COLLECTIF "DÉFENSE"

NON, LA RPD de Corée ne menace point la paix mondiale!

Rappelons d’abord l’histoire de ce pays vilipendé par l’impérialisme mondial et qui fait faire des cauchemars à Donald Trump pour comprendre. Kim ll-Sung, Secrétaire général du Parti du Travail de Corée issu de la fusion du Parti communiste et du Parti néo-démocratique de Corée, dirigea l’Armée Populaire Coréenne pour chasser l’occupant japonais après sa capitulation en 1945. Cette lutte imposa Kim ll Sung comme principal dirigeant du pays. Suite à la guerre sino-japonaise (1894-1895), le Japon considérait la Corée comme partie de son territoire. À la fin de la seconde guerre mondiale, les Soviétiques se trouvaient au Nord après avoir combattu l’empire du Japon avec la campagne de Mongolie et de Mandchourie. Les Américains enfourchèrent leur cheval de bataille sur le dogme du danger communiste et se positionnèrent au Sud, partitionnant de fait la Corée en deux.

La Corée du Nord, mise ainsi au ban des relations internationales vis-à-vis du camp du capitalisme, exerça les fonctions de gouvernement provisoire. Une réforme agraire est engagée, abolissant les propriétés foncières féodales. La loi de 1946 nationalise les grandes industries, les banques, les transports, et les télécommunications. Le premier code du travail est établi le 24 Juin 1946, l’égalité des sexes est proclamée le 30 Juillet de la même année. Une campagne d’alphabétisation est conduite dès la fin de 1945 auprès d’un quart de la population nord coréenne complètement illettrée. Dès 1948, les Américains militarisent la Corée du sud en proclamant la «République de Corée» en opposition au gouvernement du Nord. Le Nord réplique avec une conférence à Pyongyang réunissant des organisations au nord et au sud en avril 1948 pour organiser des élections législatives clandestines au sud. Le 9 septembre 1948, une Assemblée populaire suprême proclame la République Populaire Démocratique de Corée, le sud étant sous contrôle musclé des États-unis. Afin d’assurer la sécurité de la RPDC et son indépendance, le Parti du Travail organise un système de conscription. Certains touchés alors par la rupture de leurs attaches familiales et culturelles avec le sud fuient dans les collines et d’autres prennent les armes en traversant la frontière. Alors que le nord essaie de maintenir une force de dissuasion pacifique à la frontière le sud sous domination des États-unis accusent Moscou d’avoir déclenché une agression nord Coréenne. La guerre de Corée dura du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953. La guerre de Corée alors déclenchée par les Américains sous prétexte de riposter aux «agressions» nordistes, devient irréversible et profite au nord commandé par Kim ll-Sung et occupe bientôt presque toute la péninsule. Les forces américaines et occidentales dont la France, débarquent sous le drapeau de l’ONU. L’URSS boycotte le Conseil de sécurité de l’ONU pour protester contre le refus de reconnaître la République Populaire de Chine comme membre permanent de l’ONU. Les États-unis en profitent pour condamner la Corée du Nord en la faisant passer comme agresseur et faire voter une intervention de l’ONU avec le principe de l’unanimité. La contre-offensive US et occidentale pénètre largement au nord et atteint la frontière chinoise le 26 octobre 1956. Un demi-million de soldats Chinois viennent alors appuyer les nord Coréens qui reprennent Séoul en Janvier 1951, avant que le front s’établisse de part et d’autre au trente huitième parallèle. L’armistice est signé à Panmunjom le 27 Juillet 1953. Les Américains maintiennent alors plus de 30.000 soldats en Corée du sud depuis 1953 pour créer un obstacle à la réunification.

Point de vue du Collectif DÉFENSE sur la politique du Juche en RPDC

Le Nord reconstruit son économie et s’industrialise très rapidement. La progression de son économie est la plus rapide de toute l’existence des références historiques mondiales. Le Parti suit les idées du Juche, une idéologie qui fonde le régime en RPDC. Cela guide les activités du Parti du Travail de Corée et du Front démocratique national anti-impérialiste en Corée du sud. L’idéologie du Juche est accompagnée par une propagande intensive. Cette idéologie prend les idées communistes de la société sans classes et repose sur le principe d’indépendance politique économique et militaire. Cette idéologie, quoiqu’elle supprime depuis la constitution de 1992 toute référence au marxisme-léninisme et à la dictature du prolétariat, se réclame de la patrie du socialisme. Nous considérons, nous communistes du Collectif DÉFENSE, que chaque peuple en fonction de ses références historiques doit avoir la primauté pour décider de l’évolution qui lui convient, et que ce même principe, s’il n’est pas entravé, conduira inévitablement au socialisme universel inauguré par la Révolution d’Octobre 1917 que nous défendons. En Corée du Nord, les idées du Juche présentent une conception du monde axée sur l’homme visant à réaliser la souveraineté des masses populaires. Ainsi la voie de la construction du socialisme, même si en Corée du nord elle a pris une autre route que la nôtre, n’est absolument pas entravée.

Une nation qui se bat contre vents et marées

Les analystes occidentaux reconnaissent qu’entre 1953 et 1960 le PNB par habitant est passé de (55 dollars à 208 ) alors qu’en Corée du sud il atteint péniblement une moyenne de 60 dollars. En effet, un changement radical s’est opéré: statut de la femme, logement gratuit, soins médicaux et médecine préventive gratuite et un taux de mortalité infantile comparable aux pays développés. Malheureusement, de 1995 à 1997, le pays est victime d’inondations et de la sécheresse puis le changement de politique de la Russie après la disparition de l’URSS continue à pénaliser fortement la Corée du nord pour finalement la plonger dans un isolement profond. Cela engendra une crise profonde avec l’apparition de la famine. Une aide alimentaire représentant un milliard de dollars a été attribuée par la communauté internationale, mais très vite elle n’accepte plus cette aide ayant surmonté sa crise et réclame un soutien sous forme de développement que le capitalisme mondial refuse de lui accorder. En mai 1993, le niveau de technologie atteint par le système économique de la RPDC permet non seulement au pays de vivre principalement de ses propres ressources en quasi autarcie, mais de stupéfier la communauté internationale en laçant un missile qui achèvera sa course en mer. En 2003 la RPDC se retire du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui interdit au pays la maîtrise d’une arme de dissuasion que les grands pays capitalistes possèdent pour dominer la planète. Aujourd’hui, la Corée du nord à atteint le niveau technologique des pays les plus puissants et veut être reconnue  comme une puissance internationale dont il faut tenir compte. Le but de Kim Jong-un est de sortir son pays de l’isolement international et de créer les conditions d’une réunification de la Corée. L’histoire démontre ainsi que les pays capitalistes avec les États-unis ont toujours eu une attitude belliqueuse avec la Corée du Nord, parce que la bourgeoisie ne supporte pas l’autonomie des peuples lorsqu’elle est exclue de leur système économique. Aujourd’hui, les efforts de la RPDC pour valoriser le travail collectif ont payé et le pays réclame de son plein droit l’égalité, la justice et la paix garantie par une dissuasion militaire équilibrée que tous doivent obligatoirement respecter.

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1917-2017 CENTENAIRE DE LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE

À l’occasion du centenaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre, le Collectif DÉFENSE adresse ses salutations aux travailleurs et aux peuples opprimés du monde entier, aux militants et aux partis communistes luttant à contre-courant pour le socialisme et la défense du marxisme-léninisme.

La victoire de la classe ouvrière et des paysans-travailleurs de Russie le 7 novembre 1917 a ouvert une nouvelle ère pour l’humanité: celle de la rupture avec l’ordre social basé sur l’exploitation de l’homme par l’homme, celle de la construction d’une société socialiste basée sur la propriété collective des moyens de production et d’échange, sur la dictature du prolétariat, la planification démocratique au profit non plus d’une minorité d’exploiteurs mais de l’ensemble de la population travailleuse.

Affiche1917

À bas le capital, vive la dictature du prolétariat!

 

Sous la direction du Parti Communiste bolchévik, dirigé par Lénine et Staline, la classe ouvrière, en alliance avec les grandes masses paysannes, a édifié un État puissant qui fut pour les travailleurs, les peuples colonisés et exploités, le fer de lance de la lutte contre l’impérialisme, le rempart contre l’exploitation et le fascisme. La construction du socialisme en URSS ébranla durablement le système mondial de l’impérialisme; il constitua un point d’appui pour les luttes révolutionnaires et les pays qui s’émancipèrent du joug du capitalisme. La Révolution d’Octobre fut ainsi un exemple pour de nombreux peuples qui s’éveillèrent à la lutte de libération nationale, pour les classes exploitées qui, avec l’aide internationaliste du PC de l’URSS et de la 3ème Internationale, édifièrent des partis communistes et ouvriers qui furent à l’avant-garde du combat pour les revendications des travailleurs, contre l’exploitation, le fascisme, l’impérialisme. À l’issue de la victoire contre le fascisme hitlérien, victoire à laquelle l’Union soviétique apporta la contribution essentielle, un puissant camp socialiste se constitua, regroupant une quinzaine de pays. L’impérialisme colonisateur fut obligé de manoeuvrer en recul devant la mobilisation des mouvements de libération nationale.

La construction du socialisme en URSS fut, après la Commune de Paris qui avait duré 72 jours, la seconde expérience d’édification d’une société nouvelle, cette fois ayant durablement réussi. L’exploitation fut abolie, ainsi que l’oppression des minorités nationales et des femmes. L’analphabétisme fut en peu de temps liquidé, le retard causé par des siècles de féodalisme et par les guerres impérialistes dévastatrices fut rattrapé en à peine deux décennies. Sur la base de l’alliance des ouvriers et des paysans, l’URSS devint une grande puissance industrielle, connaissant des taux de croissance inédit, à l’abri des crises du capitalisme qui plongeaient les travailleurs dans la misère et le chômage. Jusqu’à la contre-révolution gorbatchévienne, aboutissement du tournant révisionniste de 1956, l’existence de l’URSS a pesé favorablement dans le rapport des forces entre bourgeoisie et prolétariat, entre puissances impérialistes et peuples opprimés.

Les leçons de la Révolution d’Octobre sont universelles. Pour vaincre, la classe ouvrière a besoin d’un parti regroupant son avant-garde, guidé par la science de la révolution: le marxisme-léninisme. Pour se libérer de l’exploitation, il n’est d’autre voie que celle de la révolution socialiste, le renversement et le bris de l’État bourgeois, l’appropriation collective des grands moyens de production.

Aujourd’hui, il faut reconstruire le mouvement communiste sur la base du marxisme-léninisme et de l‘internationalisme prolétarien, contre le révisionnisme, le trotskisme et l’opportunisme. Dans chaque pays, la classe ouvrière doit édifier son parti dans les luttes, reprendre l’offensive contre l’impérialisme et la guerre.

L’avenir appartient au socialisme.

Vive la Grande Révolution d’Octobre 1917!

En avant pour de nouvelles victoires, pour la révolution socialiste!

UNE COMMÉMORATION AU COEUR DES LUTTES

Comme l’an passé, le Collectif a tenu un stand à la fête des associations de Saint-Denis le samedi 7 octobre. Nous avons commémoré la Révolution d’Octobre 1917 avec une exposition et fait signer une pétition contre les lois Macron-El Khomri qui a eu un grand succès. Plusieurs adhésions au Collectif ont été réalisées. Nous avons aussi encouragé des travailleurs venus discuter avec nous à adhérer à la CGT en les accompagnant au stand syndical, ce qui constitue une contribution concrète à la défense des organisations des travailleurs remises en cause par Macron.

Rapport au débat du 6 septembre

L’offensive de la bourgeoisie à travers les lois Macron s’inscrit dans la continuité de la politique des gouvernements précédents, de gauche comme de droite, pour parachever la liquidation des droits et acquis des travailleurs et mettre le capital monopoliste français en position de force sur le marché mondial. Ceci implique la destruction des droits et des acquis des travailleurs, leur mise en concurrence avec l’uberisation, l’individualisation des contrats, le démantèlement des institutions d’entreprise qui permettaient de peser plus ou moins sur les conditions de travail et les rémunérations.

La crise systémique du capitalisme globalisé oblige, pour maintenir la compétitivité des entreprises monopolistes françaises, à opérer un transfert massif des richesses du travail vers le capital: réduction des dépenses de l’État, gel des rémunérations des fonctionnaires, remplacement des cotisations sociales par l’impôt, augmentation de la CSG d’1,7%, réduction du nombre de critères du compte pénibilité, plafonnement des indemnités prudhomales… Il ne s’agit pas d’un mauvais choix d’un individu, ni de la conséquence d’ un mauvais choix des électeurs, mais d’une nécessité pour le capital qui doit maintenir son existence, survivre dans la guerre économique qui oppose les groupes monopolistes du monde entier et, par suite, les pays et groupes de pays entre eux.

Le contenu des ordonnances correspond donc à celui des lois Macron-El Khomri contre lesquelles les travailleurs s’étaient mobilisés l’an dernier, avant que les directions syndicales mettent le mouvement en sommeil dans l’espoir que des élections présidentielles émergent un président et un gouvernement plus à l’écoute du peuple. Les ordonnances vont permettre l’application immédiate de ces mesures, qui seront probablement adoptées par la majorité des députés d’un parlement illégitime.

C’est un enjeu de classe qui pose la question de la capacité des travailleurs à constituer une force consciente et organisé pour résister à cette guerre généralisée que mène contre eux la bourgeoisie.

Quelques exemples des mesures contenues dans les ordonnances: dans les entreprises de moins de 50 salariés, le patron pourra négocier sans délégués syndicaux sur n’importe quel sujet. Dans celles de moins de 11, il pourra organiser un référendum pour valider un accord collectif. La fusion des instances du personnel réduit le nombre des représentants des travailleurs qui ne pourront faire face aux nombreux dossiers à gérer. La DUP va même permettre au patronat de choisir, comme cela existe à travers les «ateliers participatifs» des interlocuteurs non élus et bien sûr de préférence non syndiqués. Liquider les droits des travailleurs nécessite de les priver de leurs outils de défense pour paralyser le mouvement ouvrier: la loi El Khomri détruit le Code du travail et livre les salariés au bon vouloir patronal.

La généralisation des Contrats de mission, qui existent déjà dans le BTP, dans les autres branches et l’uberisation croissante sont du pain béni pour le patronat qui fera appel à la main d’oeuvre uniquement en cas de besoin et pendant la période nécessaire à la production.

Un accord de branche moins favorable que la loi pourra s’appliquer et constituer une modification du contrat de travail. Si le salarié la refuse, il sera licencié avec une cause réelle et sérieuse, comme ils disent.

En général, ces mesures visent à faciliter les licenciements et à en réduire les coûts au minimum. Une multinationale pourra fermer un site en France en prétextant que l’usine est en difficulté, sans que les profits et la bonne santé financière de la maison mère entrent en ligne de compte. Si la bourgeoisie a besoin de facilités pour licencier, c’est qu’il faut s’attendre à la poursuite de la désindustrialisation du pays, à une aggravation de l’exploitation. C’est aussi qu’elle a besoin de précariser encore plus le travail pour augmenter le nombre de chômeurs pour en retour peser sur les salaires.

Dernièrement, Macron s’est exprimé dans le sens de la fin du monopole de la SNCF, de la liquidation du statut des cheminots, de la suppression du régime spécial des retraites. Les privatisations annoncées, ou plus exactement les cessions de part de l’État au privé, (gaz…) vont bien sûr servir à engraisser encore plus le capital, ce qui entraînera un accroissement de l’exploitation pour le rémunérer.

L’appel de la CGT, suivi par SUD et par d’autres syndicats, à manifester le 12 septembre doit constituer une base pour un mouvement uni et solidaire de tous les travailleurs et de la population pauvre et exploitée qui subissent les mesures anti-sociales et la régression de civilisation qu’impose la bourgeoisie. Une journée d’action ne sera bien sûr pas suffisante pour faire reculer le capital, d’autant plus que les mots d’ordre des confédérations portent plus sur des appels à une véritable négociation pour un «nouveau Code du Travail», de «nouveaux droits pour les salariés dans leur parcours professionnel»… Il faut des grèves et des luttes puissantes et massives, qui s’opposent aux mesures du capital et à sa logique, et qui portent les revendications de la population travailleuse en matière de salaires, conditions de travail, logement, santé, éducation…  Ces revendications sont incompatibles avec le maintien du système capitaliste, avec la compétitivité des entreprises, car le capitalisme n’est pas aménageable. Les revendications sont une nécessité pour les masses, alors que la logique du système  s’oppose à l’existence des acquis.

Les travailleurs sont aussi confrontés à l’absence de parti révolutionnaire qui porte leurs revendications. C’est au contraire le réformisme qui se décline tant au niveau syndical que politique, avec les tentatives de reconstruire la social-démocratie, avec ou sans ce qui reste du PS. Le but des groupes tels que FI, le PCF, le FdG et autres, est de dévoyer la colère et les luttes des travailleurs vers des solutions présentées comme anticapitalistes, mais qui en réalité ne remettent pas en cause la propriété privée des grandes entreprises par le capital monopoliste, sèment des illusions sur l’État en le considérant comme au-dessus des classes, donc réformable et utilisable au profit de l’intérêt général. Surtout, aucun de ces groupes ne lutte contre l’exploitation, mais pour un meilleur partage des richesses, plus de justice…

Au lieu d’opposer les revendications des travailleurs au système et lutter pour son renversement, ils affirment que les entreprises marcheraient mieux si les salaires étaient augmentés, si elles embauchaient massivement, si elles investissaient dans la production de biens utiles au lieu d’engraisser toujours plus les actionnaires. Or, la crise de surproduction du capitalisme, qui se manifeste par une suraccumulation de capitaux qui ne trouvent pas à s’investir (la condition étant qu’ils puissent rapporter un profit le plus élevé possible, en général au minimum de 15%), par une surproduction de marchandises qui ne trouvent pas preneur, (parce que le pouvoir d’achat de la population qui achète les biens de première nécessité régresse, et que la crise touche aussi les autres secteurs, à l’exception des produits de luxe), découle de la propriété privée et de la concurrence. Dans un pays socialiste où la propriété est publique et l’économie planifiée, il est possible de répartir judicieusement les investissements en fonction des besoins de la population et du développement de l’économie, en excluant le critère du profit.

Il n’y a pas de solution sans renversement de ce système capitaliste par la révolution et la construction d’une société socialiste pour mettre en adéquation l’économie et la satisfaction des besoins des travailleurs.

Face aux lois Macron et à celles qui vont suivre, car la bourgeoisie ne compte pas s’arrêter là, il faut défendre les prérogatives des syndicats, il faut que les travailleurs défendent leurs organisations en agissant dedans, en y exprimant leurs revendications, en utilisant le syndicat pour porter des coups au capital et mobiliser largement contre la bourgeoisie et son État. À l’heure actuelle, il est dangereux de chercher à s’organiser par-dessus et contre les syndicats, sous prétexte que les directions ne portent pas nos revendications. Le patronat a tout intérêt, et ceci est conforme à ses plans et au contenu des ordonnances Macron, à ce que les travailleurs se détournent des syndicats de lutte et s’intègrent dans de soi-disant espaces de dialogue et de participation où ils ne feront pas le poids face à la direction. Par contre, il faut créer des comités de lutte à la base, regroupant des travailleurs de tous les syndicats et non syndiqués, faisant le lien entre les luttes dans l’entreprise et la solidarité avec la population pauvre dans les quartiers populaires. Ces comités deviendront ainsi des organes d’un contre-pouvoir populaire en opposition avec les institutions de la bourgeoisie, faisant pression sur les élus pour qu’ils satisfassent les besoins au lieu d’être les relais des monopoles privés et publics.

En partant des besoins des travailleurs, il faut donner une perspective politique. Celle que propose Mélenchon n’est pas en rupture avec le système capitaliste, c’est un aménagement avec des institutions plus démocratiques qui ne verront pas le jour, mais toujours avec la propriété privée et l’exploitation du travail salarié. Il faut donc avancer la nécessité d’un changement de mode de production, d’une autre société sans capitalistes, et expliquer qu’elle constituera le seul moyen de satisfaire les revendications. C’est dans ce mouvement que nous pouvons construire un parti d’avant-garde de la classe ouvrière qui, sur la base d’une théorie scientifique, le marxisme-léninisme, pourra guider les masses travailleuses dans l’affrontement inévitable contre la bourgeoisie et son État.

POUR L’APPROFONDISSEMENT DE LA RÉVOLUTION VENEZUELIENNE, POUR LE SOCIALISME.

La tentative de coup d’état contre le président Maduro et son gouvernement vise à et mettre fin au processus révolutionnaire bolivarien. Depuis 2015, le parlement est aux mains de l’opposition de droite qui n’a pas renoncé à son projet de renverser le gouvernement, notamment avec un référendum illégal le 16 juillet dernier. Elle reçoit le soutien de Trump et de l’Union Européenne qui ont menacé d’ingérences et de sanctions en cas d’élection de la nouvelle Assemblée.

L’oligarchie vénézuelienne, appuyée principalement par l’impérialisme étatsunien, utilisant des groupes fascistes pour semer le chaos, tente de réitérer le coup d’État d’avril 2002 mis en échec par la mobilisation populaire en faveur du retour du Président Chavez.

Malgré les violences et les crimes commis par les contras, plus de 8 millions d’électeurs  ont fait le déplacement pour élire l’Assemblée constituante. Celle-ci aura pour tâche d’inscrire dans une nouvelle constitution les acquis démocratiques et sociaux de la révolution bolivarienne.

Si une partie des politiciens bourgeois affirment leur volonté de participer à la prochaine élection des gouverneurs, la récente attaque d’une base de l’Armée dans le nord du pays et la poursuite de la politique d’obstruction et des appels au sabotage et au désordre de la part des contras montrent que la solution ne passe pas par des compromis avec la bourgeoisie, au risque de réitérer l’expérience du Chili en 1973, mais au contraire par l’approfondissement du processus révolutionnaire en faveur des intérêts de la classe ouvrière et de son pouvoir.

Le Parti Communiste Vénézuelien, soutient la révolution bolivarienne tout en maintenant son programme pour une révolution socialiste, se prononce pour la défense des droits du peuple travailleur contre la crise, le fascisme et le réformisme.

Le Collectif DÉFENSE soutient le PCV frère et toutes les forces révolutionnaires dU Venezuela face au fascisme et à l’impérialisme.

CONTRE L’AUSTÉRITÉ MACRON ET LA REMISE EN CAUSE DES DROITS DU TRAVAIL, TOUS MOBILISÉS!

Le gouvernement Macron s’inscrit dans la continuité de celui de Hollande, avec la même  mission consistant à parachever la liquidation des droits et acquis des travailleurs pour mettre le capital monopoliste français en position de force sur le marché mondial. Ceci ne peut se faire qu’au détriment de l’industrie et de l’emploi en France.

Les premières mesures du nouveau gouvernement imposées avec une caricature de débat parlementaire et une pseudo-concertation avec les directions confédérales syndicales pour les pousser dans le «dialogue social» sans issue, vont dans le sens du transfert des richesses du travail vers le capital: réduction des dépenses, en majorité publiques et utiles, gel des rémunérations des fonctionnaires, remplacement des cotisations sociales par l’impôt, ce qui constitue un vol supplémentaire sur le salaire. et pas du tout, comme le prétend le gouvernement, un coup de pouce au pouvoir d’achat. L’augmentation de la CSG d’1,7% va peser essentiellement sur les travailleurs et les retraités. La suppression de quatre critères sur dix du compte pénibilité, le plafonnement des indemnités prudhomales, rabotent même les quelques garanties et compensations dont les travailleurs victimes de la surexploitation et des destructions d’emplois pouvaient espérer bénéficier, au prix de luttes et de procédures souvent longues, épuisantes et au résultat incertain.

Les attaques contre les droits des travailleurs et leurs outils de défense visent à paralyser le mouvement ouvrier: la loi El Khomri détruit le Code du travail et livre les salariés au bon vouloir patronal. Par la fusion des instances du personnel dans les entreprises dans une Délégation Unique du Personnel, les représentants des travailleurs dont le nombre sera réduit vont être privés de moyens devant une quantité croissante de dossiers à gérer, tandis que les obstacles et recours face aux plans patronaux seront réduits à néant. Les Contrats de mission dans les branches et l’uberisation croissante sont du pain béni pour le patronat qui fera appel à la main d’oeuvre uniquement en cas de besoin et pendant la période nécessaire à la production.

La programmation par les syndicats de journées d’action en septembre ne peut suffire à stopper l’offensive de la bourgeoisie. Il convient de développer les grèves dans les entreprises et lier des solidarités avec la population démunie. Il y a nécessité de luttes massives et puissantes contre la loi El Khomri, de leur généralisation. Il faut pour cela porter les revendications de la population travailleuse en matière de salaires, conditions de travail, logement, santé, éducation… et les opposer au système capitaliste et à la compétitivité des entreprises, le capitalisme n’étant pas aménageable. Les revendications sont une nécessité pour les masses, alors que la logique du système  s’oppose à l’existence des acquis. Il faut donc rejeter toutes les théories des «économistes» de gauche (PCF, FdG, FI…) affirmant qu’il est bon pour l’économie de donner du pouvoir d’achat aux salariés, qui vont ainsi consommer plus et, grâce au remplissage des carnets de commande des entreprises, l’emploi se développera au bénéfice de tous. C’est juste le contraire: ce qui est bon pour l’économie capitaliste, c’est la valorisation du capital par l’augmentation de la plus-value extorquée aux travailleurs, ce qui nécessite pour lui la compression des salaires, l’augmentation du temps de travail et de la productivité avec la suppression des garanties sociales. Le capitalisme n’a pas pour but seulement de produire des marchandises et des biens, mais de faire le maximum de profits. Il faut renverser ce système par la révolution et construire une société socialiste pour mettre en adéquation l’économie et la satisfaction des besoins des travailleurs. Il n’y a pas de solution intermédiaire d’aménagement du système ou de combinaison des deux. Bien entendu, la lutte pour l’augmentation des salaires et pour la défense des acquis est indispensable. Elle constitue la base de l’organisation pour la remise en cause de capitalisme et pour la révolution.

Les discours sur la soi-disant transition écologique servent à masquer la régression de civilisation qu’impose le capitalisme incapable de sortir de sa crise. Une société basée sur la recherche du profit maximum et immédiat n’est pas à même de revenir sur les destructions quotidiennes qu’elle fait subir à la nature. Au lieu de moderniser et renforcer la sûreté des centrales nucléaires, ce qui nécessite des investissements importants et peu rentables à court terme, le capital préfère, par le truchement de Mr Hulot (qui ne dit rien sur l’affaire d’Arcelor Mittal) , annoncer la fermeture future de 17 d’entre elles, ce qui aura pour conséquences des destructions d’emplois importantes, l’augmentation de la dépendance du pays en énergie vis à vis de l’étranger, une pression plus importante sur la nature dans laquelle il faudra puiser l’énergie qui fera défaut…

Les travailleurs et la population doivent s’organiser et s’unir et non plus espérer un homme providentiel ni un gouvernement plus à l’écoute du peuple, car c’est toujours la classe bourgeoise qui dirige l’État. En conformité avec la constitution de la cinquième République, qui renforçait l’exécutif et la mainmise directe du capital monopoliste sur l’État, Macron réduit le Parlement à une vulgaire chambre d’enregistrement des décisions prises en accord avec le MEDEF et au bénéfice exclusif du capital. La volonté de Macron, en application de la politique de l’Union Européenne, de diminuer fortement le nombre d’élus, alors que la moitié d’entre eux ne sont pas rémunérés, remet en cause un des acquis de la Révolution française que sont les communes. Il faut donc créer des comités de base qui puissent unifier et imposer les revendications, soutenir les travailleurs en lutte, élaborer un plan de lutte contre la bourgeoisie vers un changement de société.

Il faut surtout construire un parti d’avant-garde de la classe ouvrière qui, sur la base d’une théorie scientifique, le marxisme-léninisme, pourra guider les masses travailleuses dans l’affrontement inévitable contre la bourgeoisie et son État.

 

 

Le texte en pdf:

tract7:2017

Assemblée militante du 27 juin

Les résultats des élections présidentielles et législatives 2017 ont bel et bien confirmé les analyses de notre organisation, le Collectif DÉFENSE. En effet, la crise du capitalisme avec ses retombées sociales a bien été le facteur d’aggravation d’une crise institutionnelle qui a atteint tous les partis politiques, y compris la «République en marche», incapable de s’appuyer sur des députés plébiscités par une majorité de la population. Le taux d’abstention record, 51,2% dès le premier tour des législatives et près de 55% au deuxième, souligne la défiance croissante de la population envers ceux qui ne remettent point en cause le système capitaliste pour faire des propositions anti-crise. En effet, personne, dans les partis présentant des candidats, n’a proposé une participation active des travailleurs et de la population pour établir une société différente, socialiste et démocratique, dont l’économie serait maîtrisée et contrôlée par la classe ouvrière. Le lancement des conseils citoyens dans les zones d’habitations et des entreprises, serait aujourd’hui la façon de structurer une réelle opposition, pour faire de la politique avec une démarche totalement nouvelle, efficace et spontanée. Pour créer les conditions d’une révolution socialiste qui renverserait le capitalisme, il faut s’appuyer sur la démocratie populaire qui, dans les luttes, fera le choix de soutenir les revendications des travailleurs, contre la logique du profit individuel et privé. La construction d’une vie politique nouvelle pour s’opposer à l’austérité du couple Macron-MEDEF au gouvernement relève maintenant de l’urgence.

Rapport

Les déroulements et les résultats des élections législatives et présidentielles révèlent la crise du système capitaliste qui se traduit notamment par une crise de la représentation politique. Le rejet des partis traditionnels de la bourgeoisie et le refus de voter de la part larges masses populaires malgré l’utilisation de divers épouvantails et les illusions propagées par ceux qui prétendent humaniser le capitalisme et obtenir du progrès social sans renverser le système, ont pesé dans la déconfiture des partis du capital. Le taux d’abstention était de 25,3% au 2ème tour des présidentielles, ce qui était un record depuis 1969, de 51,3% au premier tour, et 57,36% au 2ème tour des législatives, sans compter les blancs et nuls. La bourgeoisie réussit cependant à préserver son dispositif de domination en mettant au pouvoir des individus issus directement de sa classe ou s’engageant à la servir. Ceci est conforme aux principes de la 5e République qui a été conçue pour assurer aux monopoles une direction directe de l’État en réduisant les pouvoirs et les prérogatives du parlement (49-3, transformation de l’Assemblée en chambre d’enregistrement des directives de la Commission Européenne concoctées par les grandes entreprises monopolistes, système électoral assurant la domination des partis du capital et une quasi-absence de représentants de la classe ouvrière parmi les élus…). L’ Assemblée Nationale est, comme le gouvernement, majoritairement bourgeoise (entrepreneurs, représentants du MDEDF, cadres et spécialistes bourgeois…). Elle a aussi, à travers la recomposition des forces politiques, fait en sorte que se maintienne une social-démocratie autre que le PS et ses appendices PCF, FdG et autres groupes réformistes, à travers la France Insoumise de Mélenchon, mais celui-ci n’est pas parvenu à constituer une force social-démocrate conséquente ni une alternative à la politique du MEDEF. La social-démocratie décline, le PS entraîne dans sa chute le PCF. Si des travailleurs ont été sensibles aux discours dénonçant les injustices et les scandaleux bénéfices et hauts salaires des plus riches, assez peu croient à l’aménagement du système capitaliste, qui est impossible. La sixième République voulue par Mélenchon, qui se déclarait prêt à gouverner (c’est à dire à diriger un État impérialiste  instrument des monopoles capitalistes qu’il prétend dénoncer), aurait été dans la continuité des précédentes, puisqu’elle maintient la propriété privée, l’exploitation… La FI propose seulement de taxer les profits financiers, d’aider l’investissement et pas la spéculation… La social-démocratie a pour fonction de maintenir la dictature de la classe bourgeoise en dévoyant les revendications des travailleurs et leurs aspirations à un renversement du système. Au moyen de slogans démagogiques sur le partage des richesses, l’égalité et la justice sociale, elle veut entraîner le mouvement populaire vers des fausses solutions qui ne remettent pas en cause le pouvoir du capital, la propriété privée des entreprises, l’exploitation des travailleurs.

La social-démocratie maintient encore ses positions dans les syndicats, mais la bourgeoisie avec la loi El Khomri veut se passer du «pluralisme syndical». Les directions syndicales avaient circonscrit et ensuite arrêté le mouvement contre la loi EL Khomri en comptant sur une victoire électorale de la gauche. Il n’y a pas, à leur niveau, de volonté d’un grand mouvement avec la grève générale qui mettrait en cause la dictature du capital et l’exploitation, mais au contraire un attentisme envers Macron, alors qu’il s’apprête à étendre la primauté des accords d’entreprises à tous les domaines (salaires, temps de travail…), la destruction de la sécurité sociale, de nouveaux cadeaux fiscaux aux entreprises… Les réformistes syndicaux vont probablement mener la bataille contre les ordonnances au nom de la défense de «notre démocratie» et du «dialogue social».

Macron veut supprimer les cotisations sociales du patronat et faire payer les travailleurs par l’augmentation de la CSG et d’autres impôts. Par contre, il veut ramener l’impôt sur les sociétés à 25%, supprimer les cotisations «patronales» pour les salaires payés au SMIC, supprimer 120.000 postes de fonctionaires, instaurer un prélèvement forfaitaire unique sur l’ensemble des profits (immobiliers, dividendes et plus-values…) l’exonération partielle de l’ISF… Pourtant, tous ces sacrifices pour les travailleurs et ces cadeaux aux patrons ne suffiront pas à restaurer la compétitivité ni à sortir le capitalisme de sa crise.

La volonté de lutte grandit à la base, mais le mouvement spontané est marqué par un aranrcho-syndicalisme, voire un anti-syndicalisme, à cause de la compromission des directions confédérales et de l’absence de parti révolutionnaire. La lutte contre la destruction du Code du Travail et des acquis des travailleurs nécessite la remise en cause dans les luttes de la logique du profit et la défense des besoins des travailleurs par des luttes, des grèves, des manifestations, des blocages. Elle nécessite la dénonciation de la social-démocratie, de son pouvoir dans les syndicats, et la construction d’un véritable parti communiste ayant pour objectifs le renversement de la bourgeoisie et la construction du socialisme, qui, contrairement à la sixième république de Mélenchon, reposera sur le pouvoir réel des travailleurs.

Déjà, Macron sait qu’il n’a pas l’adhésion des larges masses qui était annoncée. Les affaires qui éclaboussent des membres de son premier gouvernement illustrent le pourrissement du système capitaliste qui ne peut plus être masqué en plaçant des nouvelles têtes au pouvoir.

La fameuse loi de moralisation de la vie politique se heurte au fait qu’il n’y a pas de morale sous le capitalisme autre que celle de l’appât du profit maximum. Les affaires immobilières de Ferrand et les emplois fictifs des uns et des autres, les détournements de fonds publics ne doivent pas occulter le détournement permanent et légal qu’opère la bourgeoisie par l’accaparement de la plus-value produite par les travailleurs. Le rejet du système grandit, il y a une compréhension plus facile de la nécessité de la révolution. L’organisation de la population travailleuse ne peut pas se faire avec les institutions de la bourgeoisie, mais dans des comités de base (de citoyens, de travailleurs…) servant de contre-pouvoir et exprimant les revendications des travailleurs. Des conseils citoyens s’opposent donc aux diverses «démarches quartiers» dans lesquels les gens sont invités à donner leur avis sur des projets déjà élaborés et qu’ils ne peuvent pas remettre en cause. La démocratie consiste à exprimer les besoins des travailleurs en matière d’emploi, de logements, de libertés démocratiques… et élaborer les objectifs et les axes de luttes pour satisfaire les revendications. Cela passe par obliger les élus à les soutenir, à tenir les quelques promesses valables qu’ils avaient faites pendant leur campagne électorale, dénoncer ceux qui ne les tiennent pas et se rendent complices du capital… L’Organisation révolutionnaire doit, dans ces collectifs, exprimer le point de vue de classe, la nécessité de la révolution, du bris de l’État bourgeois.

En cette année du centenaire la la Révolution d’Octobre, que la S-D et la bourgeoisie dénigrent (les trotskistes disent qu’après la mort de Lénine, tout était par terre), le prolétariat doit à nouveau construire et imposer sa dictature contre le mode de production capitaliste et son système politique.

Il faut défendre le socialisme et l’URSS; comme pour la Commune, se baser sur ce qui a réussi pour une nouvelle tentative de renversement de la bourgeoisie et de construction du socialisme. Donc, partir des revendications et des besoins et expliquer comment le socialisme peut les satisfaire, donc comment fonctionne ce système, quelles sont ses lois économiques, comment il se base sur la démocratie véritable en opposition à ce qui existe dans le système actuel et à ce que proposent les réformistes.

Le Collectif prépare déjà sa contribution à la commémoration d’Octobre 1917, entre autres lors de la Fête de Saint-Denis, malgré l’hostilité de groupes ou d’individus qui ne manquent jamais l’occasion de déverser leur haine sur l’URSS et le socialisme, puisqu’en définitive ils trouvent un intérêt à sauver le capitalisme. Par notre contribution, nous aidons à la prise de conscience révolutionnaire, nécessaire pour que les luttes des travailleurs convergent et trouvent un aboutissement en faveur de leurs intérêts, contre ceux de la bourgeoisie.

QUELLE MORALITÉ PUBLIQUE SOUS LE CAPITALISME?

Le gouvernement Macron soutient Richard Ferrand; cela revient à soutenir l’exploitation de l’homme par l’homme dans la logique économique du système capitaliste. Ce gouvernement qui comprend des agents du MEDEF comme Muriel Perricaud, Ministre du travail ou Antoine Foucher son directeur de cabinet, soutient également l’arnaque mutualiste qui spolie les assurés au profit du ministre de la cohésion des territoires et de son cercle familial. Ainsi, lorsque c’est privé, la moralité de la vie politique exempt le capital et tolère le détournement financier d’une prestation qui prétend servir publiquement les administrés.

Il est évident que face à la découverte de possibles magouilles personnelles opérées sur des mutuelles privées, une seule solution s’impose pour garantir l’intérêt général: c’est le remboursement à 100% des prestations sociales par la Sécurité Sociale et la suppression des mutuelles qui coûtent cher aux travailleurs. La vraie moralité de la défense des intérêts publics sans tache pour la vie politique passe donc par l’expropriation de la propriété privée des moyens de production et d’échanges détenus par les capitalistes qui sont tous des profiteurs avides d’appropriation des richesses créées par le travail.

AFFAIRES ET COLLUSIONS

Un article de Médiapart accuse la candidate REM de la 2ème circonscription de Saint-Denis d’agir en «propriétaire voyou», en révélant qu’elle louait illégalement dans un immeuble particulièrement insalubre. Stéphane PEU, candidat FI et PCF (malgré le désaccord entre les deux) aux législatives dénonce «l’illusion de la moralisation de la vie politique». Mais il ne s’est jamais soucié des loyers exorbitants prélevés par les propriétaires privés d’appartements qu’on ne qualifie point de marchands de sommeil, parce qu’il ne s’agit pas d’immeubles insalubres. Ce candidat, soutenu à la fois par EELV, Mélenchon et Braouezec qui avait soutenu Macron dès le premier tour des présidentielles, pointe bien l’aspect moyenâgeux du système, mais ne remet pas en cause sa logique exploiteuse ni sa nature crapuleuse et profiteuse. Ce qui le conforte, c’est le contrat de mandature reposant sur le programme de Mélenchon et du PCF qui ne remet nullement en cause ni la propriété privée exploiteuse, ni le processus de privatisation du service public dont la Mairie de Saint-Denis est coutumière.

Quant au député PS Hanotin, il se dit horrifié par les comportements de la candidate REM, mais  Ferrand ne vient-il pas du PS? Faut-il rappeler les affaires dans lesquelles ce parti est impliqué?

Outre que le nouveau président veut faire payer les garanties sociales ouvrières par les travailleurs pour en décharger les patrons, la réforme du Code du travail constitue sa priorité. En voulant instaurer la possibilité de déroger aux accords de branche par un référendum à l’initiative de l’employeur, en ouvrant le champ au chantage à l’emploi pour conditionner le «dialogue social», le gouvernement Macron oriente bien sa politique vers la satisfaction des revendications du MEDEF avec une restriction de la protection et des libertés des travailleurs.

Tous ceux qui s’opposeront avec les travailleurs à la politique d’austérité programmée par le gouvernement Philippe-Macron seront les bienvenus. Pourtant, nous devons faire le point de l’efficacité des différentes propositions de la gauche. En effet, même si on ne peut pas établir un parallèle entre la France et la Grèce sur le plan de la taille des deux pays, le système Tsipras a démontré qu’on ne peut pas faire aboutir les revendications des travailleurs sans renoncer à la logique économique du système capitaliste. S’il y a plusieurs soutiens aux luttes contre la réforme du travail, une seule perspective sera valable: la révolution socialiste.

SUR LA RECOMPOSITION DES FORCES POLITIQUES DE LA BOURGEOISIE

Alors que les partis traditionnels du capital PS et Républicains ont été désavoués au 1er tour par les électeurs qui se sont tournés vers des partis se présentant comme contestataires ou ont refusé de voter ou de choisir entre les candidats qui ne remettaient pas en cause le système, la bourgeoisie a réussi à préserver son dispositif de domination en mettant au pouvoir des individus issus directement de sa classe ou s’engageant à la servir. Elle a aussi, à travers la recomposition des forces politiques, fait en sorte que se maintienne une social-démocratie autre que le PS et ses appendices PCF, FdG et autres groupes réformistes, à travers la France Insoumise de Mélenchon. La social-démocratie a pour fonction de maintenir la dictature de la classe bourgeoise en dévoyant les revendications des travailleurs et leurs aspirations à un renversement du système. Au moyen de slogans démagogiques sur le partage des richesses, l’égalité et la justice sociale, elle entraîne le mouvement populaire vers des fausses solutions qui ne remettent pas en cause le pouvoir du capital, la propriété privée des entreprises, l’exploitation des travailleurs. Mélenchon, convaincu qu’il pourra maintenir ses candidats dans 70% des circonscriptions aux législatives, se dit ainsi prêt à gouverner en cohabitation avec Macron une France impérialiste dont l’appareil d’État est aux mains de l’oligarchie financière qui exerce sa dictature également en soumettant la souveraineté du pays à l’Union Européenne. Dans le cas où son rêve deviendrait réalité, il ne prévoit pas d’exproprier le capital mais d’emprunter aux banques pour financer ses plans d’investissement. Il ne prévoit pas non plus de remettre en cause l’État bourgeois, mais de donner à la bourgeoisie de nouvelles institution au moyen d’une sixième République. Quant aux interventions de l’armée française contre la souveraineté des peuples, jamais condamnées par Mélenchon, elles pourront se faire sous couvert de l’ONU, c’est à dire selon les intérêts des puissances impérialistes et des monopoles qui les dirigent. Pour relancer l’économie, le France Insoumise veut remplir les carnets de commande des entreprises, ce qui revient à favoriser l’aggravation de l’exploitation capitaliste (augmentation de la plus-value) puisque le bénéfice est rentabilisé au détriment des salaires, des conditions de travail, des effectifs.

Les ralliements à Macron de politiciens de droite comme de gauche et de personnalités venant du patronat illustrent la volonté du pouvoir d’appliquer sans limite les contre-réformes mises en oeuvre par les précédents gouvernements de Hollande, Sarkozy…

Suite à la débâcle du PS et à son éclatement, le PCF, qui était largement dépendant de ses alliances avec ce parti, est menacé de perdre la plupart de ses élus. Les concessions qu’il s’est obligé à faire à la France Insoumise ne sont pas de nature à limiter les dégâts. Dans ses municipalités, le PCF social-démocratisé depuis les années 80, a fait le choix d’une gestion de la misère sociale dans le cadre d’un désengagement de l’Etat, ce qui a conduit à appliquer localement la politique du capital: privatisation de services municipaux, compression du personnel et attaques contre les avantages et les statuts, gestion des parcs d’habitations selon les règles du privé, y compris en recourant aux expulsions de locataires… ouverture large des marchés publics aux grands groupes SUEZ, VINCI, VEOLIA, EIFFAGE… Les cas de carriérisme, de clientélisme, se sont multipliés, sans faire l’objet de quelconques sanctions ni exclusion d’un parti dépourvu de toute idéologie communiste et de règles de fonctionnement démocratique telles que la discipline, la discussion à tous les niveaux.

La lutte contre la destruction du Code du Travail et des acquis des travailleurs ne dépend pas d’une victoire électorale dans un parlement largement dépourvu du moindre pouvoir de s’opposer aux directives de l’Union Européenne et aux contre-réformes du gouvernement Macron. Elle nécessite la remise en cause de la logique du profit et la défense des besoins des travailleurs par des luttes, des grèves, des manifestations, des blocages. Elle nécessite la dénonciation de la social-démocratie, de son pouvoir dans les syndicats, et la construction d’un véritable parti communiste ayant pour objectifs le renversement de la bourgeoisie et la construction du socialisme, qui, contrairement à la sixième république de Mélenchon,  reposera sur le pouvoir réel des travailleurs.