COLLECTIF "DÉFENSE"

Accueil » Actualités » TAUBIRA: UNE DÉMISSION À DEUX VITESSES

TAUBIRA: UNE DÉMISSION À DEUX VITESSES

La démission de Christiane Taubira a été tant de fois prédite et démentie depuis le début du quinquennat de Hollande, que son annonce officielle du 27 Janvier met finalement fin à l’art de gouverner sans en assumer les conséquences. En effet, pour dédouaner le PS de la politique droitière de trahison sociale et de collaboration intégrale avec les multinationales capitalistes, la démission du ministre de la justice constitue le dernier acte de la «clarification» de la ligne politique entamée depuis 2014 avec les départs de Montebourg, Hamon et Filipetti du gouvernement. La formule employée par Taubira avant d’enfourcher son vélo et partir du ministère est: «parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir…» Mais à quoi les ministres frondeurs et démissionnaires ont-ils résisté? Au pacte de responsabilité, au CICE, à l’allongement des années de cotisations retraite, à la baisse de la dépense publique, à la privatisation des services, des hôpitaux, la casse de la sécu, le démantèlement du temps de travail, les guerres impérialistes dont on subit les conséquences?… Pas un seul n’a bougé le petit doigt sur l’ensemble de ces questions. Au contraire, l’ensemble des frondeurs socialistes, avec leurs anciens ministres en tête, renforcés par la fameuse «gauche radicale» PCF, Verts et FdG vont accompagner sans tarder la suppression des 35 heures et le démantèlement du Code du travail en prônant le développement du dialogue social, sous prétexte de réclamer des compensations aux aides au patronat.

Des symboles contre des faits

Mme Taubira donne l’exemple d’une stratégie faite pour sauver l’alternance PS-Républicains, y compris dans la perspective où la droite devancerait le PS au premier tour des élections présidentielles de 2017. Le ministre de la justice ne s’est nullement opposé à la loi sur le renseignement qui a ouvert un boulevard aux services de police et une surveillance élargie des communications personnelles. Les condamnations allant jusqu’à 9 mois de prison ferme ont bien été prononcées sous son ministère contre les travailleurs de Goodyear. La criminalisation des luttes sociales à bien été utilisée contre les travailleurs pour minimiser la violence sociale des patrons due aux restructurations industrielles. Il y a donc des gens au PS qui se réclament de gauche, mais qui plient l’échine sous l’exigence du capitalisme en dégénérescence constante, incapable de faire face à sa crise. Cependant, ces socialistes considèrent que la déchéance de la nationalité est la question phare de l’affirmation d’une orientation droitière. A gauche aujourd’hui on préfère donc s’opposer aux symboles plutôt qu’aux faits en ce qui concerne la politique d’austérité. Ceux qui condamnent les mesures de répressions ouvertes contre le mouvement ouvrier ne peuvent pas s’unir avec ceux qui prônent la démocratie sans renoncer à vouloir assurer aux monopoles capitalistes des conditions optimales d’exploitation et d’extorsion de la plus-value sur le dos des travailleurs. La violence verbale de l’extrême-droite contre Taubira ne fait donc pas d’elle une icône pour la gauche, à moins bien sûr que cette dernière refuse obstinément d’être anticapitaliste. Le Collectif «DÉFENSE» appelle à une véritable alternative ouvrière révolutionnaire par le développement des luttes anticapitalistes et la création d’un véritable parti ouvrier capable d’organiser la révolution socialiste.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :