COLLECTIF "DÉFENSE"

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Rapport au débat du 6 septembre

L’offensive de la bourgeoisie à travers les lois Macron s’inscrit dans la continuité de la politique des gouvernements précédents, de gauche comme de droite, pour parachever la liquidation des droits et acquis des travailleurs et mettre le capital monopoliste français en position de force sur le marché mondial. Ceci implique la destruction des droits et des acquis des travailleurs, leur mise en concurrence avec l’uberisation, l’individualisation des contrats, le démantèlement des institutions d’entreprise qui permettaient de peser plus ou moins sur les conditions de travail et les rémunérations.

La crise systémique du capitalisme globalisé oblige, pour maintenir la compétitivité des entreprises monopolistes françaises, à opérer un transfert massif des richesses du travail vers le capital: réduction des dépenses de l’État, gel des rémunérations des fonctionnaires, remplacement des cotisations sociales par l’impôt, augmentation de la CSG d’1,7%, réduction du nombre de critères du compte pénibilité, plafonnement des indemnités prudhomales… Il ne s’agit pas d’un mauvais choix d’un individu, ni de la conséquence d’ un mauvais choix des électeurs, mais d’une nécessité pour le capital qui doit maintenir son existence, survivre dans la guerre économique qui oppose les groupes monopolistes du monde entier et, par suite, les pays et groupes de pays entre eux.

Le contenu des ordonnances correspond donc à celui des lois Macron-El Khomri contre lesquelles les travailleurs s’étaient mobilisés l’an dernier, avant que les directions syndicales mettent le mouvement en sommeil dans l’espoir que des élections présidentielles émergent un président et un gouvernement plus à l’écoute du peuple. Les ordonnances vont permettre l’application immédiate de ces mesures, qui seront probablement adoptées par la majorité des députés d’un parlement illégitime.

C’est un enjeu de classe qui pose la question de la capacité des travailleurs à constituer une force consciente et organisé pour résister à cette guerre généralisée que mène contre eux la bourgeoisie.

Quelques exemples des mesures contenues dans les ordonnances: dans les entreprises de moins de 50 salariés, le patron pourra négocier sans délégués syndicaux sur n’importe quel sujet. Dans celles de moins de 11, il pourra organiser un référendum pour valider un accord collectif. La fusion des instances du personnel réduit le nombre des représentants des travailleurs qui ne pourront faire face aux nombreux dossiers à gérer. La DUP va même permettre au patronat de choisir, comme cela existe à travers les «ateliers participatifs» des interlocuteurs non élus et bien sûr de préférence non syndiqués. Liquider les droits des travailleurs nécessite de les priver de leurs outils de défense pour paralyser le mouvement ouvrier: la loi El Khomri détruit le Code du travail et livre les salariés au bon vouloir patronal.

La généralisation des Contrats de mission, qui existent déjà dans le BTP, dans les autres branches et l’uberisation croissante sont du pain béni pour le patronat qui fera appel à la main d’oeuvre uniquement en cas de besoin et pendant la période nécessaire à la production.

Un accord de branche moins favorable que la loi pourra s’appliquer et constituer une modification du contrat de travail. Si le salarié la refuse, il sera licencié avec une cause réelle et sérieuse, comme ils disent.

En général, ces mesures visent à faciliter les licenciements et à en réduire les coûts au minimum. Une multinationale pourra fermer un site en France en prétextant que l’usine est en difficulté, sans que les profits et la bonne santé financière de la maison mère entrent en ligne de compte. Si la bourgeoisie a besoin de facilités pour licencier, c’est qu’il faut s’attendre à la poursuite de la désindustrialisation du pays, à une aggravation de l’exploitation. C’est aussi qu’elle a besoin de précariser encore plus le travail pour augmenter le nombre de chômeurs pour en retour peser sur les salaires.

Dernièrement, Macron s’est exprimé dans le sens de la fin du monopole de la SNCF, de la liquidation du statut des cheminots, de la suppression du régime spécial des retraites. Les privatisations annoncées, ou plus exactement les cessions de part de l’État au privé, (gaz…) vont bien sûr servir à engraisser encore plus le capital, ce qui entraînera un accroissement de l’exploitation pour le rémunérer.

L’appel de la CGT, suivi par SUD et par d’autres syndicats, à manifester le 12 septembre doit constituer une base pour un mouvement uni et solidaire de tous les travailleurs et de la population pauvre et exploitée qui subissent les mesures anti-sociales et la régression de civilisation qu’impose la bourgeoisie. Une journée d’action ne sera bien sûr pas suffisante pour faire reculer le capital, d’autant plus que les mots d’ordre des confédérations portent plus sur des appels à une véritable négociation pour un «nouveau Code du Travail», de «nouveaux droits pour les salariés dans leur parcours professionnel»… Il faut des grèves et des luttes puissantes et massives, qui s’opposent aux mesures du capital et à sa logique, et qui portent les revendications de la population travailleuse en matière de salaires, conditions de travail, logement, santé, éducation…  Ces revendications sont incompatibles avec le maintien du système capitaliste, avec la compétitivité des entreprises, car le capitalisme n’est pas aménageable. Les revendications sont une nécessité pour les masses, alors que la logique du système  s’oppose à l’existence des acquis.

Les travailleurs sont aussi confrontés à l’absence de parti révolutionnaire qui porte leurs revendications. C’est au contraire le réformisme qui se décline tant au niveau syndical que politique, avec les tentatives de reconstruire la social-démocratie, avec ou sans ce qui reste du PS. Le but des groupes tels que FI, le PCF, le FdG et autres, est de dévoyer la colère et les luttes des travailleurs vers des solutions présentées comme anticapitalistes, mais qui en réalité ne remettent pas en cause la propriété privée des grandes entreprises par le capital monopoliste, sèment des illusions sur l’État en le considérant comme au-dessus des classes, donc réformable et utilisable au profit de l’intérêt général. Surtout, aucun de ces groupes ne lutte contre l’exploitation, mais pour un meilleur partage des richesses, plus de justice…

Au lieu d’opposer les revendications des travailleurs au système et lutter pour son renversement, ils affirment que les entreprises marcheraient mieux si les salaires étaient augmentés, si elles embauchaient massivement, si elles investissaient dans la production de biens utiles au lieu d’engraisser toujours plus les actionnaires. Or, la crise de surproduction du capitalisme, qui se manifeste par une suraccumulation de capitaux qui ne trouvent pas à s’investir (la condition étant qu’ils puissent rapporter un profit le plus élevé possible, en général au minimum de 15%), par une surproduction de marchandises qui ne trouvent pas preneur, (parce que le pouvoir d’achat de la population qui achète les biens de première nécessité régresse, et que la crise touche aussi les autres secteurs, à l’exception des produits de luxe), découle de la propriété privée et de la concurrence. Dans un pays socialiste où la propriété est publique et l’économie planifiée, il est possible de répartir judicieusement les investissements en fonction des besoins de la population et du développement de l’économie, en excluant le critère du profit.

Il n’y a pas de solution sans renversement de ce système capitaliste par la révolution et la construction d’une société socialiste pour mettre en adéquation l’économie et la satisfaction des besoins des travailleurs.

Face aux lois Macron et à celles qui vont suivre, car la bourgeoisie ne compte pas s’arrêter là, il faut défendre les prérogatives des syndicats, il faut que les travailleurs défendent leurs organisations en agissant dedans, en y exprimant leurs revendications, en utilisant le syndicat pour porter des coups au capital et mobiliser largement contre la bourgeoisie et son État. À l’heure actuelle, il est dangereux de chercher à s’organiser par-dessus et contre les syndicats, sous prétexte que les directions ne portent pas nos revendications. Le patronat a tout intérêt, et ceci est conforme à ses plans et au contenu des ordonnances Macron, à ce que les travailleurs se détournent des syndicats de lutte et s’intègrent dans de soi-disant espaces de dialogue et de participation où ils ne feront pas le poids face à la direction. Par contre, il faut créer des comités de lutte à la base, regroupant des travailleurs de tous les syndicats et non syndiqués, faisant le lien entre les luttes dans l’entreprise et la solidarité avec la population pauvre dans les quartiers populaires. Ces comités deviendront ainsi des organes d’un contre-pouvoir populaire en opposition avec les institutions de la bourgeoisie, faisant pression sur les élus pour qu’ils satisfassent les besoins au lieu d’être les relais des monopoles privés et publics.

En partant des besoins des travailleurs, il faut donner une perspective politique. Celle que propose Mélenchon n’est pas en rupture avec le système capitaliste, c’est un aménagement avec des institutions plus démocratiques qui ne verront pas le jour, mais toujours avec la propriété privée et l’exploitation du travail salarié. Il faut donc avancer la nécessité d’un changement de mode de production, d’une autre société sans capitalistes, et expliquer qu’elle constituera le seul moyen de satisfaire les revendications. C’est dans ce mouvement que nous pouvons construire un parti d’avant-garde de la classe ouvrière qui, sur la base d’une théorie scientifique, le marxisme-léninisme, pourra guider les masses travailleuses dans l’affrontement inévitable contre la bourgeoisie et son État.

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SUR LES ÉVÉNEMENTS EN GUYANE

Le mouvement de révolte qui affecte la Guyane, vieille colonie française sur le continent américain, illustre l’antagonisme entre la majorité de la population travailleuse et la bourgeoisie impérialiste qui maintient ce territoire dans un sous-développement comparable aux pays du «tiers-monde». Aux revendications sécuritaires et économiques se greffent peu à peu une aspiration à une plus grande autonomie afin que les richesses, issues de l’industrie aérospatiale, de l’extraction d’or, de tantale, de bauxite, du bois, de la pêche… profitent à la population guyanaise.

Le mouvement est bien sûr traversé par les contradictions entre les demandes du patronat d’obtenir des crédits et des investissements de la part de l’État pour continuer de profiter des subsides de la métropole et exploiter les travailleurs, et les revendications majoritaires portées par les travailleurs et leurs syndicats pour le développement du service public et son extension à toute la population, pour l’emploi, les salaires…

Une partie du patronat appelle déjà à l’apaisement, alors que le déblocage d’un milliard d’euros n’est pas de nature à améliorer sensiblement les conditions de vie des Guyanais.

Il appartiendra à ceux-ci de déterminer quel devra être le statut futur de la Guyane et dans quel conditions il pourra être obtenu, quelles luttes devront être menées. Il est certain que la politique coloniale actuelle est préjudiciable au développement du pays, et que le peuple guyanais doit pouvoir exercer son droit à l’auto-détermination, y compris, s’il le veut, jusqu’à l’indépendance, comme celui du Surinam qui a obtenu la sienne en 1975 et du Guyana en 1966.

Débat sur l’égalité hommes-femmes, Saint-Denis le 28 janvier 2017

Pour l’égalité hommes-femmes, contre les discriminations au travail, la répression anti-syndicale.

Les candidats à l’élection présidentielle dissertent sur l’emploi, la sécurité, l’égalité… Mais l’économie telle qu’elle est dominée par la bourgeoisie, dissimule la véritable nature de l’exploitation capitaliste avec un temps de travail non payé exigé. Demain, ces mêmes politiciens, s’ils sont élus, nous diront que pour stimuler la reprise économique, il faudra toujours en donner plus aux exploiteurs. Notre Collectif DÉFENSE appelle à donner un suivi efficace aux luttes, pour l’égalité hommes-femmes et une politique du plein emploi qui répartit la richesse pour servir le développement social et non le profit capitaliste.

Luttons-participons-agissons-décidons en défendant la cause des travailleurs et non celles des politiciens et des exploiteurs.

RAPPORT INTRODUCTIF

Les femmes travailleuses, celles qui contribuent, aux côtés des hommes travailleurs, à la création des richesses, à la production, sont confrontées à une surexploitation féroce et à une oppression sociale aux quatre coins du globe. Depuis la fameuse «chute du mur», que tous les exploiteurs et traîtres au mouvement ouvrier ont célébrée, le capitalisme répand sa crise dans le monde entier, avec son lot de restructurations détruisant l’emploi par milliers, ses guerres, ses atteintes à l’environnement, sa vague de régression des libertés et des acquis sociaux. La femme est particulièrement touchée dans ses droits, son intégrité, sa dignité, livrée aux idéologies religieuses obscurantistes réactionnaires.

En France, pays de l’égalité qui, paraît-il, constitue un modèle pour les peuples du monde, le taux d’emploi des femmes est de 60,2% alors qu’il s’élève à 68,1% pour les hommes. Récemment, des organisations féministes, menées par le collectif «Les Glorieuses», ont lancé une campagne sur le «travail gratuit» effectué par les femmes, qu’elles définissaient d’après la différence entre les revenus des femmes et ceux des hommes, ces derniers étant en moyenne supérieurs de 14% (d’après Eurostat). La campagne annonçait donc qu’à partir du 7 novembre 2016 à 16h34 minutes et 7,5 secondes, jusqu’à la fin de l’année, les femmes travaillent pour ainsi dire gratuitement, parce qu’à cette date les hommes avaient déjà perçu l’équivalent de la totalité des revenus annuels des femmes. Or, si l’on peut déduire de ce constat qu’effectivement les femmes touchent un salaire inférieur, il faut aller plus loin si l’on veut avoir une idée réelle de l’exploitation. En effet, l’économie telle qu’elle est enseignée par la classe dominante, dissimule la véritable nature de l’exploitation capitaliste; car s’il est exact qu’il existe une part du temps de travail qui n’est pas payée, cela concerne aussi bien celui des travailleurs que celui des travailleuses!

Ainsi, Karl Marx avait expliqué il y a déjà plus d’un siècle et demi, que le salarié ne perçoit pas la totalité de la valeur qu’il produit par son travail. Le salaire représente une petite partie de celle-ci, qui lui permet de vivre pour renouveler sa force de travail et reproduire son espèce. Mais la plus grande partie de la richesse qu’il produit est accaparée par la classe capitaliste (qui possède les entreprises et dirige, en définitive, l’État) sous forme de profit. Si l’on décrit l’exploitation en fonction du temps de travail sur une journée par exemple, on constate qu’une petite partie de la journée, en moyenne les 3 ou 4 premières heures, servent à produire l’équivalent de ce qui est nécessaire à l’ouvrier ou à l’ouvrière pour vivre (son salaire journalier), et que le reste du temps est consacré à produire une plus-value destinée au patron. Cet exposé très simplifié permet déjà de comprendre le principe de l’exploitation dans la société capitaliste, qui découle de la propriété privée des moyens de production et d’échange (entreprises, machines, banques…) par la classe bourgeoise, et, en face, de ce qu’on appelle le prolétariat, qui regroupe les hommes et les femmes qui ne possèdent comme marchandise que leur force de travail et donc obligés d’échanger cette force de travail contre un salaire.

Si l’on assimile cela, en dépit de la force de l’idéologie de la classe dominante qui présente le salariat comme «un échange d’égal a égal entre le patron qui «donne du travail» et le salarié qui doit s’estimer heureux d’avoir une place en regard de ce qu’il coûte à l’employeur», il devient évident que l’exploitation touche tous les travailleurs, hommes et femmes. Les femmes produisent cependant plus de plus-value parce que leurs salaires sont plus faibles. Ceci s’explique par la non-reconnaissance par le capital de certaines caractéristiques naturelles, de moindres possibilités de faire des études longues en raison de la maternité. N’oublions pas non plus la difficulté à trouver un emploi à responsabilités élevées parce que le capital considère comme un inconvénient de devoir accorder un congé de maternité, problème qui se pose moins s’il emploie un salarié homme…

D’après un article récent paru dans la presse, c’est dans la branche de la métallurgie que la proportion de femmes au SMIC est la plus grande (39%, alors qu’elles n’y représentent que 14% des salariés), parce qu’il y a moins de cadres féminins, et plus de CDD chez les femmes.

Le personnel hospitalier féminin s’est mis en grève le 8 novembre dernier pour protester contre les conditions infernales de travail, le sous-effectif, la précarité, la destruction du service public de santé par la loi Hôpital Patients Santé Territoire et la «loi santé», le plan d’économie de 3,5 milliards dans les hôpitaux, bien sûr au détriment des patients… Le gouvernement au service du capital prévoit 22.000 suppressions de postes dans la fonction publique hospitalière en 2017.

Le personnel féminin fait partie des plus exploités. Or, du côté des partis dits de gauche, on ne voit que des appels au gouvernement à entendre la colère des infirmières, et des promesses d’un changement de politique si la gauche rassemblée sur un programme de transformation sociale (mais sans remise en cause du capitalisme), remporte l’élection présidentielle. Mais il n’est pas possible de s’en remettre à ceux qui ont impulsé et soutenu l’introduction du capital privé dans les services publics pour espérer obtenir la satisfaction de nos revendications. Le capitalisme n’est pas aménageable; il a pour seul but le profit maximum et immédiat. La concurrence l’oblige à réduire les coûts, à diminuer les salaires et précariser le travail pour maintenir ses taux de profits. Le programme de fillon est celui du capital: imposition de la semaine de 39h, accélération de la privatisation des services publics, attaques contre la sécu… La gauche n’y fera pas obstacle en promettant des réformes inapplicables sous le capitalisme. Il est donc nécessaire de prolonger les luttes dans le débat politique pour transformer la société, renverser le capitalisme.

Un autre aspect de l’inégalité, souligné aussi dans la campagne des Glorieuses, est ce que Friedrich Engels, ami de Marx avec qui il a travaillé à l’élaboration de la théorie révolutionnaire, qualifiait de double exploitation de la femme, en ce sens qu’en plus d’être exploitée comme travailleuse à l’entreprise, elle doit aussi assurer les tâches ménagères. Depuis l’époque de Marx, les choses ont un peu progressé en Occident sous l’effet des luttes et de la modernisation de l’équipement ménager et du confort des logements, mais de nombreuses femmes subissent encore la mentalité rétrograde, transmise par la famille, la société au moyen de la littérature, des médias…, l’obligeant à se consacrer parfois entièrement aux tâches domestiques. Il en est de même pour la garde des enfants par rapport au manque de places de crèche qui les contraint souvent à sacrifier leur vie professionnelle. Ainsi, le temps partiel, majoritairement non librement choisi, concerne 30,4% des femmes contre 8% des hommes (INSEE).

La femme qui ne travaille pas ne peut pas être libre, puisqu’elle sera alors dépendante des revenus de son mari. 13,795 millions de femmes font partie de la population active en France, soit 48% du total (INSEE, 2015).

Les causes de l’oppression de la femme et l’inégalité entre les sexes sont en premier lieu économiques. Elles ont pour origine les modes de production basés sur la propriété et l’exploitation, qui ont façonné au cours de l’Histoire les structures des sociétés qui se sont succédé: esclavagisme, féodalisme, capitalisme. Avant l’apparition de la division des sociétés en classes, il existait, dans les sociétés primitives, un «communisme primitif», qui ne connaissait ni la propriété, ni le salariat. La polygamie et la polyandrie y co-existaient. Il existait des sociétés matriarcales, non pas au sens de la domination des hommes par les femmes, mais dans lesquelles les femmes jouaient le rôle économique principal de chef de la cellule familiale et étaient tenues en très haute estime de par leur rôle de mère. Le passage au patriarcat est lié à la dissolution de la société gentilice (autre nom du communisme primitif) au profit de l’apparition de la propriété et de l’introduction de l’esclavage. Le patriarcat perdura sous le féodalisme et le capitalisme.

La bourgeoisie a toujours tout mis en oeuvre pour diviser les travailleurs selon leur sexe et à opposer leurs luttes. Le puritanisme, qui a imprégné le discours religieux et régné dans la plupart des sociétés basées sur l’exploitation du travail, masque les objectifs réels de l’exploitation capitaliste.

La lutte pour le suffrage universel et le droit de vote des femmes a rencontré l’opposition farouche des classes exploiteuses. Même dans les vieux partis de la social-démocratie, au début du vingtième siècle, certains opportunistes considéraient qu’il ne fallait pas mettre en avant la revendication du droit de vote des femmes avant d’avoir obtenu le droit de vote universel pour les hommes. À cela la dirigeante social-démocrate allemande Klara Zetkin répondait qu’au lieu d’affaiblir ainsi le mouvement populaire, il fallait au contraire le renforcer par l’apport de la lutte des femmes et de leurs revendications qui étaient communes à celles des travailleurs.

L’idéologie la plus pernicieuse, avancée dans la fameuse campagne des «ABCD de l’égalité» avant que le projet soit retiré, sous le couvert du modernisme et de la rupture avec les stéréotypes rétrogrades, est celle qui prétend effacer toute différence entre hommes et femmes, présentant le genre uniquement comme une construction de la société, sans lien avec les caractéristiques biologiques de chaque sexe. Il est évident qu’on doit refuser les stéréotypes prétendant cantonner la femme à la procréation et dans un rôle de mère au foyer. Mais en niant les spécificités de la femme au nom de l’égalité, on en arrive à justifier le travail de nuit des femmes, à abandonner la revendication de son interdiction, alors que de nombreuses études démontrent sa nocivité pour les hommes comme pour les femmes. De même, de nombreuses luttes dont était porteur le mouvement des femmes sur le plan des aides et des droits à congés pour l’éducation des enfants, la famille, sont abandonnées sous prétexte que cela contribuerait à enfermer les femmes dans les stéréotypes réactionnaires. D’autre part, l’enseignement de cette idéologie à l’école risquerait de laisser les jeunes filles non préparées à leur futur rôle de mère.

Le sort des femmes immigrées, confrontées à la misère qui est le lot des couches populaires, au racisme institutionnel et patronal, à l’exploitation, à leur statut qui les prive de droits élémentaires, est peu enviable. Elle sont souvent confrontées aux traditions et structures familiales réactionnaires entretenues à l’époque par la colonisation et aujourd’hui par l’impérialisme. Les partis ouvriers et les syndicats, qui ont longtemps négligé d’organiser les travailleurs immigrés et précaires et de les intégrer aux luttes de leurs frères français, n’ont pas rattrapé leur retard dans ce domaine. C’est qu’au lieu de défendre les revendications des travailleurs contre le capital, les directions des organisations syndicales misent sur le soi-disant dialogue social et étouffent dans l’oeuf les luttes et leur extension. L’égalité est une bataille de classe, elle nécessite de combattre le système, de le renverser. Les femmes ne peuvent pas obtenir l’égalité au foyer si elles ne mènent pas cette bataille contre le capitalisme. Il ne peut y avoir d’égalité dans la société entre hommes et femmes tant qu’existe l’exploitation capitaliste.

«On ne peut pas assurer de liberté véritable, on ne peut pas bâtir de démocratie – sans parler de socialisme -si l’on n’appelle pas les femmes au service civique, au service dans la milice, à la vie politique, si l’on ne les arrache pas à l’atmosphère abrutissante du ménage et de la cuisine.». C’est ce qu’écrivait Lénine dans ses Lettres de loin, 3ème lettre, Zürich, en mars 1917. La Révolution d’Octobre 1917, en renversant les classes exploiteuses et en donnant le pouvoir à la classe ouvrière en alliance avec les masses paysannes pauvres, révolutionna toute la vielle société et renversa ses institutions patriarcales réactionnaires: le pouvoir de l’Église, l’institution de la famille bourgeoise, l’école réservée aux membres des classes possédantes… La Russie soviétique instaura, des décennies avant la plupart des pays dits civilisés, le droit de vote et d’éligibilité pour les femmes, le droit au divorce. (En France, seuls les communistes ont mené la bataille du droit de vote des femmes, obtenu seulement le 21 avril 1944 sur l’initiative de Fernand Grenier). Elle assura l’égalité pleine et entière d’accès à tout ce que la société allait offrir en matière d’enseignement, de formation professionnelle, de droit au travail y compris aux emplois interdits aux femmes dans les pays capitalistes, à la participation à la politique et à l’édification de la société nouvelle. L’avortement fut légalisé en 1920. La mobilisation des femmes jusqu’aux avant postes dans la lutte révolutionnaire, dans la défense de la patrie contre l’intervention armée étrangère et la contre-révolution des Blancs, dans l’édification du socialisme, puis dans la guerre de défense contre l’agression hitlérienne et la victoire sur le fascisme.

C’est Lénine qui avait suggéré à Klara Zetkin de consacrer une journée internationale dédiée à la lutte des femmes travailleuses, qui sera le 8 mars. Il nous appartient particulièrement de continuer à commémorer cette journée de lutte au moment où la bourgeoisie la récupère pour la vider de son contenu de classe en en faisant une «journée de la femme», célébrant indistinctement les femmes du peuple comme celles des anciennes classes féodales, comme on l’a vu à Saint-Denis où la municipalité honorait les reines de France et de Navarre gisant dans la Basilique.

Seule une société socialiste, construite sur la base du pouvoir des travailleurs et travailleuses et sur la propriété collective des moyens de production, est en mesure d’affranchir les femmes de l’exploitation. La femme, pour être libre, doit prendre sa place dans le combat révolutionnaire de la classe ouvrière pour renverser la bourgeoisie, l’exproprier, briser son État. Elle doit prendre sa place dans l’organisation révolutionnaire et contribuer, au sein de celui-ci, à construire le Parti qui guidera les masses vers le socialisme.

SAINT-DENIS: MOBILISATION CONTINUE POUR L’EMPLOI ET LE SERVICE PUBLIC

Les agents municipaux de Saint-Denis sont en lutte depuis plusieurs semaines pour revendiquer de meilleures conditions de travail, des embauches… Les personnels des crèches s’étaient déjà mis en grève depuis le 25 novembre, poussés à bout par le manque d’effectifs et l’augmentation de la charge de travail. Puis, un plan de réorganisation et de soi-disant lutte contre l’absentéisme a été présenté par la Municipalité comme base de négociation avec les représentants des salariés. Ce plan a suscité la colère des agents par le fait que les axes proposés ne visent pas à développer l’emploi statutaire mais ne font qu’accompagner les restrictions budgétaires. Au lieu d’embaucher là où c’est nécessaire, de partir des besoins de la population pour renforcer le service public, la Municipalité a recours à un plan de type Lean Management de réorganisations visant à faire plus avec moins de personnels, en s’attaquant aux acquis, en particulier aux jours de congés.

Au lieu de soutenir les revendications des agents territoriaux, la majorité municipale gère le système, faute de vouloir le changer. Une municipalité, même composée à 100% d’élus «de gauche», ne peut pas être un ilot de progrès social dans un pays ravagé par la crise capitaliste et soumis à une régression sociale sans précédent. Pour donner des milliards d’aides publiques aux capitalistes, l’État appauvrit et asphyxie les communes par la diminution de la dotation globale de fonctionnement alors que les besoins se développent. Il y a donc matière à dénoncer le processus de privatisation des services, refuser de se soumettre à cette fatalité et lutter, en s’appuyant sur la mobilisation des travailleurs et de la population, pour une société débarrassée du profit individuel et privé pour les monopoles capitalistes. Mais pour la Municipalité, c’est l’«organisation du travail» qui règlerait les carences dues au sous-effectif. À ce compte, on n’est pas loin d’aller dans le sens de la loi El Khomri qui prévoit l’allongement du temps de travail et son intensification. L’absentéisme est un marqueur du sous-effectif; plus de pénibilité tue le service public pour finalement le privatiser, comme ce fut le cas au Centre Nautique Municipal.

Des élus ayant à coeur d’agir pour une société plus humaine devraient aider les travailleurs en prenant avec eux des initiatives de lutte pour le développement social contre le capital et l’État-patron exploiteur, véritables responsables de la crise. Ce n’est pour l’instant pas le chemin qui est pris par les élus qui se conduisent en loyaux représentants de cet État de la bourgeoisie, et paraissent plus à l’écoute des desiderata des grands monopoles que sont Bouygues, Veolia, Eiffage, Suez, Vinci… qui font la pluie et le beau temps à Saint-Denis, plutôt que les besoins de la population travailleuse et les revendications des agents communaux.

Suite à la lutte massive, le nouveau Maire a déclaré verbalement à renoncer à toucher aux congés, tout en maintenant son projet. Le danger n’est donc pas écarté, et la poursuite de la lutte est nécessaire, d’autant que, sous couvert de négociations, il s’agit de faire avaliser le plan par les syndicats et d’associer le personnel, au moyen de «réunions de service», à son application.

Le Collectif DÉFENSE soutient la lutte des travailleurs et de leurs syndicats et appelle à la création de solidarités des agents territoriaux d’autres municipalités qui forcément sont confrontés aux mêmes problèmes sociaux.

Rejoignez le Collectif DÉFENSE pour plus d’efficacité dans les luttes contre le capitalisme. Pour faire la révolution, briser l’État bourgeois et construire une société socialiste, la participation des travailleurs avec leurs revendications est un processus démocratique indispensable.

JANVIER 2017: RÉUNION PUBLIQUE SUR LA LUTTE DES FEMMES TRAVAILLEUSES

SUCCÈS DU STAND DU COLLECTIF À LA FÊTE DE SAINT-DENIS. La campagne de pétition continue.

Le Collectif avait donné rendez-vous à la population de Saint-Denis et des environs le 1er octobre 2016 pour une initiative de lutte et de solidarité internationaliste. De nombreux visiteurs sont venus sur notre stand signer la pétition pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, discuter sur les perspectives de luttes contre la politique de guerre de l’impérialisme français, de la poursuite du mouvement contre la loi El Khomri, du mot d’ordre de boycott de l’élection présidentielle et de la révolution socialiste comme seul moyen de satisfaire les revendications des travailleurs.

Une petite présentation rappelait quelques dates glorieuses du mouvement ouvrier et communiste mondial – la Commune de 1871, la Révolution d’Octobre 1917 et le rôle de l’URSS dans la victoire contre le fascisme- , oubliées ou calomniées par beaucoup de ceux qui, sous couvert de « devoir de mémoire », évacuent l’analyse de classe des faits historiques pour en appeler à une alliance entre exploiteurs et exploités au nom des « valeurs universelles ».

Des sympathisants et des militants d’autres organisations sont également venus discuter de la situation du mouvement communiste en France. Plusieurs adhésions ont été réalisées et un rendez-vous pour prolonger ces rencontres aura lieu à la fin du mois.

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Nous continuons à diffuser la pétition, que vous pouvez télécharger ci-dessous:

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Pétition pour les travailleurs de Goodyear

Les militants du Collectif continuent de faire signer une pétition exigeant l’annulation des condamnations contre les travailleurs de Goodyear-Amiens nord et dénonçant la fascisation de l’Etat bourgeois et la responsabilité de la social-démocratie. Les premières feuilles de pétitions ont été remises au camarade Wamen.

Vous pouvez la télécherger et l’envoyer à l’adresse collectifdefense[at]gmail.com

ou la remettre à un de nos militants.

 

Vous pouvez aussi visiter le site des camarades à l’adresse suivante:

http://blog.cgt-goodyear-nord.com

 

 

CollectifPétition