COLLECTIF "DÉFENSE"

Accueil » Actualités » MÉLENCHON: EMPRUNTER AUX BANQUES PLUTÔT QUE RENVERSER LE CAPITALISME…

MÉLENCHON: EMPRUNTER AUX BANQUES PLUTÔT QUE RENVERSER LE CAPITALISME…

Jean-Luc Mélenchon fait ses comptes pour le programme de la «France insoumise» et promet: une hausse de la dépense publique (sécu inclus) de 173 milliards. Plus un plan d’investissement de 100 milliards. Deux millions d’emplois de plus dont 820.000 à charge de l’État soit 35 milliards minimum non chiffré par ses soins. Un fonds de solidarité TPE-PME de 21 milliards, transférés du pacte de responsabilité. Une dépense en faveur de l’augmentation du SMIC de 7 milliards plus une augmentation du point d’indice de 14 milliards. Pour l’amélioration de l’habitat 18 milliards distribué avec une augmentation du RSA évaluée à 20 milliards. Donc sans compter les 8% de baisse d’impôt pour les sociétés privées, les aides publiques aux entreprises dont il n’est point fait mention, les dépenses sociales sur la retraite à 60 ans, les dépenses de santé, du handicap avec des promesses pour une distribution phénoménale… Nous en sommes déjà à 388 milliards! Bref les recettes des multinationales privées ne financeront point les secteurs d’activité plus faibles, puisque le plan de mesures économiques de Mélenchon pour la présidentielle 2017 ne prévoit point l’expropriation des capitalistes des grands moyens de production et d’échange. Donc, Mélenchon prévoit de dépenser les richesses que l’État ne possède point selon une vision très keynésienne. Faudra-t-il alors passer par un plan d’austérité permettant d’emprunter de l’argent aux banques plutôt que de le prendre au patronat? Comment dans ces conditions prétendre passer le déficit public de 4,8% à 2,5% du PIB selon la barre obsessionnelle des 3% fixée par Bruxelles? Comment prétendre alors passer la dette publique de la France de 98% en 2017 à 87% en 2022? Certes, «la France insoumise» de Mélenchon prévoit une inflation de 4,2% pour payer la dette en prétendant malgré tout maintenir un gain de pouvoir d’achat. En réalité, cela représenterait une sacrée ponction sur les augmentations promises et l’épargne. En outre, il propose 100% d’impôt pour la tranche au-dessus de 20 fois le revenu médian. Hollande a déjà pratiqué cette mesure au début de son mandat. Un PDG pourrait gagner dans le cadre de cette loi, avec une hiérarchie partant du SMIC, au sein d’une grille qui irait de 1 à 20, 34.000 euros brut par mois. Cela a-t-il empêché l’évasion fiscale? Bien sûr que non; il faudrait pour cela empêcher l’exportation des capitaux, mais comment faire si on laisse les appareils de production dans les mains du capital? Quant au «choc» d’activité qui devrait rapporter 190 milliards par le simple effet de l’augmentation de la consommation, augmenter le pouvoir d’achat sans organiser le blocage et la baisse des prix, sans réguler les importations dans la balance commerciale, exacerberaient les conditions de la concurrence et le chômage grandirait. De même pour la sécurité, attendre une rentrée de 310 milliards d’euros d’économie de la légalisation du cannabis pour payer 10.000 policiers de plus, c’est faire rentrer l’État dans le trafic légal des stupéfiants. Le laxisme et la démagogie ne peuvent pas faire un programme d’amélioration sociale, mais au contraire renforcer la logique économique de l’exploitation capitaliste. Mélenchon sait qu’il ne sera pas élu président, car les forces politiques du capital de droite et de gauche en France, très peu engagées dans son aventure, lui feraient barrage. Mélenchon est un opportuniste qui vise à transformer «la gauche de la gauche» en un parti socialiste bis.

Les élections présidentielles ne sont point favorables aux travailleurs, chaque nouveau quinquennat apporte son lot de mesures d’austérité. La situation politique française est très instable et personne ne sait aujourd’hui qui sera le président en 2017 à quelques dizaines de jours de l’échéance. Qu’importe pour le MEDEF, l’État institutionnel bourgeois garantira, quel que soit le candidat élu, la propriété privée des moyens de production et des banques que seules les luttes sociales et la révolution socialiste pourront ébranler.

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :