COLLECTIF "DÉFENSE"

DÉCLARATION COMMUNE SUR LES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES

 

Aux travailleurs qui subissent les conséquences de la crise du système capitaliste, aux syndicalistes qui se sont battus contre la loi El Khomri, à tous les communistes qui aspirent à une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme, à tous les progressistes: 

Nous, communistes marxistes-léninistes organisés dans le Collectif DÉFENSE et le Rassemblement Organisé des Communistes Marxistes-Léninistes, vous invitons fraternellement à participer à une réunion publique sur le thème:

LES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES

QUEL ENJEU POUR LES TRAVAILLEURS?

Le vendredi 7 avril 2017 à 18h30 – à l’ACTIT Association, 54 rue d’Hauteville

75010 PARIS (Métro Bonne nouvelle ou Château d’eau).

 

Les organisations ci-dessus soumettent à votre réflexion la résolution qu’elles ont adoptée.

RÉSOLUTION

Les élections sont, dans la République bourgeoise, un moyen essentiel pour maintenir les travailleurs sous la domination politique de la classe exploiteuse.

Le régime bourgeois se présente comme un régime démocratique et donne l’illusion aux travailleurs et aux citoyens, quelle que soit leur classe sociale, qu’ils élisent le représentant de leur choix. Le système électoral a été perfectionné au long des années de domination de la bourgeoisie sur la vie politique de la société. Tout est fait pour qu’en définitive seuls des représentants garants du système capitaliste soient en mesure de diriger l’État, garant et organisateur de la domination politique et économique de la classe bourgeoise. L’élection présidentielle est organisée pour écarter ou marginaliser tout autre candidat : nécessité d’obtenir un certain nombre de signatures d’élus déjà en place, discrimination par l’argent, difficultés d’obtenir des salles de réunions, contrôle des médias etc. Les travailleurs sont ainsi appelés à « décider périodiquement, pour un certain nombre d’années, quel membre de la classe dirigeante foulera aux pieds, écrasera le peuple au Parlement, telle est l’essence véritable du parlementarisme bourgeois, non seulement dans les monarchies constitutionnelles parlementaires, mais encore dans les républiques les plus démocratiques

L’État est le garant et l’organisateur de la domination politique, économique et idéologique de la classe dominante.

Des candidats au service du capital

L’élection présidentielle de 2017 voit s’affronter une multitude de candidats au poste de premier représentant de la bourgeoisie monopoliste au pouvoir. La classe possédante et exploiteuse, qui dirige l’État, a besoin d’un Exécutif capable de mener à leur terme les contre-réformes engagées par les gouvernements successifs, qu’ils soient de « gauche » ou de « droite », (destruction du Code du Travail, privatisation-liquidation des services publics, démantèlement de la Sécurité Sociale, restriction des libertés démocratiques…), d’organiser la société au bénéfice exclusif du capital et de ses représentants. La politique du gouvernement PS a prolongé celle de Sarkozy au service du capital.

Les candidats du capital veulent tous restaurer la compétitivité (c’est à dire le profit) des entreprises sur le marché mondial, faire baisser le « coût du travail » et les dépenses publiques. Fillon, qui avait emporté la primaire à droite, avait les préférences du MEDEF, mais sa campagne est décrédibilisée suite aux révélations sur les rémunérations scandaleuses de son entourage qui contrastent avec le programme d’austérité qu’il réservait aux travailleurs. La bourgeoisie mise donc sur Macron qui annonce 60 milliards d’économies qui porteront bien sûr essentiellement sur les dépenses sociales, les salaires, les services publics: allégement des cotisations salariales pour la branche maladie et chômage, compensées par l’augmentation de la CSG d’1,75 point, ce qui revient à faire payer par les travailleurs (via l’impôt que constitue la CSG) la partie indirecte du salaire qu’il prétend leur rendre, transformation du CICE en allégement durable des «charges»… La déréglementation du travail, façon El Khomri, est bien sûr maintenue, avec la primauté des accords d’entreprise sur la loi, plus de flexibilité… Macron a un large soutien venant de la droite, de l’aile (majoritaire) social-libérale du PS, de Bayrou, d’écologistes… Quant à la fille Le Pen, son programme correspond à un capitalisme national-protectionniste. Sa candidature, son discours démagogique, constituent une diversion face au dégoût devant la politique (le « tous pourris ») ressenti par la population travailleuse. Son rôle est de servir de repoussoir en faveur des candidats du « système » grâce au fameux « front républicain ». La social-démocratie, dont le rôle est d’accompagner les contre-réformes avec un discours de gauche sur une soi-disant autre politique possible en faveur du monde du travail, est incarnée par Mélenchon, avec ses propositions keynésiennes, par les soi-disant frondeurs du PS, par Hamon. Leurs programmes n’ont rien de révolutionnaire et ne sont pas de nature à soulager le sort de la majorité de la population. Par exemple, la mesure phare proposée, le REVENU UNIVERSEL, qu’il soit porté par Hamon ou tel autre, est une attaque contre les garanties sociales puisqu’il vise à se substituer aux allocations existantes, à encourager l’auto-entrepreneuriat qui laisse le travailleur, soi-disant libre, à la merci de grands monopoles qui lui imposent leurs conditions, et qui a déjà entraîné des milliers de faillites personnelles. C’est une remise en cause du salaire, de la protection sociale. Inscrite dans la durée, cette mesure révèle, de la part de ses partisans, leur acceptation d’un volant permanent de chômage.

La République bourgeoise est une démocratie pour une classe.

Le système bourgeois ne pratique point la démocratie populaire. Les électeurs n’ont aucun moyen de destituer un élu s’il ne respecte pas ses promesses sociales. Quand sa domination est en danger, la bourgeoisie n’hésite pas à violer ses propres règles « démocratiques ». Des expériences historiques dramatiques nous le rappellent, au Chili d’Allende, en Indonésie en 1965 où une répression sanglante a couté de la vie de plusieurs milliers de communistes. Plus récemment, le diktat de l’Europe sur la Grèce avec la complicité de SYRIZA sont d’autres exemples de la dictature de la bourgeoisie. Par ailleurs, on se souvient des dernières utilisations du 49.3 pour passer outre l’opposition d’une majorité de la population. La démocratie ne doit plus se restreindre à un élitisme électoral de classe ; c’est pourquoi nous rejetons le présidentialisme qui conforte le crétinisme électoral et parlementaire. Dans tous les pays dits « démocratiques », quand les luttes deviennent une menace pour sa domination, l’Etat réagit par la répression : chasse aux communistes aux USA en 1930, en France interdiction de certaines organisations révolutionnaires en 1968, aujourd’hui répression dans plusieurs pays de l’U.E., en Ukraine, en Turquie, … Nous rejetons aussi la «6e République » prônée par Hamon et Mélenchon qui offrent des institutions nouvelles au capitalisme. Il faut une révolution socialiste, seul moyen pour les travailleurs d’avoir le pouvoir dans une société socialiste dirigée par les organisations du prolétariat, et où l’Assemblée ne peut ni ne doit décider sans celles-ci.

S’organiser pour lutter

La lutte de classe se mène par de multiples moyens : de la pétition à la grève générale, et, moyen suprême, la révolution qui permet d’arracher le pouvoir à la classe exploiteuse. Nous n’avons aucune illusion sur la possibilité de satisfaire les revendications par la voie parlementaire. Par contre les communistes révolutionnaires n’hésitent pas à utiliser tous les moyens de lutte possibles, y compris la lutte parlementaire, pour renforcer celles des travailleurs. Mais le communiste insiste : la nécessité de conquérir l’indépendance politique du prolétariat est à l’ordre du jour. C’est dans cette esprit que différentes forces communistes entendent agir ensemble et poser les fondements pour que le prolétariat ait son propre parti. Nous agissons pour que la classe ouvrière et les couches populaires comptent sur leurs propres forces et s’organisent politiquement pour mener la lutte pour leur objectif stratégique (arracher le pouvoir à la bourgeoisie) et les objectifs de lutte immédiats comme:

-L’Abrogation des lois réactionnaires (lois Rebsamen, Macron, El Khomri…)

-Le droit de vote pour les populations dites immigrées, la protection des réfugiés, la solidarité internationale. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

-Pour que tous les droits démocratiques et syndicaux qui ont été bafoués soient rétablis. Les militants syndicaux et progressistes poursuivis doivent être relaxés et libérés sans condition ! Libération de tous les prisonniers politiques!

-Contre les discriminations et la violence contre la jeunesse des quartiers populaires.

-Pour la retraite à 60 ans pour tous!

-Non aux guerres et aux interventions impérialistes de la France.

Pour s’opposer au racisme, à la xénophobie, au chauvinisme, il faut combattre toutes les politiques protectionnistes, souverainistes, qui nient le caractère impérialiste de la France, qu’elles soient portées par le FN ou tout autre parti. Il faut lutter contre la dépolitisation des travailleurs, pour qu’ils mènent une action politique indépendante de celle de la bourgeoisie. N’oublions pas que tant que le capitalisme ne sera pas renversé, aucune revendication des travailleurs ne peut être acquise définitivement.

Le capitalisme est incapable d’assurer les besoins élémentaires de la population en matière de logement, d’éducation, de santé, de fournir un travail à chacun. Seule une société socialiste, basée sur la propriété collective des grandes entreprises, le pouvoir des travailleurs et de ses alliés, la planification démocratique tenant compte de la préservation de la nature, peut satisfaire les revendications. La Commune de Paris en 1871 et la Révolution d’Octobre 1917, dont on fête cette année le 100e anniversaire, la construction du socialisme en URSS, ont démontré qu’une autre société est possible et nécessite, pour être édifiée, le renversement du capitalisme par la révolution.

Organisons-nous dans un véritable parti communiste!

Vive le socialisme!

À bas le capitalisme!

Contacts:

Collectif Défense: Collectifdefense@gmail.com

ROCML: roc.ml@laposte.net

ASSEMBLÉE MILITANTE DU 1ER MARS 2017

Les élections présidentielles tiennent actuellement le haut de l’information. En effet, à quelques dizaines de jours du premier tour, il devient difficile de différencier les propositions des différents candidats. Tous parlent de plein emploi, de meilleure organisation de la société (au profit des capitalistes bien sûr). Par exemple, la différence entre Hamon et Macron peut se mesurer à une quantité de temps. Hamon propose un Revenu Universel progressif pour pallier les bas salaires. Macron veut des solutions plus immédiates avec une hausse du revenu d’activité payée par l’augmentation de la CSG pour exonérer les patrons des «charges» sociales.

Notre Collectif DÉFENSE met en garde les travailleurs contre une récupération politicienne dont ils ont été victimes. Nous devons préparer la riposte contre l’austérité de la politique du futur président et développer les luttes.

RAPPORT:

La lutte pour l’abolition des classes:

un objectif qui se poursuit dans le recommencement

Camarades, il nous convient aujourd’hui, plus que jamais d’établir le lien entre la lutte des classes et la dictature du prolétariat. Il est en effet vital pour la classe ouvrière de faire reculer le réformisme et l’objectif de salubrité publique est de faire disparaitre la sociale démocratie. Il faut se servir de nos références et de notre expérience sur le matérialisme historique. Le XIXe congrès du PC(b)US a su mettre à nu les erreurs de la nouvelle opposition (Trotski, Kamenev, Zinoviev). L’inspiration politique des opposants reposait sur le fait qu’il serait impossible d’édifier le socialisme en Russie en l’absence d’une révolution en Europe. Boukharine se range également dans des courants droitiers prenant appui sur l’extension de la loi de la valeur, car de la production marchande il prônait un socialisme de marché. Boukharine préconisait une politique d’atténuation des luttes de classes, pendant que les autres accréditaient l’idée que la cohabitation de deux modes de production dans le même système pouvait l’un et l’autre se développer dans l’attente d’une révolution européenne et mondiale. Ainsi, les forces petites-bourgeoises auraient miné les positions révolutionnaires du prolétariat en augmentant les chances de la restauration du capitalisme, si les bolcheviks étaient restés l’arme au pied sur la pratique de la lutte des classes pendant la période de la NEP et même après. Dès que la tendance petite-bourgeoise fut vaincue à la fin des années 20, le parti bolchevik appliqua son plan d’industrialisation et de collectivisation pour édifier le socialisme. Résultat: la production industrielle à augmenté en moyenne de 11% par an, la part de l’industrie passa de 28% en 1928 à 45% en 1944 dont 63% pour l’industrie lourde. La journée de travail de 7 heures fut instituée, l’accès aux soins gratuits avec l’éducation y compris dans le secondaire. Le prix des loyers, des transports urbains, de la culture des loisirs étaient très bas, les travailleurs de l’industrie avaient droit à des vacances gratuites et le chômage était résorbé et aboli depuis 1927.

Il faut rejeter la théorie pourrie qui consiste à dire que les victoires des luttes contre le capital apprivoiseront ce dernier. Le compromis de classe ne doit en aucun cas s’installer dans un dialogue entre les antagonismes sociaux. A l’issue des grèves, les victoires sur les revendications doivent être considérées comme un encouragement à ne pas interrompre la lutte pour l’organisation de la révolution et non comme un  répit ou une trêve. Il est en effet dangereux d’endormir les travailleurs en leur faisant croire qu’une simple grève peut entraîner un dialogue social qui apprivoise la bourgeoisie. Les revendications, afin qu’elles puissent mettre en recul la bourgeoisie, doivent donc tactiquement s’exprimer dans le cadre de la remise en cause du capitalisme en l’opposant au socialisme. La dictature du prolétariat commence avec la pratique de la lutte des classes et ne s’interrompt qu’avec l’extinction totale du capital sur la planète. Je dis ça parce que les problèmes économiques en France et dans le monde, démontrent bien l’irréversibilité de l’affrontement de classe. Le problème posé par les partis bourgeois français et réformateurs ou aménageurs du système, est la «compétitivité» pour la reprise de l’activité économique, soit une plus grande rentabilité pour le capital accumulé. La crise du capitalisme sur la zone euro pénalise particulièrement la France. Les produits made in France ont une part de marché qui s’élève à 12,9% dans la zone euro. Le déficit commercial de la France atteint 69,59 milliards contre 35 milliards en 2012. Les États-Unis fabriquent seulement 10% de ce qu’ils consomment. La «mondialisation» capitaliste selon son terme bourgeois, pénalise la plupart des pays industrialisés. Ainsi, le recours au protectionnisme réapparaît avec un contexte de crise aigüe comparable bientôt à celle de 1930. La politique de Trump choisie par l’État bourgeois des États-Unis impose des investissements localisés sur le territoire national avec une taxation des produits importés. Cette politique économique peut se réaliser aux États-Unis, en Angleterre ou dans certains pays de l’Est totalement désindustrialisés par la contre-révolution comme en Ukraine, mais en France cela pose un problème. En France, le capitalisme est maintenant réticent au protectionnisme, en partie car il a peur que cela devienne l’antichambre du socialisme. Cependant, son application poserait dangereusement des gros problèmes économiques car, même si on taxait les produits importés et que l’État subventionnait les investissements sur l’hexagone, les prix à l’exportation ne seraient toujours pas compétitifs. Pourquoi? Les «charges» sociales et les salaires, malgré les lois Macron –Rebsamen-El khomri, les pressions contre la retraite, les salaires, la mise en concurrence des travailleurs avec le chômage grandissant, les restructurations industrielles et le chantage à l’emploi… restent encore trop élevés et constituent une entrave à la dynamique du profit. En ce sens, la France est devenue un maillon faible pour le capitalisme, car soit le prix à payer pour la ré-industrialisation sera la tiers-mondisation des salaires et des garanties sociales, soit une révolution violente imposera un mode de répartition socialiste. Donc, la bataille revendicative s’inscrit bien dans une confrontation de classe irréversible dans notre pays. Le réformisme de Benoît Hamon ne propose même plus de sortir du chômage et de la précarité puisque sa proposition phare est le «revenu universel». Les solutions providentielles de Mélenchon reposaient en 2012 uniquement sur l’idée que le résultat électoral pèserait sur François Hollande, on a vu, et il ne dit plus vouloir travailler avec Hamon car il veut être le candidat. La réalité contemporaine est que la crise permanente du capitalisme pousse mondialement au protectionnisme, et le protectionnisme à l’internationalisation de conflits militaires puis à la guerre mondiale. Nous avons historiquement l’expérience de cette situation, mais aujourd’hui dans un contexte différent, et avec un rapport des forces anticapitaliste à réorganiser. Dans les conditions de l’URSS des années 30, les sources de la continuité de la lutte des classes sous le mode de production socialiste, dans le droit fil des enseignements de Marx et Lénine, se trouvait dans l’existence du système impérialiste mondial. Les contradictions impérialistes touchaient à l’époque aussi bien les pays de la démocratie bourgeoise que les états fascistes. Mais en URSS la lutte persistait contre le socialisme de la part des éléments capitalistes revanchards. La nouvelle guerre impérialiste qui se préparait était une des voies pour renverser le système soviétique, cependant elle est toujours d’actualité aujourd’hui pour surmonter uniquement, cette fois, les contradictions économiques du capitalisme comme en 1914-1918. Nous ne recommencerons pas l’histoire, nous la continuerons!

Présidentielles 2017

Après les primaires de la droite et du PS, la candidature d’Emmanuel Macron se voit offrir un boulevard. Entre le programme hyper-droitier de Fillon, puis son affaire judiciaire, et les socialistes défenseurs de l’intégrité du bilan Hollande, Macron récupère à la fois l’aile gauche républicaine et l’aile droite du PS. Pour le PS, l’objectif était avec la primaire de sauver le parti et la social-démocratie. La politique du gouvernement Valls-Hollande a mis a mal le bipartisme électoral PS-droite. Pour contrer le refus de vote populaire et sauver en même temps la social-démocratie et le système institutionnel français aux présidentielles (bipartisme PS-Droite), il fallait introduire un clivage au PS, ce qui fut fait à moitié puisque l’investiture de Hamon s’est réalisée avec la présence d’un bon nombre d’anciens ministre et députés non frondeurs et avec la présence d’El Khomri. Cependant, l’État bourgeois avec le MEDEF ont anticipé la frilosité du PS en faisant de Macron le leader des nouvelles mœurs et conceptions politiques «ni droite ni gauche». On connaît maintenant ses conceptions économiques: anéantissement du Code du travail, «uberisation», libéralisme à tout crin. Fillon devenait dangereux pour le système car s’il était élu président, sa politique inciterait à un soulèvement social doublée d’une radicalisation politique de la classe ouvrière, il a donc été cassé. Cependant, il persiste et signe. Il en ressort que Hamon, face aux socialistes restés fidèles au bilan de la politique Hollande-Valls, incarne la réconciliation dans les courants de la gauche utopiste, Mélenchon, Jadot, avec le renfort de la direction du PCF. Les sondages renforcent la pression politique vis-à-vis de Mélenchon qui reconnaît déjà lui-même la proximité des propositions de Hamon avec les siennes. Sur France info, le porte-parole du PCF Olivier Dartigolle trouve dans la victoire de Hamon une invitation à «mettre du vent dans les voiles sur des convergences, des passerelles qui peuvent se construire dans les prochaines semaines». Et d’ajouter «on peut ouvrir un dialogue et des échanges qui auraient été  impossibles avec Manuel Valls» dont la défaite est la confirmation qu’il y a une envie de gauche dans ce pays. Donc, le flou artistique plane encore entre le PS et Mélenchon. Cependant, Macron devient le candidat le mieux placé face à M Le pen au deuxième tour. L’État bourgeois a de toute façon bien pris ses précautions puisque Hamon avec son revenu universel finit par rejoindre les objectifs de Macron.

Revenu universel-sécurité sociale professionnelle- et 32 heures

L’institutionnalisation de la Sécurité Sociale Professionnelle revient à accepter les restructurations industrielles, le déploiement des capitaux à l’étranger, la concentration des multinationales avec tout son cortège de suppression de postes et d’emplois. Autrement, pourquoi faudrait-il sauvegarder des droits salariaux au travers de la formation professionnelle? La formation doit-être utilisée au profit de l’évolution de carrière dans la vie professionnelle et non pour reconvertir des salariés mis sur le carreau par le capital. En plus selon la version du PCF, cela permettrait d’utiliser ses droits sociaux (sous-entendu d’une cessation de contrat) sans perte de salaire. En réalité, le reclassement est prévu avec un salaire minimum légal par grand niveau de qualification. Donc, selon le PCF, l’ancienneté  et la qualification volent en éclat avec le licenciement. Le talon d’Achille de ce projet est que moins il y aura de travail salarié et moins le patronat financera la formation professionnelle. Le PCF prévoit également 5% de l’effectif de chaque entreprise en contrat d’intérim sous prétexte de mesures contre la précarité et pour plaire à Hamon. Enfin, prévoir 32 heures sous prétexte de raréfaction de l’emploi, démontre la façon dont le réformisme vole au secours du patronat pour pallier aux inconvénients de la révolution numérique capitaliste, qui risquerait d’attiser l’affrontement social contre les licenciements. 32 heures avec maintien de l’effectif ou obligation d’embauche pour lutter contre le surtravail, telle est la façon dont il faudrait poser la revendication.  Rien n’est dit sur les heures supplémentaires, ainsi la gauche dite radicale ferme les yeux à la fois sur la plus-value relative et absolue. Le droit à l’emploi comme première des libertés ne peut exister avec le capitalisme. Le revenu universel comme le partage des richesses de Mélenchon, qui ne font nullement allusion au mode de production, sont des idées qui ressemblent aux utopies du Siècle des Lumières, remplissant l’objectif de la reconstruction et du sauvetage de la social-démocratie. À terme, selon Hamon, chacun aura droit au revenu universel indépendamment de son revenu ou de sa fortune. Au sein de cette usine à gaz, il accrédite l’idée que les travailleurs pourront avec les retraités cumuler salaire et retraites avec le revenu universel. Cependant le revenu universel ne garantit point les minimas salariaux ou même retraités. Il pourrait se substituer ou influer sur le montant de l’allocation chômage, l’assurance maladie, la retraite, les salaires et les aides familiales. Hamon nie cette possibilité, mais il explique le financement de son projet par une pirouette politique. Le revenu universel ne réduira point le chômage mais détruira le salariat. En effet le revenu universel va conforter «l’auto entreprenariat», l’uberisation des activités, avec le travail sous-traité vis a vis des multinationales qui achèteront des prestations de services au détenteur de la force de travail avec sa qualification pour ne plus payer des «charges» sociales. Les salariés confortés par un revenu fixe pourront ainsi entrer en concurrence sur l’accession à l’emploi, mais auront de moins en moins la capacité de s’opposer à la dévalorisation de leurs salaires. La suppression du SMIC ou de toute autre forme de plancher salarial est donc amorcée dans la proposition de mise en place du revenu universel. Pour les plus riches ou les détenteurs de moyens de production et d’échange, le revenu universel sera certes absorbé par l’impôt, cependant les aides publiques distribuées par l’État annuellement aux entreprises et qui s’élèvent à plus de 270 milliards  ne sont pas remises en cause. En fait, le revenu universel est un aménagement qui accompagne la transition numérique du capitalisme en amoindrissant ses effets collatéraux sur les suppressions d’emplois. La proposition idiote de Benoit Hamon sur la taxation des robots le confirme, si le capitaliste doit payer plus pour des robots que pour des travailleurs, pourquoi se moderniserait-il? En fait, plus il y aura de robots dans l’industrie capitaliste, plus l’exploitation des hommes sera intense, et moins il y aura de social pour les travailleurs. Enfin, sans augmenter les impôts et sans réduire le budget, quels seraient les modes de financement du revenu universel? L’équation serait alors mathématiquement impossible!  Le coût du revenu universel à 750 euros reviendrait à 504 milliards par an, soit plus de 35% du PIB. Mais attention! Il peut quand même s’appliquer si son coût se substitue à un certain nombre de dépenses sociales telles que la retraite, la sécu, l’assurance chômage, le RSA… Conclusion, le revenu universel avec sa présentation utopique est en réalité un outil économique au service des intérêts du patronat. Le capitalisme oppose le libéralisme économique au protectionnisme avec ou sans l’UE, mais les conséquences sociales de sa politique sont exactement les même, la baisse drastique du prix du renouvellement de la force de travail salariée ou indépendante. Le projet politique Français du capitalisme est d’alterner entre le social libéralisme et la sociale démocratie pour assurer la continuité institutionnelle, d’une bipolarisation autour de la politique d’austérité contre les intérêts des travailleurs. Avant, le FN était le moteur de l’alternance entre l’UMP et le PS, la qualifiant lui-même d’UMPS. La recomposition souhaitée aujourd’hui par le capital repose sur quatre formations d’égales importances, les républicains, le FN, le social-libéralisme (Macron) et la social-démocratie (Hamon, Mélenchon, PCF). Il faut donc discréditer la social-démocratie dans les masses pour se saisir des contradictions du système et organiser la révolution. Le revenu universel nous offre un terrain idéal pour le combat politique de classe et nous proposons à la classe ouvrière de s’en saisir. L’opposition politique au capitalisme n’a pas pour but de faire apparaître les contradictions du système, mais de les dénoncer, et d’organiser la révolution en combattant la social-démocratie pour déstabiliser le capital.

EDF NE S’ACCOMODE PAS AVEC LE CAPITALISME

Le 14 février dernier, des groupes anti-nucléaires ont manifesté devant le siège d’EDF à Paris pour dénoncer le recours à l’énergie nucléaire comme la principale cause du déficit de l’entreprise, exiger le démantèlement de cette source d’énergie au profit des énergies dites renouvelables. L’intervention du représentant de Greenpeace attribuait ainsi au nucléaire la responsabilité de l’endettement colossal du groupe, en ajoutant que la conservation de cette technologie allait obérer ses capacités à se désendetter et à investir. Greenpeace, organisation reconnue et respectée entre autres  pour ses campagnes en faveur de la préservation des baleines, a certes aussi le droit de manifester ses inquiétudes sur les dangers représentés par le nucléaire (à notre avis, c’est surtout son utilisation militaire qui représente le plus grand danger pour l’humanité et la planète, comme on dit). Néanmoins, on ne peut admettre un discours qui justifie l’introduction et la prédominance des critères du privé dans un secteur qui aurait dû rester propriété de la Nation, le principal d’entre eux étant l’obligation de rentabilité. Quelle que soit la technologie utilisée pour extraire et transporter de l’énergie, celle-ci a une valeur, constituée par le travail effectué par tous les personnels qui produisent de cette richesse. La fourniture d’énergie satisfait un besoin vital de la population, et ceci même si les frais de production étaient supérieurs aux revenus tirés de la vente du produit final. Il faut donc opposer à la logique capitaliste dont le moteur est l’accumulation et le but le profit maximum, la logique des besoins de la population et du pays.

Depuis les années 90, l’Union Européenne, à travers ses groupes de pression constitués de représentants des grands monopoles, se livre au démantèlement de tous les services publics: télécommunications, éducation, hôpital, La Poste, eau, électricité, gaz… En France, c’est la loi du 9 août 2004 relative au service public de l’électricité et du gaz qui a engagé le processus de privatisation d’EDF et de GDF en ouvrant le capital au privé. Le titre EDF est introduit en bourse en novembre 2005. L’ouverture à la concurrence a fortement réduit les marges qui permettaient justement une péréquation entre les secteurs bénéficiaires et les autres, péréquation contraire aux règles de l’U.E. et à la logique du profit désormais en vigueur dans le fonctionnement des entreprises publiques ou issues du secteur public. EDF s’est lancée dans de coûteux investissements à l’étranger, dont la fameuse construction de la centrale nucléaire de Hinkley Point en Grande-Bretagne. La privatisation a bien sûr entraîné des augmentation des tarifs pour les usagers,  la suppression de la gratuité de nombreux services, et la perte d’acquis du personnel. 11 millions de français sont actuellement en situation de précarité énergétique.

Face à l’accélération de la déréglementation et de la privatisation de l’énergie impulsée par Bruxelles, il n’y a d’autres choix que de lutter contre la logique du capital dans la perspective de la révolution et de la construction du socialisme. Dans une société où les moyens de production ne sont plus aux mains de propriétaires privés, il est possible de mettre l’électricité à la disposition de tous en assurant le développement d’EDF. Bien sûr, il n’est pas question de passer outre les frais de production dans le fonctionnement des entreprises socialistes. Tant qu’il y a production de marchandises, la loi de la valeur, selon laquelle une marchandise comprend la quantité de travail nécessaire à sa fabrication, opère, et il est nécessaire de l’utiliser pour calculer les coûts et répartir les fonds d’investissement de façon rationnelle. Ainsi, l’URSS et les pays socialistes, avant le 20e Congrès du PCUS, utilisaient les bénéfices des entreprises rentables pour développer les secteurs qui le sont moins ou qui sont déficitaires, diminuer les prix, augmenter les revenus des travailleurs et les acquis sociaux.

Dans le système capitaliste, la loi de la valeur est utilisée pour supprimer des emplois, augmenter la productivité de façon à engranger un maximum de profit. Une entreprise non rentable est condamnée à la liquidation, même si elle produit des biens indispensables. Donc, c’est le système capitaliste qui apparaît bien comme une entrave à la satisfaction des besoins de la population et même au développement de la société. En effet, qu’est-ce qui empêcherait que les déficits d’EDF, par exemple, soient compensés par les bénéfices d’autres entreprises comme PSA, BNP Paribas, TOTAL…? Uniquement la propriété privée des entreprises et la libre-disposition que la classe capitaliste possède sur celles-ci et sur la vie des travailleurs.

Seul le socialisme permettra un développement relativement harmonieux de l’économie sur la base de la satisfaction des besoins. Pour y arriver, il n’y a pas d’autre voie que celle de lutte et de la révolution socialiste.

MÉLENCHON: EMPRUNTER AUX BANQUES PLUTÔT QUE RENVERSER LE CAPITALISME…

Jean-Luc Mélenchon fait ses comptes pour le programme de la «France insoumise» et promet: une hausse de la dépense publique (sécu inclus) de 173 milliards. Plus un plan d’investissement de 100 milliards. Deux millions d’emplois de plus dont 820.000 à charge de l’État soit 35 milliards minimum non chiffré par ses soins. Un fonds de solidarité TPE-PME de 21 milliards, transférés du pacte de responsabilité. Une dépense en faveur de l’augmentation du SMIC de 7 milliards plus une augmentation du point d’indice de 14 milliards. Pour l’amélioration de l’habitat 18 milliards distribué avec une augmentation du RSA évaluée à 20 milliards. Donc sans compter les 8% de baisse d’impôt pour les sociétés privées, les aides publiques aux entreprises dont il n’est point fait mention, les dépenses sociales sur la retraite à 60 ans, les dépenses de santé, du handicap avec des promesses pour une distribution phénoménale… Nous en sommes déjà à 388 milliards! Bref les recettes des multinationales privées ne financeront point les secteurs d’activité plus faibles, puisque le plan de mesures économiques de Mélenchon pour la présidentielle 2017 ne prévoit point l’expropriation des capitalistes des grands moyens de production et d’échange. Donc, Mélenchon prévoit de dépenser les richesses que l’État ne possède point selon une vision très keynésienne. Faudra-t-il alors passer par un plan d’austérité permettant d’emprunter de l’argent aux banques plutôt que de le prendre au patronat? Comment dans ces conditions prétendre passer le déficit public de 4,8% à 2,5% du PIB selon la barre obsessionnelle des 3% fixée par Bruxelles? Comment prétendre alors passer la dette publique de la France de 98% en 2017 à 87% en 2022? Certes, «la France insoumise» de Mélenchon prévoit une inflation de 4,2% pour payer la dette en prétendant malgré tout maintenir un gain de pouvoir d’achat. En réalité, cela représenterait une sacrée ponction sur les augmentations promises et l’épargne. En outre, il propose 100% d’impôt pour la tranche au-dessus de 20 fois le revenu médian. Hollande a déjà pratiqué cette mesure au début de son mandat. Un PDG pourrait gagner dans le cadre de cette loi, avec une hiérarchie partant du SMIC, au sein d’une grille qui irait de 1 à 20, 34.000 euros brut par mois. Cela a-t-il empêché l’évasion fiscale? Bien sûr que non; il faudrait pour cela empêcher l’exportation des capitaux, mais comment faire si on laisse les appareils de production dans les mains du capital? Quant au «choc» d’activité qui devrait rapporter 190 milliards par le simple effet de l’augmentation de la consommation, augmenter le pouvoir d’achat sans organiser le blocage et la baisse des prix, sans réguler les importations dans la balance commerciale, exacerberaient les conditions de la concurrence et le chômage grandirait. De même pour la sécurité, attendre une rentrée de 310 milliards d’euros d’économie de la légalisation du cannabis pour payer 10.000 policiers de plus, c’est faire rentrer l’État dans le trafic légal des stupéfiants. Le laxisme et la démagogie ne peuvent pas faire un programme d’amélioration sociale, mais au contraire renforcer la logique économique de l’exploitation capitaliste. Mélenchon sait qu’il ne sera pas élu président, car les forces politiques du capital de droite et de gauche en France, très peu engagées dans son aventure, lui feraient barrage. Mélenchon est un opportuniste qui vise à transformer «la gauche de la gauche» en un parti socialiste bis.

Les élections présidentielles ne sont point favorables aux travailleurs, chaque nouveau quinquennat apporte son lot de mesures d’austérité. La situation politique française est très instable et personne ne sait aujourd’hui qui sera le président en 2017 à quelques dizaines de jours de l’échéance. Qu’importe pour le MEDEF, l’État institutionnel bourgeois garantira, quel que soit le candidat élu, la propriété privée des moyens de production et des banques que seules les luttes sociales et la révolution socialiste pourront ébranler.

Sécurité Sociale Professionnelle, 32h, Revenu Universel: trois pièges réformistes pour sauver le capital.

On assiste actuellement à un dévoiement par les réformistes des revendications des travailleurs en matière de salaire, de droits à la sécurité sociale et de temps de travail. Les candidats aux présidentielles rivalisent aussi en habileté pour présenter aux électeurs comme des conquêtes sociales des mesures réactionnaires qui liquideraient pour de bon les acquis et le statut de salarié et déréglementeraient encore plus le «marché» du travail.

La «Sécurité Sociale Professionnelle», portée par le PCF et la bureaucratie syndicale, est un projet présenté comme un moyen de sauvegarder et transférer les droits acquis de chaque salarié tout au long de sa carrière, même en cas de licenciement. On attendrait plutôt d’un parti qui se dit communiste qu’il explique aux travailleurs que le chômage est inhérent au système capitaliste et qu’il faut lutter pour son renversement et son remplacement par une autre société, au lieu de souffler à la bourgeoisie des solutions visant à humaniser son système criminel. On attendrait aussi de dirigeants syndicaux qu’ils mobilisent les travailleurs contre les licenciements et les fermetures d’entreprises au lieu d’aller négocier avec l’État et le patronat un «bon» repreneur ou des indemnités de départ. Au lieu de cela, on accepte les restructurations industrielles, le déploiement des capitaux à l’étranger, la concentration des multinationales avec tout son cortège de suppression de postes et d’emplois. Autrement, pourquoi faudrait-il sauvegarder des droits salariaux au travers de la formation professionnelle? Le besoin de  formation est légitime, mais celle-ci doit-être utilisée au profit de l’évolution de carrière dans la vie professionnelle et non pour reconvertir des salariés mis sur le carreau par le capital. En plus selon la version du PCF, cela permettrait d’utiliser ses droits sociaux (sous-entendu d’une cessation de contrat) sans perte de salaire. En réalité, le reclassement est prévu avec un salaire minimum légal par grand niveau de qualification. Donc, selon le PCF, l’ancienneté et la qualification volent en éclat avec le licenciement. Le talon d’Achille de ce projet est que moins il y aura de travail salarié et moins le patronat financera la formation professionnelle. Le PCF prévoit également 5% de l’effectif de chaque entreprise en contrat d’intérim sous prétexte de mesures contre la précarité, mais surtout pour plaire à Hamon.

Il en est de même pour la revendication des 32 heures, présentée comme une solution pour faire face à la raréfaction de l’emploi. En réalité, le réformisme l’utilise pour voler au secours du patronat pour pallier aux inconvénients de la révolution numérique capitaliste, qui risquerait d’attiser l’affrontement social contre les licenciements. 32 heures avec maintien de l’effectif ou obligation d’embauche pour lutter contre le surtravail, telle est la façon dont il faudrait poser la revendication. De plus, rien n’est dit sur les heures supplémentaires; ainsi, la gauche dite radicale ferme les yeux à la fois sur la plus-value relative et absolue. Le droit à l’emploi comme première des libertés ne peut exister avec le capitalisme. C’est ce système qu’il faut remettre en cause

Le Revenu Universel est présenté comme une mesure permettant de réduire les inégalités et de garantir un revenu décent à tous. Mais, quelle que soit la façon dont les divers candidats et groupes politiques la déclinent, il s’agit bel et bien d’une mesure dangereuse de la bourgeoisie pour laminer les garanties sociales qui subsistent tant bien que mal. Dans la version de Hamon, chacun aura droit au revenu universel indépendamment de son revenu ou de sa fortune. Au sein de cette usine à gaz, il accrédite l’idée que les travailleurs pourront avec les retraités cumuler salaire et retraites avec le revenu universel. Cependant le R.U. ne garantit point les minimas salariaux ou même retraités, et pourrait se substituer ou influer sur le montant de l’allocation chômage, l’assurance maladie, la retraite, les salaires et les aides familiales. Hamon le nie, mais il explique le financement de son projet par une pirouette politique (on a bien créé la Sécu après la guerre dans des conditions encore plus difficiles…) Le revenu universel ne réduira point le chômage mais détruira le salariat. En effet, cela va conforter «l’auto entreprenariat», l’Ubérisation des activités, avec le travail sous-traité vis a vis des multinationales qui achèteront des prestations de services au détenteur de la force de travail avec sa qualification pour ne plus payer des «charges» sociales. Les salariés confortés par un revenu fixe pourront ainsi entrer en concurrence sur l’accession à l’emploi, mais auront de moins en moins la capacité de s’opposer à la dévalorisation de leurs salaires. La suppression du SMIC ou de toute autre forme de plancher salarial est donc amorcée dans la proposition de mise en place du revenu universel. Pour les plus riches ou les détenteurs de moyens de production et d’échange, le r.evenu universel sera certes absorbé par l’impôt, cependant les aides publiques distribuées par l’état annuellement aux entreprises et qui s’élèvent à plus de 270 milliards  ne sont pas remises en cause. En fait, le revenu universel est un aménagement qui accompagne la transition numérique du capitalisme en amoindrissant ses effets collatéraux sur les suppressions d’emplois. Sans augmenter les impôts et sans réduire le budget, quels seraient les modes de financement du revenu universel? Pour un revenu universel à 750 euros, il faudrait 504 milliards par an, soit plus de 35% du PIB. La seule façon de l’appliquer consisterait alors à le substituer à un certain nombre de dépenses sociales telles que la retraite, la sécu, l’assurance chômage, le RSA… Conclusion, le revenu universel avec sa présentation utopique est en réalité un outil économique au service des intérêts du patronat.

Débat sur l’égalité hommes-femmes, Saint-Denis le 28 janvier 2017

Pour l’égalité hommes-femmes, contre les discriminations au travail, la répression anti-syndicale.

Les candidats à l’élection présidentielle dissertent sur l’emploi, la sécurité, l’égalité… Mais l’économie telle qu’elle est dominée par la bourgeoisie, dissimule la véritable nature de l’exploitation capitaliste avec un temps de travail non payé exigé. Demain, ces mêmes politiciens, s’ils sont élus, nous diront que pour stimuler la reprise économique, il faudra toujours en donner plus aux exploiteurs. Notre Collectif DÉFENSE appelle à donner un suivi efficace aux luttes, pour l’égalité hommes-femmes et une politique du plein emploi qui répartit la richesse pour servir le développement social et non le profit capitaliste.

Luttons-participons-agissons-décidons en défendant la cause des travailleurs et non celles des politiciens et des exploiteurs.

RAPPORT INTRODUCTIF

Les femmes travailleuses, celles qui contribuent, aux côtés des hommes travailleurs, à la création des richesses, à la production, sont confrontées à une surexploitation féroce et à une oppression sociale aux quatre coins du globe. Depuis la fameuse «chute du mur», que tous les exploiteurs et traîtres au mouvement ouvrier ont célébrée, le capitalisme répand sa crise dans le monde entier, avec son lot de restructurations détruisant l’emploi par milliers, ses guerres, ses atteintes à l’environnement, sa vague de régression des libertés et des acquis sociaux. La femme est particulièrement touchée dans ses droits, son intégrité, sa dignité, livrée aux idéologies religieuses obscurantistes réactionnaires.

En France, pays de l’égalité qui, paraît-il, constitue un modèle pour les peuples du monde, le taux d’emploi des femmes est de 60,2% alors qu’il s’élève à 68,1% pour les hommes. Récemment, des organisations féministes, menées par le collectif «Les Glorieuses», ont lancé une campagne sur le «travail gratuit» effectué par les femmes, qu’elles définissaient d’après la différence entre les revenus des femmes et ceux des hommes, ces derniers étant en moyenne supérieurs de 14% (d’après Eurostat). La campagne annonçait donc qu’à partir du 7 novembre 2016 à 16h34 minutes et 7,5 secondes, jusqu’à la fin de l’année, les femmes travaillent pour ainsi dire gratuitement, parce qu’à cette date les hommes avaient déjà perçu l’équivalent de la totalité des revenus annuels des femmes. Or, si l’on peut déduire de ce constat qu’effectivement les femmes touchent un salaire inférieur, il faut aller plus loin si l’on veut avoir une idée réelle de l’exploitation. En effet, l’économie telle qu’elle est enseignée par la classe dominante, dissimule la véritable nature de l’exploitation capitaliste; car s’il est exact qu’il existe une part du temps de travail qui n’est pas payée, cela concerne aussi bien celui des travailleurs que celui des travailleuses!

Ainsi, Karl Marx avait expliqué il y a déjà plus d’un siècle et demi, que le salarié ne perçoit pas la totalité de la valeur qu’il produit par son travail. Le salaire représente une petite partie de celle-ci, qui lui permet de vivre pour renouveler sa force de travail et reproduire son espèce. Mais la plus grande partie de la richesse qu’il produit est accaparée par la classe capitaliste (qui possède les entreprises et dirige, en définitive, l’État) sous forme de profit. Si l’on décrit l’exploitation en fonction du temps de travail sur une journée par exemple, on constate qu’une petite partie de la journée, en moyenne les 3 ou 4 premières heures, servent à produire l’équivalent de ce qui est nécessaire à l’ouvrier ou à l’ouvrière pour vivre (son salaire journalier), et que le reste du temps est consacré à produire une plus-value destinée au patron. Cet exposé très simplifié permet déjà de comprendre le principe de l’exploitation dans la société capitaliste, qui découle de la propriété privée des moyens de production et d’échange (entreprises, machines, banques…) par la classe bourgeoise, et, en face, de ce qu’on appelle le prolétariat, qui regroupe les hommes et les femmes qui ne possèdent comme marchandise que leur force de travail et donc obligés d’échanger cette force de travail contre un salaire.

Si l’on assimile cela, en dépit de la force de l’idéologie de la classe dominante qui présente le salariat comme «un échange d’égal a égal entre le patron qui «donne du travail» et le salarié qui doit s’estimer heureux d’avoir une place en regard de ce qu’il coûte à l’employeur», il devient évident que l’exploitation touche tous les travailleurs, hommes et femmes. Les femmes produisent cependant plus de plus-value parce que leurs salaires sont plus faibles. Ceci s’explique par la non-reconnaissance par le capital de certaines caractéristiques naturelles, de moindres possibilités de faire des études longues en raison de la maternité. N’oublions pas non plus la difficulté à trouver un emploi à responsabilités élevées parce que le capital considère comme un inconvénient de devoir accorder un congé de maternité, problème qui se pose moins s’il emploie un salarié homme…

D’après un article récent paru dans la presse, c’est dans la branche de la métallurgie que la proportion de femmes au SMIC est la plus grande (39%, alors qu’elles n’y représentent que 14% des salariés), parce qu’il y a moins de cadres féminins, et plus de CDD chez les femmes.

Le personnel hospitalier féminin s’est mis en grève le 8 novembre dernier pour protester contre les conditions infernales de travail, le sous-effectif, la précarité, la destruction du service public de santé par la loi Hôpital Patients Santé Territoire et la «loi santé», le plan d’économie de 3,5 milliards dans les hôpitaux, bien sûr au détriment des patients… Le gouvernement au service du capital prévoit 22.000 suppressions de postes dans la fonction publique hospitalière en 2017.

Le personnel féminin fait partie des plus exploités. Or, du côté des partis dits de gauche, on ne voit que des appels au gouvernement à entendre la colère des infirmières, et des promesses d’un changement de politique si la gauche rassemblée sur un programme de transformation sociale (mais sans remise en cause du capitalisme), remporte l’élection présidentielle. Mais il n’est pas possible de s’en remettre à ceux qui ont impulsé et soutenu l’introduction du capital privé dans les services publics pour espérer obtenir la satisfaction de nos revendications. Le capitalisme n’est pas aménageable; il a pour seul but le profit maximum et immédiat. La concurrence l’oblige à réduire les coûts, à diminuer les salaires et précariser le travail pour maintenir ses taux de profits. Le programme de fillon est celui du capital: imposition de la semaine de 39h, accélération de la privatisation des services publics, attaques contre la sécu… La gauche n’y fera pas obstacle en promettant des réformes inapplicables sous le capitalisme. Il est donc nécessaire de prolonger les luttes dans le débat politique pour transformer la société, renverser le capitalisme.

Un autre aspect de l’inégalité, souligné aussi dans la campagne des Glorieuses, est ce que Friedrich Engels, ami de Marx avec qui il a travaillé à l’élaboration de la théorie révolutionnaire, qualifiait de double exploitation de la femme, en ce sens qu’en plus d’être exploitée comme travailleuse à l’entreprise, elle doit aussi assurer les tâches ménagères. Depuis l’époque de Marx, les choses ont un peu progressé en Occident sous l’effet des luttes et de la modernisation de l’équipement ménager et du confort des logements, mais de nombreuses femmes subissent encore la mentalité rétrograde, transmise par la famille, la société au moyen de la littérature, des médias…, l’obligeant à se consacrer parfois entièrement aux tâches domestiques. Il en est de même pour la garde des enfants par rapport au manque de places de crèche qui les contraint souvent à sacrifier leur vie professionnelle. Ainsi, le temps partiel, majoritairement non librement choisi, concerne 30,4% des femmes contre 8% des hommes (INSEE).

La femme qui ne travaille pas ne peut pas être libre, puisqu’elle sera alors dépendante des revenus de son mari. 13,795 millions de femmes font partie de la population active en France, soit 48% du total (INSEE, 2015).

Les causes de l’oppression de la femme et l’inégalité entre les sexes sont en premier lieu économiques. Elles ont pour origine les modes de production basés sur la propriété et l’exploitation, qui ont façonné au cours de l’Histoire les structures des sociétés qui se sont succédé: esclavagisme, féodalisme, capitalisme. Avant l’apparition de la division des sociétés en classes, il existait, dans les sociétés primitives, un «communisme primitif», qui ne connaissait ni la propriété, ni le salariat. La polygamie et la polyandrie y co-existaient. Il existait des sociétés matriarcales, non pas au sens de la domination des hommes par les femmes, mais dans lesquelles les femmes jouaient le rôle économique principal de chef de la cellule familiale et étaient tenues en très haute estime de par leur rôle de mère. Le passage au patriarcat est lié à la dissolution de la société gentilice (autre nom du communisme primitif) au profit de l’apparition de la propriété et de l’introduction de l’esclavage. Le patriarcat perdura sous le féodalisme et le capitalisme.

La bourgeoisie a toujours tout mis en oeuvre pour diviser les travailleurs selon leur sexe et à opposer leurs luttes. Le puritanisme, qui a imprégné le discours religieux et régné dans la plupart des sociétés basées sur l’exploitation du travail, masque les objectifs réels de l’exploitation capitaliste.

La lutte pour le suffrage universel et le droit de vote des femmes a rencontré l’opposition farouche des classes exploiteuses. Même dans les vieux partis de la social-démocratie, au début du vingtième siècle, certains opportunistes considéraient qu’il ne fallait pas mettre en avant la revendication du droit de vote des femmes avant d’avoir obtenu le droit de vote universel pour les hommes. À cela la dirigeante social-démocrate allemande Klara Zetkin répondait qu’au lieu d’affaiblir ainsi le mouvement populaire, il fallait au contraire le renforcer par l’apport de la lutte des femmes et de leurs revendications qui étaient communes à celles des travailleurs.

L’idéologie la plus pernicieuse, avancée dans la fameuse campagne des «ABCD de l’égalité» avant que le projet soit retiré, sous le couvert du modernisme et de la rupture avec les stéréotypes rétrogrades, est celle qui prétend effacer toute différence entre hommes et femmes, présentant le genre uniquement comme une construction de la société, sans lien avec les caractéristiques biologiques de chaque sexe. Il est évident qu’on doit refuser les stéréotypes prétendant cantonner la femme à la procréation et dans un rôle de mère au foyer. Mais en niant les spécificités de la femme au nom de l’égalité, on en arrive à justifier le travail de nuit des femmes, à abandonner la revendication de son interdiction, alors que de nombreuses études démontrent sa nocivité pour les hommes comme pour les femmes. De même, de nombreuses luttes dont était porteur le mouvement des femmes sur le plan des aides et des droits à congés pour l’éducation des enfants, la famille, sont abandonnées sous prétexte que cela contribuerait à enfermer les femmes dans les stéréotypes réactionnaires. D’autre part, l’enseignement de cette idéologie à l’école risquerait de laisser les jeunes filles non préparées à leur futur rôle de mère.

Le sort des femmes immigrées, confrontées à la misère qui est le lot des couches populaires, au racisme institutionnel et patronal, à l’exploitation, à leur statut qui les prive de droits élémentaires, est peu enviable. Elle sont souvent confrontées aux traditions et structures familiales réactionnaires entretenues à l’époque par la colonisation et aujourd’hui par l’impérialisme. Les partis ouvriers et les syndicats, qui ont longtemps négligé d’organiser les travailleurs immigrés et précaires et de les intégrer aux luttes de leurs frères français, n’ont pas rattrapé leur retard dans ce domaine. C’est qu’au lieu de défendre les revendications des travailleurs contre le capital, les directions des organisations syndicales misent sur le soi-disant dialogue social et étouffent dans l’oeuf les luttes et leur extension. L’égalité est une bataille de classe, elle nécessite de combattre le système, de le renverser. Les femmes ne peuvent pas obtenir l’égalité au foyer si elles ne mènent pas cette bataille contre le capitalisme. Il ne peut y avoir d’égalité dans la société entre hommes et femmes tant qu’existe l’exploitation capitaliste.

«On ne peut pas assurer de liberté véritable, on ne peut pas bâtir de démocratie – sans parler de socialisme -si l’on n’appelle pas les femmes au service civique, au service dans la milice, à la vie politique, si l’on ne les arrache pas à l’atmosphère abrutissante du ménage et de la cuisine.». C’est ce qu’écrivait Lénine dans ses Lettres de loin, 3ème lettre, Zürich, en mars 1917. La Révolution d’Octobre 1917, en renversant les classes exploiteuses et en donnant le pouvoir à la classe ouvrière en alliance avec les masses paysannes pauvres, révolutionna toute la vielle société et renversa ses institutions patriarcales réactionnaires: le pouvoir de l’Église, l’institution de la famille bourgeoise, l’école réservée aux membres des classes possédantes… La Russie soviétique instaura, des décennies avant la plupart des pays dits civilisés, le droit de vote et d’éligibilité pour les femmes, le droit au divorce. (En France, seuls les communistes ont mené la bataille du droit de vote des femmes, obtenu seulement le 21 avril 1944 sur l’initiative de Fernand Grenier). Elle assura l’égalité pleine et entière d’accès à tout ce que la société allait offrir en matière d’enseignement, de formation professionnelle, de droit au travail y compris aux emplois interdits aux femmes dans les pays capitalistes, à la participation à la politique et à l’édification de la société nouvelle. L’avortement fut légalisé en 1920. La mobilisation des femmes jusqu’aux avant postes dans la lutte révolutionnaire, dans la défense de la patrie contre l’intervention armée étrangère et la contre-révolution des Blancs, dans l’édification du socialisme, puis dans la guerre de défense contre l’agression hitlérienne et la victoire sur le fascisme.

C’est Lénine qui avait suggéré à Klara Zetkin de consacrer une journée internationale dédiée à la lutte des femmes travailleuses, qui sera le 8 mars. Il nous appartient particulièrement de continuer à commémorer cette journée de lutte au moment où la bourgeoisie la récupère pour la vider de son contenu de classe en en faisant une «journée de la femme», célébrant indistinctement les femmes du peuple comme celles des anciennes classes féodales, comme on l’a vu à Saint-Denis où la municipalité honorait les reines de France et de Navarre gisant dans la Basilique.

Seule une société socialiste, construite sur la base du pouvoir des travailleurs et travailleuses et sur la propriété collective des moyens de production, est en mesure d’affranchir les femmes de l’exploitation. La femme, pour être libre, doit prendre sa place dans le combat révolutionnaire de la classe ouvrière pour renverser la bourgeoisie, l’exproprier, briser son État. Elle doit prendre sa place dans l’organisation révolutionnaire et contribuer, au sein de celui-ci, à construire le Parti qui guidera les masses vers le socialisme.

NI AUSTÉRITÉ DE DROITE, NI AUSTÉRITÉ DE GAUCHE… BOYCOTT DES PRÉSIDENTIELLES!

L’élection présidentielle de 2017 consistera une fois de plus à faire désigner par les électeurs le principal représentant de la bourgeoisie au pouvoir. La constitution de la 5e République attribue au Président de la République des pouvoirs très importants, mais, quelle que soit son étiquette, il ne pourra pas faire une autre politique que celle que lui dicte la classe capitaliste. Pour masquer cette dictature de l’oligarchie financière, un pluralisme de façade est entretenu au niveau des partis et des candidats du système. Or, aucun parmi eux ne remet en question le système économique capitaliste qui enfonce le monde entier dans la crise et accroît les dangers de guerre.

La campagne des différents candidats de «gauche» ou de «droite» porte sur les solutions à mettre en oeuvre pour restaurer la compétitivité des entreprises, faire baisser le «coût du travail» et les dépenses publiques, donner à l’armée française les moyens de faire face au terrorisme…Fillon, qui a emporté la primaire à droite, exprime le plus les désidératas de la bourgeoisie dans son programme. Le PS au pouvoir les avait aussi grandement satisfaits avec les lois Macron, El Khomri, Rebsamen… mais le MEDEF veut aller plus loin. À «gauche», des prétendants à la candidature rivalisent en surenchérissant sur le discours de droite pour flatter encore plus l’électorat traditionnel des «Républicains»; des socialistes, écologistes et autres, expliquent à qui veut les entendre que les intérêts des salariés et des entreprises sont convergents, que les catégories de travailleurs qui ont quelques avantages par rapport à ceux qui sont les moins bien lotis doivent renoncer à leurs «privilèges» pour sauver «notre modèle économique et social».

Or, les différentes élections qui se sont succédé depuis une quinzaine d’années voient le taux d’abstention s’élever, particulièrement dans les couches populaires. Ceci traduit un accroissement de la défiance envers les partis traditionnels, un rejet plus ou moins conscient du système. La crise économique provoque ainsi une crise de la représentation politique et une montée du mécontentement et la persistance des luttes. Le capitalisme est incapable d’assurer les besoins élémentaires de la population en matière de logement, d’éducation, de santé, de fournir un travail à chacun. Les conditions objectives pour son renversement sont donc réunies, et la nécessité d’un parti révolutionnaire qui organise et dirige la lutte vers l’objectif de la révolution est plus urgente que jamais. Ce n’est pas en participant à la mascarade électorale que sont les élections présidentielles que l’on peut avancer vers l’expropriation du capital privé des entreprises industrielles, agricoles, commerciales et bancaires, l’établissement du contrôle ouvrier sur la production et la ré-industrialisation avec une économie planifiée démocratique et centralisée. C’est en brisant l’État bourgeois et en le remplaçant par un État du prolétariat qu’on résoudra les problèmes économiques, sociaux, écologiques…

Parmi les obstacles dressés devant les travailleurs en lutte contre la loi El Khomri, il y avait en premier lieu la volonté de sauver la social-démocratie (qu’il s’agisse du PCF, de Mélenchon, des Frondeurs du PS…) pour lui permettre de se présenter à la Présidentielle comme le sauveur du «modèle social français» en promettant l’abrogation de la loi dite Travail.

Présenter ou soutenir un candidat dans ces conditions revient à soutenir le système et à retarder la prise de conscience qu’il faut faire la révolution. Déplorer qu’aucun candidat ne porte les revendications des travailleurs et ne remette en cause le système, tout en laissant entendre que l’élection présidentielle serait un moyen d’aboutir à des changements en faveur des travailleurs en faisant pression par les luttes sur le vainqueur, c’est encore se méprendre sur la nature de l’État, faire l’impasse sur le rapport des forces existant dans la classe ouvrière,  et faire croire que la bourgeoisie peut encore céder aux revendications sous la seule pression des luttes. Il faut rejeter la théorie selon laquelle chaque victoire des revendications apprivoiserait de plus en plus l’ennemi de classe.

Le Collectif DÉFENSE soutient les revendications des travailleurs, mais il les appelle à les opposer à la logique du système capitaliste, à les inscrire dans la lutte pour la révolution socialiste qui brisera la dictature des monopoles: emploi en CDI pour tous sans démolition ni aménagement régressif du Code du travail, retraite pleine et entière à 60 ans avec 37 ans et demi de cotisation et 55 ans pour les travaux invalidants, expropriation de tous les monopoles privés du service public… Il appelle à développer les luttes, en particulier contre la loi El Khomri, à être vigilant contre les guerres impérialistes, à empêcher leur escalade, et à rejeter le monarcho-présidentialisme en boycottant les présidentielles de 2017; le taux d’abstention et de refus de vote constitueraient un point d’appui contre la politique d’austérité de la droite ou de la sociale-démocratie et contribuera idéologiquement à préparer la révolution socialiste.

RÉPONSE DU COLLECTIF DÉFENSE À UNE INVITATION DE LA FÉDÉRATION DU TARN DU PCF

Suite à la réception d’une invitation à un débat organisé à Albi pour soutenir la candidature de Mélenchon et reconstruire la gauche, nous avons adressé le courrier ci-dessous:

 

Chers Camarades,

nous vous remercions de votre invitation. Malheureusement, nous devons la décliner, car nous ne nous inscrivons pas du tout dans cette démarche qui vise encore une fois à sauver la social-démocratie et à éloigner la perspective de la construction d’un véritable parti communiste et de la révolution socialiste.
Le programme de Mélenchon s’apparente à la politique de Siryza ou de Podemos, qui visent à obtenir des aménagements en faveur de la population travailleuse sans jamais remettre en cause le système capitaliste et ses fondements: la dictature de la bourgeoisie et son État, la propriété privée des moyens de production et d’échanges, l’exploitation du travail salarié. Or, la bourgeoisie ne cédait aux revendications que lorsque son pouvoir était menacé. C’était le cas à l’époque où existait un puissant mouvement communiste et syndical, s’appuyant sur l’existence et sur l’aide de l’Union soviétique et d’un puissant camp socialiste qui avaient renversé la bourgeoisie et contraignaient l’impérialisme à des reculs. Depuis la contre-révolution de 1989-91, le capitalisme est à l’offensive sur tout le globe. Les organisations ouvrières sont affaiblies, et souvent détournées de leur mission au profit de la collaboration avec la classe bourgeoise. Quelles grandes victoires le mouvement ouvrier et populaire a-t-il remportées ces dernières décennies? Il reste certes encore dans le monde des partis communistes et ouvriers qui n’ont pas abandonné leurs principes: le Parti Communiste de Grèce, le Parti Communiste Ouvrier de Russie-PCUS, le PCPE d’Espagne… et un courant syndical de lutte de classe représenté notamment par la FSM. Mais ni le PCF, ni les directions confédérales syndicales de France, ne se réfèrent au travail sérieux de ces organisations d’avant-garde, préférant dialoguer avec le patronat, voire avec les pires représentants de la réaction mondiale (cf la présence d’un dirigeant de l’OTAN à la dernière fête de l’Humanité).
La pratique du pouvoir par Siryza en Grèce, avec ses mesures anti-populaires, sa soumission à l’Union Européenne et à l’OTAN, devrait ouvrir les yeux de ceux qui croient encore que l’on peut obtenir du « progrès social » sans renverser le capitalisme par la révolution.
Mélenchon prétend vouloir changer les institutions au profit du peuple, alors qu’il inscrit totalement sa démarche pour y parvenir dans les institutions de la cinquième République et son monarcho-présidentialisme. Par sa seule participation à cette caricature d’élection où l’opinion est façonnée par les sondages et les médias aux mains du capital, Mélenchon décrédibilise tout son discours aux accents « révolutionnaires ». Il entretient des illusions sur une possibilité de changement de société sans révolution, par la voie électorale, alors que le rejet des partis du système par une majorité de la population, qui se traduit en particulier par un refus grandissant d’aller voter, devrait être un terrain propice pour les organisations ouvrières à mener une propagande révolutionnaire, à dénoncer la dictature de la bourgeoisie, à aider les travailleurs à organiser leurs luttes contre le capital et non plus dans le cadre d’un illusoire aménagement du capitalisme.
D’autre part, l’existence d’un parti qui continue de porter le nom de Communiste tout en étant dépendant de ses alliances avec le PS pour conserver ses élus, qui ne remet plus en cause le capitalisme, qui a rejeté le marxisme-léninisme, c’est à dire une théorie scientifique sur laquelle s’appuyer pour comprendre les mécanismes du système et pouvoir le renverser, qui milite pour la construction européenne et non plus pour la révolution socialiste et la dictature du prolétariat, est un obstacle majeur à la reconstruction d’un parti communiste en France. Continuer de militer dans ce parti, en espérant un jour en changer la direction et l’orientation politique, revient à gaspiller l’énergie militante de centaines de travailleurs qui aspirent à un changement de société, et affaiblit le courant communiste véritable, comme l’illustrent les échecs récents de création d’un parti communiste authentiquement révolutionnaire. Le Collectif continuera de dénoncer inlassablement ceux qui propagent de fausses solutions dans le cadre du capitalisme, la social-démocratie toujours prête à trahir, ceux qui essayent de la sauver de la faillite au nom du danger de la droite et de l’extrême-droite.
Le Collectif DÉFENSE appelle les travailleurs à s’organiser et à lutter sur la base de leurs revendications qui seront satisfaites dans une société socialiste basée sur la propriété collective des moyens de production, le pouvoir des travailleurs, la planification démocratique centralisée, tenant compte des nécessités de préserver la nature. Il faut construire un parti communiste en France dans les luttes, en développant la solidarité avec les peuples opprimés en premier lieu par l’impérialisme français, avec nos frères immigrés exploités comme nous par le capital monopoliste.
Rompez avec ceux qui ont irrémédiablement lié leur destin à la survie du capitalisme.
Rejoignez le Collectif DÉFENSE.

SAINT-DENIS: MOBILISATION CONTINUE POUR L’EMPLOI ET LE SERVICE PUBLIC

Les agents municipaux de Saint-Denis sont en lutte depuis plusieurs semaines pour revendiquer de meilleures conditions de travail, des embauches… Les personnels des crèches s’étaient déjà mis en grève depuis le 25 novembre, poussés à bout par le manque d’effectifs et l’augmentation de la charge de travail. Puis, un plan de réorganisation et de soi-disant lutte contre l’absentéisme a été présenté par la Municipalité comme base de négociation avec les représentants des salariés. Ce plan a suscité la colère des agents par le fait que les axes proposés ne visent pas à développer l’emploi statutaire mais ne font qu’accompagner les restrictions budgétaires. Au lieu d’embaucher là où c’est nécessaire, de partir des besoins de la population pour renforcer le service public, la Municipalité a recours à un plan de type Lean Management de réorganisations visant à faire plus avec moins de personnels, en s’attaquant aux acquis, en particulier aux jours de congés.

Au lieu de soutenir les revendications des agents territoriaux, la majorité municipale gère le système, faute de vouloir le changer. Une municipalité, même composée à 100% d’élus «de gauche», ne peut pas être un ilot de progrès social dans un pays ravagé par la crise capitaliste et soumis à une régression sociale sans précédent. Pour donner des milliards d’aides publiques aux capitalistes, l’État appauvrit et asphyxie les communes par la diminution de la dotation globale de fonctionnement alors que les besoins se développent. Il y a donc matière à dénoncer le processus de privatisation des services, refuser de se soumettre à cette fatalité et lutter, en s’appuyant sur la mobilisation des travailleurs et de la population, pour une société débarrassée du profit individuel et privé pour les monopoles capitalistes. Mais pour la Municipalité, c’est l’«organisation du travail» qui règlerait les carences dues au sous-effectif. À ce compte, on n’est pas loin d’aller dans le sens de la loi El Khomri qui prévoit l’allongement du temps de travail et son intensification. L’absentéisme est un marqueur du sous-effectif; plus de pénibilité tue le service public pour finalement le privatiser, comme ce fut le cas au Centre Nautique Municipal.

Des élus ayant à coeur d’agir pour une société plus humaine devraient aider les travailleurs en prenant avec eux des initiatives de lutte pour le développement social contre le capital et l’État-patron exploiteur, véritables responsables de la crise. Ce n’est pour l’instant pas le chemin qui est pris par les élus qui se conduisent en loyaux représentants de cet État de la bourgeoisie, et paraissent plus à l’écoute des desiderata des grands monopoles que sont Bouygues, Veolia, Eiffage, Suez, Vinci… qui font la pluie et le beau temps à Saint-Denis, plutôt que les besoins de la population travailleuse et les revendications des agents communaux.

Suite à la lutte massive, le nouveau Maire a déclaré verbalement à renoncer à toucher aux congés, tout en maintenant son projet. Le danger n’est donc pas écarté, et la poursuite de la lutte est nécessaire, d’autant que, sous couvert de négociations, il s’agit de faire avaliser le plan par les syndicats et d’associer le personnel, au moyen de «réunions de service», à son application.

Le Collectif DÉFENSE soutient la lutte des travailleurs et de leurs syndicats et appelle à la création de solidarités des agents territoriaux d’autres municipalités qui forcément sont confrontés aux mêmes problèmes sociaux.

Rejoignez le Collectif DÉFENSE pour plus d’efficacité dans les luttes contre le capitalisme. Pour faire la révolution, briser l’État bourgeois et construire une société socialiste, la participation des travailleurs avec leurs revendications est un processus démocratique indispensable.

JANVIER 2017: RÉUNION PUBLIQUE SUR LA LUTTE DES FEMMES TRAVAILLEUSES