COLLECTIF "DÉFENSE"

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DÉBAT SUR L’ACTION DE LA LOI DE LA VALEUR EN RÉGIME SOCIALISTE

INTRODUCTION – CONTRIBUTION DU COLLECTIF – À PROPOS DU « PARTAGE DU TRAVAIL » – CONTRIBUTION D’UN MILITANT DE L’UPML ET RÉPONSE DU COLLECTIF – RÉPONSE À DEUX TEXTES ENVOYÉS PAR LUNITERRE.

Le Collectif propose aux organisations se référant au marxisme-léninisme et aux travailleurs qui s’interrogent sur la possibilité de construire une société socialiste un débat sur la loi de la valeur, sa signification, son utilisation par la bourgeoisie dans le système capitaliste et par l’État socialiste. Voici un texte d’introduction et une première réflexion du Collectif:

Pourquoi organiser un débat sur l’action de la loi de la valeur dans un pays socialiste?

Dans la préparation de la commémoration de la révolution bolchévique de 1917 à l’occasion de son centenaire, que le Collectif DÉFENSE souhaite unitaire tant dans la tenue que dans la préparation, nous devons expliquer aux travailleurs face à la crise permanente du capitalisme à laquelle ils sont confrontés, comment fonctionne le socialisme et pourquoi son système évite les crises économiques. Comment l’économie peut-elle s’opposer aux licenciements, à la baisse du pouvoir d’achat des salaires, à la mise à mal des garanties sociales, à l’anarchie de la production tout en augmentant la croissance industrielle? Cela est une question d’orientation économique doublée d’un objectif de classe. Tous les travailleurs, en l’état actuel du développement des forces productives qui rentrent de plus en plus en contradiction avec le mode de production capitaliste, s’intéressent aux solutions qui pourraient améliorer leurs conditions sans transgresser les lois économiques incontournables de la production. Sans maîtrise scientifique des lois économiques qui régissent la loi de la valeur, le champ est laissé à ceux qui veulent aménager le capitalisme sans le renverser et qui, par conséquent, légitiment les appels aux sacrifices de la droite et de la social-démocratie. Il nous faut expliquer également et convenablement de quelle façon la classe bourgeoise s’est réinstallée en URSS sur la base des réformes de Khrouchtchev et pourquoi cela a conduit à la contre-révolution. En fait, pourquoi le capitalisme a eu besoin d’une contre-révolution pour affermir sa domination et franchir le stade impérialiste, et pourquoi la classe ouvrière dans le capitalisme a besoin d’une révolution socialiste pour s’émanciper? Différentes interprétations voient actuellement le jour de la part des organisations ML sur la contre-révolution gorbatchévienne. Certains évoquent des contradictions de points de vue idéologiques, d’autres font référence aux circonstances historiques, mais il s’agit en réalité de démontrer avec quelle orientation de classe on transforme les réalités économiques. Ainsi, les problèmes sociaux ont toujours une origine économique, c’est ensuite que se structure le point de vue politique pour que ce dernier devienne prioritaire comme concentré de la raison économique de classe. Le collectif DÉFENSE propose un débat exceptionnel sur son site car les camarades de cette organisation, après avoir rencontré différents groupes ML, considèrent qu’il est possible d’aboutir à un point de vue collectif sur la question de la «valeur dans le socialisme» soulevé déjà par Staline jadis (les problèmes économiques du socialisme en URSS). Cela permettrait d’avancer d’un pas vers une unité idéologique entre les organisations ML et ce serait très prometteur pour les discussions à venir et la construction d’un parti ouvrier révolutionnaire unifié. Voici donc notre proposition de texte pour le débat:

Qu’est-ce que la théorie de la valeur?

La marchandise et la monnaie (d’après le volume premier du Capital de Karl Marx)

La marchandise revêt un double aspect: «valeur d’usage et valeur d’échange». La marchandise doit donc être un produit utile pour satisfaire les besoins individuels; en ce sens, elle est définie comme étant une valeur d’usage en économie politique. La marchandise est donc utilisée au niveau de la consommation individuelle, puis industrielle en tant que matière première ou produit intermédiaire. Cependant, comme de tout temps les marchandises ne peuvent pas toutes être produites par un seul producteur, elles s’échangent entre elles. La marchandise revêt donc un double aspect puisqu’elle est valeur d’usage et devient en tant que telle une valeur d’échange. Donc, en tant que valeur d’usage, la marchandise doit s’échanger contre une autre valeur d’usage équivalente pour qu’elle devienne une valeur échangeable «valeur d’échange». Le travail humain est  à l’origine de la fabrication des marchandises, et apporte donc une notion d’équivalence dans l’échange des marchandises entres elles. La marchandise exprime donc sa valeur au niveau de la quantité de travail consacré à sa fabrication. Historiquement, une moyenne générale établit le temps de travail socialement consacré à la fabrication des marchandises pour établir leur valeur. La cristallisation du travail contenu dans un objet d’utilité se mesure en temps socialement consacré à sa réalisation pour définir sa valeur. Le temps de travail servira donc de moyen pour évaluer la valeur des marchandises entres elles dans l’échange. Si deux marchandises contiennent le même temps de travail, elles pourront s’échanger entre elles. Mais si ce n’est pas le cas, il faut trouver un équivalent général. L’équivalent général doit donc lui aussi être une marchandise contenant du travail, donc de la valeur, et être divisible pour servir les besoins de l’échange. L’or et l’argent, puis la monnaie métallique, ont acquis historiquement la fonction d’équivalent général, puisqu’en tant que produits d’échange, ils représentent une certaine quantité de travail en rapport de leurs poids et sont divisibles à loisir. C’est le numéraire qui ensuite constitue avec les chèques et la carte bancaire la représentation idéale et fictive de la valeur marchande. Ainsi, la loi de la valeur a pris sa naissance dans l’abstraction du travail humain pour se quantifier dans la réalisation de produits finis. Le temps de travail socialement consacré à la réalisation de produits finis exprime donc la valeur des marchandises, et cela constitue la base de tous les rapports marchands. La force de travail nécessaire à la fabrication d’un produit devient donc à son tour une marchandise achetée par le possesseur d’un moyen de production. Le capitaliste qui achète la matière première achètera la force de travail des producteurs pour fabriquer des marchandises. Ainsi, le capitaliste payera à l’ouvrier le prix du renouvellement de sa force de travail, pendant qu’il encaissera la valeur supplémentaire qu’il a produite toute la journée. L’ouvrier ajoute du travail aux matières premières pour fabriquer des marchandises commercialisables. Ainsi, le prix du renouvellement de la force de travail est évalué en rapport avec le temps de travail fourni au capitaliste pendant toute la journée. L’ouvrier peut de cette façon travailler 2 à 3 heures pour lui-même et le reste de la journée gratuitement pour le capitaliste. Le capitaliste encaissera ainsi une plus-value qu’il accumulera dans le capital. Le but  unique économique du capitalisme est donc de renforcer la rentabilité du capital par l’exploitation du travail vivant. Ainsi fonctionne et agit la loi de la valeur depuis l’origine de tous les modes de production marchands.

La loi de la valeur en régime socialiste

En régime socialiste, la loi de la valeur est présente et elle agit. De partout et dans n’importe quelle société historique, là ou il y a production de marchandises et organisation marchande, la loi de la valeur existe nécessairement. Autrement, il y a production de marchandises d’usage personnel familial ou communautaire, mais pas d’échange. L’échange implique le développement de la production sociale et son évolution industrielle. En régime socialiste, la loi de la valeur s’étend donc tout d’abord à la circulation des marchandises, à l’échange par l’achat et la vente, principalement à l’échange des marchandises pour la satisfaction des besoins personnels. À la différence avec le capitalisme qui lui étend les principes de la loi de la valeur à la production, au commerce et à la transaction bancaire, en régime socialiste l’échange par l’achat et la vente confère dans une certaine limite un rôle régulateur à la loi de la valeur. En fait la loi de la valeur ne régule pas la production dans le socialisme, mais elle agit sur la production. Le fait que les produits de consommation soient échangés par la vente et l’achat exprime globalement le coût des dépenses nécessaires pour répondre aux dépenses de la force de travail dans le processus de production. Ainsi, les coûts de production sont soumis à la loi de la valeur pour qu’elle exerce son action. De cette façon, le système de répartition socialiste doit tenir compte dans les rapports de valeurs, de l’autonomie financière des entreprises, de la rentabilité productive, du prix de revient de la marchandise pour la politique nationale des prix, des dispositifs d’investissements industriels, agricoles, des questions de la consommation et du commerce extérieur. La loi de la valeur est donc utilisée dans l’économie socialiste avec la planification, pour obtenir l’autonomie financière ainsi que la rentabilité des entreprises, pour améliorer les méthodes de fabrication, et réduire les coûts tant au niveau des besoins industriels que des prix pour la consommation sociale. Le régime socialiste, avec son système économique fonctionnant avec une planification démocratique centralisée, a besoin de pouvoir comparer les marchandises entre elles, que ce soit par rapport aux besoins des activités économiques ou des nécessités de la consommation populaire et du commerce extérieur. Ainsi, l’utilisation de la loi de la valeur sera nécessaire à l’édification du socialisme, mais n’aura pas la même ampleur qu’en régime capitaliste, elle ne régulera pas la production et ce sont les organismes de la planification qui le feront. L’exemple est fourni par les discussions du comité central du PCUS à l’époque de Staline avec les organismes de la planification, qu’ « une tonne de pain ne peut-être considérée comme équivalente d’une tonne de céréale » pour fixer les fluctuations des prix des céréales. Ainsi, l’utilisation du travail humain pour transformer les marchandises ajoute nécessairement de la valeur au produit fini. Cependant, l’absence de propriété privée des moyens de production et leur socialisation à la ville comme à la campagne, limite l’action de la loi de la valeur et son degré d’influence sur la production.

Effets du développement harmonieux sur la loi de la valeur

Dans le socialisme, le développement proportionné qui harmonise la répartition économique et sociale, remplace la loi de la concurrence en empêchant l’anarchie de la production existante dans le capitalisme, et amoindrit la loi de la valeur. En effet, la production socialiste avec son développement harmonieux due à son système de répartition, n’aboutit pas à des crises périodiques de surproduction et à des gaspillages, mais diminue la force régulatrice de la loi de la valeur dans les rapports d’échange. Donc, si la loi de la valeur est une catégorie historique liée à l’existence de la production marchande, elle disparait avec l’atténuation constante de cette dernière dans le socialisme; ainsi, la valeur avec ses formes disparaîtront aussi. La société communiste sera une société où la production se réglera par les besoins de cette dernière. Le recensement des besoins acquerra une importance de premier ordre pour les organismes de planification. Ainsi, la production socialiste, étape économique transitoire, en utilisant la loi de la valeur au profit des besoins collectifs, concourt à la disparition de cette dernière. De cette façon, il serait faux de tirer la conclusion que la loi du développement harmonieux du socialisme sur l’économie nationale et la planification supprime le principe de la rentabilité. La rentabilité doit se concevoir du point de vue de l’ensemble de l’économie nationale en rapport de ses besoins. En effet, il ne convient pas de confondre la rentabilité financière de l’accumulation du capital basé sur l’extraction de la plus-value dans le capitalisme, et la rentabilité productive de l’économie socialiste basée sur une répartition qui doit répondre aux besoins collectifs. Dans le socialisme, il faut, pour développer l’économie afin qu’elle réponde aux besoins croissant des hommes, diminuer les coûts de production et augmenter la productivité. Ainsi, la modernisation des appareils de production allège la charge de travail au lieu de l’augmenter d’une façon paradoxale comme le fait le capitalisme. La machine libère l’homme au lieu de l’asservir à des rythmes de production toujours plus incroyables. Sous le socialisme, les économies réalisées avec la diminution du coût de la production diminuent le prix des marchandises sans dévaloriser la force de travail des producteurs. En système capitaliste, la modernisation licencie des travailleurs au lieu de les utiliser autrement dans d’autres secteurs et de diminuer le temps de travail. Au contraire, le capital, en compressant le personnel, augmente les cadences avec le temps de travail, et cela finit par se traduire par des augmentations de prix. Ainsi, le capitalisme, en utilisant la loi de la valeur, diminue bien lui aussi les coûts de production en augmentant la productivité, mais en augmentant le temps et l’intensité du travail avec les prix des marchandises. Lorsque, sous le socialisme, les prix des marchandises diminuent sous l’effet de la loi de la valeur à cause de la diminution des coûts de production, les salaires sont valorisés, le pouvoir d’achat augmente et la loi de la valeur perd de son intensité et finit par disparaître à terme, car le pouvoir d’achat augmente alors que la monnaie se dévalorise. Ainsi, soit c’est la force de travail qui se dévalorise avec le capitalisme à cause de la diminution des coûts de production et de l’augmentation de la productivité, soit c’est la monnaie avec le socialisme pour les mêmes causes et avec les mêmes lois, mais avec un objectif différent, celui de libérer les travailleurs au lieu de les asservir.

Les effets de la loi de la valeur dans l’opposition des classes

Le socialisme et le capitalisme sont des sociétés transformables mais non aménageables. Le féodalisme contenait en son sein des éléments pré-capitalistes et un système marchand. Le capitalisme pourtant confronté au sein de son système à sa contradiction de classe avec le prolétariat, ne contient aucunement des éléments socialistes dans ses structures économiques, même si des victoires sociales ouvrières viennent perturber sa logique économique. Le socialisme lui, peut contenir ou introduire (la NEP) des éléments capitalistes dans son économie en les maîtrisant, mais son développement ne s’accommode point de l’ancien mode de production. Ainsi, pour passer du capitalisme au socialisme, il faut briser l’État bourgeois et exproprier les capitalistes au moins des grands moyens de production et d’échange. Pour renverser le socialisme, il faut une contre-révolution bourgeoise qui restitue les moyens de production et d’échange aux capitalistes privés avec les moyens politiques d’un État qu’ils dirigent. Ainsi, si les moyens de production et d’échange avec le pouvoir d’état ne sont pas dans les mains des propriétaires privés, le capitalisme ne sera pas réinstallé même si sa base économique bourgeoise est arrivée à affaiblir le socialisme qu’elle combat de l’intérieur. Ainsi, les réformes khrouchtcheviennes qui ont pénalisé l’évolution du socialisme en inversant l’utilisation de la loi de la valeur pour lui donner une force régulatrice, ont déstabilisé la production tout comme les victoires revendicatives perturbent le capitalisme sans pour autant le renverser. Donc, ni par le haut ni par le bas, le capitalisme et le socialisme ne peuvent s’accommoder d’un aménagement de leur système économique sans que cela déstabilise l’économie nationale. Les sociétés de groupe introduites par Khrouchtchev ont opposé la rentabilité financière à celle de la production en introduisant la notion du profit, cela à ouvert la voie à des crises (marché noir, corruption, détournements de matériel, installation de sociétés privées clandestines…) sans pour autant favoriser ceux qui se battaient pour le retour du capitalisme afin qu’ils soient alors capables de lui livrer le pouvoir. La loi de la valeur devenait régulatrice de la production sans pour autant introduire la propriété privée des moyens de production, car ils appartenaient toujours à l’État, même si la planification démocratique a été foulée aux pieds, au profit d’une répartition inégale. Dans le capitalisme, les victoires ouvrières accélèrent les crises économiques périodiques, cela peut finir par adapter le système d’exploitation à des complications nouvelles, ou à revenir sur les acquis, mais en aucun cas ces victoires ont historiquement renversé le système. Crises sociales ou étouffement des activités économiques ne peuvent avoir raison ni du socialisme, ni du capitalisme, car seule la révolution ou la contre-révolution peuvent y pourvoir. L’explication est simple: malgré l’échange inégal introduit par l’économie de groupe en URSS avec Khrouchtchev qui à perturbé le développement économique et social, l’existence du socialisme avec y compris son bureaucratisme d’état constituait une entrave au développement de l’économie parallèle clandestine avec sa base capitaliste. En URSS entre les années 60 et 80 se développe l’économie souterraine, car les intérêts de groupe s’opposent à la fois aux secteurs non rentables de l’économie et au développement social collectif. L’État fermait les yeux sur la falsification des comptes qui servaient à augmenter artificiellement la production de matériaux, et si l’effet d’annonce pouvait servir à vendre plus ou plus cher pour compenser le manque à gagner de la production par rapport au profit annoncé, l’État recevait une part du profit. L’économie souterraine était devenue l’ombre du retour au capitalisme préparant la contre-révolution dans la perspective de l’atteinte du stade impérialiste, par l’accumulation du capital privé stimulé par la concurrence. L’État qui avec la propriété de groupe avait renoncé à la dictature du prolétariat avec le contrôle ouvrier sur la production, était devenu incapable de s’opposer à la constitution de société privées clandestines. Le travail au «noir» à réintroduit la pleine acuité de la loi de la valeur en structurant les activités clandestines dans presque tous les domaines de l’économie, au niveau de l’industrie et de l’agriculture, avec un secteur marchand de trafic de devises et de matériel en tout genre. Avec le développement de l’économie souterraine et sa nature capitaliste, un changement des rapports sociaux s’installe dans le pays. L’économie capitaliste issue du marché noir a pris racine dans l’échange inégal, puisque des primes au rendement ont été installées dans les entreprises rentables pour accélérer les résultats financiers au niveau du profit annoncé. L’économie parallèle créait des embauches en installant une société clandestine mais présente dans l’économie du pays au sein du socialisme. Certains appellent cela le socialisme de marché, mais l’objectif du marché a été d’absorber le socialisme pour le détruire. Cela a créé un groupe d’hommes d’affaires grands et petits qui s’est joint à l’appareil bureaucratique sur des bases de corruption existantes. L’économie souterraine pénétra l’appareil d’État, des détournements de carburants eurent lieu dans les kolkhozes et les sovkhozes entre autres. Puisque les chiffres étaient truqués dans le plan, il était aisé de détourner du matériel pour l’intégrer dans l’économie parallèle tout en augmentant les résultats fictifs sur le papier. Les fortunes acquises d’une manière criminelle ont ainsi non seulement nui considérablement à l’économie socialiste, mais ont eu un impact  sur le capital organisé à la fin des années 80. Gorbatchev engage alors l’URSS dans la contre-révolution, la «pérestroïka». Ainsi, au lieu par exemple de s’opposer aux inégalités produites par la propriété de groupe, il se bat pour gagner une réforme sur les «coopératives» pour blanchir l’argent obtenu illégalement. Le but est que ces capitaux puissent être réutilisés pour les privatisations et ainsi «légalement» obtenir le titre de propriété des entreprises rentables. Ainsi s’est développé un système de rapports de production où la forme contradictoire dominante mixait la propriété publique avec la propriété de groupe et cette dernière avec la propriété privée des trafiquants de l’économie souterraine. Les conditions étant réunies pour la restauration du capitalisme, il a fallu quand-même que la contre-révolution s’officialise de Gorbatchev à Eltsine pour que le capitalisme mette la main sur les entreprises nationalisées, s’institutionnalise, et en prenant tout le pouvoir puisse passer au stade impérialiste.

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 À propos du «partage du travail»

Le thème du partage du travail revient dans la campagne présidentielle. Les candidats utilisent ce thème d’une manière réformiste dans le sens d’un partage des emplois et de la masse salariale en épargnant le capital et en accompagnant la désindustrialisation et la destruction des emplois.

Pourquoi sommes-nous opposés au «partage du travail»?

Les besoins de l’homme sont sans cesse croissants et c’est sur cette base que s’est développé le système des échanges avec différents modes de production. Ainsi, la production, donc le travail, croît, soit en fonction des besoins des échanges, soit pour satisfaire les besoins sociaux. Dans le socialisme, la force de travail disponible doit être employée à combler les créations nouvelles d’activité. Donc, on ne peut pas partager le travail comme une galette, car ce qui bouge et croît ne se compare point à ce qui se divise ou décroît. Ainsi, l’évolution technologique, si dans le socialisme elle allège la charge de travail des ouvriers, elle crée des besoins nouveaux avec une demande croissante d’une main d’œuvre de plus en plus qualifiée. Par contre, dans l’économie de marché capitaliste, la baisse des coûts de production, due soit à l’introduction de machines numériques robotisées, soit à une organisation nouvelle du travail, aboutit à une baisse du prix de la force de travail souvent conjuguée avec une baisse des effectifs, une augmentation des cadences et de la vigilance, une surproduction accompagnée d’une hausse progressive des prix. Les conséquences sont un chômage grandissant cohabitant contradictoirement avec des besoins en main d’œuvre sur qualifiée, de plus en plus diplômée, mais avec une rémunération dévalorisée (processus moderne de la dévalorisation de la de la force de travail). Dans ces conditions, il y a contradiction entre l’emploi crée pour répondre aux besoins technologiques en mutation, et l’exclusion sociale du monde du travail d’une main d’œuvre déqualifiée. C’est une contradiction pour le capital car cela réduit le champ de l’emploi d’une main d’œuvre que les multinationales capitalistes aspirent à exploiter de plus en plus. (Par contre dans le capitalisme il n’y a pas contradiction entre formation et dévalorisation du prix de la force de travail) Cependant, compte tenu des différences des niveaux de formation, il ne peut pas y avoir «partage du travail» car l’emploi est attribué en fonction du niveau des qualifications correspondant au nombre et à l’emploi des postes à pourvoir, et non au prorata global de la force de travail disponible. Dans le socialisme dont l’économie est collectivisée, la baisse des coûts de production se traduit par une baisse des prix à la consommation, une hausse du pouvoir d’achat, un allégement de la charge de travail et une re-disposition générale de la force de travail dans les plans de développement. Ainsi le développement social et la diversification des forces productives sont dues à un mode de répartition qui au lieu d’être voué à l’accumulation du capital pour le profit, répond à la satisfaction des besoins sociaux. L’école gratuite fournit donc la main d’œuvre disponible pré formée aux besoins technologiques en évolution. En plus, la force de travail en activité est valorisée et formée en permanence sur le temps de travail. Dans ces conditions, les nouveaux postes crées par la révolution technologique pourront être attribués à la force de travail en activité pour que la réduction du temps de travail ne soit pas en contradiction avec une augmentation permanente de la diversification des productions. Cela constitue un avantage pour les travailleurs et non un partage. Dans le capitalisme, le «partage du  travail» équivaut dans son utilisation par le capital à un partage des revenus salariaux pour préserver ceux des capitalistes. Donc, ceux qui ont actuellement un salaire paient des cotisations dont une partie garantit l’indemnisation des chômeurs. Les indemnités des chômeurs sont alors transformées par l’État bourgeois en «revenus minimums d’activité» et les salaires des travailleurs précaires sont de plus en plus payés par les travailleurs en activité et non plus par les patrons. Le «revenu universel» de Benoit Hamon se prête aux mêmes dérives sur l’apparition d’une sous-main d’œuvre composée d’auto-entrepreneurs, dans une société «ubérisée» où le salariat disparaît avec ses garanties sociales afin d’être remplacé par l’esclavage industriel moderne.

Non au partage du travail et à ses dérives, oui à la révolution socialiste.

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Contribution d’un militant de l’UPML

Cher(e)s camarades,

(La question et les raisons de la restauration du capitalisme sont toujours en débat à l’UPML et, par suite, ce point de vue ne peut qu’être qu’ individuel.) 

1) Nous ne discuterons pas des raisons qui vous amènent à penser que la question à mettre en avant aujourd’hui, dans l’état de dispersion et de faiblesse du mouvementt communiste ML, c’est celle du ou des processus qui ont amené, et à quelle date, à la restauration du capitalisme en URSS.

2) Nous sommes d’accord avec vous que l’URSS comme tous les autres pays qui avaient commencé à construire le socialisme victorieusement (de grandes transformations ont été accomplies par le prolétariat et les peuples pendant la transition au communisme, que nous devons aujourd’hui valoriser plus que jamais) ont été amenés à la restauration capitaliste.

D’accord aussi pour considérer que la «loi de la valeur» telle que vous la définissez, agit toujours dans la transition socialiste. Car cette transition est le résultat d’un double mouvement: la tendance à la disparition de l’ancien mode de production (capitaliste et/ou féodal) et la naissance d’un nouveau celui du communisme. 

3) Dans cette lutte, deux classes s’affrontent ; même dépossédée des moyens de production, la bourgeoisie et/ou les féodaux (ou leur enfants) maintiennent toujours une influence dans le domaine de la superstructure (comme l’a démontré Lénine); mais pas que: ils maintiennent aussi les habitudes de gestion, les savoirs multiples,… dont il faut que les prolétaires s’accaparent progressivement.

4) Cette lutte ne fait pas de cette période socialiste «un développement harmonieux» (comme vous le dites en page 5); certes il n’y a pas de crise périodique de surproduction, mais nous l’avons vu en pratique aussi bien en URSS (encerclée par des États impérialistes hostiles) que dans d’autres pays socialistes (comme la Chine), il peut y avoir des périodes d’hyper tension, allant vers des famines, des affrontements violents. Sans parler des menaces et agressions extérieures qui agissent sur les nations socialistes de la part des impérialistes.

Ce qui fait que la transition est une période d’affrontements, de grandes tensions des forces, de lutte de classe, de lutte de ligne (entre voie de restauration ou voie communiste) — qui se reflètent dans le Parti et les organisations de masse — et jusqu’au sein de l’appareil d’État.

5) Ainsi, cette période est toujours une période révolutionnaire, de grands bouleversements et on peut comprendre que selon la maturité et le développement des forces productives (et en l’absence d’expériences antérieures) des insuffisances, des erreurs puissent être commises renforçant par exemple des situations de privilèges. Ou encore consolidant des contradictions qu’on voudraient abolir (entre travail manuel et intellectuel, ou encore entre dirigeants et dirigés, etc). Le tout menant à la formation d’une bureaucratie petite-bourgeoise pouvant s’accaparer (spontanément bien souvent) des biens publics: transformant, par exemple, des résidences ou lieu de repos populaires en résidences privées; se payant grassement des voyages d’affaires, s’attribuant maints « petits privilèges », etc.

6) Le socialisme ce n’est pas seulement l’expropriation de la propriété capitaliste des moyens de production et d’échange. Cette expropriation, absolument nécessaire, ne peut se suffire car la propriété juridique de l’État socialiste n’est pas encore la propriété réelle, concrète par le prolétariat à travers ses organismes de gestion. Il faut du temps, de la formation et des luttes d’idées pour faire reculer les comportements anciens, les savoirs réactionnaires anciens.

7) C’est dans ce contexte que la loi de la valeur qui s’impose au nouveau pouvoir soviétique doit progressivement être régulée, limitée par les «organismes de planification» (comme vous dites). Et ce n’est pas simplement une question technique cette régulation par la planification, c’est une lutte politique. C’est une lutte dans le domaine de la superstructure, dans les relations entre celle-ci et la base économique qui est en pleine transformation des anciennes relations sociales entre travail manuel et intellectuel; entre dirigeants et dirigés, etc.

8) Le fait que la propriété soit publique ou «appartienne toujours à l’État» n’en fait pas pour autant une propriété dirigée et contrôlée par la masse travailleuse. Mieux, l’État socialiste doit lui-même être aboli, il est une contradiction en acte et comme tel traversé par la lutte de classe (cf. ce qu’en dit Engels et ensuite Lénine). Des détournements de biens publics seront souvent dénoncés par la presse soviétique avant même la prise du pouvoir par Khrouchtchev. Khrouchtchev représente cette nouvelle catégorie sociale qui s’est accaparée des privilèges de toute sorte: maisons, voitures, magasins particuliers et écoles spéciales, vacances sur les bords de la Mer Noire, vacances y compris à l’étranger,… Si Khrouchtchev peut se maintenir suite au 20e congrès et développer des normes de gestion économiques de type capitaliste, c’est qu’il a déjà une base sociale et qu’il représente cette classe bureaucratique (que certains ont appelé «nouvelle bourgeoisie) dans le Parti et dans l’État.

9) Ce qui se développe ensuite, la restauration ouverte du capitalisme ne peut s’accomplir qu’à travers des oppositions, des conflits pas seulement de groupes rivaux, mais aussi du prolétariat. Ces oppositions au sein de la nouvelle bourgeoisie donneront des dirigeants, les Gorbatchev, les Eltsine, etc jusqu’à l’effondrement de 89. 

février 2017

Réponse du collectif DÉFENSE au camarade de l’UPML sur la loi de la valeur

Camarade,

En fait, la réalité historique démontre que la dispersion idéologique du Mouvement Communiste International a été conditionnée à la fois par le processus de la restauration du capitalisme en URSS dès le 20e Congrès du PCUS, puis par la défaite du socialisme avec la contre-révolution gorbatchévienne. Ce n’est pas la lutte anti-capitaliste qui est à l’origine du développement Harmonieux, soyons sérieux camarade! La lutte des classes ne fait en URSS que protéger le développement harmonieux qui structure l’économie socialiste. La famine et la crise politique viennent précisément de la période où la bourgeoisie après la révolution de 1917 a engagé une guerre civile contre le pouvoir bolchévik. C’est donc à l’époque où cette bourgeoisie qui s’était alliée aux tsaristes a été vaincue et mise en recul sur ses agressions extérieures que le socialisme s’est développé en URSS. La bourgeoisie a encore été battue après la NEP grâce à la dictature du prolétariat. Son influence sur la loi de la valeur a permis de développer l’industrie et de produire des biens de consommation. C’est ensuite, après le 20e Congrès du PCUS que la bourgeoisie confortée par des dispositifs étatiques réapparaît en menant à nouveau la lutte des classes contre l’État socialiste. La loi de la valeur ne s’impose point dans un contexte politique spécial mais dans un contexte économique donné. La loi de la valeur apparaît avec la production et l’échange, et disparaît lorsque les conditions de l’échange peuvent être abolies. Une loi naturelle comme la loi de la valeur n’est point l’expression d’une volonté politique, alors soit on l’utilise dans le sens des intérêts collectifs, soit elle reste un instrument de domination et d’exploitation au service d’une classe dominante. La loi de la valeur ne s’impose pas au pouvoir soviétique comme tu le dis, mais c’est l’inverse car le socialisme impose la régulation à la loi de la valeur pour développer le socialisme. Les luttes politiques partent des questions économiques, des intérêts de classes, afin qu’un lien puisse être établi entre la lutte des classes et la dictature du prolétariat. Ainsi, la contradiction à laquelle nous sommes confrontés dans le socialisme comme dans le capitalisme, n’est point un antagonisme entre le travail manuel et intellectuel, mais entre la bourgeoisie et le prolétariat. De même qu’il n’y a pas de dirigeants et de dirigés comme tu le soulignes, mais l’adhésion des uns et des autres au service d’une classe. On ne passe pas au stade de l’abolition des classes en niant leurs existences! Certes, le Khrouchtchevisme a aboli le contrôle ouvrier de la dictature du prolétariat, mais la base capitaliste responsable du travail au noir et de l’économie parasitaire souterraine, ne possédait pas encore le contrôle de l’État ni vraiment des entreprises. En fait, le bureaucratisme restait une entrave à la restauration du capitalisme jusqu’à la contre-révolution gorbatchévienne.

Cher camarade, le débat reste ouvert et continuera à éclairer travailleurs et militants sur ce qu’est le socialisme au travers des réalités économiques de la loi de la valeur.

RÉPONSE À DEUX CONTRIBUTIONS DU CAMARADE LUNITERRE PUBLIÉES SUR LE SITE TML 

Réponse à notre ami P… (Luniterre)  à propos de la confusion entre la marchandise et la valeur 

  1.  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/03/30/loi-de-la-valeur-pour-eclaircir-le-debat-du-collectif-defense/

Qu’est-ce que la marchandise?

Le premier aspect de la marchandise s’exprime dans la valeur d’usage, dans les sociétés primitives la loi de la valeur n’intervenait pas dans l’échange. L’échange s’effectuait selon les besoins des uns et des autres. On pouvait bien échanger un gibier contre une poterie sans en rechercher l’équivalence puisque le système de répartition des richesses était collectif. Donc on fabriquait par exemple dix poteries parce que dix familles en étaient démunies. On fabriquait des lances pour un certain nombre de chasseurs et pas plus, car la «surproduction» n’était pas nécessaire au communisme primitif. Mais lorsque la population tribale augmenta, la chasse la pêche et la cueillette ne suffirent plus à nourrir la population. L’annexion de tribus et de territoires ne règle pas davantage le problème, car la répartition sociale du travail empêche de libérer un nombre suffisant de chasseurs et de guerriers permanents pour nourrir la population. L’élevage et l’agriculture apparaissent donc avec la surproduction. C’est alors, parce que l’on produit toujours bien au-delà des besoins du producteur et de la tribu, que l’échange s’institutionnalise en développant le commerce. La marchandise acquiert alors un autre aspect, celui de la valeur d’échange. C’est l’aspect de l’échange qui est principalement retenu par le capitalisme naissant. La marchandise étant la cristallisation du temps de travail humain passé, c’est le temps de travail propre à sa réalisation qui fixe sa valeur pour que l’échange soit équitable. C’est alors qu’une classe parasitaire apparaît, et cela depuis les premières formes de l’esclavage, celle des usuriers et des commerçants. Cette classe qui structura dans l’histoire l’État au service des classes exploiteuses, devenues indispensables aux empires, aux monarchies et à la bourgeoisie, sous prétexte de faire circuler la marchandise dans tous les pays du monde, l’achète aux producteurs en dessous de sa valeur. La surproduction appelle donc la production marchande avec l’extraction de la plus-value, et même si l’esclavage en a initié le principe, le marchand s’est approprié le système. Les marchands devenus des riches propriétaires ont fini par avancer le capital argent du développement des manufactures. Il peut donc exister historiquement des modes de répartition sans modes de production, mais il ne peut pas exister de modes de production sans mode de répartition. Le but économique du capitalisme, y compris à l’état d’usurier ou de vulgaires marchands, est donc de renforcer la rentabilité du capital par l’exploitation du travail vivant. La loi de la valeur est donc bien à l’origine de tous les modes de production marchands, c’est le sens évolutif de l’histoire qu’un être non perturbé par l’idéologie bourgeoise pourrait saisir.

Réponse à notre ami P… (Luniterre) – Suite

2- https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/02/loi-de-la-valeur-pour-eclaircir-le-debat-du-collectif-defense-2eme-volet/

«En régime socialiste, la loi de la valeur est présente et elle agit. De partout et dans n’importe quelle société historique, là ou il y a production de marchandise et organisation marchande, la loi de la valeur existe nécessairement». Le camarade a vu un monstre à deux têtes au travers de cette formule. L’échange implique forcément le développement de la production sociale et son évolution inéluctable. Le camarade P… nous dit alors «mais où est la différence entre le socialisme et le capitalisme?», puis il ajoute «sous le socialisme, en l’absence de capitaux à «rentabiliser», cette notion de plus-value disparaît donc». Il parle alors d’une part de «surtravail resocialisé». Cela explique pourquoi il s’offusque lorsque on lui dit que dans le commerce des échanges avec les pays capitalistes la règle est soumise à la loi du marché! P… ne conçoit pas non plus que la force régulatrice de la loi de la valeur dans les rapports d’échange diminue ses effets et bien évidement il trouve original que la monnaie se dévalorise en régime socialiste. La monnaie en système socialiste sert les besoins d’échange au niveau de la consommation avec le renouvellement de la force de travail. La monnaie sert d’équivalent général dans l’échange entre les marchandises en représentant leur valeur. En dehors de l’angélisme exprimé par le camarade, moins il y a de travail humain dans la cristallisation de la marchandise (grâce à l’emploi des machines nouvelles) moins elles représenteront de valeur proprement dite, et moins la quantité monétaire en circulation sera valorisée. Pour revaloriser la monnaie, il faut alors en diminuer la quantité circulante. Mais est-ce l’objet?, est-ce nécessaire pour préparer le passage au communisme? Le communisme aura-t-il besoin d’une monnaie pour faire circuler les marchandises? Le problème n’est point immédiat même si le camarade P… n’a pas repéré que l’URSS ne pouvait pas faire reconnaître le rouble comme monnaie d’échange international. Il fallait des devises et de l’or pour réaliser les échanges internationaux. Mais récapitulons, pour le camarade P… la notion de «plus-value» disparaît en régime socialiste! On a beau l’appeler pudiquement «valeur ajoutée» ou «travail social», cela ne change absolument rien à l’affaire car en régime socialiste, c’est bien la classe ouvrière avec la classe paysanne qui font vivre toute la société en lui léguant une partie de leurs heures de travail. Ainsi, les entreprises non rentables sont financées par les entreprises rentables dans le cade d’une planification économique. Alors quelle différence avec le capitalisme? Allons, P…, ne pas voir ce que la planification économique avec le développement harmonieux apporte de social par rapport à l’anarchie de la production capitaliste relève d’une cécité profonde. La gratuité du logement de la santé, du transport, de l’éducation, de la culture des loisirs…correspond aux objectifs du socialisme et ce sont les avancées vers ces objectifs qui renforcent le pouvoir d’achat des travailleurs qui continuent à percevoir en plus, des augmentations de salaire. Alors bien évidement la partie de la plus-value non répartie dans le développement social doit servir au renouvellement des machines, à leur modernisation, leur automation et à l’implantation de nouvelles productions. Ensuite, dans le commerce international, la valeur des produits du socialisme se compare avec la valeur marchande des produits des pays capitalistes. C’est précisément ce que notre camarade ne saisit pas car, pour lui, si la plus-value disparaît pour «resocialiser» le travail, comment peut-on comparer des valeurs marchandes? Notre camarade préfère dans les textes qu’il produit et qu’il envoie au Collectif Défense parler du «partage du travail» plutôt que de la répartition sociale industrielle et même militaire de la plus-value. Regarder le socialisme avec des lunettes roses a contribué avec le khrouchtchevisme à faire battre le socialisme en Russie. La rentabilité productive du socialisme ne s’accommode point du «partage du travail» mais d’une répartition des responsabilités car, n’en déplaise à notre camarade, dans la production socialiste, il faut une hiérarchie! La notion du partage du travail reste réservée aux aménageurs du capitalisme, Mélenchon ou Tsipras peu importe. Pour en revenir à nos moutons, l’objectif du communisme est de faire disparaître la loi de la valeur, au sein du fonctionnement de la société, et c’est pour cela que le socialisme en diminue constamment son intensité. Mais au fait quelle valeur aurait la monnaie sans la loi de la valeur? Allez, excusons notre camarade P… qui n’y avait pas pensé.

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