COLLECTIF "DÉFENSE"

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RAPPORT À L’ASSEMBLÉE MILITANTE DU 16 DÉCEMBRE 2015

Le Collectif «DÉFENSE» a été créé par des militants engagés dans la lutte contre la fermeture de l’usine PSA à Aulnay, pour la nationalisation sans indemnisation de tout le groupe PSA, étendue ensuite à la «nationalisation sans indemnisation sous contrôle ouvrier des monopoles casseurs d’emploi», puisqu’il y avait aussi d’autres luttes contre des fermetures (ArcelorMittal, Goodyear, STX..) et à la défense du service public (PTT, ADP…) liquidé par le capital privé. Le mot d’ordre de nationalisation auquel se sont opposés la plupart des partis et groupes dits «de gauche», et les directions syndicales, n’était pas vu de notre part comme un mot d’ordre programmatique constituant une solution aux problèmes. Il s’agissait, à partir des luttes, d’inciter les travailleurs à remettre en cause la propriété privée, le pouvoir de l’État et de la bourgeoisie, c’est à dire la classe qui possède les entreprises et qui dirige réellement la société. Ce mot d’ordre était de nature à unifier les luttes de toute la classe ouvrière vers un but commun, à susciter la solidarité de la population. En même temps, nous expliquions que pour être réalisée, cette revendication nécessite un renversement révolutionnaire de la société, l’instauration d’un autre régime politique et social.

Les directions syndicales et les partis politiques qui se sont opposés à toute extension de la lutte (même au niveau des autres usines d’un même groupe), à tout mot d’ordre tendant à remettre en cause la dictature du Capital, qui ont saboté la grève en négociant des reclassements, des primes de départ… l’ont fait parce que leur vision du monde, leur existence et leur pratique sont liées à la continuation du mode de production capitaliste. Au contraire, pour faire aboutir les revendications des travailleurs (dans ce cas, empêcher une fermeture d’usine), pour unifier les luttes et faire grandir la solidarité parmi la population, il faut que la lutte prenne pour point de départ les revendications, les besoins, qu’elle soit dirigée par des militants, des organisations qui font leurs les intérêts des travailleurs, qui ont compris que le capitalisme est un système barbare, cruel et inhumain, qui ne peut pas être aménagé ni humanisé, et qu’il faut le renverser pour instaurer une société dans laquelle les richesses produites par les travailleurs bénéficient à toute la société et non à une poignée de propriétaires d’entreprises, d’actionnaires, de banquiers…

Aujourd’hui, les organisations de travailleurs, partis, syndicats, associations… sont pour la plupart dirigées par une couche réformiste liée à la bourgeoisie, nourrie dans tous les sens du terme par elle. C’est ce qu’on appelle l’aristocratie (ou la bureaucratie) ouvrière. La compromission des organisations avec le pouvoir, le verrouillage des structures et l’étouffement de l’expression de la base, tout ceci les a transformées en instruments officialisés et institutionnalisés, ne remettant plus en cause l’exploitation, se contentant d’en appeler à des réformes, à plus de justice, se taisant devant les pires crimes du capitalisme ou même les justifiant (voir la guerre contre la Libye et l’ingérence en Syrie). Les revendications des travailleurs sont alors abandonnées, au nom du réalisme, de l’impossibilité de faire autrement… Ceci explique largement le faible taux de syndicalisation en France (à peine 9%), le niveau élevé d’abstention aux élections, le découragement et la crise du militantisme.

Selon nous, il faut chercher les causes de cette situation, bien sûr dans la domination du capitalisme capable de corrompre les dirigeants des organisations de masse. Mais quand l’avant-garde de la classe ouvrière était porteuse d’une théorie révolutionnaire, quand la classe luttait non seulement pour l’amélioration de son sort sous le capitalisme, mais également pour le renversement de ce système afin de le remplacer par une société socialiste, comme elle y est parvenue en 1917 en Russie, puis après la guerre dans un grand nombre de pays, elle mettait en danger la domination de la bourgeoisie, et ce danger était d’autant plus réel que l’existence de l’URSS éait une preuve vivante de la possibilité de construire une autre société, sans capitalistes. La chute du Mur, c’est à dire du camp socialiste, dont, selon nous, la raison n’est pas à chercher dans des «erreurs» ou des «lacunes» du système, mais dans la victoire de la classe bourgeoise qui s’est reconstituée pendant une période allant de 1956 à 1989, victoire permise par l’abandon, par les dirigeants des partis au pouvoir, de la théorie marxiste-léniniste, la chute du Mur a permis au capitalisme, auparavant contenu, de conquérir le monde sans entraves et de répandre sa crise au niveau mondial. La liquidation de nombreux partis communistes et ouvriers, leur transformation en partis social-démocrates, est allée de pair avec la liquidation du syndicalisme de lutte de classe. Il est certain qu’on ne fait plus le même type de syndicalisme si l’on considère que l’entreprise est non plus un lieu d’exploitation mais une communauté où chacun, y compris ceux que l’on appelle les «employeurs», doit trouver son intérêt et doit pouvoir développer ses aptitudes.

En effet, les intérêts de la classe bourgeoise sont incompatibles avec ceux de la majorité de la population. C’est ce que nous désignons par l’antagonisme Capital-Travail. Par exemple, le progrès technique et scientifique devrait a priori engendrer un bénéfice pour tous en améliorant les conditions de vie, en permettant de produire des objets utiles et de meilleure qualité, en solutionnant les maux de la société et des hommes: maladies, échec scolaire, stress… Que se passe-t-il en réalité? Quand une entreprise acquiert une machine plus perfectionnée que l’ancien modèle, elle permet avant tout de tourner plus vite et d’économiser de la main d’œuvre. Conséquences: licenciements, accélération des cadences de travail puisqu’il faut suivre le rythme de la machine, baisse globale des salaires puisque le niveau de compétences requises ne concerne alors plus qu’une minorité du personnel. Mais comme toutes les machines qui produisent ne peuvent pas se passer de main d’œuvre, il y a pour la masse des travailleurs, obligation d’allonger la durée de la journée de travail, d’augmenter la productivité. Pourquoi? Parce que le moteur du capitalisme est l’accumulation, son but est le profit maximum et immédiat. Cela explique pourquoi des recherches sur des médicaments sont abandonnées car les bénéfices que leur commercialisation engendrerait ne correspondent pas à ceux attendus par le capital, ou que le service public est démantelé et ses secteurs rentables cédés au Capital privé.

Certains expliquent la situation économique, la politique antisociale du patronat par de mauvais choix d’investissement, un mauvais «management», une hyperthrophie de la finance, de l’économie «fictive»… Il suffirait alors, par exemple selon les partis du «Front de Gauche», de réorienter l’argent au service de l’ «Humain», de le rendre utile, d’investir pour l’emploi… C’est méconnaître le fonctionnement du capitalisme et ses lois économiques, puisque la propriété privée et la concurrence entraînent l’anarchie de la production (on ne produit pas selon un plan rationnel et harmonieux pour satisfaire les besoins du pays et de la population, mais toujours en vue du profit, y compris en liquidant des entreprises rentables si les marchandises qu’elles fabriquent peuvent être achetées mons cher à l’étranger ou produites en plus grande quantité pour une même durée du travail dans une autre entreprise équipée de machines plus perfectionnées.) D’autre part, revendiquer une autre politique, c’est se tromper sur la nature de l’État, qui n’est pas un arbitre au-dessus des classes représentant l’ «intérêt général», mais l’instrument d’oppression aux mains de la classe capitaliste. L’actualité du Venezuela, dont il faut soutenir le processus révolutionnaire, illustre ce fait qu’il ne suffit pas de mettre à la tête de l’État un gouvernement progressiste qui s’appuie sur le peuple, et que si l’on ne touche pas au mode de production capitaliste et à l’appareil d’Etat édifié par la bourgeoisie, celle-ci cherchera toujours à reprendre ce qu’elle a dû concéder face aux luttes et, comme au Chili ou dans d’autres pays, réprimera impitoyablement ceux qui auront osé s’attaquer à sa domination.

Nous avons vu que la destruction de l’URSS s’est accompagnée du sabordage de nombreux partis communistes. Mais certains partis, certains groupes et individus sont allés à contre-courant, ont combattu l’abandon des objectifs révolutionnaires et de la défense de la classe ouvrière, ont réaffirmé la validité du marxisme et la nécessité de défendre l’expérience de l’URSS et son apport dans le mouvement de libération des travailleurs et des peuples opprimés, dans la victoire contre l’Allemagne hitlérienne… En France, le PCF a tourné le dos à son identité qui avait fait de lui un parti aux traditions glorieuses de lutte et de solidarité. Des militants restés révolutionnaires se sont organisés dans d’autres groupes. L’un d’eux, dont les fondateurs du Collectif Défense sont issus, fut proche de recréer un véritable Parti Communiste, puis s’engagea dans l’unification avec un autre Parti qui avait insuffisamment rompu avec les tares dont le PCF était porteur. A l’étranger, il existe des partis communistes qui maintiennent l’orientation révolutionnaire en Grèce (KKE), en Russie (Parti Communiste Ouvrier de Russie-PCUS), en Italie (PC), en Espagne (PCPE), en RPD de Corée…

Les dernières élections en France ont illustré une fois de plus le système basé sur l’alternance gauche-droite (ou Républicains PS), les deux grands partis du Capital se partageant la gestion des affaires publiques, le système électoral permettant de maintenir cette alternance afin de créer l’illusion d’un pluralisme démocratique. Il est évident qu’un parti révolutionnaire, aussi puissant qu’il soit, n’est pas en mesure d’imposer un changement de société en remportant les élections. Le FN, autre parti du Capital, est utilisé comme aiguillon, permettant un report des voix vers l’un des deux grands partis du système au nom du «front républicain». Le Front de Gauche, qui s’est rallié au PS au 2ème tour, s’est déconsidéré une fois de trop, à tel point que sa fin est évoquée par les médias.

Le Collectif «DÉFENSE» a pour but de reconstruire une perspective révolutionnaire en alliant la théorie, indispensable pour s’orienter dans la lutte et éviter le piège du réformisme et de l’opportunisme, à la pratique quotidienne. Pour faire aboutir les revendications immédiates telles que la défense de l’emploi, la généralisation des CDI ou des emplois titulaires dans les services publics, la santé, l’éducation, la formation, les libertés démocratiques, il faut prendre de front les intérêts du Capital. Le Collectif ne prétend pas se suffire à lui-même. Les travailleurs ont besoin de syndicats, d’associations démocratiques défendant leurs intérêts, et bien sûr d’un parti révolutionnaire. Le Collectif œuvre à rassembler et conscientiser une avant-garde. Celle-ci doit mener la lutte contre le capitalisme partout où sont les travailleurs, dans les entreprises, dans les quartiers populaires. On ne fait pas la révolution dans une entreprise, mais on doit faire de chaque entreprise une citadelle de la révolution, en y créant des cellules communistes clandestines par rapport au patronat, dont les membres, militant aussi bien dans les syndicats réformistes que dans les associations, coopératives…, donnent un éclairage politique sur la situation et aident les travailleurs à lutter de façon unie, à inscrire leurs luttes dans la perspective du renversement de la bourgeoisie. Face aux bureaucraties installées dans la cogestion et le «dialogue social», il faut faire vivre la démocratie ouvrière, faire en sorte qu’aucune décision ne soit prise sans l’approbation des travailleurs en Assemblée Générale. De même, toute division entre travaileurs statutaires ou intérimaires, français ou immigrés, homme ou femme, est intolérable et fait le jeu de la bourgeoisie. Il faut populariser l’arme de la grève, appeler à l’unité des luttes et à un grand mouvement à l’échelle du pays, tout en avertissant que la bourgeoisie, si elle est amenée à faire des concessions devant un mouvement de lutte puissant, fera tout pour contre-attaquer et reprendre ce qu’elle aura cédé, et ceci même après la révolution. La classe ouvrière et ses alliés, constitués d’autres couches opprimées par le capitalisme monopoliste, devra, pour édifier une société nouvelle, instaurer un État de la dictature du prolétariat réprimant les anciennes classes exploiteuses et construisant les bases de l’édification socialiste.

La globalisation, que Lénine avait décrite en 1916 comme le stade impérialiste du capitalisme pourrissant, oblige les travailleurs du monde entier plus que jamais à unir leurs luttes. Les monopoles français qui condamnent au chômage des familles entières et pour lesquels l’Etat instaure un régime de répression et de suppression des libertés publiques, sont les mêmes qui pillent le «tiers monde» et sèment la guerre et la terreur pour s’approprier les richesses matérielles et humaines dans le monde entier. Ce sont eux qui, à l’aide de l’Union Européenne, cette construction du Capital monopoliste contre les peuples, ont instauré un régime fasciste en Ukraine au nom de la «démocratie». Les travailleurs d’Ukraine savent ce qu’ils ont perdu avec la liquidation de l’Union Soviétique. Leur industrie autrefois développée est liquidée par la nouvelle bourgeoisie, les meilleures terres sont convoitées par les industries agro-alimentaires mondiales. Poutine et l’oligarchie russe ne sont pas intéressés à rétablir le socialisme et l’URSS, ils s’opposent plus ou moins aux impérialismes rivaux (USA et pays de l’Union Européenne) pour conserver les marchés et investir leurs capitaux. Les camarades de l’Union des Communistes d’Ukraine ou ceux qui militent dans le KPU et qui affrontent le régime fasciste de Kiev, les mouvements de résistance ayant abouti à la création de républiques populaires (Donetsk, Lugansk) dans lesquelles militent et combattent les forces communistes et révolutionnaires, méritent la solidarité des travailleurs de France qui affrontent le même ennemi: le système impérialiste mondial.

Les peuples frères opprimés par l’impérialisme français (de Syrie, Lybie, des pays d’Afrique, des colonies rebaptisées DOM-TOM…) ont besoin de notre soutien. Celui-ci nécessite la rupture avec les forces qui soutiennent, sous couvert d’humanitarisme, d’antiterrorisme, de lutte contre le trafic d’êtres humains, les ingérences françaises. Les travailleurs employés par les entreprises françaises à l’étranger n’ont pas besoin d’être désignés comme des concurrents déloyaux. C’est le capitalisme qui leur impose des conditions d’existence misérables. Leurs luttes et les nôtres ne font qu’une, chaque victoire qu’ils remportent affaiblit notre ennemi commun. Nous ne pourrons pas renverser la bourgeoisie chez-nous si nous tolérons qu’elle opprime d’autres peuples.

Le mouvement communiste et ouvrier, qui traverse depuis 25 ans une période de reflux et de contre-révolution, doit se reconstruire sur la base du marxisme-léninisme et de l’internationalisme prolétarien.

Vive la révolution!

Vive le socialisme!

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