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À PROPOS DE LA LETTRE OUVERTE DU PATRONAT AU GOUVERNEMENT

Un système à bout de souffle

Pour inverser la courbe du chômage, le patronat français exige la récupération des aides sociales et la suppression des «charges» au profit des entreprises privées sous prétexte de faciliter l’embauche. Pour Pierre Gattaz, président du MEDEF, il faut «faciliter la création d’emplois en exigeant de passer d’une «gestion sociale du chômage» à une politique économique de l’emploi». La vérité est que le capitalisme ne peut plus s’accommoder des acquis sociaux, et que son système économique s’avère incapable de préserver dans l’avenir quelques garanties sociales que ce soit aux travailleurs. En effet, la concurrence «libre et non faussée», la compétitivité et les rivalités impérialistes qui caractérisent les lois du  marché international, imposent aux capitalistes une accumulation de plus en plus lourde qu’il convient de rentabiliser à toute force sous peine de disparaître. La casse industrielle alimente de cette façon un chômage massif, que le patronat veut retourner contre les travailleurs, pour dévaloriser leurs salaires et leurs revenus, afin de rentabiliser l’accumulation de la plus-value extorquée, produite par le surtravail.

Ainsi, l‘exploitation du travail salarié ne suffit plus pour rentabiliser le profit à notre époque et le patronat revendique la suppression des «charges», la modification du contrat et du code du travail. Pourtant, le crédit impôt compétitivité qui exonère le patronat sur les salaires élevés jusqu’à 1,5 fois le SMIC, le pacte de responsabilité et les 275 milliards de cadeaux annuels aux entreprises affaiblissent déjà considérablement le budget national endetté à la hauteur des richesses annuelles produites. Mais quelle ingratitude du patronat vis-à-vis de l’État bourgeois qui, entre le PS et la droite au gouvernement, n’a de cesse de remplir les caisses des monopoles capitalistes. Le capital lutte pour sa survie; en conséquence, il veut un contrat de travail «agile» qui plafonne les indemnités prudhommales pour les lier à l’ancienneté, soumettre les travailleurs à la situation de l’entreprise ou la réalisation de projet avec la liberté de licencier, une exonération totale de cotisations sociales, une exonération pour tout recours en alternance (apprentis ou stagiaires). Enfin, il demande des aides supplémentaires pour l’embauche de chômeurs de longue durée mais formés. Le capital prétend que «coût du travail», fiscalité et complexité constituent encore des obstacles majeurs à la compétitivité et veut un CDI aménagé converti en CDD de longue durée pour faciliter les licenciements collectifs et individuels en fonction de la situation de l’entreprise en toute légalité. La lettre ouverte stipule également que tous les partis politiques signeraient enfin la mobilisation contre le chômage.

Un système inaménageable

Alors quel démenti cette lettre, pour tous ceux qui prétendent adoucir le sort des travailleurs en conservant le capitalisme! Quelle gifle pour les champions du partenariat social! Quelle déception pour les idéalistes qui croient à l’Europe sociale par l’aménagement de la BCE, comme si l’échec de SYRIZA en Grèce n’était déjà pas suffisant. Mais que dire de ceux qui veulent légitimer l’État bourgeois en demandant une primaire à gauche pour les prochaines élections présidentielles? L’ «économiste» Piketty, avec Cohn-Bendit, l’ancien révolutionnaire soixantehuitard recyclé et repenti, certains partis de la gauche réformiste, s’engagent ainsi dans une bataille qui réhabilite le présidentialisme de la Ve République. Pourtant, ces politiciens devraient savoir que la politique est un concentré de l’économie, par conséquent vouloir faire une primaire à gauche pour les présidentielles n’est pas de nature à inquiéter le capital, car cela revient à soutenir l’État bourgeois avec sa constitution et sa justice de classe qui promulgue chez Goodyear l’impunité pour les monopoles casseurs d’emplois et la prison pour les travailleurs.

Ce système est à bout de souffle sur le plan économique et utilise la violence politique contre les syndicalistes car il ne peut plus se contenter des conditions économiques actuelles, pas plus que les travailleurs ne veulent continuer à être exploités. Les solutions ne se trouvent donc pas dans le rassemblement de sommet voulu par le PCF et la gauche (bobo) qui veut sauver la social-démocratie, mais dans la révolution pour la construction du socialisme.

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