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SECOND TRACT CONTRE LA LOI EL KHOMRI

NI CONTRE-PROJET, NI NEGOCIATION, RETRAIT DE LA LOI EL KHOMRI!

Comme on s’y attendait, le report de l’examen de la loi El Khomri a permis au gouvernement d’affiner le texte en faisant semblant d’en ôter les éléments les plus scandaleux. L’essentiel est cependant maintenu: une entreprise pourra licencier en cas de baisse des commandes, du chiffre d’affaires, même si les résultats de la maison mère à l’étranger sont positifs. Le plafonnement des indemnités prudhommales est remplacé par l’instauration d’un barème indicatif auquel les juges pourront se référer, ce qui ne changera pas grand chose, surtout que de nombreux dispositifs ont été mis en place pour dissuader les salariés de s’adresser au tribunal prudhommal. Le recours au référendum, dispositif central du projet, est, dans la deuxième version, limité à la question du temps de travail dont la modification serait permise par un accord avec un syndicat minoritaire malgré l’opposition de la majorité. La rémunération des heures supplémentaires serait définie par un accord d’entreprise, même si un accord de branche est plus favorable.

Face à la mobilisation des travailleurs, des lycéens et des étudiants pour le retrait de cette loi de liquidation du Code du travail, le gouvernement a cherché à impliquer les directions syndicales dans son projet. Il y a réussi avec la CFDT qui a contribué à la rédaction du texte. En ce qui concerne les autres directions confédérales, le discours ferme appelant au retrait du projet s’accompagne de contre-propositions réformistes tout aussi dangereuses. Celle de la CGT ressort son projet de «sécurité sociale professionnelle», porté par les réformistes du PCF, visant à aménager dans la durée la précarité et la flexibilité du travail. Ainsi, un salarié licencié serait considéré comme étant en formation, tandis qu’un «Nouveau Statut du Travail Salarié», permettrait de capitaliser en quelque sorte un socle de droits acquis au cours de la carrière, financés par un fonds géré par l’Etat, les entreprises et les «représentants» des salariés. Ceci tourne le dos au principe de la véritable Sécurité Sociale et s’en remettant à l’Etat pour qu’il daigne orienter les aides aux entreprises vers celles qui créent de l’emploi au détriment de celles qui délocalisent ou pratiquent la spéculation financière. Ainsi, le nouveau mot d’ordre «Zéro chômeur» (le chômage est inhérent au capitalisme, il est nécessaire à la bourgeoisie pour maintenir les salaires le plus bas possible, il n’y a qu’en URSS et dans les pays socialistes qu’on a pu liquider le chômage) n’est-il qu’un slogan trompeur dissimulant l’inscription des dirigeants syndicaux dans le système capitaliste. Quand FO assortit son opposition à la nécessité de «tout remettre sur la table» et déclare qu’il n’y a pas un problème de système mais d’orientation de la politique économique générale (Mailly sur RTL le 9 mars), il entretient l’illusion sur la possibilité d’un autre fonctionnement du capitalisme et ignore le rôle de l’Etat comme instrument de la bourgeoisie monopoliste.

La bourgeoisie compte sur l’encadrement et la récupération de la contestation par la social-démocratie. Le PS, qui a dépassé Sarkozy dans la régression sociale, est en effet déconsidéré pour un certain temps. Le rôle des soi-disant frondeurs, comme celui des partis réformistes du Front de Gauche, est alors de limiter la lutte à une exigence de réformes sociales et d’une politique économique alternative au libéralisme. De plus, la loi El Khomri, comme la loi Macron, pousse jusqu’à ses conséquences extrêmes l’annualisation du temps de travail instaurée par l’actuelle «frondeuse» Martine Aubry, alors Ministre du travail du gouvernement de gauche plurielle de Jospin. Le double langage de ceux qui prétendent être opposés à la politique de Hollande, tout en s’alliant au PS aux élections et en appelant à une primaire à gauche avec les serviteurs du capital déguisés en socialistes authentiques, doit faire réfléchir sur la véritable nature de ce qu’on présente comme la «gauche de la gauche».

Aujourd’hui, la crise du capitalisme rend impossible toute réforme progressiste, et oblige les monopoles capitalistes à liquider les droits des travailleurs et les conquêtes sociales obtenues par nos anciens, pour maintenir leur taux de profit, faute de quoi ils seront broyés par d’autres monopoles concurrents. Il n’y a pas d’issue avec le capitalisme, il faut le renverser par la révolution et construire une société nouvelle: le socialisme-communisme.

Ainsi, il faut assurer le succès des manifestations et des grèves pour obtenir le retrait de la loi El Khomri, mais aussi la relaxe des travailleurs poursuivis, licenciés ou condamnés pour faits de lutte (à Air France, la Poste, Goodyear…). Il faut aussi que tous les travailleurs s’affilient aux syndicats, quelle que soit leur position, et y expriment leurs revendications pour couper l’herbe sous le pied des réformistes qui ne jurent que par le «dialogue social». Enfin, il faut une organisation politique révolutionnaire des travailleurs. Le Collectif «DEFENSE» a commencé à la construire. Rejoignez-le.

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