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EDF NE S’ACCOMODE PAS AVEC LE CAPITALISME

Le 14 février dernier, des groupes anti-nucléaires ont manifesté devant le siège d’EDF à Paris pour dénoncer le recours à l’énergie nucléaire comme la principale cause du déficit de l’entreprise, exiger le démantèlement de cette source d’énergie au profit des énergies dites renouvelables. L’intervention du représentant de Greenpeace attribuait ainsi au nucléaire la responsabilité de l’endettement colossal du groupe, en ajoutant que la conservation de cette technologie allait obérer ses capacités à se désendetter et à investir. Greenpeace, organisation reconnue et respectée entre autres  pour ses campagnes en faveur de la préservation des baleines, a certes aussi le droit de manifester ses inquiétudes sur les dangers représentés par le nucléaire (à notre avis, c’est surtout son utilisation militaire qui représente le plus grand danger pour l’humanité et la planète, comme on dit). Néanmoins, on ne peut admettre un discours qui justifie l’introduction et la prédominance des critères du privé dans un secteur qui aurait dû rester propriété de la Nation, le principal d’entre eux étant l’obligation de rentabilité. Quelle que soit la technologie utilisée pour extraire et transporter de l’énergie, celle-ci a une valeur, constituée par le travail effectué par tous les personnels qui produisent de cette richesse. La fourniture d’énergie satisfait un besoin vital de la population, et ceci même si les frais de production étaient supérieurs aux revenus tirés de la vente du produit final. Il faut donc opposer à la logique capitaliste dont le moteur est l’accumulation et le but le profit maximum, la logique des besoins de la population et du pays.

Depuis les années 90, l’Union Européenne, à travers ses groupes de pression constitués de représentants des grands monopoles, se livre au démantèlement de tous les services publics: télécommunications, éducation, hôpital, La Poste, eau, électricité, gaz… En France, c’est la loi du 9 août 2004 relative au service public de l’électricité et du gaz qui a engagé le processus de privatisation d’EDF et de GDF en ouvrant le capital au privé. Le titre EDF est introduit en bourse en novembre 2005. L’ouverture à la concurrence a fortement réduit les marges qui permettaient justement une péréquation entre les secteurs bénéficiaires et les autres, péréquation contraire aux règles de l’U.E. et à la logique du profit désormais en vigueur dans le fonctionnement des entreprises publiques ou issues du secteur public. EDF s’est lancée dans de coûteux investissements à l’étranger, dont la fameuse construction de la centrale nucléaire de Hinkley Point en Grande-Bretagne. La privatisation a bien sûr entraîné des augmentation des tarifs pour les usagers,  la suppression de la gratuité de nombreux services, et la perte d’acquis du personnel. 11 millions de français sont actuellement en situation de précarité énergétique.

Face à l’accélération de la déréglementation et de la privatisation de l’énergie impulsée par Bruxelles, il n’y a d’autres choix que de lutter contre la logique du capital dans la perspective de la révolution et de la construction du socialisme. Dans une société où les moyens de production ne sont plus aux mains de propriétaires privés, il est possible de mettre l’électricité à la disposition de tous en assurant le développement d’EDF. Bien sûr, il n’est pas question de passer outre les frais de production dans le fonctionnement des entreprises socialistes. Tant qu’il y a production de marchandises, la loi de la valeur, selon laquelle une marchandise comprend la quantité de travail nécessaire à sa fabrication, opère, et il est nécessaire de l’utiliser pour calculer les coûts et répartir les fonds d’investissement de façon rationnelle. Ainsi, l’URSS et les pays socialistes, avant le 20e Congrès du PCUS, utilisaient les bénéfices des entreprises rentables pour développer les secteurs qui le sont moins ou qui sont déficitaires, diminuer les prix, augmenter les revenus des travailleurs et les acquis sociaux.

Dans le système capitaliste, la loi de la valeur est utilisée pour supprimer des emplois, augmenter la productivité de façon à engranger un maximum de profit. Une entreprise non rentable est condamnée à la liquidation, même si elle produit des biens indispensables. Donc, c’est le système capitaliste qui apparaît bien comme une entrave à la satisfaction des besoins de la population et même au développement de la société. En effet, qu’est-ce qui empêcherait que les déficits d’EDF, par exemple, soient compensés par les bénéfices d’autres entreprises comme PSA, BNP Paribas, TOTAL…? Uniquement la propriété privée des entreprises et la libre-disposition que la classe capitaliste possède sur celles-ci et sur la vie des travailleurs.

Seul le socialisme permettra un développement relativement harmonieux de l’économie sur la base de la satisfaction des besoins. Pour y arriver, il n’y a pas d’autre voie que celle de lutte et de la révolution socialiste.

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