COLLECTIF "DÉFENSE"

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À NOUVEAU, SUR L’UNIFICATION URCF-PRC ET SES CONSÉQUENCES

Mis en cause dans un texte du Collectif Intervention Communiste, paru dans le N°135 du journal éponyme, les camarades ayant fondé le Collectif DÉFENSE ont publié un communiqué intitulé «La vérité sur la fusion Communistes-URCF», dans lequel ils apportaient certains éléments passés sous silence ou présentés de manière fausse dans le texte. Puis, ce texte a de nouveau été publié en tant que document du congrès fondateur du Parti Communiste Révolutionnaire de France sous une forme amendée. Or, non seulement les accusations portées contre les militants qui avaient averti les camarades sur le danger d’une unification prématurée et, une fois l’unification faite, dénoncé les obstructions de la part du secrétariat du PR-C face aux initiatives prises par une Fédération, le fonctionnement anti-démocratique du nouveau Parti et ses déviations économistes, ont été maintenues, mais il a été ajouté que la démission des camarades ayant soi-disant formé un groupe anti-parti et qui constituaient un «petit courant sectaire» avaient affaibli les camarades issus de l’URCF dans le Comité National. Nous nous voyons donc obligés à nouveau de préciser certains points:

Le groupe «Communistes» quitta le PCF en même temps que ce qui allait devenir l’URCF. Il se constitua en parti, regroupant surtout des syndicalistes et militants d’entreprises. Ce parti suit une ligne économiste, exprimée souvent sous les formules «l’argent existe», «une autre politique est possible»… La question de la révolution socialiste comme condition de la satisfaction des revendications, celle de la dictature du prolétariat, sont éludées. L’essentiel de l’activité est la publication d’un journal sur internet et la présentation de candidats aux élections. Communistes refusa tout contact et toute action commune avec les autres groupes se référant au communisme. Des échanges eurent lieu sporadiquement avec la direction de l’URCF. Puis, quand cette dernière avait progressé au point d’être proche de la création du Parti (année 2014), Communistes proposa un processus d’unification afin qu’il n’y ait qu’un seul parti communiste en France. Ce processus fut accepté, mais mené seulement au niveau des directions. Des concessions sur le programme de l’URCF (abandon au 4e Congrès de la primauté de la révolution socialiste, remplacée par la conception selon laquelle les luttes, si elles sont coordonnées et unitaires, peuvent faire reculer le capital et constituer un point d’appui pour poser la question de la révolution socialiste), des entraves au travail de la Commission Ouvrière et d’Entreprise, ont amené plusieurs membres à quitter l’Organisation. Ceci, ajouté à des attaques sur le contenu des journaux d’entreprises, entrava le développement des cellules d’entreprise, d’autant plus que l’essentiel de l’activité de la direction consistait dès lors à préparer l’unification. Dans le département de Seine-Saint-Denis (au nord de Paris), une campagne électorale commune URCF-Communistes révéla les divergences de vue et de pratique entre les deux groupes et amena les camarades de la Fédération 93 à émettre des inquiétudes sur une unification prématurée, faite sans que les militants des deux organisations aient pu au préalable travailler ensemble dans des actions communes. Ces interrogations et critiques sur l’absence visible de volonté de Communistes d’abandonner leur sectarisme et leur ligne économiste, électoraliste, et surtout sur le peu de place consacrée dans leurs publications à la perspective proche qu’un parti communiste révolutionnaire allait enfin naître dans le pays, laissant deviner qu’en fait, Communistes prévoyait d’absorber l’URCF et de liquider son héritage, suscitèrent le courroux de dirigeants de l’URCF contre les camarades qui exprimaient ces réserves. Ces camarades continuèrent néanmoins d’accorder leur confiance à Jean-Luc Sallé et à la direction, et votèrent favorablement pour l’unification, avec comme perspective de continuer le travail de masse qu’ils avaient développé dans leur Fédération pour renforcer le nouveau Parti et contribuer, mais sans beaucoup d’illusions, à sa bolchévisation. Notons au passage que Communistes imposa que deux de ces camarades, membres du Comité Central et du Bureau Politique de l’URCF, ne soient pas proposés au Secrétariat du PR-C.

L’unification réalisée, ces craintes se révélèrent fondées. Le Secrétariat du Parti Révolutionnaire – Communistes (nouveau nom de Communistes qui, légalement, existe toujours), s’opposa à toutes les initiatives de la Fédération. La Commission Ouvrière et d’Entreprises de l’URCF fut liquidée. Aucun soutien ne fut apporté aux camarades du 93 de la part des membres de l’ancienne URCF, bien au contraire. Il est alors surprenant de lire dans le texte du nouveau PCRF que le départ d’un «groupe anti-parti» avait affaibli, disons «la tendance URCF» dans le Comité National, comité qui, du reste, se réunit une fois tous les trois mois et, comme cela est justement dit dans ce même texte, ne dirige en réalité rien du tout.

Le texte du PCRF cite la démission des trois Camarades en premier parmi les difficultés consécutives à l’unification, comme si cela avait conditionné la suite. Or, un seul de ces camarades avait démissionné du Bureau National, du fait de l’impossibilité d’assumer les responsabilités qui lui avaient été confiées. Il restait membre du CN, ce qui n’a pas empêché la direction d’omettre de le convoquer. Un autre continuait d’en faire partie et s’est rendu à deux réunions du Bureau National. Lors de la première, il posa une question sur les problèmes rencontrés dans le 93. La première réponse fut «ce n’est pas à l’ordre du jour». En insistant, il se vit répondre qu’il n’y aurait pas d’autonomie (d’initiative) des Fédérations (or, cela avait été bel et bien annoncé lors d’une réunion du Bureau Politique de l’URCF avant l’unification); dans la salle, certains lançaient des qualificatifs tels que «fractionnisme», «gauchiste»… Les trois camarades n’ont quitté le parti qu’en septembre, avec leurs camarades de la Fédération du 93 moins l’un d’eux qui est resté au PR-C. Cette démission collective a été mûrement réfléchie. Elle avait dans un premier temps été proposée lors d’une réunion de la Fédération, puis la décision de nous rendre au Comité National de septembre et de nous y exprimer avait été prise. Or, entre temps, un mail nous accusant d’ «actes de tendance» ayant amoindri la confiance des camarades de Communistes envers ceux de l’URCF, et ajoutant «mais c’était le but», a été envoyé. Il était dès lors clair que nous n’aurions aucun soutien dans ce Parti, car la cible principale n’était pas l’économisme et le fonctionnement anti-démocratique du Parti, mais la ligne révolutionnaire de construction du Parti dans les entreprises et les quartiers populaires. Ceci amena les camarades du 93 à quitter le PR-C et à s’organiser dans le Collectif DÉFENSE.

Nous avions de vive voix fait savoir à la direction du Collectif Intervention Communiste à l’origine de la création du PCRF que nous étions disposés à discuter, comme nous l’avons fait avec d’autres groupes se référant au communisme. Nous n’avons toujours pas eu de réponse. En tout état de cause, il est bien évident qu’il ne nous est pas possible d’envisager un quelconque rapprochement avec une organisation qui maintient dans un de ses textes fondateurs des contre-vérités tendant à nous discréditer dans le mouvement communiste.

Novembre 2016

ANNEXE

La vérité sur la fusion Communistes-URCF (publié en juillet 2016)

Le collectif Intervention Communiste traite, dans le dernier numéro de son journal, d’une façon caricaturale les problèmes survenus au début de la création du PR-C. C’est en effet aller un peu vite lorsque le collectif IC qualifie trois dirigeants de l’ancienne URCF d’anti-parti. C’est également politiquement très méprisant de qualifier de «groupe de trois» les communistes qui ont quitté le PR-C alors que tous les adhérents de la Fédération de Seine-Saint-Denis ont suivi leurs dirigeants sauf un qui est encore dans ce parti. Les «trois», dont parle le collectif IC, étaient des dirigeants actifs de l’URCF avec Jean-Luc Sallé, Secrétaire Général avant l’unification. Avant cette direction, jamais l’URCF n’avait enregistré autant de résultats politiques: la Commission Ouvrière et d’Entreprises à été développée avec plusieurs journaux d’entreprises distribués aux portes des usines et dans les manifestations. Des écoles politiques étaient rédigées et tenues plusieurs fois dans l’année pour accueillir des nouveaux adhérents venus des masses et même d’autres groupes concurrents. Une conférence internationale à été tenue avec succès à Paris et, à cette occasion, les dirigeants du Parti Communiste Ouvrier de Russie ont déclaré lors des rencontres bilatérales «vous êtes à deux doigts de construire le parti». La demande d’unification survint alors de Communistes qui s’est adressé directement à JLS.

La Fédération du 93, dont s’occupaient les principaux dirigeants de l’URCF avec le Secrétaire Général, fut mise immédiatement à l’épreuve du feu. Ce département fut le seul endroit où des candidats communs (Communistes-URCF) furent présentés à l’occasion des élections départementales. Il avait été convenu entre JLS et le secrétariat de Communistes que les camarades du 93 produiraient la propagande électorale compte tenu de leur activité dans les entreprises. Pourtant, Communistes imposa une ligne politique économiste, politicienne et électoraliste avec par exemple le slogan «le SMIC à 2000 euros». Nous avions habitué les travailleurs aux concepts économiques du socialisme, à savoir que la répartition doit se faire en fonction des besoins, et le salaire hiérarchisé en rapport avec les compétences et non dans le cadre d’un «partage des richesses» en fonction de l’argent en circulation qui relève d’une conception utopique et petite-bourgeoise de l’économie. Les dirigeants URCF du 93 ont exposé les problèmes rencontrés au Comité Central de l’URCF pour mettre en garde les camarades contre une unification prématurée. Les conditions n’étaient pas réunies, ce qui ne voulait pas dire qu’elles ne le seraient jamais! Les camarades du Comité Central ont rejeté cette mise en garde et ont opté pour une accélération de l’unification (en six mois au lieu d’un an minimum). Certains ont même dit que la bolchévisation ne se réaliserait qu’après la création du parti. Cela n’était pas très visionnaire. Les dirigeants du 93 ont donc suivi par discipline en se pliant aux règles du centralisme démocratique et en solidarité avec JLS, les décisions du CC.

Après le congrès d’unification, les postes de responsabilité furent distribués plutôt qu’attribués, en écartant du Secrétariat national les militants de l’URCF les plus engagés dans le travail de masse, mais les plus critiques sur les positions de Communistes. La Commission Ouvrière fut supprimée et la responsabilité des publications attribuée au camarade mis à l’écart de fait du secteur entreprise par la suppression de la COE. Ce n’est pas tout; la fédération du 93 fut interdite de publication et toutes les propositions de journaux et de tracts ont été considérées comme étant du «niveau zéro de la politique» par le secteur propagande et le secrétariat, sans aucune autre critique ni explication sur les textes produits. Nous avons compris alors que nous étions dans l’impossibilité d’assumer nos responsabilités tant au niveau local que national, d’autant plus que nos camarades de l’ancienne URCF ne nous ont pas soutenus. En réalité, le fonctionnement anti-démocratique du PR-C qu’ils dénoncent aujourd’hui ne paraissait pas leur poser de problème quand il s’agissait de mettre au pas une Fédération entière, au mépris du centralisme démocratique. D’autre part, ceux qui à présent critiquent les positions anarcho-syndicalistes du PR-C faisaient plus de l’opposition syndicale contre les orientations confédérales qu’un travail communiste dans les syndicats et les entreprises. Les conditions d’attribution des tâches dans le PR-C servaient uniquement à masquer l’opportunisme et le suivisme de certains dirigeants nationaux. Ainsi, le choix des dirigeants du 93 fut le suivant: soit devenir des godillots, soit quitter le parti pour continuer à militer dans les masses.

Il est vrai qu’à l’époque de l’URCF, une opposition commençait à se dessiner entre ceux qui se projetaient dans une unification des groupes éclatés du PCF depuis la mutation réformiste et ceux qui pensaient que seul le travail de conscientisation des masses pourrait renforcer l’organisation et permettre de construire le parti. D’ailleurs, la dérive du collectif IC sur le «brexit » anglais en dit long sur la stratégie future de l’organisation. Non, le brexit n’est pas une victoire ouvrière, non aujourd’hui il n’y aura pas quelque préalable que ce soit à la révolution socialiste.   Ainsi, pour n’avoir absolument rien compris à la situation du mouvement ouvrier français depuis la mutation du PCF, le collectif IC n’apparaît pas comme étant en mesure d’émanciper le mouvement révolutionnaire dans ce pays. Les groupes issus de la mutation du PCF jouent le rôle de «sous marins» de ce parti; certains représentent des tendances pratiquant la double appartenance. Ensemble, ils ont toutes les caractéristiques d’un parti ouvrier bourgeois qui veut, par soucis «d’unité», empêcher que la voie révolutionnaire concurrence le réformisme d’aménagement du capitalisme. La fausse opposition au PCF affadit les objectifs révolutionnaires en inventant des préalables impossibles à la révolution socialiste, ce qui maintient au niveau des luttes la classe ouvrière sur la défensive, et sème le trouble politique sur la perspective d’une révolution socialiste. Dans la campagne électorale en faveur du brexit, nous ne pouvons croire que les organisations dites «ouvrières» ont représenté réellement le sentiment des travailleurs au côté d’entreprises, de banques, du parti nationaliste UKIP, autour de slogans racistes et nationalistes. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas lutter contre l’OTAN et l’U.E., mais la perspective qui émancipe de leurs diktats ne peut être que d’abord la révolution socialiste dans chaque pays. Celle-ci doit primer sur la sortie de l’OTAN et de l’U.E.; l’inverse ne peut qu’alimenter le populisme et ne permettra en aucun cas l’émancipation de la classe ouvrière de l’exploitation capitaliste.

Le collectif IC ne construira pas le parti en réglant ses comptes avec les révolutionnaires. Pour notre part, le «Collectif DEFENSE», qui était prêt à la discussion après la dernière scission du PR-C, est mis devant le fait accompli une nouvelle fois, car lorsque les révolutionnaires refusent de travailler pour l’incompétence et l’amateurisme, ils sont écartés de toute discussion et considérés comme des pestiférés.

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