COLLECTIF "DÉFENSE"

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Assemblée militante du 27 juin

Les résultats des élections présidentielles et législatives 2017 ont bel et bien confirmé les analyses de notre organisation, le Collectif DÉFENSE. En effet, la crise du capitalisme avec ses retombées sociales a bien été le facteur d’aggravation d’une crise institutionnelle qui a atteint tous les partis politiques, y compris la «République en marche», incapable de s’appuyer sur des députés plébiscités par une majorité de la population. Le taux d’abstention record, 51,2% dès le premier tour des législatives et près de 55% au deuxième, souligne la défiance croissante de la population envers ceux qui ne remettent point en cause le système capitaliste pour faire des propositions anti-crise. En effet, personne, dans les partis présentant des candidats, n’a proposé une participation active des travailleurs et de la population pour établir une société différente, socialiste et démocratique, dont l’économie serait maîtrisée et contrôlée par la classe ouvrière. Le lancement des conseils citoyens dans les zones d’habitations et des entreprises, serait aujourd’hui la façon de structurer une réelle opposition, pour faire de la politique avec une démarche totalement nouvelle, efficace et spontanée. Pour créer les conditions d’une révolution socialiste qui renverserait le capitalisme, il faut s’appuyer sur la démocratie populaire qui, dans les luttes, fera le choix de soutenir les revendications des travailleurs, contre la logique du profit individuel et privé. La construction d’une vie politique nouvelle pour s’opposer à l’austérité du couple Macron-MEDEF au gouvernement relève maintenant de l’urgence.

Rapport

Les déroulements et les résultats des élections législatives et présidentielles révèlent la crise du système capitaliste qui se traduit notamment par une crise de la représentation politique. Le rejet des partis traditionnels de la bourgeoisie et le refus de voter de la part larges masses populaires malgré l’utilisation de divers épouvantails et les illusions propagées par ceux qui prétendent humaniser le capitalisme et obtenir du progrès social sans renverser le système, ont pesé dans la déconfiture des partis du capital. Le taux d’abstention était de 25,3% au 2ème tour des présidentielles, ce qui était un record depuis 1969, de 51,3% au premier tour, et 57,36% au 2ème tour des législatives, sans compter les blancs et nuls. La bourgeoisie réussit cependant à préserver son dispositif de domination en mettant au pouvoir des individus issus directement de sa classe ou s’engageant à la servir. Ceci est conforme aux principes de la 5e République qui a été conçue pour assurer aux monopoles une direction directe de l’État en réduisant les pouvoirs et les prérogatives du parlement (49-3, transformation de l’Assemblée en chambre d’enregistrement des directives de la Commission Européenne concoctées par les grandes entreprises monopolistes, système électoral assurant la domination des partis du capital et une quasi-absence de représentants de la classe ouvrière parmi les élus…). L’ Assemblée Nationale est, comme le gouvernement, majoritairement bourgeoise (entrepreneurs, représentants du MDEDF, cadres et spécialistes bourgeois…). Elle a aussi, à travers la recomposition des forces politiques, fait en sorte que se maintienne une social-démocratie autre que le PS et ses appendices PCF, FdG et autres groupes réformistes, à travers la France Insoumise de Mélenchon, mais celui-ci n’est pas parvenu à constituer une force social-démocrate conséquente ni une alternative à la politique du MEDEF. La social-démocratie décline, le PS entraîne dans sa chute le PCF. Si des travailleurs ont été sensibles aux discours dénonçant les injustices et les scandaleux bénéfices et hauts salaires des plus riches, assez peu croient à l’aménagement du système capitaliste, qui est impossible. La sixième République voulue par Mélenchon, qui se déclarait prêt à gouverner (c’est à dire à diriger un État impérialiste  instrument des monopoles capitalistes qu’il prétend dénoncer), aurait été dans la continuité des précédentes, puisqu’elle maintient la propriété privée, l’exploitation… La FI propose seulement de taxer les profits financiers, d’aider l’investissement et pas la spéculation… La social-démocratie a pour fonction de maintenir la dictature de la classe bourgeoise en dévoyant les revendications des travailleurs et leurs aspirations à un renversement du système. Au moyen de slogans démagogiques sur le partage des richesses, l’égalité et la justice sociale, elle veut entraîner le mouvement populaire vers des fausses solutions qui ne remettent pas en cause le pouvoir du capital, la propriété privée des entreprises, l’exploitation des travailleurs.

La social-démocratie maintient encore ses positions dans les syndicats, mais la bourgeoisie avec la loi El Khomri veut se passer du «pluralisme syndical». Les directions syndicales avaient circonscrit et ensuite arrêté le mouvement contre la loi EL Khomri en comptant sur une victoire électorale de la gauche. Il n’y a pas, à leur niveau, de volonté d’un grand mouvement avec la grève générale qui mettrait en cause la dictature du capital et l’exploitation, mais au contraire un attentisme envers Macron, alors qu’il s’apprête à étendre la primauté des accords d’entreprises à tous les domaines (salaires, temps de travail…), la destruction de la sécurité sociale, de nouveaux cadeaux fiscaux aux entreprises… Les réformistes syndicaux vont probablement mener la bataille contre les ordonnances au nom de la défense de «notre démocratie» et du «dialogue social».

Macron veut supprimer les cotisations sociales du patronat et faire payer les travailleurs par l’augmentation de la CSG et d’autres impôts. Par contre, il veut ramener l’impôt sur les sociétés à 25%, supprimer les cotisations «patronales» pour les salaires payés au SMIC, supprimer 120.000 postes de fonctionaires, instaurer un prélèvement forfaitaire unique sur l’ensemble des profits (immobiliers, dividendes et plus-values…) l’exonération partielle de l’ISF… Pourtant, tous ces sacrifices pour les travailleurs et ces cadeaux aux patrons ne suffiront pas à restaurer la compétitivité ni à sortir le capitalisme de sa crise.

La volonté de lutte grandit à la base, mais le mouvement spontané est marqué par un aranrcho-syndicalisme, voire un anti-syndicalisme, à cause de la compromission des directions confédérales et de l’absence de parti révolutionnaire. La lutte contre la destruction du Code du Travail et des acquis des travailleurs nécessite la remise en cause dans les luttes de la logique du profit et la défense des besoins des travailleurs par des luttes, des grèves, des manifestations, des blocages. Elle nécessite la dénonciation de la social-démocratie, de son pouvoir dans les syndicats, et la construction d’un véritable parti communiste ayant pour objectifs le renversement de la bourgeoisie et la construction du socialisme, qui, contrairement à la sixième république de Mélenchon, reposera sur le pouvoir réel des travailleurs.

Déjà, Macron sait qu’il n’a pas l’adhésion des larges masses qui était annoncée. Les affaires qui éclaboussent des membres de son premier gouvernement illustrent le pourrissement du système capitaliste qui ne peut plus être masqué en plaçant des nouvelles têtes au pouvoir.

La fameuse loi de moralisation de la vie politique se heurte au fait qu’il n’y a pas de morale sous le capitalisme autre que celle de l’appât du profit maximum. Les affaires immobilières de Ferrand et les emplois fictifs des uns et des autres, les détournements de fonds publics ne doivent pas occulter le détournement permanent et légal qu’opère la bourgeoisie par l’accaparement de la plus-value produite par les travailleurs. Le rejet du système grandit, il y a une compréhension plus facile de la nécessité de la révolution. L’organisation de la population travailleuse ne peut pas se faire avec les institutions de la bourgeoisie, mais dans des comités de base (de citoyens, de travailleurs…) servant de contre-pouvoir et exprimant les revendications des travailleurs. Des conseils citoyens s’opposent donc aux diverses «démarches quartiers» dans lesquels les gens sont invités à donner leur avis sur des projets déjà élaborés et qu’ils ne peuvent pas remettre en cause. La démocratie consiste à exprimer les besoins des travailleurs en matière d’emploi, de logements, de libertés démocratiques… et élaborer les objectifs et les axes de luttes pour satisfaire les revendications. Cela passe par obliger les élus à les soutenir, à tenir les quelques promesses valables qu’ils avaient faites pendant leur campagne électorale, dénoncer ceux qui ne les tiennent pas et se rendent complices du capital… L’Organisation révolutionnaire doit, dans ces collectifs, exprimer le point de vue de classe, la nécessité de la révolution, du bris de l’État bourgeois.

En cette année du centenaire la la Révolution d’Octobre, que la S-D et la bourgeoisie dénigrent (les trotskistes disent qu’après la mort de Lénine, tout était par terre), le prolétariat doit à nouveau construire et imposer sa dictature contre le mode de production capitaliste et son système politique.

Il faut défendre le socialisme et l’URSS; comme pour la Commune, se baser sur ce qui a réussi pour une nouvelle tentative de renversement de la bourgeoisie et de construction du socialisme. Donc, partir des revendications et des besoins et expliquer comment le socialisme peut les satisfaire, donc comment fonctionne ce système, quelles sont ses lois économiques, comment il se base sur la démocratie véritable en opposition à ce qui existe dans le système actuel et à ce que proposent les réformistes.

Le Collectif prépare déjà sa contribution à la commémoration d’Octobre 1917, entre autres lors de la Fête de Saint-Denis, malgré l’hostilité de groupes ou d’individus qui ne manquent jamais l’occasion de déverser leur haine sur l’URSS et le socialisme, puisqu’en définitive ils trouvent un intérêt à sauver le capitalisme. Par notre contribution, nous aidons à la prise de conscience révolutionnaire, nécessaire pour que les luttes des travailleurs convergent et trouvent un aboutissement en faveur de leurs intérêts, contre ceux de la bourgeoisie.

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