COLLECTIF "DÉFENSE"

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ASSEMBLÉE MILITANTE DU 1ER MARS 2017

Les élections présidentielles tiennent actuellement le haut de l’information. En effet, à quelques dizaines de jours du premier tour, il devient difficile de différencier les propositions des différents candidats. Tous parlent de plein emploi, de meilleure organisation de la société (au profit des capitalistes bien sûr). Par exemple, la différence entre Hamon et Macron peut se mesurer à une quantité de temps. Hamon propose un Revenu Universel progressif pour pallier les bas salaires. Macron veut des solutions plus immédiates avec une hausse du revenu d’activité payée par l’augmentation de la CSG pour exonérer les patrons des «charges» sociales.

Notre Collectif DÉFENSE met en garde les travailleurs contre une récupération politicienne dont ils ont été victimes. Nous devons préparer la riposte contre l’austérité de la politique du futur président et développer les luttes.

RAPPORT:

La lutte pour l’abolition des classes:

un objectif qui se poursuit dans le recommencement

Camarades, il nous convient aujourd’hui, plus que jamais d’établir le lien entre la lutte des classes et la dictature du prolétariat. Il est en effet vital pour la classe ouvrière de faire reculer le réformisme et l’objectif de salubrité publique est de faire disparaitre la sociale démocratie. Il faut se servir de nos références et de notre expérience sur le matérialisme historique. Le XIXe congrès du PC(b)US a su mettre à nu les erreurs de la nouvelle opposition (Trotski, Kamenev, Zinoviev). L’inspiration politique des opposants reposait sur le fait qu’il serait impossible d’édifier le socialisme en Russie en l’absence d’une révolution en Europe. Boukharine se range également dans des courants droitiers prenant appui sur l’extension de la loi de la valeur, car de la production marchande il prônait un socialisme de marché. Boukharine préconisait une politique d’atténuation des luttes de classes, pendant que les autres accréditaient l’idée que la cohabitation de deux modes de production dans le même système pouvait l’un et l’autre se développer dans l’attente d’une révolution européenne et mondiale. Ainsi, les forces petites-bourgeoises auraient miné les positions révolutionnaires du prolétariat en augmentant les chances de la restauration du capitalisme, si les bolcheviks étaient restés l’arme au pied sur la pratique de la lutte des classes pendant la période de la NEP et même après. Dès que la tendance petite-bourgeoise fut vaincue à la fin des années 20, le parti bolchevik appliqua son plan d’industrialisation et de collectivisation pour édifier le socialisme. Résultat: la production industrielle à augmenté en moyenne de 11% par an, la part de l’industrie passa de 28% en 1928 à 45% en 1944 dont 63% pour l’industrie lourde. La journée de travail de 7 heures fut instituée, l’accès aux soins gratuits avec l’éducation y compris dans le secondaire. Le prix des loyers, des transports urbains, de la culture des loisirs étaient très bas, les travailleurs de l’industrie avaient droit à des vacances gratuites et le chômage était résorbé et aboli depuis 1927.

Il faut rejeter la théorie pourrie qui consiste à dire que les victoires des luttes contre le capital apprivoiseront ce dernier. Le compromis de classe ne doit en aucun cas s’installer dans un dialogue entre les antagonismes sociaux. A l’issue des grèves, les victoires sur les revendications doivent être considérées comme un encouragement à ne pas interrompre la lutte pour l’organisation de la révolution et non comme un  répit ou une trêve. Il est en effet dangereux d’endormir les travailleurs en leur faisant croire qu’une simple grève peut entraîner un dialogue social qui apprivoise la bourgeoisie. Les revendications, afin qu’elles puissent mettre en recul la bourgeoisie, doivent donc tactiquement s’exprimer dans le cadre de la remise en cause du capitalisme en l’opposant au socialisme. La dictature du prolétariat commence avec la pratique de la lutte des classes et ne s’interrompt qu’avec l’extinction totale du capital sur la planète. Je dis ça parce que les problèmes économiques en France et dans le monde, démontrent bien l’irréversibilité de l’affrontement de classe. Le problème posé par les partis bourgeois français et réformateurs ou aménageurs du système, est la «compétitivité» pour la reprise de l’activité économique, soit une plus grande rentabilité pour le capital accumulé. La crise du capitalisme sur la zone euro pénalise particulièrement la France. Les produits made in France ont une part de marché qui s’élève à 12,9% dans la zone euro. Le déficit commercial de la France atteint 69,59 milliards contre 35 milliards en 2012. Les États-Unis fabriquent seulement 10% de ce qu’ils consomment. La «mondialisation» capitaliste selon son terme bourgeois, pénalise la plupart des pays industrialisés. Ainsi, le recours au protectionnisme réapparaît avec un contexte de crise aigüe comparable bientôt à celle de 1930. La politique de Trump choisie par l’État bourgeois des États-Unis impose des investissements localisés sur le territoire national avec une taxation des produits importés. Cette politique économique peut se réaliser aux États-Unis, en Angleterre ou dans certains pays de l’Est totalement désindustrialisés par la contre-révolution comme en Ukraine, mais en France cela pose un problème. En France, le capitalisme est maintenant réticent au protectionnisme, en partie car il a peur que cela devienne l’antichambre du socialisme. Cependant, son application poserait dangereusement des gros problèmes économiques car, même si on taxait les produits importés et que l’État subventionnait les investissements sur l’hexagone, les prix à l’exportation ne seraient toujours pas compétitifs. Pourquoi? Les «charges» sociales et les salaires, malgré les lois Macron –Rebsamen-El khomri, les pressions contre la retraite, les salaires, la mise en concurrence des travailleurs avec le chômage grandissant, les restructurations industrielles et le chantage à l’emploi… restent encore trop élevés et constituent une entrave à la dynamique du profit. En ce sens, la France est devenue un maillon faible pour le capitalisme, car soit le prix à payer pour la ré-industrialisation sera la tiers-mondisation des salaires et des garanties sociales, soit une révolution violente imposera un mode de répartition socialiste. Donc, la bataille revendicative s’inscrit bien dans une confrontation de classe irréversible dans notre pays. Le réformisme de Benoît Hamon ne propose même plus de sortir du chômage et de la précarité puisque sa proposition phare est le «revenu universel». Les solutions providentielles de Mélenchon reposaient en 2012 uniquement sur l’idée que le résultat électoral pèserait sur François Hollande, on a vu, et il ne dit plus vouloir travailler avec Hamon car il veut être le candidat. La réalité contemporaine est que la crise permanente du capitalisme pousse mondialement au protectionnisme, et le protectionnisme à l’internationalisation de conflits militaires puis à la guerre mondiale. Nous avons historiquement l’expérience de cette situation, mais aujourd’hui dans un contexte différent, et avec un rapport des forces anticapitaliste à réorganiser. Dans les conditions de l’URSS des années 30, les sources de la continuité de la lutte des classes sous le mode de production socialiste, dans le droit fil des enseignements de Marx et Lénine, se trouvait dans l’existence du système impérialiste mondial. Les contradictions impérialistes touchaient à l’époque aussi bien les pays de la démocratie bourgeoise que les états fascistes. Mais en URSS la lutte persistait contre le socialisme de la part des éléments capitalistes revanchards. La nouvelle guerre impérialiste qui se préparait était une des voies pour renverser le système soviétique, cependant elle est toujours d’actualité aujourd’hui pour surmonter uniquement, cette fois, les contradictions économiques du capitalisme comme en 1914-1918. Nous ne recommencerons pas l’histoire, nous la continuerons!

Présidentielles 2017

Après les primaires de la droite et du PS, la candidature d’Emmanuel Macron se voit offrir un boulevard. Entre le programme hyper-droitier de Fillon, puis son affaire judiciaire, et les socialistes défenseurs de l’intégrité du bilan Hollande, Macron récupère à la fois l’aile gauche républicaine et l’aile droite du PS. Pour le PS, l’objectif était avec la primaire de sauver le parti et la social-démocratie. La politique du gouvernement Valls-Hollande a mis a mal le bipartisme électoral PS-droite. Pour contrer le refus de vote populaire et sauver en même temps la social-démocratie et le système institutionnel français aux présidentielles (bipartisme PS-Droite), il fallait introduire un clivage au PS, ce qui fut fait à moitié puisque l’investiture de Hamon s’est réalisée avec la présence d’un bon nombre d’anciens ministre et députés non frondeurs et avec la présence d’El Khomri. Cependant, l’État bourgeois avec le MEDEF ont anticipé la frilosité du PS en faisant de Macron le leader des nouvelles mœurs et conceptions politiques «ni droite ni gauche». On connaît maintenant ses conceptions économiques: anéantissement du Code du travail, «uberisation», libéralisme à tout crin. Fillon devenait dangereux pour le système car s’il était élu président, sa politique inciterait à un soulèvement social doublée d’une radicalisation politique de la classe ouvrière, il a donc été cassé. Cependant, il persiste et signe. Il en ressort que Hamon, face aux socialistes restés fidèles au bilan de la politique Hollande-Valls, incarne la réconciliation dans les courants de la gauche utopiste, Mélenchon, Jadot, avec le renfort de la direction du PCF. Les sondages renforcent la pression politique vis-à-vis de Mélenchon qui reconnaît déjà lui-même la proximité des propositions de Hamon avec les siennes. Sur France info, le porte-parole du PCF Olivier Dartigolle trouve dans la victoire de Hamon une invitation à «mettre du vent dans les voiles sur des convergences, des passerelles qui peuvent se construire dans les prochaines semaines». Et d’ajouter «on peut ouvrir un dialogue et des échanges qui auraient été  impossibles avec Manuel Valls» dont la défaite est la confirmation qu’il y a une envie de gauche dans ce pays. Donc, le flou artistique plane encore entre le PS et Mélenchon. Cependant, Macron devient le candidat le mieux placé face à M Le pen au deuxième tour. L’État bourgeois a de toute façon bien pris ses précautions puisque Hamon avec son revenu universel finit par rejoindre les objectifs de Macron.

Revenu universel-sécurité sociale professionnelle- et 32 heures

L’institutionnalisation de la Sécurité Sociale Professionnelle revient à accepter les restructurations industrielles, le déploiement des capitaux à l’étranger, la concentration des multinationales avec tout son cortège de suppression de postes et d’emplois. Autrement, pourquoi faudrait-il sauvegarder des droits salariaux au travers de la formation professionnelle? La formation doit-être utilisée au profit de l’évolution de carrière dans la vie professionnelle et non pour reconvertir des salariés mis sur le carreau par le capital. En plus selon la version du PCF, cela permettrait d’utiliser ses droits sociaux (sous-entendu d’une cessation de contrat) sans perte de salaire. En réalité, le reclassement est prévu avec un salaire minimum légal par grand niveau de qualification. Donc, selon le PCF, l’ancienneté  et la qualification volent en éclat avec le licenciement. Le talon d’Achille de ce projet est que moins il y aura de travail salarié et moins le patronat financera la formation professionnelle. Le PCF prévoit également 5% de l’effectif de chaque entreprise en contrat d’intérim sous prétexte de mesures contre la précarité et pour plaire à Hamon. Enfin, prévoir 32 heures sous prétexte de raréfaction de l’emploi, démontre la façon dont le réformisme vole au secours du patronat pour pallier aux inconvénients de la révolution numérique capitaliste, qui risquerait d’attiser l’affrontement social contre les licenciements. 32 heures avec maintien de l’effectif ou obligation d’embauche pour lutter contre le surtravail, telle est la façon dont il faudrait poser la revendication.  Rien n’est dit sur les heures supplémentaires, ainsi la gauche dite radicale ferme les yeux à la fois sur la plus-value relative et absolue. Le droit à l’emploi comme première des libertés ne peut exister avec le capitalisme. Le revenu universel comme le partage des richesses de Mélenchon, qui ne font nullement allusion au mode de production, sont des idées qui ressemblent aux utopies du Siècle des Lumières, remplissant l’objectif de la reconstruction et du sauvetage de la social-démocratie. À terme, selon Hamon, chacun aura droit au revenu universel indépendamment de son revenu ou de sa fortune. Au sein de cette usine à gaz, il accrédite l’idée que les travailleurs pourront avec les retraités cumuler salaire et retraites avec le revenu universel. Cependant le revenu universel ne garantit point les minimas salariaux ou même retraités. Il pourrait se substituer ou influer sur le montant de l’allocation chômage, l’assurance maladie, la retraite, les salaires et les aides familiales. Hamon nie cette possibilité, mais il explique le financement de son projet par une pirouette politique. Le revenu universel ne réduira point le chômage mais détruira le salariat. En effet le revenu universel va conforter «l’auto entreprenariat», l’uberisation des activités, avec le travail sous-traité vis a vis des multinationales qui achèteront des prestations de services au détenteur de la force de travail avec sa qualification pour ne plus payer des «charges» sociales. Les salariés confortés par un revenu fixe pourront ainsi entrer en concurrence sur l’accession à l’emploi, mais auront de moins en moins la capacité de s’opposer à la dévalorisation de leurs salaires. La suppression du SMIC ou de toute autre forme de plancher salarial est donc amorcée dans la proposition de mise en place du revenu universel. Pour les plus riches ou les détenteurs de moyens de production et d’échange, le revenu universel sera certes absorbé par l’impôt, cependant les aides publiques distribuées par l’État annuellement aux entreprises et qui s’élèvent à plus de 270 milliards  ne sont pas remises en cause. En fait, le revenu universel est un aménagement qui accompagne la transition numérique du capitalisme en amoindrissant ses effets collatéraux sur les suppressions d’emplois. La proposition idiote de Benoit Hamon sur la taxation des robots le confirme, si le capitaliste doit payer plus pour des robots que pour des travailleurs, pourquoi se moderniserait-il? En fait, plus il y aura de robots dans l’industrie capitaliste, plus l’exploitation des hommes sera intense, et moins il y aura de social pour les travailleurs. Enfin, sans augmenter les impôts et sans réduire le budget, quels seraient les modes de financement du revenu universel? L’équation serait alors mathématiquement impossible!  Le coût du revenu universel à 750 euros reviendrait à 504 milliards par an, soit plus de 35% du PIB. Mais attention! Il peut quand même s’appliquer si son coût se substitue à un certain nombre de dépenses sociales telles que la retraite, la sécu, l’assurance chômage, le RSA… Conclusion, le revenu universel avec sa présentation utopique est en réalité un outil économique au service des intérêts du patronat. Le capitalisme oppose le libéralisme économique au protectionnisme avec ou sans l’UE, mais les conséquences sociales de sa politique sont exactement les même, la baisse drastique du prix du renouvellement de la force de travail salariée ou indépendante. Le projet politique Français du capitalisme est d’alterner entre le social libéralisme et la sociale démocratie pour assurer la continuité institutionnelle, d’une bipolarisation autour de la politique d’austérité contre les intérêts des travailleurs. Avant, le FN était le moteur de l’alternance entre l’UMP et le PS, la qualifiant lui-même d’UMPS. La recomposition souhaitée aujourd’hui par le capital repose sur quatre formations d’égales importances, les républicains, le FN, le social-libéralisme (Macron) et la social-démocratie (Hamon, Mélenchon, PCF). Il faut donc discréditer la social-démocratie dans les masses pour se saisir des contradictions du système et organiser la révolution. Le revenu universel nous offre un terrain idéal pour le combat politique de classe et nous proposons à la classe ouvrière de s’en saisir. L’opposition politique au capitalisme n’a pas pour but de faire apparaître les contradictions du système, mais de les dénoncer, et d’organiser la révolution en combattant la social-démocratie pour déstabiliser le capital.

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