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Macron président: une voie royale pour une cohabitation atypique

Résultats du 2ème tour de la présidentielle 2017: officiellement, Macron recueille 66,1%, soit 20.753.797 de voix, Le pen 33,9% soit 10.644.118. Ces chiffres sont réels à condition que l’on ne prenne pas en compte l’abstention, les votes blancs et nuls qui ont rejeté Macron et Le pen et qui représentent la 2ème force politique en France avec 33,99% de l’opinion par rapport aux suffrages exprimés. L’abstention totalise 25,44%, les blancs 2,23% et les nuls 6,33% soit 16 millions d’électeurs au total. Cela ramènerait Macron à 43,63% des voix et Le pen à 22,38%. Si on considère qu’un certain nombre de voix de Macron se sont exprimées uniquement pour faire barrage à M. Le pen et qu’une partie des voix de cette dernière visaient à s’opposer à Macron mais pas à soutenir le programme du FN, cela ramène chaque candidat aux suffrages capitalisés du premier tour. Cela est très loin de donner à Macron la majorité et faire de Le pen la principale force d’opposition comme le décrivent à loisir les medias. Pourtant, la soumission, la trahison, et les affiliations vont bon train dans la perspective des législatives pour donner à la bourgeoisie une majorité de combat en «marche» contre les acquis des travailleurs. A l’opposé de l’image peu glorieuse de cette «république en marche» pour un capitalisme débridé, Le pen est présentée comme l’épouvantail officiel pour canaliser le mécontentement et la colère populaire, pour finalement à chaque consultation électorale la stériliser. Le FN est une baudruche gonflée par le capital et dégonflée en cas de danger à chaque présidentielle. Ce parti ne fait rien d’autre que de rendre gouvernable les institutions actuelles, il fait donc partie du système. Il faut faire disparaître le FN du paysage politique français pour permettre enfin l’expression d’une véritable radicalisation nationale et internationale des luttes sociales, seule résistance réelle à l’exploitation capitaliste. Quant aux fuites vers la nouvelle majorité présidentielle, elles préludent déjà d’une crise politique qui va s’aggraver au PS et chez les Républicains, pour restructurer une recomposition anti-ouvrière de la politique française. Par exemple, Bruno le maire, Gérard Colomb, Manuel Valls, Edouard Philippe, maire du Havre et partisan de Juppé… ont ouvert la voie d’une future cohabitation atypique de personnalités encartées mais prêtes à collaborer avec le pouvoir.

Le PS recompose la social-démocratie et crée les conditions du vote utile pour donner une majorité à Macron, comme le fait Cambadelis, mais sans adhérer à la «République en Marche». Aubry, Hidalgo, Hannotin créent leur mouvement, Hamon le sien. Mélenchon est appelé à incarner la nouvelle social-démocratie. Sans compter les surprises à venir du genre de celles à quoi nous a habitué Patrick Braouezec, affiché comme pro-Macron mais qui appelle à soutenir Stéphane Peu candidat du PCF, ou Robert Hue déjà engagé avec Macron lorsqu’il était candidat.

La recomposition sert l’incitation au vote utile

Le nouveau président qui, selon la propagande officielle du pouvoir, est parti de rien, est prêt à aider les candidats aux législatives qui rallieraient la «république en marche» grâce à son prêt personnel de 8 millions d’euros auxquels s’ajoutent les dons de 13 millions de la campagne des présidentielles qui n’ont pas été dépensés en totalité. L’opposition anti-capitaliste doit absolument trouver sa voie avec la création d’un parti révolutionnaire réellement reconnu par la classe ouvrière. Le danger d’une aggravation drastique de l‘austérité sociale est maintenant imminent. Pour commencer, Macron veut supprimer les cotisations sociales au patronat et faire payer les travailleurs via la CSG et l’impôt. Par contre, il veut ramener l’impôt sur les sociétés à 25%,, supprimer les cotisations patronales pour les salaires payés au SMIC, incitant la baisse générale de la plupart des salaires. Le nouveau président veut ouvrir les droits de l’assurance chômage aux entrepreneurs, instaurer un prélèvement forfaitaire unique sur l’ensemble des profits (immobiliers, dividendes et plus-values…) l’exonération partielle de l’ISF… Les contacts internet de la «France insoumise» ne remplaceront point le travail militant de proximité avec les travailleurs et les masses pauvres, que doit entretenir un parti véritablement révolutionnaire. Il ne s’agit pas aujourd’hui d’appeler à une opposition électorale, épargner le capital en proposant de lui donner des institutions nouvelles et un bon carnet de commandes, il faut organiser la révolution socialiste! Dans l’immédiat, il faut privilégier la grève plutôt que le dialogue social, les manifestations et occupations d’usines pour empêcher les restructurations et les fermetures d’entreprises plutôt que la consultation électorale dont les dès sont pipés à l’avance. La solidarité entre les travailleurs qui défendent leur emploi et la population peut aller jusqu’à la barricade. La révolution socialiste avec le contrôle ouvrier et populaire est la seule perspective contre la crise du capitalisme.

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