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SUR LA RECOMPOSITION DES FORCES POLITIQUES DE LA BOURGEOISIE

Alors que les partis traditionnels du capital PS et Républicains ont été désavoués au 1er tour par les électeurs qui se sont tournés vers des partis se présentant comme contestataires ou ont refusé de voter ou de choisir entre les candidats qui ne remettaient pas en cause le système, la bourgeoisie a réussi à préserver son dispositif de domination en mettant au pouvoir des individus issus directement de sa classe ou s’engageant à la servir. Elle a aussi, à travers la recomposition des forces politiques, fait en sorte que se maintienne une social-démocratie autre que le PS et ses appendices PCF, FdG et autres groupes réformistes, à travers la France Insoumise de Mélenchon. La social-démocratie a pour fonction de maintenir la dictature de la classe bourgeoise en dévoyant les revendications des travailleurs et leurs aspirations à un renversement du système. Au moyen de slogans démagogiques sur le partage des richesses, l’égalité et la justice sociale, elle entraîne le mouvement populaire vers des fausses solutions qui ne remettent pas en cause le pouvoir du capital, la propriété privée des entreprises, l’exploitation des travailleurs. Mélenchon, convaincu qu’il pourra maintenir ses candidats dans 70% des circonscriptions aux législatives, se dit ainsi prêt à gouverner en cohabitation avec Macron une France impérialiste dont l’appareil d’État est aux mains de l’oligarchie financière qui exerce sa dictature également en soumettant la souveraineté du pays à l’Union Européenne. Dans le cas où son rêve deviendrait réalité, il ne prévoit pas d’exproprier le capital mais d’emprunter aux banques pour financer ses plans d’investissement. Il ne prévoit pas non plus de remettre en cause l’État bourgeois, mais de donner à la bourgeoisie de nouvelles institution au moyen d’une sixième République. Quant aux interventions de l’armée française contre la souveraineté des peuples, jamais condamnées par Mélenchon, elles pourront se faire sous couvert de l’ONU, c’est à dire selon les intérêts des puissances impérialistes et des monopoles qui les dirigent. Pour relancer l’économie, le France Insoumise veut remplir les carnets de commande des entreprises, ce qui revient à favoriser l’aggravation de l’exploitation capitaliste (augmentation de la plus-value) puisque le bénéfice est rentabilisé au détriment des salaires, des conditions de travail, des effectifs.

Les ralliements à Macron de politiciens de droite comme de gauche et de personnalités venant du patronat illustrent la volonté du pouvoir d’appliquer sans limite les contre-réformes mises en oeuvre par les précédents gouvernements de Hollande, Sarkozy…

Suite à la débâcle du PS et à son éclatement, le PCF, qui était largement dépendant de ses alliances avec ce parti, est menacé de perdre la plupart de ses élus. Les concessions qu’il s’est obligé à faire à la France Insoumise ne sont pas de nature à limiter les dégâts. Dans ses municipalités, le PCF social-démocratisé depuis les années 80, a fait le choix d’une gestion de la misère sociale dans le cadre d’un désengagement de l’Etat, ce qui a conduit à appliquer localement la politique du capital: privatisation de services municipaux, compression du personnel et attaques contre les avantages et les statuts, gestion des parcs d’habitations selon les règles du privé, y compris en recourant aux expulsions de locataires… ouverture large des marchés publics aux grands groupes SUEZ, VINCI, VEOLIA, EIFFAGE… Les cas de carriérisme, de clientélisme, se sont multipliés, sans faire l’objet de quelconques sanctions ni exclusion d’un parti dépourvu de toute idéologie communiste et de règles de fonctionnement démocratique telles que la discipline, la discussion à tous les niveaux.

La lutte contre la destruction du Code du Travail et des acquis des travailleurs ne dépend pas d’une victoire électorale dans un parlement largement dépourvu du moindre pouvoir de s’opposer aux directives de l’Union Européenne et aux contre-réformes du gouvernement Macron. Elle nécessite la remise en cause de la logique du profit et la défense des besoins des travailleurs par des luttes, des grèves, des manifestations, des blocages. Elle nécessite la dénonciation de la social-démocratie, de son pouvoir dans les syndicats, et la construction d’un véritable parti communiste ayant pour objectifs le renversement de la bourgeoisie et la construction du socialisme, qui, contrairement à la sixième république de Mélenchon,  reposera sur le pouvoir réel des travailleurs.

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