et de la construction du socialisme. Dans une société où les moyens de production ne sont plus aux mains de propriétaires privés, il est possible de mettre l’électricité à la disposition de tous en assurant le développement d’EDF. Bien sûr, il n’est pas question de passer outre les frais de production dans le fonctionnement des entreprises socialistes. Tant qu’il y a production de marchandises, la loi de la valeur, selon laquelle une marchandise comprend la quantité de travail nécessaire à sa fabrication, opère, et il est nécessaire de l’utiliser pour calculer les coûts et répartir les fonds d’investissement de façon rationnelle. Ainsi, l’URSS et les pays socialistes, avant le 20e Congrès du PCUS, utilisaient les bénéfices des entreprises rentables pour développer les secteurs qui le sont moins ou qui sont déficitaires, diminuer les prix, augmenter les revenus des travailleurs et les acquis sociaux.

Dans le système capitaliste, la loi de la valeur est utilisée pour supprimer des emplois, augmenter la productivité de façon à engranger un maximum de profit. Une entreprise non rentable est condamnée à la liquidation, même si elle produit des biens indispensables. Donc, c’est le système capitaliste qui apparaît bien comme une entrave à la satisfaction des besoins de la population et même au développement de la société. En effet, qu’est-ce qui empêcherait que les déficits d’EDF, par exemple, soient compensés par les bénéfices d’autres entreprises comme PSA, BNP Paribas, TOTAL…? Uniquement la propriété privée des entreprises et la libre-disposition que la classe capitaliste possède sur celles-ci et sur la vie des travailleurs.

Seul le socialisme permettra un développement relativement harmonieux de l’économie sur la base de la satisfaction des besoins. Pour y arriver, il n’y a pas d’autre voie que celle de lutte et de la révolution socialiste.

MÉLENCHON: EMPRUNTER AUX BANQUES PLUTÔT QUE RENVERSER LE CAPITALISME…

Jean-Luc Mélenchon fait ses comptes pour le programme de la «France insoumise» et promet: une hausse de la dépense publique (sécu inclus) de 173 milliards. Plus un plan d’investissement de 100 milliards. Deux millions d’emplois de plus dont 820.000 à charge de l’État soit 35 milliards minimum non chiffré par ses soins. Un fonds de solidarité TPE-PME de 21 milliards, transférés du pacte de responsabilité. Une dépense en faveur de l’augmentation du SMIC de 7 milliards plus une augmentation du point d’indice de 14 milliards. Pour l’amélioration de l’habitat 18 milliards distribué avec une augmentation du RSA évaluée à 20 milliards. Donc sans compter les 8% de baisse d’impôt pour les sociétés privées, les aides publiques aux entreprises dont il n’est point fait mention, les dépenses sociales sur la retraite à 60 ans, les dépenses de santé, du handicap avec des promesses pour une distribution phénoménale… Nous en sommes déjà à 388 milliards! Bref les recettes des multinationales privées ne financeront point les secteurs d’activité plus faibles, puisque le plan de mesures économiques de Mélenchon pour la présidentielle 2017 ne prévoit point l’expropriation des capitalistes des grands moyens de production et d’échange. Donc, Mélenchon prévoit de dépenser les richesses que l’État ne possède point selon une vision très keynésienne. Faudra-t-il alors passer par un plan d’austérité permettant d’emprunter de l’argent aux banques plutôt que de le prendre au patronat? Comment dans ces conditions prétendre passer le déficit public de 4,8% à 2,5% du PIB selon la barre obsessionnelle des 3% fixée par Bruxelles? Comment prétendre alors passer la dette publique de la France de 98% en 2017 à 87% en 2022? Certes, «la France insoumise» de Mélenchon prévoit une inflation de 4,2% pour payer la dette en prétendant malgré tout maintenir un gain de pouvoir d’achat. En réalité, cela représenterait une sacrée ponction sur les augmentations promises et l’épargne. En outre, il propose 100% d’impôt pour la tranche au-dessus de 20 fois le revenu médian. Hollande a déjà pratiqué cette mesure au début de son mandat. Un PDG pourrait gagner dans le cadre de cette loi, avec une hiérarchie partant du SMIC, au sein d’une grille qui irait de 1 à 20, 34.000 euros brut par mois. Cela a-t-il empêché l’évasion fiscale? Bien sûr que non; il faudrait pour cela empêcher l’exportation des capitaux, mais comment faire si on laisse les appareils de production dans les mains du capital? Quant au «choc» d’activité qui devrait rapporter 190 milliards par le simple effet de l’augmentation de la consommation, augmenter le pouvoir d’achat sans organiser le blocage et la baisse des prix, sans réguler les importations dans la balance commerciale, exacerberaient les conditions de la concurrence et le chômage grandirait. De même pour la sécurité, attendre une rentrée de 310 milliards d’euros d’économie de la légalisation du cannabis pour payer 10.000 policiers de plus, c’est faire rentrer l’État dans le trafic légal des stupéfiants. Le laxisme et la démagogie ne peuvent pas faire un programme d’amélioration sociale, mais au contraire renforcer la logique économique de l’exploitation capitaliste. Mélenchon sait qu’il ne sera pas élu président, car les forces politiques du capital de droite et de gauche en France, très peu engagées dans son aventure, lui feraient barrage. Mélenchon est un opportuniste qui vise à transformer «la gauche de la gauche» en un parti socialiste bis.

Les élections présidentielles ne sont point favorables aux travailleurs, chaque nouveau quinquennat apporte son lot de mesures d’austérité. La situation politique française est très instable et personne ne sait aujourd’hui qui sera le président en 2017 à quelques dizaines de jours de l’échéance. Qu’importe pour le MEDEF, l’État institutionnel bourgeois garantira, quel que soit le candidat élu, la propriété privée des moyens de production et des banques que seules les luttes sociales et la révolution socialiste pourront ébranler.

Sécurité Sociale Professionnelle, 32h, Revenu Universel: trois pièges réformistes pour sauver le capital.

On assiste actuellement à un dévoiement par les réformistes des revendications des travailleurs en matière de salaire, de droits à la sécurité sociale et de temps de travail. Les candidats aux présidentielles rivalisent aussi en habileté pour présenter aux électeurs comme des conquêtes sociales des mesures réactionnaires qui liquideraient pour de bon les acquis et le statut de salarié et déréglementeraient encore plus le «marché» du travail.

La «Sécurité Sociale Professionnelle», portée par le PCF et la bureaucratie syndicale, est un projet présenté comme un moyen de sauvegarder et transférer les droits acquis de chaque salarié tout au long de sa carrière, même en cas de licenciement. On attendrait plutôt d’un parti qui se dit communiste qu’il explique aux travailleurs que le chômage est inhérent au système capitaliste et qu’il faut lutter pour son renversement et son remplacement par une autre société, au lieu de souffler à la bourgeoisie des solutions visant à humaniser son système criminel. On attendrait aussi de dirigeants syndicaux qu’ils mobilisent les travailleurs contre les licenciements et les fermetures d’entreprises au lieu d’aller négocier avec l’État et le patronat un «bon» repreneur ou des indemnités de départ. Au lieu de cela, on accepte les restructurations industrielles, le déploiement des capitaux à l’étranger, la concentration des multinationales avec tout son cortège de suppression de postes et d’emplois. Autrement, pourquoi faudrait-il sauvegarder des droits salariaux au travers de la formation professionnelle? Le besoin de  formation est légitime, mais celle-ci doit-être utilisée au profit de l’évolution de carrière dans la vie professionnelle et non pour reconvertir des salariés mis sur le carreau par le capital. En plus selon la version du PCF, cela permettrait d’utiliser ses droits sociaux (sous-entendu d’une cessation de contrat) sans perte de salaire. En réalité, le reclassement est prévu avec un salaire minimum légal par grand niveau de qualification. Donc, selon le PCF, l’ancienneté et la qualification volent en éclat avec le licenciement. Le talon d’Achille de ce projet est que moins il y aura de travail salarié et moins le patronat financera la formation professionnelle. Le PCF prévoit également 5% de l’effectif de chaque entreprise en contrat d’intérim sous prétexte de mesures contre la précarité, mais surtout pour plaire à Hamon.

Il en est de même pour la revendication des 32 heures, présentée comme une solution pour faire face à la raréfaction de l’emploi. En réalité, le réformisme l’utilise pour voler au secours du patronat pour pallier aux inconvénients de la révolution numérique capitaliste, qui risquerait d’attiser l’affrontement social contre les licenciements. 32 heures avec maintien de l’effectif ou obligation d’embauche pour lutter contre le surtravail, telle est la façon dont il faudrait poser la revendication. De plus, rien n’est dit sur les heures supplémentaires; ainsi, la gauche dite radicale ferme les yeux à la fois sur la plus-value relative et absolue. Le droit à l’emploi comme première des libertés ne peut exister avec le capitalisme. C’est ce système qu’il faut remettre en cause

Le Revenu Universel est présenté comme une mesure permettant de réduire les inégalités et de garantir un revenu décent à tous. Mais, quelle que soit la façon dont les divers candidats et groupes politiques la déclinent, il s’agit bel et bien d’une mesure dangereuse de la bourgeoisie pour laminer les garanties sociales qui subsistent tant bien que mal. Dans la version de Hamon, chacun aura droit au revenu universel indépendamment de son revenu ou de sa fortune. Au sein de cette usine à gaz, il accrédite l’idée que les travailleurs pourront avec les retraités cumuler salaire et retraites avec le revenu universel. Cependant le R.U. ne garantit point les minimas salariaux ou même retraités, et pourrait se substituer ou influer sur le montant de l’allocation chômage, l’assurance maladie, la retraite, les salaires et les aides familiales. Hamon le nie, mais il explique le financement de son projet par une pirouette politique (on a bien créé la Sécu après la guerre dans des conditions encore plus difficiles…) Le revenu universel ne réduira point le chômage mais détruira le salariat. En effet, cela va conforter «l’auto entreprenariat», l’Ubérisation des activités, avec le travail sous-traité vis a vis des multinationales qui achèteront des prestations de services au détenteur de la force de travail avec sa qualification pour ne plus payer des «charges» sociales. Les salariés confortés par un revenu fixe pourront ainsi entrer en concurrence sur l’accession à l’emploi, mais auront de moins en moins la capacité de s’opposer à la dévalorisation de leurs salaires. La suppression du SMIC ou de toute autre forme de plancher salarial est donc amorcée dans la proposition de mise en place du revenu universel. Pour les plus riches ou les détenteurs de moyens de production et d’échange, le r.evenu universel sera certes absorbé par l’impôt, cependant les aides publiques distribuées par l’état annuellement aux entreprises et qui s’élèvent à plus de 270 milliards  ne sont pas remises en cause. En fait, le revenu universel est un aménagement qui accompagne la transition numérique du capitalisme en amoindrissant ses effets collatéraux sur les suppressions d’emplois. Sans augmenter les impôts et sans réduire le budget, quels seraient les modes de financement du revenu universel? Pour un revenu universel à 750 euros, il faudrait 504 milliards par an, soit plus de 35% du PIB. La seule façon de l’appliquer consisterait alors à le substituer à un certain nombre de dépenses sociales telles que la retraite, la sécu, l’assurance chômage, le RSA… Conclusion, le revenu universel avec sa présentation utopique est en réalité un outil économique au service des intérêts du patronat.

Débat sur l’égalité hommes-femmes, Saint-Denis le 28 janvier 2017

Pour l’égalité hommes-femmes, contre les discriminations au travail, la répression anti-syndicale.

Les candidats à l’élection présidentielle dissertent sur l’emploi, la sécurité, l’égalité… Mais l’économie telle qu’elle est dominée par la bourgeoisie, dissimule la véritable nature de l’exploitation capitaliste avec un temps de travail non payé exigé. Demain, ces mêmes politiciens, s’ils sont élus, nous diront que pour stimuler la reprise économique, il faudra toujours en donner plus aux exploiteurs. Notre Collectif DÉFENSE appelle à donner un suivi efficace aux luttes, pour l’égalité hommes-femmes et une politique du plein emploi qui répartit la richesse pour servir le développement social et non le profit capitaliste.

Luttons-participons-agissons-décidons en défendant la cause des travailleurs et non celles des politiciens et des exploiteurs.

RAPPORT INTRODUCTIF

Les femmes travailleuses, celles qui contribuent, aux côtés des hommes travailleurs, à la création des richesses, à la production, sont confrontées à une surexploitation féroce et à une oppression sociale aux quatre coins du globe. Depuis la fameuse «chute du mur», que tous les exploiteurs et traîtres au mouvement ouvrier ont célébrée, le capitalisme répand sa crise dans le monde entier, avec son lot de restructurations détruisant l’emploi par milliers, ses guerres, ses atteintes à l’environnement, sa vague de régression des libertés et des acquis sociaux. La femme est particulièrement touchée dans ses droits, son intégrité, sa dignité, livrée aux idéologies religieuses obscurantistes réactionnaires.

En France, pays de l’égalité qui, paraît-il, constitue un modèle pour les peuples du monde, le taux d’emploi des femmes est de 60,2% alors qu’il s’élève à 68,1% pour les hommes. Récemment, des organisations féministes, menées par le collectif «Les Glorieuses», ont lancé une campagne sur le «travail gratuit» effectué par les femmes, qu’elles définissaient d’après la différence entre les revenus des femmes et ceux des hommes, ces derniers étant en moyenne supérieurs de 14% (d’après Eurostat). La campagne annonçait donc qu’à partir du 7 novembre 2016 à 16h34 minutes et 7,5 secondes, jusqu’à la fin de l’année, les femmes travaillent pour ainsi dire gratuitement, parce qu’à cette date les hommes avaient déjà perçu l’équivalent de la totalité des revenus annuels des femmes. Or, si l’on peut déduire de ce constat qu’effectivement les femmes touchent un salaire inférieur, il faut aller plus loin si l’on veut avoir une idée réelle de l’exploitation. En effet, l’économie telle qu’elle est enseignée par la classe dominante, dissimule la véritable nature de l’exploitation capitaliste; car s’il est exact qu’il existe une part du temps de travail qui n’est pas payée, cela concerne aussi bien celui des travailleurs que celui des travailleuses!

Ainsi, Karl Marx avait expliqué il y a déjà plus d’un siècle et demi, que le salarié ne perçoit pas la totalité de la valeur qu’il produit par son travail. Le salaire représente une petite partie de celle-ci, qui lui permet de vivre pour renouveler sa force de travail et reproduire son espèce. Mais la plus grande partie de la richesse qu’il produit est accaparée par la classe capitaliste (qui possède les entreprises et dirige, en définitive, l’État) sous forme de profit. Si l’on décrit l’exploitation en fonction du temps de travail sur une journée par exemple, on constate qu’une petite partie de la journée, en moyenne les 3 ou 4 premières heures, servent à produire l’équivalent de ce qui est nécessaire à l’ouvrier ou à l’ouvrière pour vivre (son salaire journalier), et que le reste du temps est consacré à produire une plus-value destinée au patron. Cet exposé très simplifié permet déjà de comprendre le principe de l’exploitation dans la société capitaliste, qui découle de la propriété privée des moyens de production et d’échange (entreprises, machines, banques…) par la classe bourgeoise, et, en face, de ce qu’on appelle le prolétariat, qui regroupe les hommes et les femmes qui ne possèdent comme marchandise que leur force de travail et donc obligés d’échanger cette force de travail contre un salaire.

Si l’on assimile cela, en dépit de la force de l’idéologie de la classe dominante qui présente le salariat comme «un échange d’égal a égal entre le patron qui «donne du travail» et le salarié qui doit s’estimer heureux d’avoir une place en regard de ce qu’il coûte à l’employeur», il devient évident que l’exploitation touche tous les travailleurs, hommes et femmes. Les femmes produisent cependant plus de plus-value parce que leurs salaires sont plus faibles. Ceci s’explique par la non-reconnaissance par le capital de certaines caractéristiques naturelles, de moindres possibilités de faire des études longues en raison de la maternité. N’oublions pas non plus la difficulté à trouver un emploi à responsabilités élevées parce que le capital considère comme un inconvénient de devoir accorder un congé de maternité, problème qui se pose moins s’il emploie un salarié homme…

D’après un article récent paru dans la presse, c’est dans la branche de la métallurgie que la proportion de femmes au SMIC est la plus grande (39%, alors qu’elles n’y représentent que 14% des salariés), parce qu’il y a moins de cadres féminins, et plus de CDD chez les femmes.

Le personnel hospitalier féminin s’est mis en grève le 8 novembre dernier pour protester contre les conditions infernales de travail, le sous-effectif, la précarité, la destruction du service public de santé par la loi Hôpital Patients Santé Territoire et la «loi santé», le plan d’économie de 3,5 milliards dans les hôpitaux, bien sûr au détriment des patients… Le gouvernement au service du capital prévoit 22.000 suppressions de postes dans la fonction publique hospitalière en 2017.

Le personnel féminin fait partie des plus exploités. Or, du côté des partis dits de gauche, on ne voit que des appels au gouvernement à entendre la colère des infirmières, et des promesses d’un changement de politique si la gauche rassemblée sur un programme de transformation sociale (mais sans remise en cause du capitalisme), remporte l’élection présidentielle. Mais il n’est pas possible de s’en remettre à ceux qui ont impulsé et soutenu l’introduction du capital privé dans les services publics pour espérer obtenir la satisfaction de nos revendications. Le capitalisme n’est pas aménageable; il a pour seul but le profit maximum et immédiat. La concurrence l’oblige à réduire les coûts, à diminuer les salaires et précariser le travail pour maintenir ses taux de profits. Le programme de fillon est celui du capital: imposition de la semaine de 39h, accélération de la privatisation des services publics, attaques contre la sécu… La gauche n’y fera pas obstacle en promettant des réformes inapplicables sous le capitalisme. Il est donc nécessaire de prolonger les luttes dans le débat politique pour transformer la société, renverser le capitalisme.

Un autre aspect de l’inégalité, souligné aussi dans la campagne des Glorieuses, est ce que Friedrich Engels, ami de Marx avec qui il a travaillé à l’élaboration de la théorie révolutionnaire, qualifiait de double exploitation de la femme, en ce sens qu’en plus d’être exploitée comme travailleuse à l’entreprise, elle doit aussi assurer les tâches ménagères. Depuis l’époque de Marx, les choses ont un peu progressé en Occident sous l’effet des luttes et de la modernisation de l’équipement ménager et du confort des logements, mais de nombreuses femmes subissent encore la mentalité rétrograde, transmise par la famille, la société au moyen de la littérature, des médias…, l’obligeant à se consacrer parfois entièrement aux tâches domestiques. Il en est de même pour la garde des enfants par rapport au manque de places de crèche qui les contraint souvent à sacrifier leur vie professionnelle. Ainsi, le temps partiel, majoritairement non librement choisi, concerne 30,4% des femmes contre 8% des hommes (INSEE).

La femme qui ne travaille pas ne peut pas être libre, puisqu’elle sera alors dépendante des revenus de son mari. 13,795 millions de femmes font partie de la population active en France, soit 48% du total (INSEE, 2015).

Les causes de l’oppression de la femme et l’inégalité entre les sexes sont en premier lieu économiques. Elles ont pour origine les modes de production basés sur la propriété et l’exploitation, qui ont façonné au cours de l’Histoire les structures des sociétés qui se sont succédé: esclavagisme, féodalisme, capitalisme. Avant l’apparition de la division des sociétés en classes, il existait, dans les sociétés primitives, un «communisme primitif», qui ne connaissait ni la propriété, ni le salariat. La polygamie et la polyandrie y co-existaient. Il existait des sociétés matriarcales, non pas au sens de la domination des hommes par les femmes, mais dans lesquelles les femmes jouaient le rôle économique principal de chef de la cellule familiale et étaient tenues en très haute estime de par leur rôle de mère. Le passage au patriarcat est lié à la dissolution de la société gentilice (autre nom du communisme primitif) au profit de l’apparition de la propriété et de l’introduction de l’esclavage. Le patriarcat perdura sous le féodalisme et le capitalisme.

La bourgeoisie a toujours tout mis en oeuvre pour diviser les travailleurs selon leur sexe et à opposer leurs luttes. Le puritanisme, qui a imprégné le discours religieux et régné dans la plupart des sociétés basées sur l’exploitation du travail, masque les objectifs réels de l’exploitation capitaliste.

La lutte pour le suffrage universel et le droit de vote des femmes a rencontré l’opposition farouche des classes exploiteuses. Même dans les vieux partis de la social-démocratie, au début du vingtième siècle, certains opportunistes considéraient qu’il ne fallait pas mettre en avant la revendication du droit de vote des femmes avant d’avoir obtenu le droit de vote universel pour les hommes. À cela la dirigeante social-démocrate allemande Klara Zetkin répondait qu’au lieu d’affaiblir ainsi le mouvement populaire, il fallait au contraire le renforcer par l’apport de la lutte des femmes et de leurs revendications qui étaient communes à celles des travailleurs.

L’idéologie la plus pernicieuse, avancée dans la fameuse campagne des «ABCD de l’égalité» avant que le projet soit retiré, sous le couvert du modernisme et de la rupture avec les stéréotypes rétrogrades, est celle qui prétend effacer toute différence entre hommes et femmes, présentant le genre uniquement comme une construction de la société, sans lien avec les caractéristiques biologiques de chaque sexe. Il est évident qu’on doit refuser les stéréotypes prétendant cantonner la femme à la procréation et dans un rôle de mère au foyer. Mais en niant les spécificités de la femme au nom de l’égalité, on en arrive à justifier le travail de nuit des femmes, à abandonner la revendication de son interdiction, alors que de nombreuses études démontrent sa nocivité pour les hommes comme pour les femmes. De même, de nombreuses luttes dont était porteur le mouvement des femmes sur le plan des aides et des droits à congés pour l’éducation des enfants, la famille, sont abandonnées sous prétexte que cela contribuerait à enfermer les femmes dans les stéréotypes réactionnaires. D’autre part, l’enseignement de cette idéologie à l’école risquerait de laisser les jeunes filles non préparées à leur futur rôle de mère.

Le sort des femmes immigrées, confrontées à la misère qui est le lot des couches populaires, au racisme institutionnel et patronal, à l’exploitation, à leur statut qui les prive de droits élémentaires, est peu enviable. Elle sont souvent confrontées aux traditions et structures familiales réactionnaires entretenues à l’époque par la colonisation et aujourd’hui par l’impérialisme. Les partis ouvriers et les syndicats, qui ont longtemps négligé d’organiser les travailleurs immigrés et précaires et de les intégrer aux luttes de leurs frères français, n’ont pas rattrapé leur retard dans ce domaine. C’est qu’au lieu de défendre les revendications des travailleurs contre le capital, les directions des organisations syndicales misent sur le soi-disant dialogue social et étouffent dans l’oeuf les luttes et leur extension. L’égalité est une bataille de classe, elle nécessite de combattre le système, de le renverser. Les femmes ne peuvent pas obtenir l’égalité au foyer si elles ne mènent pas cette bataille contre le capitalisme. Il ne peut y avoir d’égalité dans la société entre hommes et femmes tant qu’existe l’exploitation capitaliste.

«On ne peut pas assurer de liberté véritable, on ne peut pas bâtir de démocratie – sans parler de socialisme -si l’on n’appelle pas les femmes au service civique, au service dans la milice, à la vie politique, si l’on ne les arrache pas à l’atmosphère abrutissante du ménage et de la cuisine.». C’est ce qu’écrivait Lénine dans ses Lettres de loin, 3ème lettre, Zürich, en mars 1917. La Révolution d’Octobre 1917, en renversant les classes exploiteuses et en donnant le pouvoir à la classe ouvrière en alliance avec les masses paysannes pauvres, révolutionna toute la vielle société et renversa ses institutions patriarcales réactionnaires: le pouvoir de l’Église, l’institution de la famille bourgeoise, l’école réservée aux membres des classes possédantes… La Russie soviétique instaura, des décennies avant la plupart des pays dits civilisés, le droit de vote et d’éligibilité pour les femmes, le droit au divorce. (En France, seuls les communistes ont mené la bataille du droit de vote des femmes, obtenu seulement le 21 avril 1944 sur l’initiative de Fernand Grenier). Elle assura l’égalité pleine et entière d’accès à tout ce que la société allait offrir en matière d’enseignement, de formation professionnelle, de droit au travail y compris aux emplois interdits aux femmes dans les pays capitalistes, à la participation à la politique et à l’édification de la société nouvelle. L’avortement fut légalisé en 1920. La mobilisation des femmes jusqu’aux avant postes dans la lutte révolutionnaire, dans la défense de la patrie contre l’intervention armée étrangère et la contre-révolution des Blancs, dans l’édification du socialisme, puis dans la guerre de défense contre l’agression hitlérienne et la victoire sur le fascisme.

C’est Lénine qui avait suggéré à Klara Zetkin de consacrer une journée internationale dédiée à la lutte des femmes travailleuses, qui sera le 8 mars. Il nous appartient particulièrement de continuer à commémorer cette journée de lutte au moment où la bourgeoisie la récupère pour la vider de son contenu de classe en en faisant une «journée de la femme», célébrant indistinctement les femmes du peuple comme celles des anciennes classes féodales, comme on l’a vu à Saint-Denis où la municipalité honorait les reines de France et de Navarre gisant dans la Basilique.

Seule une société socialiste, construite sur la base du pouvoir des travailleurs et travailleuses et sur la propriété collective des moyens de production, est en mesure d’affranchir les femmes de l’exploitation. La femme, pour être libre, doit prendre sa place dans le combat révolutionnaire de la classe ouvrière pour renverser la bourgeoisie, l’exproprier, briser son État. Elle doit prendre sa place dans l’organisation révolutionnaire et contribuer, au sein de celui-ci, à construire le Parti qui guidera les masses vers le socialisme.

Débat sur l’action de la loi de la valeur en régime socialiste

INTRODUCTION – CONTRIBUTION DU COLLECTIF – À PROPOS DU « PARTAGE DU TRAVAIL »

Le Collectif propose aux organisations se référant au marxisme-léninisme et aux travailleurs qui s’interrogent sur la possibilité de construire une société socialiste un débat sur la loi de la valeur, sa signification, son utilisation par la bourgeoisie dans le système capitaliste et par l’État socialiste. Voici un texte d’introduction et une première réflexion du Collectif:

Pourquoi organiser un débat sur l’action de la loi de la valeur dans un pays socialiste?

Dans la préparation de la commémoration de la révolution bolchévique de 1917 à l’occasion de son centenaire, que le Collectif DÉFENSE souhaite unitaire tant dans la tenue que dans la préparation, nous devons expliquer aux travailleurs face à la crise permanente du capitalisme à laquelle ils sont confrontés, comment fonctionne le socialisme et pourquoi son système évite les crises économiques. Comment l’économie peut-elle s’opposer aux licenciements, à la baisse du pouvoir d’achat des salaires, à la mise à mal des garanties sociales, à l’anarchie de la production tout en augmentant la croissance industrielle? Cela est une question d’orientation économique doublée d’un objectif de classe. Tous les travailleurs, en l’état actuel du développement des forces productives qui rentrent de plus en plus en contradiction avec le mode de production capitaliste, s’intéressent aux solutions qui pourraient améliorer leurs conditions sans transgresser les lois économiques incontournables de la production. Sans maîtrise scientifique des lois économiques qui régissent la loi de la valeur, le champ est laissé à ceux qui veulent aménager le capitalisme sans le renverser et qui, par conséquent, légitiment les appels aux sacrifices de la droite et de la social-démocratie. Il nous faut expliquer également et convenablement de quelle façon la classe bourgeoise s’est réinstallée en URSS sur la base des réformes de Khrouchtchev et pourquoi cela a conduit à la contre-révolution. En fait, pourquoi le capitalisme a eu besoin d’une contre-révolution pour affermir sa domination et franchir le stade impérialiste, et pourquoi la classe ouvrière dans le capitalisme a besoin d’une révolution socialiste pour s’émanciper? Différentes interprétations voient actuellement le jour de la part des organisations ML sur la contre-révolution gorbatchévienne. Certains évoquent des contradictions de points de vue idéologiques, d’autres font référence aux circonstances historiques, mais il s’agit en réalité de démontrer avec quelle orientation de classe on transforme les réalités économiques. Ainsi, les problèmes sociaux ont toujours une origine économique, c’est ensuite que se structure le point de vue politique pour que ce dernier devienne prioritaire comme concentré de la raison économique de classe. Le collectif DÉFENSE propose un débat exceptionnel sur son site car les camarades de cette organisation, après avoir rencontré différents groupes ML, considèrent qu’il est possible d’aboutir à un point de vue collectif sur la question de la «valeur dans le socialisme» soulevé déjà par Staline jadis (les problèmes économiques du socialisme en URSS). Cela permettrait d’avancer d’un pas vers une unité idéologique entre les organisations ML et ce serait très prometteur pour les discussions à venir et la construction d’un parti ouvrier révolutionnaire unifié. Voici donc notre proposition de texte pour le débat:

Qu’est-ce que la théorie de la valeur?

La marchandise et la monnaie (d’après le volume premier du Capital de Karl Marx)

La marchandise revêt un double aspect: «valeur d’usage et valeur d’échange». La marchandise doit donc être un produit utile pour satisfaire les besoins individuels; en ce sens, elle est définie comme étant une valeur d’usage en économie politique. La marchandise est donc utilisée au niveau de la consommation individuelle, puis industrielle en tant que matière première ou produit intermédiaire. Cependant, comme de tout temps les marchandises ne peuvent pas toutes être produites par un seul producteur, elles s’échangent entre elles. La marchandise revêt donc un double aspect puisqu’elle est valeur d’usage et devient en tant que telle une valeur d’échange. Donc, en tant que valeur d’usage, la marchandise doit s’échanger contre une autre valeur d’usage équivalente pour qu’elle devienne une valeur échangeable «valeur d’échange». Le travail humain est  à l’origine de la fabrication des marchandises, et apporte donc une notion d’équivalence dans l’échange des marchandises entres elles. La marchandise exprime donc sa valeur au niveau de la quantité de travail consacré à sa fabrication. Historiquement, une moyenne générale établit le temps de travail socialement consacré à la fabrication des marchandises pour établir leur valeur. La cristallisation du travail contenu dans un objet d’utilité se mesure en temps socialement consacré à sa réalisation pour définir sa valeur. Le temps de travail servira donc de moyen pour évaluer la valeur des marchandises entres elles dans l’échange. Si deux marchandises contiennent le même temps de travail, elles pourront s’échanger entre elles. Mais si ce n’est pas le cas, il faut trouver un équivalent général. L’équivalent général doit donc lui aussi être une marchandise contenant du travail, donc de la valeur, et être divisible pour servir les besoins de l’échange. L’or et l’argent, puis la monnaie métallique, ont acquis historiquement la fonction d’équivalent général, puisqu’en tant que produits d’échange, ils représentent une certaine quantité de travail en rapport de leurs poids et sont divisibles à loisir. C’est le numéraire qui ensuite constitue avec les chèques et la carte bancaire la représentation idéale et fictive de la valeur marchande. Ainsi, la loi de la valeur a pris sa naissance dans l’abstraction du travail humain pour se quantifier dans la réalisation de produits finis. Le temps de travail socialement consacré à la réalisation de produits finis exprime donc la valeur des marchandises, et cela constitue la base de tous les rapports marchands. La force de travail nécessaire à la fabrication d’un produit devient donc à son tour une marchandise achetée par le possesseur d’un moyen de production. Le capitaliste qui achète la matière première achètera la force de travail des producteurs pour fabriquer des marchandises. Ainsi, le capitaliste payera à l’ouvrier le prix du renouvellement de sa force de travail, pendant qu’il encaissera la valeur supplémentaire qu’il a produite toute la journée. L’ouvrier ajoute du travail aux matières premières pour fabriquer des marchandises commercialisables. Ainsi, le prix du renouvellement de la force de travail est évalué en rapport avec le temps de travail fourni au capitaliste pendant toute la journée. L’ouvrier peut de cette façon travailler 2 à 3 heures pour lui-même et le reste de la journée gratuitement pour le capitaliste. Le capitaliste encaissera ainsi une plus-value qu’il accumulera dans le capital. Le but  unique économique du capitalisme est donc de renforcer la rentabilité du capital par l’exploitation du travail vivant. Ainsi fonctionne et agit la loi de la valeur depuis l’origine de tous les modes de production marchands.

La loi de la valeur en régime socialiste

En régime socialiste, la loi de la valeur est présente et elle agit. De partout et dans n’importe quelle société historique, là ou il y a production de marchandises et organisation marchande, la loi de la valeur existe nécessairement. Autrement, il y a production de marchandises d’usage personnel familial ou communautaire, mais pas d’échange. L’échange implique le développement de la production sociale et son évolution industrielle. En régime socialiste, la loi de la valeur s’étend donc tout d’abord à la circulation des marchandises, à l’échange par l’achat et la vente, principalement à l’échange des marchandises pour la satisfaction des besoins personnels. À la différence avec le capitalisme qui lui étend les principes de la loi de la valeur à la production, au commerce et à la transaction bancaire, en régime socialiste l’échange par l’achat et la vente confère dans une certaine limite un rôle régulateur à la loi de la valeur. En fait la loi de la valeur ne régule pas la production dans le socialisme, mais elle agit sur la production. Le fait que les produits de consommation soient échangés par la vente et l’achat exprime globalement le coût des dépenses nécessaires pour répondre aux dépenses de la force de travail dans le processus de production. Ainsi, les coûts de production sont soumis à la loi de la valeur pour qu’elle exerce son action. De cette façon, le système de répartition socialiste doit tenir compte dans les rapports de valeurs, de l’autonomie financière des entreprises, de la rentabilité productive, du prix de revient de la marchandise pour la politique nationale des prix, des dispositifs d’investissements industriels, agricoles, des questions de la consommation et du commerce extérieur. La loi de la valeur est donc utilisée dans l’économie socialiste avec la planification, pour obtenir l’autonomie financière ainsi que la rentabilité des entreprises, pour améliorer les méthodes de fabrication, et réduire les coûts tant au niveau des besoins industriels que des prix pour la consommation sociale. Le régime socialiste, avec son système économique fonctionnant avec une planification démocratique centralisée, a besoin de pouvoir comparer les marchandises entre elles, que ce soit par rapport aux besoins des activités économiques ou des nécessités de la consommation populaire et du commerce extérieur. Ainsi, l’utilisation de la loi de la valeur sera nécessaire à l’édification du socialisme, mais n’aura pas la même ampleur qu’en régime capitaliste, elle ne régulera pas la production et ce sont les organismes de la planification qui le feront. L’exemple est fourni par les discussions du comité central du PCUS à l’époque de Staline avec les organismes de la planification, qu’ « une tonne de pain ne peut-être considérée comme équivalente d’une tonne de céréale » pour fixer les fluctuations des prix des céréales. Ainsi, l’utilisation du travail humain pour transformer les marchandises ajoute nécessairement de la valeur au produit fini. Cependant, l’absence de propriété privée des moyens de production et leur socialisation à la ville comme à la campagne, limite l’action de la loi de la valeur et son degré d’influence sur la production.

Effets du développement harmonieux sur la loi de la valeur

Dans le socialisme, le développement proportionné qui harmonise la répartition économique et sociale, remplace la loi de la concurrence en empêchant l’anarchie de la production existante dans le capitalisme, et amoindrit la loi de la valeur. En effet, la production socialiste avec son développement harmonieux due à son système de répartition, n’aboutit pas à des crises périodiques de surproduction et à des gaspillages, mais diminue la force régulatrice de la loi de la valeur dans les rapports d’échange. Donc, si la loi de la valeur est une catégorie historique liée à l’existence de la production marchande, elle disparait avec l’atténuation constante de cette dernière dans le socialisme; ainsi, la valeur avec ses formes disparaîtront aussi. La société communiste sera une société où la production se réglera par les besoins de cette dernière. Le recensement des besoins acquerra une importance de premier ordre pour les organismes de planification. Ainsi, la production socialiste, étape économique transitoire, en utilisant la loi de la valeur au profit des besoins collectifs, concourt à la disparition de cette dernière. De cette façon, il serait faux de tirer la conclusion que la loi du développement harmonieux du socialisme sur l’économie nationale et la planification supprime le principe de la rentabilité. La rentabilité doit se concevoir du point de vue de l’ensemble de l’économie nationale en rapport de ses besoins. En effet, il ne convient pas de confondre la rentabilité financière de l’accumulation du capital basé sur l’extraction de la plus-value dans le capitalisme, et la rentabilité productive de l’économie socialiste basée sur une répartition qui doit répondre aux besoins collectifs. Dans le socialisme, il faut, pour développer l’économie afin qu’elle réponde aux besoins croissant des hommes, diminuer les coûts de production et augmenter la productivité. Ainsi, la modernisation des appareils de production allège la charge de travail au lieu de l’augmenter d’une façon paradoxale comme le fait le capitalisme. La machine libère l’homme au lieu de l’asservir à des rythmes de production toujours plus incroyables. Sous le socialisme, les économies réalisées avec la diminution du coût de la production diminuent le prix des marchandises sans dévaloriser la force de travail des producteurs. En système capitaliste, la modernisation licencie des travailleurs au lieu de les utiliser autrement dans d’autres secteurs et de diminuer le temps de travail. Au contraire, le capital, en compressant le personnel, augmente les cadences avec le temps de travail, et cela finit par se traduire par des augmentations de prix. Ainsi, le capitalisme, en utilisant la loi de la valeur, diminue bien lui aussi les coûts de production en augmentant la productivité, mais en augmentant le temps et l’intensité du travail avec les prix des marchandises. Lorsque, sous le socialisme, les prix des marchandises diminuent sous l’effet de la loi de la valeur à cause de la diminution des coûts de production, les salaires sont valorisés, le pouvoir d’achat augmente et la loi de la valeur perd de son intensité et finit par disparaître à terme, car le pouvoir d’achat augmente alors que la monnaie se dévalorise. Ainsi, soit c’est la force de travail qui se dévalorise avec le capitalisme à cause de la diminution des coûts de production et de l’augmentation de la productivité, soit c’est la monnaie avec le socialisme pour les mêmes causes et avec les mêmes lois, mais avec un objectif différent, celui de libérer les travailleurs au lieu de les asservir.

Les effets de la loi de la valeur dans l’opposition des classes

Le socialisme et le capitalisme sont des sociétés transformables mais non aménageables. Le féodalisme contenait en son sein des éléments pré-capitalistes et un système marchand. Le capitalisme pourtant confronté au sein de son système à sa contradiction de classe avec le prolétariat, ne contient aucunement des éléments socialistes dans ses structures économiques, même si des victoires sociales ouvrières viennent perturber sa logique économique. Le socialisme lui, peut contenir ou introduire (la NEP) des éléments capitalistes dans son économie en les maîtrisant, mais son développement ne s’accommode point de l’ancien mode de production. Ainsi, pour passer du capitalisme au socialisme, il faut briser l’État bourgeois et exproprier les capitalistes au moins des grands moyens de production et d’échange. Pour renverser le socialisme, il faut une contre-révolution bourgeoise qui restitue les moyens de production et d’échange aux capitalistes privés avec les moyens politiques d’un État qu’ils dirigent. Ainsi, si les moyens de production et d’échange avec le pouvoir d’état ne sont pas dans les mains des propriétaires privés, le capitalisme ne sera pas réinstallé même si sa base économique bourgeoise est arrivée à affaiblir le socialisme qu’elle combat de l’intérieur. Ainsi, les réformes khrouchtcheviennes qui ont pénalisé l’évolution du socialisme en inversant l’utilisation de la loi de la valeur pour lui donner une force régulatrice, ont déstabilisé la production tout comme les victoires revendicatives perturbent le capitalisme sans pour autant le renverser. Donc, ni par le haut ni par le bas, le capitalisme et le socialisme ne peuvent s’accommoder d’un aménagement de leur système économique sans que cela déstabilise l’économie nationale. Les sociétés de groupe introduites par Khrouchtchev ont opposé la rentabilité financière à celle de la production en introduisant la notion du profit, cela à ouvert la voie à des crises (marché noir, corruption, détournements de matériel, installation de sociétés privées clandestines…) sans pour autant favoriser ceux qui se battaient pour le retour du capitalisme afin qu’ils soient alors capables de lui livrer le pouvoir. La loi de la valeur devenait régulatrice de la production sans pour autant introduire la propriété privée des moyens de production, car ils appartenaient toujours à l’État, même si la planification démocratique a été foulée aux pieds, au profit d’une répartition inégale. Dans le capitalisme, les victoires ouvrières accélèrent les crises économiques périodiques, cela peut finir par adapter le système d’exploitation à des complications nouvelles, ou à revenir sur les acquis, mais en aucun cas ces victoires ont historiquement renversé le système. Crises sociales ou étouffement des activités économiques ne peuvent avoir raison ni du socialisme, ni du capitalisme, car seule la révolution ou la contre-révolution peuvent y pourvoir. L’explication est simple: malgré l’échange inégal introduit par l’économie de groupe en URSS avec Khrouchtchev qui à perturbé le développement économique et social, l’existence du socialisme avec y compris son bureaucratisme d’état constituait une entrave au développement de l’économie parallèle clandestine avec sa base capitaliste. En URSS entre les années 60 et 80 se développe l’économie souterraine, car les intérêts de groupe s’opposent à la fois aux secteurs non rentables de l’économie et au développement social collectif. L’État fermait les yeux sur la falsification des comptes qui servaient à augmenter artificiellement la production de matériaux, et si l’effet d’annonce pouvait servir à vendre plus ou plus cher pour compenser le manque à gagner de la production par rapport au profit annoncé, l’État recevait une part du profit. L’économie souterraine était devenue l’ombre du retour au capitalisme préparant la contre-révolution dans la perspective de l’atteinte du stade impérialiste, par l’accumulation du capital privé stimulé par la concurrence. L’État qui avec la propriété de groupe avait renoncé à la dictature du prolétariat avec le contrôle ouvrier sur la production, était devenu incapable de s’opposer à la constitution de société privées clandestines. Le travail au «noir» à réintroduit la pleine acuité de la loi de la valeur en structurant les activités clandestines dans presque tous les domaines de l’économie, au niveau de l’industrie et de l’agriculture, avec un secteur marchand de trafic de devises et de matériel en tout genre. Avec le développement de l’économie souterraine et sa nature capitaliste, un changement des rapports sociaux s’installe dans le pays. L’économie capitaliste issue du marché noir a pris racine dans l’échange inégal, puisque des primes au rendement ont été installées dans les entreprises rentables pour accélérer les résultats financiers au niveau du profit annoncé. L’économie parallèle créait des embauches en installant une société clandestine mais présente dans l’économie du pays au sein du socialisme. Certains appellent cela le socialisme de marché, mais l’objectif du marché a été d’absorber le socialisme pour le détruire. Cela a créé un groupe d’hommes d’affaires grands et petits qui s’est joint à l’appareil bureaucratique sur des bases de corruption existantes. L’économie souterraine pénétra l’appareil d’État, des détournements de carburants eurent lieu dans les kolkhozes et les sovkhozes entre autres. Puisque les chiffres étaient truqués dans le plan, il était aisé de détourner du matériel pour l’intégrer dans l’économie parallèle tout en augmentant les résultats fictifs sur le papier. Les fortunes acquises d’une manière criminelle ont ainsi non seulement nui considérablement à l’économie socialiste, mais ont eu un impact  sur le capital organisé à la fin des années 80. Gorbatchev engage alors l’URSS dans la contre-révolution, la «pérestroïka». Ainsi, au lieu par exemple de s’opposer aux inégalités produites par la propriété de groupe, il se bat pour gagner une réforme sur les «coopératives» pour blanchir l’argent obtenu illégalement. Le but est que ces capitaux puissent être réutilisés pour les privatisations et ainsi «légalement» obtenir le titre de propriété des entreprises rentables. Ainsi s’est développé un système de rapports de production où la forme contradictoire dominante mixait la propriété publique avec la propriété de groupe et cette dernière avec la propriété privée des trafiquants de l’économie souterraine. Les conditions étant réunies pour la restauration du capitalisme, il a fallu quand-même que la contre-révolution s’officialise de Gorbatchev à Eltsine pour que le capitalisme mette la main sur les entreprises nationalisées, s’institutionnalise, et en prenant tout le pouvoir puisse passer au stade impérialiste.

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 À propos du «partage du travail»

Le thème du partage du travail revient dans la campagne présidentielle. Les candidats utilisent ce thème d’une manière réformiste dans le sens d’un partage des emplois et de la masse salariale en épargnant le capital et en accompagnant la désindustrialisation et la destruction des emplois.

Pourquoi sommes-nous opposés au «partage du travail»?

Les besoins de l’homme sont sans cesse croissants et c’est sur cette base que s’est développé le système des échanges avec différents modes de production. Ainsi, la production, donc le travail, croît, soit en fonction des besoins des échanges, soit pour satisfaire les besoins sociaux. Dans le socialisme, la force de travail disponible doit être employée à combler les créations nouvelles d’activité. Donc, on ne peut pas partager le travail comme une galette, car ce qui bouge et croît ne se compare point à ce qui se divise ou décroît. Ainsi, l’évolution technologique, si dans le socialisme elle allège la charge de travail des ouvriers, elle crée des besoins nouveaux avec une demande croissante d’une main d’œuvre de plus en plus qualifiée. Par contre, dans l’économie de marché capitaliste, la baisse des coûts de production, due soit à l’introduction de machines numériques robotisées, soit à une organisation nouvelle du travail, aboutit à une baisse du prix de la force de travail souvent conjuguée avec une baisse des effectifs, une augmentation des cadences et de la vigilance, une surproduction accompagnée d’une hausse progressive des prix. Les conséquences sont un chômage grandissant cohabitant contradictoirement avec des besoins en main d’œuvre sur qualifiée, de plus en plus diplômée, mais avec une rémunération dévalorisée (processus moderne de la dévalorisation de la de la force de travail). Dans ces conditions, il y a contradiction entre l’emploi crée pour répondre aux besoins technologiques en mutation, et l’exclusion sociale du monde du travail d’une main d’œuvre déqualifiée. C’est une contradiction pour le capital car cela réduit le champ de l’emploi d’une main d’œuvre que les multinationales capitalistes aspirent à exploiter de plus en plus. (Par contre dans le capitalisme il n’y a pas contradiction entre formation et dévalorisation du prix de la force de travail) Cependant, compte tenu des différences des niveaux de formation, il ne peut pas y avoir «partage du travail» car l’emploi est attribué en fonction du niveau des qualifications correspondant au nombre et à l’emploi des postes à pourvoir, et non au prorata global de la force de travail disponible. Dans le socialisme dont l’économie est collectivisée, la baisse des coûts de production se traduit par une baisse des prix à la consommation, une hausse du pouvoir d’achat, un allégement de la charge de travail et une re-disposition générale de la force de travail dans les plans de développement. Ainsi le développement social et la diversification des forces productives sont dues à un mode de répartition qui au lieu d’être voué à l’accumulation du capital pour le profit, répond à la satisfaction des besoins sociaux. L’école gratuite fournit donc la main d’œuvre disponible pré formée aux besoins technologiques en évolution. En plus, la force de travail en activité est valorisée et formée en permanence sur le temps de travail. Dans ces conditions, les nouveaux postes crées par la révolution technologique pourront être attribués à la force de travail en activité pour que la réduction du temps de travail ne soit pas en contradiction avec une augmentation permanente de la diversification des productions. Cela constitue un avantage pour les travailleurs et non un partage. Dans le capitalisme, le «partage du  travail» équivaut dans son utilisation par le capital à un partage des revenus salariaux pour préserver ceux des capitalistes. Donc, ceux qui ont actuellement un salaire paient des cotisations dont une partie garantit l’indemnisation des chômeurs. Les indemnités des chômeurs sont alors transformées par l’État bourgeois en «revenus minimums d’activité» et les salaires des travailleurs précaires sont de plus en plus payés par les travailleurs en activité et non plus par les patrons. Le «revenu universel» de Benoit Hamon se prête aux mêmes dérives sur l’apparition d’une sous-main d’œuvre composée d’auto-entrepreneurs, dans une société «ubérisée» où le salariat disparaît avec ses garanties sociales afin d’être remplacé par l’esclavage industriel moderne.

Non au partage du travail et à ses dérives, oui à la révolution socialiste.

NI AUSTÉRITÉ DE DROITE, NI AUSTÉRITÉ DE GAUCHE… BOYCOTT DES PRÉSIDENTIELLES!

L’élection présidentielle de 2017 consistera une fois de plus à faire désigner par les électeurs le principal représentant de la bourgeoisie au pouvoir. La constitution de la 5e République attribue au Président de la République des pouvoirs très importants, mais, quelle que soit son étiquette, il ne pourra pas faire une autre politique que celle que lui dicte la classe capitaliste. Pour masquer cette dictature de l’oligarchie financière, un pluralisme de façade est entretenu au niveau des partis et des candidats du système. Or, aucun parmi eux ne remet en question le système économique capitaliste qui enfonce le monde entier dans la crise et accroît les dangers de guerre.

La campagne des différents candidats de «gauche» ou de «droite» porte sur les solutions à mettre en oeuvre pour restaurer la compétitivité des entreprises, faire baisser le «coût du travail» et les dépenses publiques, donner à l’armée française les moyens de faire face au terrorisme…Fillon, qui a emporté la primaire à droite, exprime le plus les désidératas de la bourgeoisie dans son programme. Le PS au pouvoir les avait aussi grandement satisfaits avec les lois Macron, El Khomri, Rebsamen… mais le MEDEF veut aller plus loin. À «gauche», des prétendants à la candidature rivalisent en surenchérissant sur le discours de droite pour flatter encore plus l’électorat traditionnel des «Républicains»; des socialistes, écologistes et autres, expliquent à qui veut les entendre que les intérêts des salariés et des entreprises sont convergents, que les catégories de travailleurs qui ont quelques avantages par rapport à ceux qui sont les moins bien lotis doivent renoncer à leurs «privilèges» pour sauver «notre modèle économique et social».

Or, les différentes élections qui se sont succédé depuis une quinzaine d’années voient le taux d’abstention s’élever, particulièrement dans les couches populaires. Ceci traduit un accroissement de la défiance envers les partis traditionnels, un rejet plus ou moins conscient du système. La crise économique provoque ainsi une crise de la représentation politique et une montée du mécontentement et la persistance des luttes. Le capitalisme est incapable d’assurer les besoins élémentaires de la population en matière de logement, d’éducation, de santé, de fournir un travail à chacun. Les conditions objectives pour son renversement sont donc réunies, et la nécessité d’un parti révolutionnaire qui organise et dirige la lutte vers l’objectif de la révolution est plus urgente que jamais. Ce n’est pas en participant à la mascarade électorale que sont les élections présidentielles que l’on peut avancer vers l’expropriation du capital privé des entreprises industrielles, agricoles, commerciales et bancaires, l’établissement du contrôle ouvrier sur la production et la ré-industrialisation avec une économie planifiée démocratique et centralisée. C’est en brisant l’État bourgeois et en le remplaçant par un État du prolétariat qu’on résoudra les problèmes économiques, sociaux, écologiques…

Parmi les obstacles dressés devant les travailleurs en lutte contre la loi El Khomri, il y avait en premier lieu la volonté de sauver la social-démocratie (qu’il s’agisse du PCF, de Mélenchon, des Frondeurs du PS…) pour lui permettre de se présenter à la Présidentielle comme le sauveur du «modèle social français» en promettant l’abrogation de la loi dite Travail.

Présenter ou soutenir un candidat dans ces conditions revient à soutenir le système et à retarder la prise de conscience qu’il faut faire la révolution. Déplorer qu’aucun candidat ne porte les revendications des travailleurs et ne remette en cause le système, tout en laissant entendre que l’élection présidentielle serait un moyen d’aboutir à des changements en faveur des travailleurs en faisant pression par les luttes sur le vainqueur, c’est encore se méprendre sur la nature de l’État, faire l’impasse sur le rapport des forces existant dans la classe ouvrière,  et faire croire que la bourgeoisie peut encore céder aux revendications sous la seule pression des luttes. Il faut rejeter la théorie selon laquelle chaque victoire des revendications apprivoiserait de plus en plus l’ennemi de classe.

Le Collectif DÉFENSE soutient les revendications des travailleurs, mais il les appelle à les opposer à la logique du système capitaliste, à les inscrire dans la lutte pour la révolution socialiste qui brisera la dictature des monopoles: emploi en CDI pour tous sans démolition ni aménagement régressif du Code du travail, retraite pleine et entière à 60 ans avec 37 ans et demi de cotisation et 55 ans pour les travaux invalidants, expropriation de tous les monopoles privés du service public… Il appelle à développer les luttes, en particulier contre la loi El Khomri, à être vigilant contre les guerres impérialistes, à empêcher leur escalade, et à rejeter le monarcho-présidentialisme en boycottant les présidentielles de 2017; le taux d’abstention et de refus de vote constitueraient un point d’appui contre la politique d’austérité de la droite ou de la sociale-démocratie et contribuera idéologiquement à préparer la révolution socialiste.

RÉPONSE DU COLLECTIF DÉFENSE À UNE INVITATION DE LA FÉDÉRATION DU TARN DU PCF

Suite à la réception d’une invitation à un débat organisé à Albi pour soutenir la candidature de Mélenchon et reconstruire la gauche, nous avons adressé le courrier ci-dessous:

 

Chers Camarades,

nous vous remercions de votre invitation. Malheureusement, nous devons la décliner, car nous ne nous inscrivons pas du tout dans cette démarche qui vise encore une fois à sauver la social-démocratie et à éloigner la perspective de la construction d’un véritable parti communiste et de la révolution socialiste.
Le programme de Mélenchon s’apparente à la politique de Siryza ou de Podemos, qui visent à obtenir des aménagements en faveur de la population travailleuse sans jamais remettre en cause le système capitaliste et ses fondements: la dictature de la bourgeoisie et son État, la propriété privée des moyens de production et d’échanges, l’exploitation du travail salarié. Or, la bourgeoisie ne cédait aux revendications que lorsque son pouvoir était menacé. C’était le cas à l’époque où existait un puissant mouvement communiste et syndical, s’appuyant sur l’existence et sur l’aide de l’Union soviétique et d’un puissant camp socialiste qui avaient renversé la bourgeoisie et contraignaient l’impérialisme à des reculs. Depuis la contre-révolution de 1989-91, le capitalisme est à l’offensive sur tout le globe. Les organisations ouvrières sont affaiblies, et souvent détournées de leur mission au profit de la collaboration avec la classe bourgeoise. Quelles grandes victoires le mouvement ouvrier et populaire a-t-il remportées ces dernières décennies? Il reste certes encore dans le monde des partis communistes et ouvriers qui n’ont pas abandonné leurs principes: le Parti Communiste de Grèce, le Parti Communiste Ouvrier de Russie-PCUS, le PCPE d’Espagne… et un courant syndical de lutte de classe représenté notamment par la FSM. Mais ni le PCF, ni les directions confédérales syndicales de France, ne se réfèrent au travail sérieux de ces organisations d’avant-garde, préférant dialoguer avec le patronat, voire avec les pires représentants de la réaction mondiale (cf la présence d’un dirigeant de l’OTAN à la dernière fête de l’Humanité).
La pratique du pouvoir par Siryza en Grèce, avec ses mesures anti-populaires, sa soumission à l’Union Européenne et à l’OTAN, devrait ouvrir les yeux de ceux qui croient encore que l’on peut obtenir du « progrès social » sans renverser le capitalisme par la révolution.
Mélenchon prétend vouloir changer les institutions au profit du peuple, alors qu’il inscrit totalement sa démarche pour y parvenir dans les institutions de la cinquième République et son monarcho-présidentialisme. Par sa seule participation à cette caricature d’élection où l’opinion est façonnée par les sondages et les médias aux mains du capital, Mélenchon décrédibilise tout son discours aux accents « révolutionnaires ». Il entretient des illusions sur une possibilité de changement de société sans révolution, par la voie électorale, alors que le rejet des partis du système par une majorité de la population, qui se traduit en particulier par un refus grandissant d’aller voter, devrait être un terrain propice pour les organisations ouvrières à mener une propagande révolutionnaire, à dénoncer la dictature de la bourgeoisie, à aider les travailleurs à organiser leurs luttes contre le capital et non plus dans le cadre d’un illusoire aménagement du capitalisme.
D’autre part, l’existence d’un parti qui continue de porter le nom de Communiste tout en étant dépendant de ses alliances avec le PS pour conserver ses élus, qui ne remet plus en cause le capitalisme, qui a rejeté le marxisme-léninisme, c’est à dire une théorie scientifique sur laquelle s’appuyer pour comprendre les mécanismes du système et pouvoir le renverser, qui milite pour la construction européenne et non plus pour la révolution socialiste et la dictature du prolétariat, est un obstacle majeur à la reconstruction d’un parti communiste en France. Continuer de militer dans ce parti, en espérant un jour en changer la direction et l’orientation politique, revient à gaspiller l’énergie militante de centaines de travailleurs qui aspirent à un changement de société, et affaiblit le courant communiste véritable, comme l’illustrent les échecs récents de création d’un parti communiste authentiquement révolutionnaire. Le Collectif continuera de dénoncer inlassablement ceux qui propagent de fausses solutions dans le cadre du capitalisme, la social-démocratie toujours prête à trahir, ceux qui essayent de la sauver de la faillite au nom du danger de la droite et de l’extrême-droite.
Le Collectif DÉFENSE appelle les travailleurs à s’organiser et à lutter sur la base de leurs revendications qui seront satisfaites dans une société socialiste basée sur la propriété collective des moyens de production, le pouvoir des travailleurs, la planification démocratique centralisée, tenant compte des nécessités de préserver la nature. Il faut construire un parti communiste en France dans les luttes, en développant la solidarité avec les peuples opprimés en premier lieu par l’impérialisme français, avec nos frères immigrés exploités comme nous par le capital monopoliste.
Rompez avec ceux qui ont irrémédiablement lié leur destin à la survie du capitalisme.
Rejoignez le Collectif DÉFENSE.

SAINT-DENIS: MOBILISATION CONTINUE POUR L’EMPLOI ET LE SERVICE PUBLIC

Les agents municipaux de Saint-Denis sont en lutte depuis plusieurs semaines pour revendiquer de meilleures conditions de travail, des embauches… Les personnels des crèches s’étaient déjà mis en grève depuis le 25 novembre, poussés à bout par le manque d’effectifs et l’augmentation de la charge de travail. Puis, un plan de réorganisation et de soi-disant lutte contre l’absentéisme a été présenté par la Municipalité comme base de négociation avec les représentants des salariés. Ce plan a suscité la colère des agents par le fait que les axes proposés ne visent pas à développer l’emploi statutaire mais ne font qu’accompagner les restrictions budgétaires. Au lieu d’embaucher là où c’est nécessaire, de partir des besoins de la population pour renforcer le service public, la Municipalité a recours à un plan de type Lean Management de réorganisations visant à faire plus avec moins de personnels, en s’attaquant aux acquis, en particulier aux jours de congés.

Au lieu de soutenir les revendications des agents territoriaux, la majorité municipale gère le système, faute de vouloir le changer. Une municipalité, même composée à 100% d’élus «de gauche», ne peut pas être un ilot de progrès social dans un pays ravagé par la crise capitaliste et soumis à une régression sociale sans précédent. Pour donner des milliards d’aides publiques aux capitalistes, l’État appauvrit et asphyxie les communes par la diminution de la dotation globale de fonctionnement alors que les besoins se développent. Il y a donc matière à dénoncer le processus de privatisation des services, refuser de se soumettre à cette fatalité et lutter, en s’appuyant sur la mobilisation des travailleurs et de la population, pour une société débarrassée du profit individuel et privé pour les monopoles capitalistes. Mais pour la Municipalité, c’est l’«organisation du travail» qui règlerait les carences dues au sous-effectif. À ce compte, on n’est pas loin d’aller dans le sens de la loi El Khomri qui prévoit l’allongement du temps de travail et son intensification. L’absentéisme est un marqueur du sous-effectif; plus de pénibilité tue le service public pour finalement le privatiser, comme ce fut le cas au Centre Nautique Municipal.

Des élus ayant à coeur d’agir pour une société plus humaine devraient aider les travailleurs en prenant avec eux des initiatives de lutte pour le développement social contre le capital et l’État-patron exploiteur, véritables responsables de la crise. Ce n’est pour l’instant pas le chemin qui est pris par les élus qui se conduisent en loyaux représentants de cet État de la bourgeoisie, et paraissent plus à l’écoute des desiderata des grands monopoles que sont Bouygues, Veolia, Eiffage, Suez, Vinci… qui font la pluie et le beau temps à Saint-Denis, plutôt que les besoins de la population travailleuse et les revendications des agents communaux.

Suite à la lutte massive, le nouveau Maire a déclaré verbalement à renoncer à toucher aux congés, tout en maintenant son projet. Le danger n’est donc pas écarté, et la poursuite de la lutte est nécessaire, d’autant que, sous couvert de négociations, il s’agit de faire avaliser le plan par les syndicats et d’associer le personnel, au moyen de «réunions de service», à son application.

Le Collectif DÉFENSE soutient la lutte des travailleurs et de leurs syndicats et appelle à la création de solidarités des agents territoriaux d’autres municipalités qui forcément sont confrontés aux mêmes problèmes sociaux.

Rejoignez le Collectif DÉFENSE pour plus d’efficacité dans les luttes contre le capitalisme. Pour faire la révolution, briser l’État bourgeois et construire une société socialiste, la participation des travailleurs avec leurs revendications est un processus démocratique indispensable.

JANVIER 2017: RÉUNION PUBLIQUE SUR LA LUTTE DES FEMMES TRAVAILLEUSES

PRÉSIDENTIELLE 2017: RECOMPOSITION ET DIVISION POUR SAUVER LA SOCIAL-DÉMOCRATIE

Valls est le diviseur idéal pour sauver la social-démocratie. C’est un socialiste sans la «synthèse» social-démocrate, qui réconcilie politiquement les courants, toujours au profit d’un maintien de l’idéologie capitaliste. Lors de la primaire de 2011, il était déjà pour la suppression des 35 heures et de l’ISF. Comme premier ministre, il pousse avec virulence à la déchéance de la nationalité. Valls choque également d’autres ministres de son gouvernement avec ses positions sur l’interdiction du port du «burkini». Il échoue pour interdire les manifestations syndicales contre la loi El Khomri. En allant toujours plus loin, il déclare «les gauches sont irréconciliables». Ainsi, selon Valls, ceux qui tout en restant dans la majorité gouvernementale PS font mine de se prononcer pour une orientation plus à gauche, sont sur des positions irréconciliables avec la politique social-libérale que la bourgeoisie impose au gouvernement Hollande. Ce que Valls refuse de reconnaître, c’est que son gouvernement n’a pas fait une politique de gauche et que le social-libéralisme, tout comme lui et Macron, n’est pas à gauche mais à droite. La trahison centenaire et permanente du PS consiste à se plier aux exigences de l’État bourgeois lorsqu’il est aux affaires, mais de revendiquer un point de vue de gauche, quelle que soit sa situation, pour continuer à exister. Valls, lui, veut placer le social-libéralisme à gauche, tout en exprimant un soutien de droite au bilan politique du gouvernement Hollande par exemple.

Hollande laisse le champ libre à Valls

L’impopularité à laquelle le gouvernement Hollande-Valls est confronté pousse le Président de la République à laisser le champ libre à son Premier ministre pour qu’il présente sa candidature aux présidentielles de 2017. Hollande essaie ainsi de sauver le PS, car de cette façon les autres candidats du PS lors de la primaire socialiste n’auront aucun mal à se démarquer du bilan du gouvernement que Valls soutiendra comme candidat, mais qui est entaché par la soumission au patronat et le développement de la précarité sociale. L’objectif réel du PS n’est pas de gagner l’élection présidentielle, car depuis Sarkozy les présidents ne font plus que 5 ans à cause des aggravations économiques et crises du système. Il s’agit, pour le PS, de sauver les meubles au moins aux législatives pour assurer l’alternance tout en se démarquant du soutien au gouvernement impérialiste Hollande–Valls.

Bilan gouvernemental que Valls s’engage à défendre à la primaire PS – un véritable choix de société:

-déchéance de la nationalité

-Menaces de guerres contre la Syrie et la Russie

-Loi El Khomri contre le Code du travail

-Loi Macron avec le travail du dimanche

-Loi sur le renseignement

-Attaques contre la Sécurité Sociale et le droit à la santé (actes médicaux et médicaments non remboursés)

-Privatisation des services de la poste et des transports…

-Accord national interprofessionnel sur la concurrence et la «sécurisation de l’emploi» (A.N.I.)

-Loi sur l’état d’urgence prolongé

-Pacte de responsabilité 40 milliards de cadeaux supplémentaires au patronat

-Cadeaux aux entreprises et défiscalisation 240 milliards par an, cadeaux aux monopoles qui licencient, CICE…

-Retraite à 62 ans, allongement de la durée du travail et remise en cause des 35 heures…

Conséquences: profits relancés, mais 10 millions de précaires et de sans-emplois, pouvoir d’achat général en baisse, droit du travail dévalorisé et 2200 milliards de dettes.

Une social-démocratie émergente et renaissante

Selon ses intérêts politiques, l’État bourgeois veut pérenniser la bipolarisation électorale entre la droite et la social-démocratie afin de sécuriser le système capitaliste dans le pays. Le PS a donc pour mission de reconstruire et d’élargir la social-démocratie (de Macron à Mélenchon). Ainsi, pendant que les «frondeurs» jouent leur partition à l’intérieur de la majorité gouvernementale, le Front de Gauche avec le PCF, qui veulent juste aménager le système sans le renverser, travaillent sur l’extérieur du PS. L’accord entre le PS et la gauche (PCF-Mélenchon) repose sur le fait que personne ne veut exproprier les capitalistes de leurs moyens de production pour passer au socialisme. Ainsi, le contexte économique de crise permanente du capitalisme favorisera tôt ou tard les rapprochements politiques entre le PS et les réformistes car, dans la réalité, malgré les luttes, les acquis sociaux reculent sans cesse dans notre histoire contemporaine et dans le monde. Cela démontre que le capitalisme n’est pas aménageable et si hier, il était en recul à l’époque de la présence des pays socialistes avec l’URSS, aujourd’hui le rapport des forces lui est favorable. La régression sociale n’est pas pour autant une fatalité et si les luttes sociales se mettent à remettre en cause le capitalisme, le rapport des forces s’inversera et le patronat reculera. Ainsi, seuls l’éveil de la conscience ouvrière en faveur de la révolution socialiste et le développement des luttes imposeront l’expropriation des exploiteurs pour l’appropriation collective et sociale des moyens de production avec une répartition équitable des richesses. Cependant, la pluralité des personnalités politiques et des organisations n’aboutissent point vers la démocratie pour les travailleurs. Seul un parti véritablement révolutionnaire ayant pour seul objectif la révolution socialiste pourra jouer un rôle positif dans les luttes plutôt que par les élections, pour opposer la démocratie ouvrière à la démocratie bourgeoise, soit, selon les principes marxistes, la dictature du prolétariat, pour remettre en cause la dictature du capital. Le collectif défense ouvre la perspective de la création d’un parti ouvrier pour unifier les travailleurs contre la minorité des capitalistes.

Appel du collectif défense pour les présidentielles 2017: Boycott du monarcho-présidentialisme sur toute la ligne!