COLLECTIF "DÉFENSE"

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COMPTE-RENDU DE LA RÉUNION-DÉBAT À SAINT-DENIS LE 26 OCTOBRE

Le Collectif a débattu le 26 octobre 2016 à Saint-Denis avec des travailleurs, sympathisants et militants, dont de nouveaux adhérents de province. Après le rapport introductif ci-dessous, la discussion a été riche et a permis de faire mieux comprendre les mécanismes de la dictature de la bourgeoisie dans un pays impérialiste comme la France.

UNE GAUCHE À BOUT DE SOUFFLE CONTRE UN ÉVEIL DE LA CONSCIENCE RÉVOLUTIONNAIRE

Les travailleurs, principalement touchés par la crise du capitalisme, sont sollicités par les politiques de droite et de gauche à l’approche des élections présidentielles. Le président de la république serait, nous dit-on, au sommet de son impopularité. Il se tirerait volontairement une balle dans le pied en distillant de confondantes confidences et la majorité, ou plutôt celle qui reste en se revendiquant en tant que telle, serait au bord de la crise de nerfs.

En appliquant tous les désirs économiques du MEDEF, l’actuelle majorité gouvernementale s’est retrouvée laminée dans les urnes lors des élections intermédiaires (sénatoriales, municipales, départementales, régionales) en entraînant son allié électoral le PCF. Ainsi, face à la droite, qui à travers ses candidats aux primaires parle de supprimer les 35 heures, remettre en cause à nouveau l’âge de départ à la retraite, supprimer l’impôt sur la fortune, supprimer des postes de fonctionnaires… la bourgeoisie nous présente Valls, Ayrault, Montebourg ou Macron comme des sauveurs potentiels de la gauche au 2ème tour.

Ce sont ceux qui n’ont cessé d’écraser socialement les travailleurs en supprimant toujours plus de prestations sociales qui déjà se présentent comme un rempart face à la droite et au FN afin de continuer à servir le capital comme le ferait la droite, en trahissant ses promesses.

Cependant, ceux qui, comme le PCF, parlent de logement, de pouvoir d’achat, de précarité ou des conséquences de la révolution numérique, participent aux objectifs politiques de la bourgeoisie, car ils ne remettent point en cause le capitalisme dans leurs propositions et, au contraire, proposent de l’aménager en faisant croire aux travailleurs que l’on peut adoucir le système d’exploitation capitaliste du travail humain.

Voyons de plus près ce que dit Mélenchon, par exemple.

«C’est l’ère du peuple qui doit commencer!»

Il veut être le dernier président de la 5e République pour promouvoir une Assemblée constituante, la 6e République avec un Président du Conseil élu par l’Assemblée Nationale pour rompre avec l’oligarchie financière. Cela a déjà été fait avec la 4e, ce qui n’a jamais empêché l’oligarchie financière et le capitalisme industriel d’exploiter les travailleurs avec la population pour accumuler du capital au détriment des intérêts de toute la société. Mélenchon oublie qu’en France, aujourd’hui, le «front républicain» droite-PS est prêt à s’allier avec le FN plutôt que de tenter l’expérience d’une constitution qui, tout en «aménageant le capitalisme», politiserait les rapports de forces électoraux comme à l’époque de la 4e République. Cela ferait ressortir les antagonismes de classe entre le capital et le travail, et l’État bourgeois serait prêt au pire pour empêcher l’expression d’une telle réalité. Les problèmes sont d’abord économiques et la remise en cause des critères aggravant l’exploitation capitaliste débouche sur la révolution.

Ce que propose Mélenchon est donc impossible à réaliser par les élections, car pour changer les institutions en faveur de la démocratie populaire, il faut briser l’État bourgeois par la révolution prolétarienne.

Sur le «partage des richesses», il dit: «Il faut révolutionner les impôts pour que tout le monde paye pareil. Notre pays n’a jamais été aussi riche. Il faut partager les richesses.» Mais qu’est-ce que la richesse? Le patrimoine des riches? Les yachts et les villas luxueuses? Les montres à 85.000 euros? Les hôtels de luxe?… Qu’allons-nous faire avec cela, alors que les usines ferment et s’exportent là où la main d’oeuvre est bon marché? Dans le même temps, la désindustrialisation en France maintient plus de 8 millions de travailleurs sans emploi, les jeunes, dont la plupart ont échoué dans leur scolarité sont chômeurs avant d’avoir travaillé.

La véritable richesse dans notre pays réside dans la volonté de travail des masses, dans le savoir-faire de ceux qui ont l’expérience de leur métier, de ceux qui produisent la plus-value pour le capital et qui demain travailleront pour assurer le développement social.

Ce que Mélenchon ne propose pas, c’est l’expropriation du capital de la propriété des moyens de production, l’appropriation collective des banques, des usines, laboratoires, hôpitaux, grands commerces et grandes exploitations agricoles, le contrôle ouvrier sur la production et les plans de ré-industrialisation. Mélenchon ne propose pas d’organiser la révolution socialiste par l’intensification de la lutte de classe et n’a pas de proposition sur l’internationalisme prolétarien et la révolution mondiale. Il ne veut pas faire la révolution et préfère déblatérer sur la «planification» écologique, sachant malgré tout que le capitalisme qu’il veut maintenir, en prétendant le rendre social, préfère le rendement, la spéculation et le libéralisme économique plutôt que l’écologie.

Le principe de la planification doit être sous le socialisme démocratique et avoir des objectifs économiques qui intègrent en même temps le développement social et l’écologie, mais pour cela il faut que la planification soit contrôlée par les travailleurs. Mais allez parler à Mélenchon de la dictature du prolétariat!

Sur la sortie des traités européens qu’il propose: pour se soustraire des obsessions idéologiques de la commission européenne et de la dette, il faudrait que le capitalisme fonctionne sans les traités européens. Alors pourquoi maintenir le capitalisme si Mélenchon ne veut pas des inconvénients de l’Europe capitaliste? Hier, il défendait le concept de l’Europe sociale avec le PCF. Puis, depuis l’échec de SIryza et de Tsipras, il renonce à l’idée d’une BCE plus  complaisante qui mutualiserait la dette des États et renoncerait aux objectifs impérialistes des États capitalistes pour accréditer l’idée que tout dépend des traités. Mais cela revient au même. Les traités européens sont anti-sociaux tant que les pays européens seront gouvernés par des États capitalistes.

Mélenchon oppose le progrès humain (santé, sport, culture, éducation) à la course à l’accumulation. C’est bien, mais comment peut-il y avoir dans la société d’un côté un capitalisme libre d’accumuler des richesses et de l’autre un peuple exploité partageur, solidaire, qui règle ses problèmes sans remettre en cause ni l’exploitation dont les travailleurs sont victimes, ni les privilèges, ni la domination bourgeoise institutionnelle?

Le chauvinisme de Mélenchon est difficilement masqué par ce qu’il appelle «l’enthousiasme collectif»: mais la France n’est point pour l’instant le moteur des inventions, du progrès et de la civilisation humaine. Ce rôle incombe aux luttes et à la solidarité internationale des travailleurs et aux avancées de la révolution mondiale contre le capitalisme impérialiste.

Que propose le Collectif DÉFENSE à l’occasion des élections présidentielles? -Boycotter le système monarcho-présidentialiste de ce type d’élection. Préférer montrer le mécontentement des travailleurs contre la loi El Khomri dans les entreprises plutôt que de se laisser entraîner par le PS et les formations plus à gauche dans la récupération politicienne des élections présidentielles qui n’ont pour objectif que de faire participer une majorité d’électeurs à un choix du deuxième tour qui n’aura d’alternative que la politique d’austérité contre l’austérité politique. Soit front républicain contre FN (droite ou PS contre FN), Et si le PS fait la campagne du FN en le mettant en avant, c’est pour enlever des voix à la droite pour essayer d’être présent au deuxième tour. Il faut un parti pour les travailleurs pour éclairer le combat de la classe ouvrière. Notre collectif s’est engagé dans la construction de ce parti. Nous luttons avec les syndicats et les associations pour donner des objectifs politiques révolutionnaires au combat de classe. Par exemple, nous étions présents à la fête des associations de Saint-Denis et avons fait signer des pétitions pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Cette bataille menée par les associations et certains partis de gauche fait bien sûr reconnaître dans les faits la présomption d’innocence vis à vis d’un homme qui est condamné à la prison à vie par la France sans que l’on puisse prouver sa culpabilité, condamné à perpétuité pour complicité dans un acte de résistance par les fractions armées révolutionnaires libanaises alors que son pays, le Liban, était envahi par les troupes sionistes. Ceci a bien été dénoncé par les associations demandant sa libération. Il est détenu depuis 1984 à la prison de Lannemezan en France, pays de la constitution des droits de l’homme depuis 1989!

En rejoignant ce combat, le Collectif DÉFENSE va plus loin, car la lutte pour sa libération est une lutte qui légitime le point de vue anti-sioniste. Cette lutte est donc liée au combat en faveur de la paix, car la logique anti-sioniste légitime l’union des pays arabes contre l’impérialisme qui divise, exploite et colonise. Ainsi, la guerre en Syrie est le théâtre des malversations impérialistes. En effet, la France qui soutient l’obscurantisme d’Al Nosra et d’Al Qaida à Alep présente ce terrorisme-là comme une opposition démocratique en comparaison de ceux qui se réclament de l’Etat Islamique. Cela contribue à enfoncer la région dans la division et le chaos en faisant le jeu du sionisme et des multinationales. Ainsi, la lutte pour la libération de Georges Abdallah est la même que la lutte contre l’obscurantisme face aux idées émancipatrices à Alep et dans le monde arabe.

Cette lutte est liée à la lutte contre le capitalisme, pour la justice, l’indépendance et l’auto-détermination des peuples. La détention du camarade Abdallah est une conséquence des desseins impérialistes contre la paix. La reconstruction d’une nouvelle solidarité internationale des travailleurs est donc nécessaire face aux dangers d’internationalisation des guerres impérialistes. Cette reconstruction ne peut prendre réellement son effet que dans le cadre de la perspective d’une révolution mondiale contre le capitalisme. C’est dans les usines et les cités qu’en France on peut faire converger l’intérêt entre les travailleurs afin d’empêcher les stratégies militaires impérialistes. Il faut pour cela que dans les luttes nous reconstruisions ensemble un parti communiste révolutionnaire et dont l’action de ses militants est connue par les travailleurs. Nous vous proposons d’entraîner vos organisations dans la lutte pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah contre l’exportation des capitaux, contre la guerre et l’appauvrissement des pays dominés par le capitalisme, d’adhérer et inciter à adhérer au Collectif DÉFENSE qui se chargera de former les nouveaux pour en faire des militants convaincants.

Discussion

Une camarade, ayant obtenu récemment la nationalité française, s’inquiète de la montée du FN et du danger fasciste, qui semblent émaner notamment des manifestations des policiers (qui votent FN à 57%) pour plus de répression. Elle refuse de se résoudre à voir un second tour avec le FN et la droite; elle relève les ambiguïtés de Mélenchon sur l’Union Européenne, celles du PCF, des Frondeurs, dont les positions de Hamon semblent les moins pires.

On lui répond que la social-démocratie trahit depuis 100 ans avec de «bonnes propositions»; elle s’est toujours pliée aux impératifs de l’État. Le gouvernement est au service de l’État bourgeois. S’il ne le fait pas, il se produit une situation comme au Chili en 1973. Quel que soit le gouvernement élu, dans ce système monarcho-présidentiel, il fera la politique des monopoles. Le FN ne prendra pas le pouvoir, ne serait-ce que parce que le fascisme ne vient jamais par les élections et que, comme ajoute un camarade, l’élection est réglée d’avance. La bourgeoisie aurait recours au fascisme seulement s’il y avait un parti communiste révolutionnaire qui la menacerait; mais cela dépend du rapport des forces anticapitalistes et de la prise de conscience révolutionnaire. Le PS agite l’épouvantail du FN depuis Mitterrand et lui fait ainsi sa promotion.

Sur la proposition du «revenu universel», auquel se rallient des politiciens de tous bords, on relève qu’il s’agit d’un dispositif qui servirait à exonérer le patronat de sa responsabilité quant au chômage. Le capitalisme ne peut pas offrir le plein emploi, donc on prétend amener une économie alternative avec des outils (des camarades citent parmi ceux-là la fameuse «sécurité sociale professionnelle») pour pallier la précarité. Certains présentent cela comme un acquis qui serait comparable à ce qu’a été la sécurité sociale. Or, il suffit d’avoir à l’esprit que tous les acquis ont été obtenus par des luttes et jamais grâce à une victoire électorale de tel ou tel parti, pour se rendre compte qu’il ne s’agirait nullement d’une mesure en faveur des travailleurs ou en rupture avec le système. La sécurité sociale est un acquis de la Résistance antifasciste obtenu quand la CGT et le PCF étaient puissants et défendaient les intérêts de la classe ouvrière, et que la puissance de l’URSS obligeait la bourgeoisie à satisfaire des revendications plutôt que de risquer un renversement de son système. Si on ne travaille pas au renversement de la bourgeoisie, les «bonnes propositions» n’aboutiront pas. À présent, la bourgeoisie veut supprimer tous les acquis sociaux.

Des camarades évoquent la diminution des allocations, la précarité, la difficulté à se loger, la politique des municipalités qui privatisent le logement social ou préfèrent payer des amendes plutôt que d’en construire. Les villes s’embourgeoisent et les pauvres en sont chassés. On rappelle la politique de l’Union Européenne de nivellement par le bas et de flexibilité des salaires. Vouloir aménager le capitalisme revient à maintenir l’austérité, car si on ne touche pas au système, il y a toujours les exploiteurs vers lesquels vont les profits, et les exploités qui se partagent le peu qui reste.

Sur le logement, au départ, les municipalités PCF ont voulu résorber les bidonvilles. On a donc construit des logements sociaux modernes, ce qui était un progrès. Mais la revendication du logement social n’a pas été posée pour qu’il soit une institution nationale, donc le financement a reposé sur les épaules des communes qui ne pouvaient pas répondre à tous les besoins. Puis, il y a eu la dégradation de la situation sociale, les difficultés de logement… Maintenant, les prix augmentent démesurément. Le système d’aides va dans la poche des propriétaires (l’aide à la pierre) alors qu’avant la loi Barre, cela relevait du salaire différé. Il faut mener des luttes contre l’État pour généraliser le logement social. Rester sur des positions réformistes a empêché d’avancer sur cette question.

Un camarade de Lyon estime nécessaire un programme d’alternative au capitalisme, qui doit être élaboré démocratiquement dans le sens des besoins. Bien sûr que Hamon s’en inspire, mais ce qu’il propose est irréalisable dans le système actuel. Le programme doit définir les besoins les plus immédiats. Il faut aller vers les gens, collecter leurs revendications, expliquer pourquoi la société a besoin d’une transformation révolutionnaire pour les satisfaire, quels sont les moyens à utiliser pour le faire. Il y a les richesses crées par le travail. Le capitalisme doit être aboli, on doit lutter contre le profit, la production doit être contrôlée par les travailleurs. Une fois la révolution fait, un partage du travail permettra que chacun ait sa place dans la société.

Sur les questions internationales, on rappelle que sans l’intervention impérialiste contre l’Irak, il n’y aurait pas d’E.I. Face à la politique de l’impérialisme, il faut promouvoir la coopération , le développement sans exploitation. Des camarades algériens font remarquer qu’il y a eu des coopérations au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, mais cela n’a pas empêché le système d’enrichissement, de Ben Bella à Bouteflika, à part sous Boumediene où il y avait eu une révolution agraire, mais aussi beaucoup de problèmes persistaient.

Le camarade de Lyon considère que l’impérialisme est un phénomène mondial contre lequel il faut des luttes solidaires. La Palestine est une cause vitale. De la Syrie au Yemen en passant par le Donbass, les pays impérialistes sont solidaires entre eux contre les peuples, mais les États-Unis dominent. La lutte contre l’ennemi commun peut fédérer tout le monde. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes prime. Au Donbass, Poutine s’est opposé au rattachement à la Russie que les gens considéraient comme un moindre mal. Ils ont ainsi choisi l’autonomie. Les nationalistes sont devenus majoritaires. Maintenant, ils veulent l’indépendance des oblast. Les USA ont doublé l’U.E.

D’autres camarades considèrent que les peuples sont avant tout victimes des rivalités entre les impérialismes. À la chute de l’URSS, le capitalisme a démantelé et liquidé les acquis des travailleurs. Les fascistes ukrainiens ont pour mission de permettre la baisse généralisée des salaires. L’U.E et les USA les ont soutenus contre l’impérialisme russe. Les peuples prennent conscience de ce qu’ils ont perdu avec la chute du socialisme. Ils doivent reprendre leurs affaires en main, lutter contre l’impérialisme russe, pour la reconstruction du socialisme.

Une discussion a lieu sur la question: la Russie est-elle au stade impérialiste? Des camarades considèrent que la bourgeoisie n’est pas au stade des monopoles, que l’exportation des capitaux russes est faible en comparaison d’autres pays. Or, le sens du développement va vers l’impérialisme. Les positions de Poutine sont des positions impérialistes. Il y a fusion du capital bancaire et industriel en capital financier, l’oligarchie dirige, même si elle est divisée en différentes tendances, ce qui est le cas aussi en France. Ce qui compte dans la lutte des peuples, c’est la résistance face aux monopoles. Le Parti Communiste Ouvrier de Russie s’oppose à l’impérialisme russe.

En Syrie, l’impérialisme français est plus belliqueux que l’impérialisme US. Le Parti communiste, qui a eu pendant un temps un ministre, soutient l’intégrité territoriale et la souveraineté du pays.

Le Collectif a été sollicité par plusieurs organisations pour des rencontres afin d’échanger nos points de vue sur la situation actuelle et les références au marxisme-léninisme. L’idée d’un comité de coordination idéologique et d’action commune est lancée.

 

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