COLLECTIF "DÉFENSE"

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ASSURANCE CHÔMAGE: GATTAZ BRAQUE SES VICTIMES

 

Le MEDEF menace de suspendre la négociation sur l’assurance chômage si le projet El Khomri n’est pas amendé en son sens. Le président du MEDEF «met en garde» un gouvernement qui n’a de cesse à vouloir servir les intérêts du capital. La dictature du capital s’exerce contre tous ceux qui ne respectent pas à la lettre toutes ses directives anti-sociales et économiques. Le MEDEF rejette donc le mandatement pour les entreprises qui veulent négocier des accords mais qui n’ont pas de délégués syndicaux, le compte personnel d’activité, et la sur taxation des CDD. Comme si la loi El Khomri qui permet à toutes les entreprises de passer par-dessus les syndicats par l’intermédiaire du système référendaire en pratiquant le chantage à l’emploi, n’était pas de nature à briser la totalité du Code du travail. Enfin, s’en prendre au gouvernement qui lâche au capital 275 milliards par an d’aides publiques renforcées par le pacte de responsabilité, c’est montrer à la fois beaucoup d’intransigeance et d’ingratitude. Le chômage est une arme économique dont le capital n’est pas près de se séparer en toutes circonstances. La soif de plus-value sur le travail salarié conduit aujourd’hui le capital à asphyxier socialement ses propres victimes mis hors circuit de l’emploi pour les mettre en concurrence avec les travailleurs. La grande armée de réserve du capital, les chômeurs, sont affamés par le patronat pour les forcer à accepter des conditions de plus en plus draconiennes à l’embauche. L’UNEDIC indemnise déjà moins d’un chômeur sur deux à une moyenne de 600 euros par mois. C’est pourtant les salariés qui cotisent pour payer la casse sociale du chômage programmé par le capital. Quand aux cotisations «patronales», le MEDEF demande leur baisse en prétendant qu’il y a des excédents. Le capital assoiffé de profit ne tolère plus aujourd’hui de continuer de faire semblant de négocier dans une logique absurde du donnant-donnant. Le patronat veut imposer ses intérêts de classe aux gouvernements successifs, aux partis, aux syndicats et à tous les travailleurs. En échange de sa rigidité sociale intransigeante, il offre à Valls et son gouvernement la possibilité d’enfourcher un cheval de bataille à l’approche des présidentielles, qu’il fera semblant de guider à gauche. Ainsi, la fausse opposition Valls-MEDEF est faite pour renforcer le monarcho-présidentialisme qui enferme dans ses institutions, à chaque consultation électorale, une nouvelle vague d’austérité pour les travailleurs. En affamant les chômeurs, l’État bourgeois s’apprête à faire chanter les travailleurs pour qu’ils se mettent socialement à genoux devant le capital. Ainsi, ceux qui à gauche présentent un candidat à l‘élection présidentielle, ou bien qui essaient, comme ceux qui  poussent à l’organisation d’une primaire, s’efforcent de masquer la nature de plus en plus répressive du système capitaliste. A chaque présidentielle, chaque nouvelle majorité qui en ressort (droite républicaine, gauche plurielle ou autre), les travailleurs et les masses déshéritées de la population se voient spoliées de plus en plus de leurs garanties sociales et de leurs droits démocratiques. Le mot d’ordre politicien de «zéro chômeur» porté par le PCF, ne trouvera son aboutissement qu’après la révolution socialiste et le bris de l’État bourgeois en vérité, et non au travers de mesures inadaptées au système obsolète et pourrissant du capitalisme qui durcit sa dictature contre ceux qu’il exploite parce qu’il est aux abois. Pour que les droits des travailleurs soient préservés, que les chômeurs puissent avoir des indemnités qui leur assurent provisoirement et correctement le droit de vivre, organisons la lutte pour le renversement du capitalisme, l’avènement du socialisme, l’expropriation des monopoles privés, la planification économique et démocratique, avec un contrôle ouvrier.

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VALLS: UNE RECULADE EN TROMPE L’OEIL

Les syndicats étudiants et lycéens se disent «satisfaits» des mesures décidées par le premier ministre. Elles sont toutefois largement insuffisantes et inefficaces avec le maintien de la loi El Khomri. En fait, le gouvernement ne lâche pas du lest, contrairement à ce que voudrait faire croire le patronat. L’idée, appuyée par la gauche réformiste, d’un recul gouvernemental pour des mesures d’accompagnement de la loi El Khomri, et reprise par les directions des syndicats étudiants, risque de dissimuler les manœuvres de Valls, qui ont pour but uniquement la dé-solidarisation de la jeunesse et des travailleurs. Quelles sont ces mesures? Prolonger de quatre mois au maximum les bourses pour un coût de 400 à 500 millions d’euros d’après Matignon. Cela concerne 126.000 jeunes qui rentrent sur le marché du travail contre 2,39 millions d’étudiants dont 562.000 environ sont issus de familles intermédiaires et ouvrières. Nombreux sont les enfants des familles modestes qui sont astreints à un travail précaire pour payer leurs études; cette mesure ne fait donc pas le compte car elle est loin de remettre en cause la discrimination sociale envers les familles populaires. Selon les statistiques, 36%  seulement des étudiants âgés de 30 à 35 ans ont achevé leurs études supérieures car les diplômes coûteux pour les familles sont dans l’UE considérés comme un bouclier contre le chômage et ce ne sont point les promesses d’Hollande sur l’inversion de la courbe du chômage qui changeront la donne. La mobilisation des jeunes doit avoir pour but le retrait pur et simple de la loi Macron – El Khomri-MEDEF et ce ne sont pas les sucres d’orge de Matignon qui protégeront leurs carrières professionnelles. Il est de même exagéré de dire que des «bonnes annonces pour les apprentis et les lycées professionnels» ont été exprimées par le premier ministre, car toutes ces dispositions seront incluses dans les accords d’entreprises prévues par la loi El Khomri. L’autre grande mesure, concernant le renchérissement du coût des CDD par «une modulation des cotisations patronales d’assurances chômage» visant à favoriser l’embauche en CDI, ne dépend pas du gouvernement mais des négociations d’entreprises. En fait avec la loi El Khomri le patronat pourra avoir autant de droit sur les CDI qu’il en a aujourd’hui sur les CDD. Avec ou sans aménagement la loi Khomri c’est:

  • l’augmentation de la durée du travail de nuit
  • la facilitation des licenciements en cas de transfert ou délocalisation de l’entreprise
  • la suppression des minimum de dommages et intérêts en cas de licenciement injustifié
  • la visite médicale transformée en une visite d’information
  • la possibilité pour un patron de baisser les salaires et changer le temps de travail
  • le temps partiel des heures complémentaires moins payées
  • des plans sociaux sans difficultés économiques
  • un recours facilité au temps partiel
  • changement de date des congés payés au dernier moment
  • la possibilité pour Pole Emploi de prélever directement les trop perçus sur les allocations de chômage
  • licenciement économique déclaré nul: baisse des indemnités pour les salariés,
  • pouvoir passer par simple accord de 44 à 46h de travail maximum, de 10h à 12h de travail par jour
  • le recours au référendum contre l’avis de 70% des syndicats
  • temps partiels modifiés trois jours à l’avance
  • temps d’astreinte décompté des temps de repos
  • moins d’indemnités pour les accidentés et les malades
  • licenciement d’un salarié qui refuse le changement de son contrat de travail
  • dé-majoration des heures supplémentaires après accord d’entreprise à l’issue d’un chantage patronal à l’emploi… enfin tout pour confronter les travailleurs à une exploitation de plus en plus féroce par le capitalisme.

Le Collectif «DEFENSE» appelle à combattre la récupération de la contestation par la social-démocratie. Le rôle des frondeurs, comme celui du PCF et des leaders des «nuits debout» est de limiter les luttes à une exigence de réforme sociale avec des propositions pour une politique économique faussement alternative au libéralisme économique bourgeois appliqué par tous les partis qui se sont succédé à la tête de l’Etat. Ainsi, ceux qui prétendent s’opposer à la politique d’Hollande tout en s’alliant avec le PS aux élections brouillent les cartes en appelant à une primaire à gauche. Tout cela pour aboutir finalement à l’élection d’un président avec une majorité à l’Assemblée, fût-elle de gauche, mais qui de toute façon poursuivra la politique de ses prédécesseurs contre les travailleurs et pour le capital. Dans l’immédiat, ne faiblissons pas dans la lutte contre cette loi de régression sociale appelée paradoxalement «loi travail»; rejoignons le Collectif «DEFENSE» qui assure une formation politique et syndicale à tous ses militants. Rejoignons les syndicats pour se ré-approprier l’offensive ouvrière dans les luttes revendicatives. Il faut également, sur le plan politique, boycotter les élections présidentielles pour s’opposer au monarcho-présidentialisme qui aide les réformistes de gauche à se situer politiquement au côté du capital en faisant croire que l’on peut l’adoucir et le rendre sociable. Ne laissons point aux possédants des grosses fortunes et aux capitalistes l’apanage de la politique, agissons avec le Collectif «DEFENSE» pour construire un parti de la classe ouvrière en organisant la révolution pour promouvoir le socialisme.